‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 25 sur 149 · IX. — I .ÆS PRODUITS DU SOUDAN · texte numérisé non relu

IX. — I .ÆS PRODUITS DU SOUDAN

Le commerce caravanier tripolitain, qui avait atteint sa plus grande prospérité pendant la décade 1872-1881, avec une valeur annuelle moyenne de 40.500.000 francs, était tombé graduellement à une moyenue de 37 millions de francs pendant la décade 1 8 8 2 - 1 8 y 1 et de

24.750.000 francs pendant la décade 1892-1901. La prise de possession par l’Angleterre et la France des ports de la côte occidentale d’Afrique, la création par elles de voies de communication rapides aboutissant à ces ports, le manque de sécurité des routes de caravanes en Tripolitaine, ont détourné de Tripoli le trafic du Soudan.

Une certaine reprise s’était manifestée en 1913 et en 1914, à la suite de l’occupation de Ghadamès par les troupes italiennes et à l’époque de la pénétration militaire dans le Fezzan : on a évalué à

450.000 lire la valeur du mouvement des caravanes de Ghadamès àTripoli pendant le deuxième semestre de 1913. Mais la révolte générale de 1915 et l’évacuation totale qui s’ensuivit l’interrompirent de nouveau et la situation intérieure constamment troublée depuis cette époque n’a pas permis, jusqu’à présent, une nouvelle reprise, bien que les relations commerciales entre Tripoli et le Soudan n’aient jamais été totalement interrompues.

beux routes de caravanes, de Tripoli au Centre Africain, étaient particulièrement fréquentées : l’une, passant par Sirte, Socna, Mourzouk, bifurque par Bilma vers le Bornou, par Ghat vers le llaoussa et par le Tibesti vers l’Ouadai ; l’autre, passant par Fassato, Sinaoun, Ghadamès, Ghat, se dirige vers l’Air, Agadès, le Damergou et Zinder, pour aboutir à Kano. Les principaux articles expédiés de Tripoli au Soudan étaient les cotonnades ordinaires, les étoffes de drap, les mouchoirs desoie, le corail, la verroterie, les miroirs, le thé, le café, le sucre, le papier et les produits tinctoriaux. Les articles apportés du Soudan par caravanes étaient : l’ivoire, les plumes d’autruche, les peaux (/ ilali ), les objets en cuir (coussins), les outres en peau pour conserver l’eau, les tissus soudanais, etc.

Quelque profonde que puisse être la décadence actuelle de ce trafic, il ne semble pas cependant que l’on puisse la considérer comme irrémédiable : les caravaniers arabes, conservateurs par nature, ont à Tripoli des établissements, des cor-

respondants, des relations ; en outre, il y a dans cette ville des industries spécialisées dans la préparation des produits du Soudan.

Les peaux du Soudan (fi/ali), provenant surtout de Kano, sont des peaux de chèvres ou de moutons et de bœufs ayant subi un premier tannage, colorées en jaune ou en rouge à l’aide de substances végétales. Elles sont vendues à des maisons israélites très connues de Tripoli, qui procèdent au choix et au classement et les expédient pour être tannées, les peaux de chèvres à Boston et les peaux de bœufs à Londres.

Une autre importante industrie de Tripoli est celle du choix et du lavage des plumes d’autruche. On distingue les plumes des autruches sauvages, importées de Kano, de Zinder et de Tombouctou par caravanes et les plumes des autruches domestiques du Cap de Bonne-Espérance arrivant exclusivement par la voie de Liverpool. Le choix et le classement une fois faits, on procède au lavage des plumes qui sont ensuite expédiées à Marseille, à Trieste et à Milan, où elles sont travaillées.

L’importation à Tripoli de l’ivoire du Soudan est en diminution considérable : on distingue le bornavi, provenant du Bornou, plus apprécié comme étant plus blanc et plus mou, par conséquent «plus facile à travailler, et le soudani , exporté des autres pays du Soudan et du llaoussa. On fabrique à Tripoli des objets en ivoire assez artistiques.

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