LE TERRAIN
Les régions désertiques et semi- désertiques del’Algérie qui font l’objet de cette étude compren- . nent :
Les Hauts-Plateaux.
L’Atlas Saharien.
Le Sahara.
Hauts-Plateaux.
Les Hauts-Plateaux sont compris entre l’Atlas Tellien et l’Atlas Saharien. Leur altitude varie de 700 à 1.100 mètres; leur largeur, qui atteint 230 kilomètres à la frontière marocaine, va en diminuant vers l’Est.
C’est une vaste région de steppes, dont les eaux, sauf dans la partie centrale que traverse le Cheliff, viennent se rassembler dans des cuvettes fermées, dénommées chotts qui occupent
toute une faible dépression orientée sensiblement S. S-O., E. N-E.
Les chotts sont des dépressions marécageuses, où l’eau apparaît rarement en surface; leur sécheresse diminue de l’Ouest vers l’Est; parfois couverts d’une végétation de pâturages, traversés de pistes, pourvus de points d’eau permanents (chotts Gharbi et Chergui); ils permettent aussi l’exploitation saline (Tahrez, Gharbi et Chergui). Le choit du Hodna, mal protégé des- influences sahariennes par la faible altitude des monts du Zab, a un aspect plus désertique, surtout dans sa partie occidentale.
Les Hauts-Plateaux sont sillonnés de longues, arêtes à relief peu élevé, où la végétation arborescente atteint parfois une certaine densité, mais qui ne suffisent pas à attirer les pluies.
La hauteur d’eau annuelle est très faible; elle varie de 150 à 300 millimètres ; il est rare que les redirs (réservoirs d’eaux pluviales) y persistent longtemps, et la culture des céréales, pratiquée sur des espaces minimes, donne un rendement très faible et très aléatoire.
Le climat, nettement continental, est caractérisé par les écarls considérables de la température. Les nuits d’hiver sont très froides, il gèle souvent, et l’on constate parfois des écarts de 35° pendant la même journée. La neige tombe, surtout au printemps, et toujours en rafales violentes qui nivellent la plaine et rendent la marche excessivement difficile et dangereuse. L’été, les journées sont chaudes, mais en raison de la sécheresse de l’air et de la fraîcheur relative des nuits, 'le climat reste très sain, et très supportable pour des Européens.
Les Hauts-Plateaux sont les terrains de parcours de tribus pastorales, semi nomades, cantonnées chacune, cependant, dans des régions bien déterminées sur lesquelles elles ont des droits d’usage et dont elles ne s’éloignent qif exceptionnellement en cas de sécheresse absolue. Elles vivent exclusivement de leurs troupeaux, moutons et chameaux, qui trouvent en toute saison dans les vastes plaines d’alfa et d’armoise une nourriture généralement maigre qui leur a donné une grande rusticité. Ces tribus, essentiellement
Supplément à V Afrique Française de mai 1921.
BULLETIN DU COMITÉ DE
guerrières, fournissent desgoums réputés; groupées par douars de centaines de tentes quelquefois, quand la saison chaude a raréfié les points d’eau, elles possèdent des silos de réserve de céréales ; elles font leurs échanges commerciaux dans les marchés du Tell et du Sahara qui les avoisinent, et ont créé sur leur territoire des marchés régionaux qui ont donné naissance aux postes et aux villages français. Aucune colonisation n’y est possible; en dehors des gourns, des convois de chameaux et des moutons, une colonne ne peut y trouver aucune ressource.
La question du ravitaillement en eau y est primordiale; les puits sont rares, rustiques, de débit souvent très faible en période sèche ; ils acquièrent ainsi une importance tactique de premier ordre.
Les lignes ferrées de pénétration et les routes transversales parcourues par des autobus et des diligences constituent un damier à larges mailles que complètent les pistes arabes, et qui permettent à des colonnes de toutes armes d’opérer facilement dans toutes les régions ; seuls les chotts constituent des obstacles qu’ils faut traverser prudemment.
La nature du terrain et la configuration générale des Hauts-Plateaux permettent d’ailleurs le tracé rapide de pistes automobiles, par simple décapage, et l’emploi des convois lourds des autos- mitrailleuses et même des chars d’assauts y est possible en toute saison.
En résumé, se prémunir contre les écarts de température, être en garde contre les tempêtes d’hiver et contre les mirages d’été, avoir un souci constant du ravitaillement en eau et en vivres de toute nature, tels sont les points essentiels qui résultent de cet aperçu d’ensemble de la région des Hauts-Plateaux.
Atlas Saharien.
L’Atlas Saharien limite au Sud les Hauts-Plateaux. C’est un soulèvement orienté S. 0. N. E. et constitué de plis sensiblement parallèles, qui s’enchevêtrent parfois, et comprennent des massifs isolés de grande altitude.
Ce sont, de l’Ouest à l’Est, les monts des Ksour, le Djebel-Amour, les monts des Ouled-Naïl, les monts du Zab, l’Aurès.
Des caractéristiques générales leur sont communes et intéressantes au point de vue militaire : leurs pentes sont abruptes, leurs oueds souvent encaissés, ravinés, sujets à des crues violentes ; les voies de communication sont rares et peu praticables en dehors des routes de pénétration ; les vallées se prêtent à la culture des céréales, et les indigènes trouvent en toute saison des possibilités de paccage et des ressources forestières. Le climat est rude, participe de celui des Hauts- Plateaux dans la partie septentrionale, et subit sur le revers saharien les influences désertiques. La neige y tombe tous les ans, surtout au printemps, sauf dans les monts du Zab, de relief peu élevé. *
Mais, tandis que dans la partie centrale, le