lire 61 .764.905 lire
Parmi les articles importés d’Italie en Tripolitaine et en Cyrénaïque, les suivants ont dépassé o millions de lire en 1919 :
Farines et pâtes . . .
Céréales.
Viandes préparées.
Cotonnades
Vins et vermouths
13.095.150 lire 9.289.950 — 9.230.800 — 7.667.600 — 7.504.140 —
Les plus importants des articles exportés de Tripolitaine et de Cyrénaïque en Italie ont été les laines et les chiffons de laines (9.778.360 lire) et les peaux brutes (3.386.250 lire).
On voit que ces chiffres sont très supérieurs à ceux de la période 1912-1917 couverte par les tableaux ci-contre. Les résultats jusqu’à présent publiés du commerce de l’Italie avec ses colonies méditerranéennes en 1920 sont un peu inférieurs à ceux de la période correspondante de 1919 ; pour les sept premiers mois de 1920, les importations d’Italie en Tripolitaine et en Cyrénaïque ont atteint 44.768.186 lire et les exportations de Tripolitaine et de Cyrénaïque en Italie 7.982.303 lire. Mais la première partie de 1920 a été, en Tripolitaine, une période troublée et la reprise commerciale ne s’est manifestée que dans les derniers mois de l'année : il est donc possible que les résultats de l’année entière 1920 ne soient pas inférieurs à ceux de 1919. En tout cas le développement considérable pris par la pèche des éponges, les résultats très appréciables donnés, dès la première année, par la pêche des thons récemment inaugurée, la reprise très marquée des expéditions d’alfa de Tripolitaine en Angleterre et des exportations de sel en Orient, les envois d’orge considérables de Cyrénaïque en Italie, etc., ne peuvent manquer de se traduire dans les statistiques commerciales.
XL — Le « RÉVEIL ÉCONOMIQUE )).
Si l’on résume l’ensemble des données qui précèdent, on constate que les sommes dépensées en Tripolitaine pour la construction des chemins de fer, ports et les autres travaux publics, en ajoutant aux chiffres reproduits ci-dessus les dépenses qui ont dù être effectuées au cours de ces dernières années, peuvent s’élever à une centaine de millions. Il convient d’y ajouter une cinquantaine de millions pour les capitaux de sociétés, sans compter, bien entendu, les capitaux privés. On arrive ainsi à un total d’environ 150 millions, représentant très approximativement la valeur de l’outillage économique de la colonie. C’est un chiffre modeste, mais qui paraîtra cependant assez appréciable, si l’on tient compte des circonstances extrêmement défavorables au milieu desquelles cet outillage a été créé.
- Il se traduit par un mouvement commercial qui, après s’être maintenu à des chiffres très bas, prend actuellement un développement assez considérable et pourra atteindre bientôt environ 150 à 200 millions de lire pour la Libye, dont plus de la moitié pour la Tripolitaine seule. La part de l'Italie dans ce commerce est de plus en plus forte : elle dépasse les deux tiers et tend vers les trois quarts.
BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
Ces résultats semblent justifier l’opinion récemment exprimée par le Dr E. 0. Fenzi, de Tripoli, qui y voit la manifestation certaine d'un « réveil économique » (I). « A Tripoli, écrit-il, on travaille et on produit, Italiens et Tripolitains ensemble, et le résultat des efforts communs, dû presque entièrement à l’initiative privée, commence à se traduire par des chiffres atteignant des millions » Aussi déplore-t-il que la presse italienne ne parle de la Tripolitaine qu’au point de vue politique, avec de graves exagérations et une méconnaissance profonde du véritable état de choses. « La Tripolitaine travaille et gagne, dit-il en terminant : donc elle ne se porte pas mal. »
11 est toutefois permis de se demander si les espérances que pourrait faire naître un optimisme basé sur des résultats encourageants sont justifiées en présence d’une situation intérieure toujours précaire et d’une orientation politique qui ne peut manquer d’influer sur le développement économique de la colonie.
L’examen de cette question fait l’objet de la seconde partie de la présente étude. .
■ (A suivre.)
Camille Fidel.
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BIBLIOGRAPHIE
D’une guerre à l'autre, par Christian Scheper. Un vof in-8° de 372 pages. Prix : 12 francs. — Bibliothèque d’histoire contemporaine, Félix Alcan, 108, boulevard Saint-Germain. ,
On a souvent fait observer que d’une façon générale nous connaissions mal la trame historique des années qui ont suivi la guerre de 1871. Les programmes d’histoire ne comportent pas assez de développements sur notre histoire contemporaine. Dans bien des cas nous n’avons des événements récents qu’une vue fragmentaire dont les parcelles s’échafaudent les unes sur les autres sans liens apparents. L’avenir étudiera très particulièrement cette tranche de l’histoire mondiale que M. Christian Schefer vient heureusement de qualifier « D’une guerre à l’autre ». Ce récent ouvrage est une remarquable synthèse des événements de la politique générale des quarante-cinq dernières années qui ont précédé la Grande Guerre et plus spécialement des directives de la politique française. Nous constatons, grâce à la science historique de M. Christian Schefer, que, contrairement à ce que l’on croit en général, notre politique étrangère n’a pas été menée à bâtons rompus, au gré des changements ministériels, mais qu’une indéniable tradition française s’est maintenue depuis 1870, se reliant du reste à la grande chaîne de la politique française nationale.
L’auteur nous montre dans les premières pages de son ouvrage la précaire naissance du régime républicain, puis sa lente consolidation au cours des ans. En même temps que la République s’af. firmait à l’intérieur, l’action française à l’étranger prenait corps, et grâce à l’habileté du duc Decazes, la France n’était plus seule vis-à-vis de l’Allemagne de Bismarck. La crise orientale de 1875, la question ottomane et la question égyptienne, fortifiant encore la politique étrangère française des antagonismes anglais et russes, permirent à notre diplomatie de siéger au Congrès de Berlin avec d’autant plus de liberté d’esprit et d’autorité qu’elle y allait « les mains nettes » ne cherchant « qu’à défendre les grands intérêts euro péens ». En fait, la France ne gagnait rien au Congrès de Berlin, mais avait pris rang de nouveau avec les Puissances.
M. Ch. Schefer examine dans une deuxième partie la période
(1) Tribuna Coloniale , 11 septembre 1920. Différents renseignements commerciaux de la présente étude sont exlraits des intéressantes correspondances du Dr E. C. Fenzi.
allant de 1879 à 1892, qu'il dénomme à juste titre le « Relève mçnt ». Tout d’abord, l’auteur passe en revue les événements depolitiqus intérieure où s’amplifie la lutte entre monarchistes et républicains, ceux-ci dirigés par Gambetta et Jules Ferry, ceux-là par le maréchal Mac-Mahon et ses collaborateurs. La venue au pouvoir des républicains sous la présidence de Grévy entraîna, sous l’impulsion de Jules Ferry, en 1883, une politique coloniale, enfin active. « Jules Ferry, écrit M, Schefer, profita simplement de la tranquillité de l’Europe pour poursuivre ses plans dans les autres parties du monde. Son activité s’affirma sans délai sur tous les théâtres lointains où la France avait pris position ». En Tunisie, sur la côte ouest d’Afrique, dans barrière Sénégal, à Obock, à Madagascar, en Indochine l’expansion française se poursuit. Ces pages consacrées à notre histoire coloniale attireront tout spécialement les lecteurs du Bulletin, et plus particulièrement l’étude du rapprochement franco-allemand concernant le bassin congolais, et appelé à se développer considérablement. La France pouvait, dès lors, « poursuivre en toute assurance le développement de sa politique générale ». Amené à parler de l’injuste chute du cabinet Ferry, M. Christian Schefer rend hommage â l’œuvre coloniale du grand Lorrain et indique que, dorénavant, les entreprises d’expansion étaient devenues un élément essentiel de la politique extérieure française. « Mais voici qu’un pas de plus s'est trouvé fait. Jules Ferry a provoqué la réunion d’une conférence où, pour la première fois des ambassadeurs ont exclusivement discuté de questions ne touchant point à l’Europe. Ainsi s’ouvre une voie nouvelledont les premières années duxxe siècle verront l’aboutissement. Les territoires asiatiques ou africains fourniront dorénavant les gages et les enjeux que l’on cherchait autrefois au bord du Rhin ou en Turquie et le temps n’est plus éloigné où la France, notamment, conclura sur le terrain strictement colonial, des ententes de principes qui rétabliront à son profit l’équilibre des forces mondiales ».
M. Schefer appelle le « Retour à l’Europe » la politique extérieure suivie de 1885 à 1892. Pendant cette période, la France républicaine consolidait l’avance coloniale et sa situation intérieure; au point de vue européen, elle piêparait l’entente avec la Russie. C’est au cours de substantielles pages que M. Schefersignale en ces termes l’œuvre du Comité de l’Afrique française : « Cette activité (du pays) se manifestait de bien des façons. Il suffira d'en citer encore un seul exemple, très particulier d’ailleurs, mais qui se rattache directement à l’objet de notre étude. La politique d’expansion lointaine demeurait certainement suspecte à la masse des citoyens, Elle conservait cependant des adeptes et qui devenaient, chaque jour, à la fois plus nombreux et plus entreprenants. Un personnel de spécialistes coloniaux se formait, remuants, pleins d’initiative et qui commençaient à constituer des groupements tels que le Comité de l’Afrique française, destiné à exercer une influence jusque sur les pouvoirs publics »,
M. Schefer étudie, en même temps qu’il poursuit l’exposé des tractations aboutissant à l’alliance franco-russe, les accords anglofrançais de 1890 en Afrique. Le relèvement français est réalisé vers cette date et l’on atteint une troisième période que l’auteur intitule : « L’équilibre 1892-1905. » C’est pendant cet équilibre que s’est constitué l’Entente cordiale opposée à tout rapprochement franco-allemand. C’est la lutte de ces deux tendances, celle de M. Hanotaux, et celle de M. Delcassé, ou plutôt les deux phases célèbres dont l’une se termina à Fachoda, l’autre en 1905 par la conclusion de l’Entente cordiale. Les coloniaux éprouveront le plus vif intérêt à la lecture de ces chapitres de notre histoire contemporaine qu’il faudrait citer en entier si la place le permettait. L’auteur d’une Guerre à Vautre montre par quel processus les accords anglo-français sur le terrain colonial ont amené l’entente complète. L’affaire marocaine permettait bientôt à la France de se rapprocher de l’Italie, celle-ci se désintéressait du Maroc, alors que nous laissions faire nos voisins en Tripolitaine ; et l’on voit se dessiner ce que nos ennemis ont appelé l’encerclement de l’Allemagne.
C’est dans une quatrième période que M. Christian Schafer expose « l’agression » allemande. Cette période va de 1905 à 1914. L’auteur dégage tout d’abord une première étape, oelle de « affermissement de l’équilibre », marquée par la Conférence d’Algésiras et la consolidation des alliances (1905-1907). A Algésiras, l’Allemagne « n’avait pas réussi à rompre les ententes qui l’offusquaient ». L’antagonisme germain allait se déclarer par séries d’attaques alternées (1907-1911). M. Schefer rappelle avec de précieuses précisions ces attaques alternées : rapports avec Moulay Hafid, affaire des déserteurs de la Légion à Casablanca, menées en Orient. L’affaire congolaise devenait une affaire franco-allemande que la diplomatie d’outre-Rhin liait à ses visées maro-.
Gaines, lutte âpre qui aboutissait au triste traité du 4 novembre 1911. Notre Congo mutilé, les concessions faites à l'Allemagne au Maroc blessaient l’amour-propre national. « L'agitation, ou pour parler plus exactement, la colère grondait dans le pays, et l'émotion suscitée tout d'abord, par les négociations avec l'Allemagne, puis par le traité lui même, amenait une évolution profonde dams l’opinion ». La veillée des armes commençait.
Pour tous les esprits « la Rupture » comme l’intitule M.Schefer était réalisée dés 1911, seule l’heure de l’assaut final restait «l’inconnue ». De 1911 à 1914, toutes la politique française, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, est de préparer les conditions du combat pour s’assurer le maximum de forces et, dans la mesure du possible, arrêter le drame sanglant qui menaçait le monde. La guerre balkanique ne fut qu’un intermède qui permettait à l'Autriche d’affirmer ses visées sur la Serbie. M. Schefer termine son livre par quelques pages sévr-res où il indique le relâchement politique et social qui avait succédé, en 1913 et 1914, à l’alerte de 191t. « Mais la santé morale de la France paraissait terriblement compromise, et les efforts naguère entrepris n’ayant pas été soutenus comme il aurait fallu, voici que sa puissance matérielle elle-même apparaissait peut-être comme un leurre. Les symptômes réconfortants que nous notions quelques mois plus tôt s'étaient évanouis et, comme aux plus mauvais jours de la Troisième République, il sem blait définitivement impossible de résister à une attaque brutale». Le meurtre de Sarajevo déchaînait, le 23 juin 1914, la Grande Guerre qui montrait au monde entier l’héroïsme, la vitalité et la valeur de la race française.
Les efforts de trente années de diplomatie nous ont assuré nos alliances, l’œuvre de nos soldats et explorateurs durant ce même laps de temps nous a permis de trouver dans nos Plus Grandes Frances, durant l’épreuve, des héros pour nous défendre, des produits et des matières premières pour continuer la lutte.
Atlas Universel de Géographie Vivien de Saint- Martin et Schrader, dressé sous la direction de F. Schrader, d’après les sources originales et les documents les plus récents; Hachette et Cie.
F.n créant l’Atlas Universel, les auteurs et les éditeurs se sont donné pour but d’affranchir la géographie française du tribut qu elle payait à la cartographie étrangère. A cette intention correspond uue œuvre scientifique originale, exclusivement fondée sur des documents de première main. Les cinquante années que l'humanité vient de vivre ont bouleversé notre connaissance du monde. Jamais l’homme n’avait fait de tels efforts vers une possession totale du globe. Jamais non plus il n’avait pu employer à cette œuvre des moyens aussi puissants. Les explorateurs ont pénétré jusqu'au cœur des continents africain et asiatique; le mystère des pôles a été percé. Derrière ces explorateurs, un travail méthodique de cartographie a révélé et inscrit l’image d’un monde nouveau. C’est l’image de ce monde nouveau que reproduit l’Atlas Universel.
La défaite des Empires centraux a entraîné un remaniement et un groupement complets des Etats. A ce monde transformé correspond une géographie politique nouvelle. C’est la représentation de cette géographie politique appuyée sur les documents les plus siïrs et rigoureusement conformes aux traités de paix de 1919 cl 1920, que l’Atlas Universel apporte au public. Jamais la publica. tion d’un Atlas, donnant les dernières découvertes du siècle et les derniers remaniements de la géographie politique, n’a été plus opportune et plus attendue. L’Allas Universel, par sa perfection scientifique et par sa valeur saisissante d’actualité, rendra au public les plus grands et les plus réels services.
Pour donner une idée des recherches et du travail immense que représente l’Atlas Universel, il importe de marquer les principales étapes par lesquelles il fallut passer avant d’atteindre le but. Pour la documentation, il a fallu rechercher, dépouiller, classer con fronter, critiquer d’innombrables documents : cartes nationales, relations de voyageurs, plans cadastraux et locaux, statistiques, etc. Là où la science géographie paraît la plus assurée, l’étendue et la difficulté du travail ont résulté justement de l’abondance mémo des sources originales; au contraire, là où la science géographique ne s’appuie que sur des relaiions récentes d’explorateurs, souvent contradictoires ou tendancieuses, le travail critique a exigé une prudence obstinée.
Pour la nomenclature, le travail de sélection fut double. Une première critique appliquée à des documents sans nombre, établis dans toutes les langues du monde, permit de déterminer leur authenticité etjleur valeur propre. Mais, parmi les innqmbrables ren-
seignements ainsi retenus, il fallut pour chaque carte, et selon l’objet de chaque carte, choisir souvent pai-mi plusieurs milliers de noms, ceux-là seulement qui aidaient le mieux à atteindie le but poursuivi. Dans bien des cas, les noms eux-mêmes, loin d’être simplement transcrits d’après un document étranger, ont exigé des recherches originales. Jusqu’alors en effet, on s’était contenté trop souvent d’adopter pour les noms slaves, espagnols. Scandinaves. les nomenclatures germaniques. Outre qu’il y avait là une servitude humiliante, la valeur scientifique des atlas souffrait d’une transposition aussi illogique. Il en résultait en effet, une double déformation des nous transcrits et par l’alteration de la prononciation et par le sacrifice du souci étymologique. Les auteurs de l’Atlas Universel se sont donc imposé d’établir en partant dû nom original recherche daus les documents locaux, la nomenclature la plus vraie. La représentation du relief par des hachuies. qui est la plus claire, a été préférée à la figuration hypsométrique, par teintes plates, réservée aux cartes purement physiques. Le relief a été tiré à part dans une couleur bistre spéciale. Ce procédé donne aux cartes une lisibilité parfaite et assure, en même temps qu’une claire représentation politique, une figuration expressive du terrain. Mieux que tout autre, il facilitera l’étude, si nécessaire à l’heure actuelle, de la géographie. Une fois réunie ainsi la matière de la carte,- comment l’ordonner, la présenter? Sur quel fond la mettre en valeur? C est le problème de la projection. Ce problème s’est posé pour chaque carte et suivant l’objet même de la carte. Toujours c’est une solution motivée et souvent entièrement nouvelle qui a été adoptée. Certaines des projections choisies ont eu la valeur de découvertes véritables, assurant le maximum de déformation. De ce point de vue, un certain nombre de cartes de l’Atlas Universel, comme par exemple la carte physique d’Asie, ont, outre leur valeur propre, une haute portée scientifique.
On voit de quel travail gigantesque de documentation d’étude, de gravure et.d’impression l’Atlas Universel est le résultat. Avec ses 80 cartes gravées sur cuivre et tirées sur pierre, avec son index alphabétique de plus de 300.000 noms, il constitue une œuvre française considérable, qui laisse loin derrière elle les grands Atlas qui, jusqu’à ce jour dominaient la cartographie mondiale. Une telle œuvre, par sa portée même et par l’intérêt national qui s’y rattache, ne pouvait pas laisser les pouvoirs publics indifférents. Aussi, les auteurs de l’Atlas Universel ont-ils eu l’honneur de voir leurs trav«ux approuves et patronnés par le ministère de la Guerre et par le Service’Géographique de l’armée, qui leur a communiqué les documents les plus utiles.
L' Atlas Universel de Géographie de MM. I ii'ien de Saint- Martin et F. Schrader, conforme aux traités de 1919, établi d’après des documents rigoureusement vérifiés et contrôlés, est bien l’Atlas du Monde renouvelé et paraît à son heure.
Avec ses 80 cartes en couleurs gravées sur cuivre et tirées en lithographie, avec son index alphabétique de 300.000 noms, il apporte à nos industriels, à nos savants, à nos commerçants, au grand public enfin, d’innombrables renseignements d’une exactitude scrupuleuse. C’est un Atlas de travail d un maniement commode dont toutes les cartes montées sur onglets perforés viennent s’emboîter dans une luxueuse reliure perpétuelle.
L’Atlas Universel paraît actuellement en livraisons à 7 francs. On peut souscrire dès a présent à l’ouvrage complet et sa reliure, à 240 francs, prix de faveur qui sera prochainement augmenté (payable comptant avec escompte de 20 francs ou par versements mensuels de 16 francs). La reliure et les cartes parues sont adressées dès réception des ordres. On souscrit à la librairie Hachette (service des souscriptions, 79, boulevard Saint-Germain Paris).
Annuaire général de la France et de 1 étranger,
1920-1921 ; 1 vol. in-16 de 1.154 pages; 40 francs, Larousse, 15, rue du Montparnasse.
Volume fort précieux et bien compris et qui fait une large place aux intérêts français aux colonies et à l’étranger.
Accords secrets entre la France et l’Italie concernant le Maroc et la Lybie, par E. Rouard de Card, professeur de Droit à TUniversité de Toulouse. Un vol. in-8° de 52 pages, avec une carte. — Pedone. 13, rue Soufflot.
La publication récente des accords franco-italiens de 1900 et 1902 ( Afrique française, 1920, p. 20), faisait à M. Rouard de Card une obligation d’ajouter une étude nouvelle à celles qu’il a faites sur les questions diplomatiques marocaines eu une série
BULLETIN DO COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
d’ouvrages utiles et commodes à consulter. On retrouvera ici les mêmes qualités de précision et de clarté que dans les précédentes études du même auteur. C'est l'exposé de la politique italienne en regard du développement de l’action française au Ajaroc.
La gomme arabique, le séné et quelques autres produits végétaux du Soudan égyptien, par
Emile Perrot, professeur à la Faculté de pharmacie de Paris; 1 vol. in-8 de 70 pages; 15 francs. — Vigot, 93, rue de l’Ecole-de-Médecine.
Cette publication est le rapport fait par M. Perrot sur la mission confiée à lui-même et à M. Alland, par le ministre du Commerce, le gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française et l’Office national des matières premières. Elle est pleine d’enseignements précieux.
Ainsi, de 1.890 tonnes en 1899 l’exportation de la gomme arabique du Soudan égyptien est passée à près de 20 000 tonnes et pendant le même temps notre colonie du Sénégal et ses voisines n’ont fourni que 2.600 tonnes au plus. « Dans nos colonies du Sénégal, de Mauritanie et du Niger il parait aisé de quadrupler pour le moins l’exportation actuelle. » MM. Perrot et Alland sont très soucieux de tirer de ce qu’ils ont vu là-bas des arguments * contre notre inertie :
« Tandis que chez nous, écrivent-ils. nous sommes toujours à la période des « palabres » ressassant sans cesse les mêmes arguments dans une presse coloniale insuflisahle et avec une grande presse quotidienne indifférente, les Anglais ne perdent pas un instant et bâtissent des plans à vision lointaine, élageant leurs efforts et leurs prévisions budgétaires jusqu’en 1955, époque à laquelle le débit utile du Nil devra se chiffrer par 56 milliards de mètres cubes, dont 6 milliards utilisés au Soudan.
« Voilà qui fait rêver aux vastes étendues que tout Français voudrait voir, à son tour, ne pa6 rester improductives dans notre Afrique : ce sont celles qui bordent le Sénégal et le Niger, plus difficiles à aménager peut-être, car ces fleuves n’ont pas de vastes réservoirs à leurs sources, mais susceptibles quand même de réalisations rapides, dans le domaine de la production et de l’élevage.
« Saura-t-on enfin vouloir ?
« Mais, hélas ! notre politique coloniale ne semble pas s’orienter encore dans la voie pratique. Trop de grands travaux s’offrent à la fois à réaliser dans ce puissant empire ; un choix judicieux s’impose subordonné aux nécessités plus pressantes. C’est par le rail et l’hydraulique agricole que seulement seront mises en valeur ces vastes étendues.
« Adoptons une méthode, établissons un plan et suivons-le vite et rigoureusement, car sans cela, nos colonies resteront non seulement inutiles à la métropole, mais encore une lourde charge pour le pays. »
Nous ne pouvons entrer dans le détail de l’exposé technique, mais pourtant accessible au grand public, que font les auteurs su r les gommes, le séné, le ricin, le doum, le henné, etc. Mais tout cela intéresse l’Afrique Occidentale Française et les colons de ces colonies auront profit à lire ce savant exposé que rehaussent des cartes, des planches et de fort belles photographies.
M. Perrot n’a pas manqué de signaler l’intérêt et la facilité des voyages d’aujourd’hui au Soudan égyptien : grâce au chemin de fer de Khartoum à El-Obeid, capitale du Kordolan, il est facile d’effectuer aujourd’hui eu quelques semaines un voyage qui eût pris jadis caractère d’exploration. MM. Alland et Perrot n en <nc pas rapporté seulement des résultats scientifiques et économiques. Ils y ont accompagné et quelque peu entraîné M. Clemenceau « qui peut aujourd’hui, écrivent-ils, en connaissance de cause, non seulement mieux saisir les difficultés de la mise en valeur du sol africain, mais encore devenir un champion éclairé de la cause coloniale. » Quel succès si le spectacle de la richesse agricole de la vallée du Nil et des réjouissantes statistiques d’exportation de la gomme Verek et du séné de Khartoum amènent l'ancien président du Conseil à jeter vers nos Soudans et nos Congos des regards - sympathiques et à crier avec sa vigueur toujours jeune sa foi nouvelle dans notre avenir colonial !
Almanach catholique d’Egypte 1921. Un vol. illustré de 104 pages. — Kahla et Cle, le Caire.
Exposé intéressant de la vie catholique et des œuvres scolaires et sociales catholiques en Egypte. Les divers rites sont successivement analysés. Sur les 12 millions et demi d’habitants de l'Egypte on compte plus de 107.000 catholiques, dont 36.000 au Caire et 34 000 à Alexandrie.
Chronique de l'Armée coloniale
Médaille coloniale — Un décret du 11 janvier 1921 décide que le droit au part de la médaille coloniale sans agrafe est accordé aux militaires et marins, indigènes exceptés, présents sous les drapeaux à la date du 21 mars 1914 ou postérieurement à cette date, ayant dix ans au moins de services effectifs pour les hommes de troupe, et quinze ans au moins pour les officiers et qui, en outre, ont servi en activité et avec distinction pendant six ans au moins dans les territoires du sud de l'Algérie et de la Tunisie délimités par la loi du 24 décembre 1902 et la notification du 24 octobre 1899, régions sahariennes comprises, dans les colonies et pays dq Protectorat autres que la Réunion, l’Inde française, Saint-Pierre et Miquelon, les possessions françaises du Pacifique et des Antilles.
Un second décret de même date constate qu’en Afrique Equatoriale Française, à la période des hostilités a succédé une période de pacification et d’organisation au cours de laquelle nos troupes ont dû réprimer quelques désordres locaux et fournir un effort intense sous un climat malsain. Au cours de l’année 1919, nos pertes, en dehors de celles dues au feu, se sont élevées par suite de maladies épidémiques ou endémiques à un total de 21 Euro-» péens et 516 indigènes, et les fonctionnaires civils ont contribué le plus largement au succès de l’œuvre entreprise sans ménager leurs forces ni leur santé. Aussi le décret décide que le droit à l’obtention de la médaille coloniale avec agrafe « Afrique Equatoriale Française » est acquis :
1° Au personnel militaire, européen et indigène, ayant participé, en 19)9, aux opérations menées :
Au Tchad, par la 7e compagnie méhariste du Borkou-Ennedi ;
Dans les régions de l’üuham et de Baibokoum et aux confins du Soudan égyptien, par les détachements du 2° bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari (
Dans le pays Papé, par les détachements du régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun ;
2° Au personnel européen, civil et militaire, ayant accompli un séjour consécutif minimum de six mois en Afrique Equatoriale Française ou au Cameroun, au cours de l’année 1919;
3° Au personnel civil et militaire, européen et indigène, qui, ne rentrant pas dans une des catégories précédentes, aura été blessé ou été l’objet d'une citation à l’ordre des troupes de l’Afrique Equatoriale Française pour faits de guerre au cours de la même année.
Enfin un troisième décret observe que le personnel militaire de l’Afrique Occidentale Française qui avait dû fournir un effort considérable pendant la guerre n’a pas vu diminuer, au lendemain de l’armistice, les fatigues qui lui étaient imposées. Les exigences de la démobilisation et les difficultés de la relève ont imposé à tous, officiers et hommes de troupe, un surcroit de travail, et une grave épidémie de peste, qui s’est étendue à presque tout le Sénégal, est venue compliquer encore la situation. C’est dans ces conditions que le corps d'occupation a commencé de nouvelles opérations de recrutement, portant sur un contingent de 23.000 hommes tout en accomplissant sa mission de surveillance et de protection et en apaisant certains mouvements de mécontentement dans le territoire du Niger, la région du Lobi et les environs de Tombouctou.
Aussi le décret décide que le droit à l’obtention de la médaille eoloniale avec agrafe « Afrique Occidentale Française » est acquis :
1° Au personnel militaire européen ayant séjourné en Afrique Occidentale Française pendant six mois consécutifs au moins au cours de l'année 1919;
2° Au personnel militaire européen et indigène ayant pris une part effective aux opérations de défense antipesteuse au Sénégal 1919 (cordons sanitaires de Tiaroye, Rufisque, Diourbel, Tivaouane, Saint-Louis et tournées de vaccination) ;
3° Au personnel militaire européen et indigène ayant servi pendant trois mois consécutifs au moins dans les formations méharistes au cours de l’année 1919 ;
4° Au personnel civil et militaire, européen et indigène, qui ne rentrant pas dans une des catégories précédentes, aura été blessé ou été l’objet d’une citation à l’ordre des troupes de l’Afrique Occidentale Française pour faits de guerre au cours de la même année. ’
Le Gérant : J. Legrand.