‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 55 sur 149 · COMITÉ DE DIRECTION · texte numérisé non relu

COMITÉ DE DIRECTION

M. Allier; M Atthalin, administrateur délégué de la Compagnie générale du Maroc; M. Calary de Lamazière, député ; M de Caqueray. président de la Section du Maroc de riJn'On coloniale; M. Dal Piaz, président du Conseil d administration de la Comp gnie générale Transatlantique ; M. Lucien Hubert, sénateur ; M P. Ke .ler ; M. l’amiral le Bris ; M. Henri Lorin, député ; M. Maurice Ordinaire, sénateur; M. Nicolas Paquet, armateur à Marseille; M. Philippar, vice-président du Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie ; M. E. Régnault, ancien ministre à Tanger, ambassadeur; M. le général de Salins; M. A. Terrier, secrétaire-général du Comité de l’Afrique française.

Rappelons que les souscriptions des adhérents qui sont libres, peuvent être adressées au trésorier du Comité France-Tanger, 17, rue d’Anjou.

BIBLIOGRAPHIE

Pages d’Islam, par Isabelle Eberhard Préface de M. Victor Barrucand, 1920. Prix : 6 francs. — Fasquelle, éditeur.

L’ Afrique française signalait dans ses Echos, l’intéressant mouvement de décentralisation littéraire qui prend corps dans l’Afrique du Nord. Une anthologie de treize poètes algériens vient de voir le jour et deux Associations d écrivains se sont créées, l’une à Tunis, l’autre à Alger. L’âme littéraire nord-africaine estelle d’un pur génie latin, et n’y a-t-il pas lieu de faire état d’apports étrangers qui, attirés par le soleil de l’Islam, se sont fondus au creusot berbérique? Une réponse affirmative nous est donnée par l’œuvre écrite à l’ombre chaude de l’islam, par Isabelle Eberhardt, errante fille du Nord, âme slave que berça la mélancolie brûlante des ergs sahariens et qu’emporta à Aïn Sefra dans sa colère brutale et soudaine d’Arabe irrascible l’oued Sefra, le 21 octobre 1904.

Les milieux littéraires d’Alger ont fait connaître l’œuvre si étrange et si prenante d’Isabelle Eberhardt et, dernièrement encore, M. Victor Barrucand vient de publier, chez Fasquelle, un nouveau recueil de nouvèlles signées par Isabelle et intitulée Pages d'Islam. M. Victor Barrucand a, au cours de sa préface, indiqué combien le blanc fantôme invoqué par lui avait compris l’Islam et combien devait être précieux pour nous e i ce moment même, cette connaissance de la mentalité musulmane. Au lendemain de la victoire et en présence du loyalisme indigène, de graves questions politiques et sociales se posent, en effet, en Afrique Mineure. Ces problèmes, Isabelle Eberhardt les avait abordés, et ce sont eux que Victor Barrucand passe enrevue dans sa préface, mais alors qu’Isabelle n’avait fait que signaler le malaise social qui étreignait, vers 1900, ces masses indigènes, son préfacier montre les voies nouvelles qui s’entrouvent devant le Monde arabe régénéré par la Grande Guerre.

Mais laissons de côté ces diversions de sociologie et de politique inoigène pour poursuivre une fois de plus, après beaucoup d’autres, la fuite toujours plus avant vers le Sud d’Isabelle Ebeihardt, au cours de sa brève vie. Le temps impitoyable a levé le voile quelque peu mystérieux qui entourait de ses blancs haicks l’existence de celle qui fut l’épouse du spahi Sliman Elmi. Isabelle est avant tout une n errante », elle sent peser sur ses épaules tout le poids des conventions européennes, et elle réalise toute l’étroitesse de cette vie d’Europe, de ces villes plus ou moins tentaculaires, de cette « légalité » si froide et si ennuyeuse. « Voyager, c’est ne pas penser, mais voir se succéder les choses, c’est avoir le sens de sa vie dans la mesure de l'espace... Demain, je m'en irai à d'autres

paysages. » Ailleurs, ne declare-t-elle pas : « Cette route fut

longue et morne, mais nous marchions, c’était assez.'.... Combien je souffre de tous les livres que j’ai lus, de toutes les voix qui

m’ont parlé, de tous les chemins que je n'ai pas suivis » Isa-1

belle semble ayoir eu la mentalité du légionnaire qui cherche l’ouhli dans la mouvance de l’action, ou de celle du Tzigane toujours insiable, c’est une Slave déracinée et désenchantée; la vie nomade du Sud Algérien pouvait seule encore lui procurer des joies et surtout cette ambiance d’indépendance p'eine et entière qu'elle recherchait par-dessus tout, mais elle restait, malgré tout, l’inassouvie d’espace et de liberté. C’est ce perpétuel deveuir qu’il faut aimer dans l’œuvre d’Isabelle Eberhardt, c’est moins l’Islam immuable qu’avait adopté la poétesse que le nomadisme arabe.

L’histoire de U vie d’Isabelle est l’illustration même de son état d’âme qu’elle définit, du reste, elle même en ces termes ; u Ce qui me fait le plus de mal, c'est la prodigieuse mobilité de ma nature » Née d’une mère aristocrate russe qui avait abandonné le château conjugal pour suivre un nihiliste, Isabelle vécut près d’un oncle, exilé lui aussi sur ces bords du lac de Genève où se sont assis tant de proscrits. Dans ce milieu révolutionnaire, les tendances instinctives de l’enfant s’exacerbèrent, le ciel d’Afrique ne fit que les accentuer encore. La mère d’Isabelle s’était retirée à Bône et Isabelle entrait peu à peu dans l’ombre chaude de l’Islam, et la mort lui arrachant à quelques mois de distance et sa mère et son oncle, elle abandonne Bône, s’enfonçant vers le Sud.

Quelles pistes a-t-elle suivies dans le Bled, où n’alla-t-elle point? Il est inutile de le chercher, il suffit de dire que c’est au nomadisme d Isabelle Eberhardt que nous devons ces pages détachées que les journaux algériens ont publiées. On a rappelé dernièrement l’agression dont elle fut victime dans le cercle de Toug-

BULLETIN DU COMITÉ DE L’ AFRIQUE FRANÇAISE

gourit peu de temps après son mariage avec le maréchal des logis Sliman Elmi, et qui lui valut un arrêt d’expulsion, et on a rappelé comment, devenue Française par la naturalisation, Isabelle Eberhardt revint dans le Sud Algérien trois ans après. C'est peu de mois après que la mort l'a surprise a Ain-Sel'ra, le 21 octobre

L’œuvre d'Isabelle Eberhardt est-elle comme d’aucuns le pensent une de ces manifestations puissantes de notre littérature et de la littérature nord-africaine? Il est difficile de répondre par l’affirmative, l'exotisme, l’âme moscovite qui revit dans la musique russe comme dans la prose d’Isabelle, nous émeut; nous nous arrêtons sur le bord de la route bercés par la mélancolie douloureuae des phrases, par la cadence triste des mots, mais cc n’est pas la clarté lumineuse d’un génie latin. L’Islam, Isabelle l’a senti, l’a compris, elle s’est faite musulmane, mais c’est tout, elle n’a pas vu toute la grandeur de l’œuvre française en terre africaine, telle que Font montré Bertrand, les Frères Tharaud. Quoi qu’il en soit, il est doux de se laisser aller à letrange douceur, amère parfois, qui sc dégage de la lecture des Pages d'Islam. La nostalgie du désert, la magie dorée des sables sahariens revivront dans le souvenir de ceux qui en connaissent la beauté. Les Pages d’Islam constituent une œuvre originale qui a sa place marquée dans cette littérature nord-africaine qui s'affirme si pleine de promesses et déjà si riche.

M. Besson.

Vingt années à l'administration centrale de l’Etat indépendant du Congo, par le major Ch. Liebrechts, conseiller d’Etat honoraire. Bruxelles,

Collaborateur et confident de Léopold II pour lequel il avait la plus grande admiration, l’auteur avait narré dans un premier livre paru en 1909, son séjour au Congo de 1883 à 1889. Dans ce second ouvrage consacré à l’histoire de l’Etat indépendant, de 1889 à 1908. c’est-à-dire jusqu’à la reprise par la Belgique, il défend contre ses adversaires l’œuvre royale : occupation des fronlières, politique indigène, relèvement moral de la population, encouragement à l’agriculture, au commerce, à l’industrie, dévelop pement des ressources financières. Au cours de son récit, M. Liebrechts nous fait connaître l’opinion de Léopold II sur l’Allemagne. « En ma présence, il s’est plaint de ce que l'on faisait trop bon accueil aux Allemands, qu’on ne se méfiait pas assez d'eux. » « J’ai beau le répéter, disait-il, on ne m’écoute pas. On tremble devant eux. » Mais il connaissait la puissance de leur organisation, et il lui arrivait de dire : « Il faut organiser cola proprement, et méthodiquement, à l’allemande. » Il se montrait partisan de l’organisation défensive puissante de la Belgique, dont il ne perdait de vue aucun des intérêts primordiaux, alors qu’il paraissait consacrer tout son temps au Congo.

Le Congo, la plus belle colonie du monde. Ce que nous devons faire, par on Colonial. Bruxelles,

C’est un exposé et un commentaire de l’ouvrage de M. A. Delcommune : L'Avenir du Congo belge menacé , qui a été analysé ici ( Afrique française, novembre et décembre 1919, p. 358).

Moukanda Le Congo belge et quelques régions voisines, par Gaston Denys Périer, chargé de cours à l’École coloniale de Bruxelles. Bruxelles, 1920.

Ce livre (tel est le sens du mot congolais Moukanda) est un recueil de pages choisies dans les ouvrages des explorateurs, missionnaires, savants, voyageurs et artistes, sur le Congo belge et pays limitrophes. On y relève les noms de plusieurs écrivains français : Anatole France, Leconte de Lisle, Ed. Foa, Fr. du Chaillu, J. Dybowski, etc.

Les Préliminaires de Verdun (août 1 915-1 G février 1916), par le lieutenant-colonel de Thomasson. Un vol. in-16 de 298 pages, avec 9 croquis et une carte. Prix : 12 francs, majoration de 50 0/0 en plus. — Berger-Levrault.

Bien de ce qui touche au grand drame de Verdun ne laisse les Français indifférents, et l’étude du lieutenant-colonel de Thomasson faite d’après des documents inédits, pose les podromes de l’épopée où tant d’Africains sont glorieusement tombés.

Brochures en vente au Comité

Le Tafilelt, d’après Gerhard Rohlfs 1 fr

Le Chemin de fer éthiopien et le port de Djibouti, par le lieutenant-colonel Péroz. 1 »

Le Péril de l’Islam, par M. G. Binger 2 »

Travaux et reconnaissances de péné tration saharienne, par le capitaine Tou- CHARD (1907) 2 »

Le Cercle du Moyen-Logone, par M. Georges Bruel (1905) 2 »

Les intérêts italiens en Tunisie, par

M. Camille Fidel (1911) 1 »

Au Fouta-Dialon. parM. Paul Guébhard (1910). 2 »

Abéché capitale du Ouadaï, par le lieutenant Ferrandi (1913) 1 >»

Sur la côte ouest du Maroc, par M. E. Po-

begüin (1908) . 1 »

Réflexions sur notre politique coloniale en Tunisie, par le baron d’Anthouard (1914). 1 «

Les Travaux de la Mission télégraphique du Tchad (1912-1913), par le capitaine P. Lancrenon 2 »

La Situation du territoire militaire du Tchad au début de 1912, par le colonel

Largeau 2 »

Les Tomas. par le lieutenant F. Bouet (1912). 2 »

Lettres de Korbous, par M. J. Clozel (1913). 2 »

Les Tribus de la Haute-Mauritanie, par

M. Paul Marty (1915) 3 »

Traditions historiques et légendaires du Soudan occidental, par M. Maurice

Delafosse (1913) 2 »

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