L’AFRIQUE FRANÇAISE
Djebel-Amour, les monts des Ouled-Naïl et les monts du Zab sont surtout des zones de transhumance et de paccage d’été des tribus nomades avoisinantes, les extrémités de la chaîne, monts des Ksour et Aurès, sont habités par une population sédentaire qui y a bâti des villages et y possède des magasins et des postes défensifs, généralement situés sur des positions dominantes et d’accès difficile.
Les Chaouia de l’Aurès, en particulier, dont la population est dense, primitive et farouchement indépendante, sont susceptibles d’offrir une résistance prolongée. Leurs montagnes sont d’accès très difficile; la partie septentrionale y reçoit des pluies violentes, la neige persiste longtemps ; et l’Aurès forme un bastion naturel que les voies de pénétration n’ont pas encore ouvert suffisamment à notre influence.
Des opérations militaires dans la région centrale de l’Atlas Saharien, sous réserve toujours du ravitaillement en eau et en vivres, n’offrent pas plus de difficultés aux colonnes légères que dans nos régions du massif central français.
Au contraire, dans les monts des Ksour et surtout dans l’Aurès, c’est une vraie guerre de montagne qu'il faut envisager, et les objectifs principaux doivent y être les villages, les marchés, les magasins-forteresses, les jardins, et les récoltes. Des conditions climatériques défavorables, des voies de communication très rares, l’impossibilité d’utiliser les convois lourds, l’artillerie montée et les chars d’assaut sont des facteurs qui nous ramèneraient, le cas échéant, aux époques de la conquête de la Kabylie.
Sahara.
Immédiatement au pied du revers méridional de l’Atlas, commence le Sahara proprement dit. C’est un ensemble de régions très variées d’aspect, de constitution, de ressources en eau, de densité de population et d’altitude. Mais partout les caractères désertiques dominent : ils sont bien connus ; l’érosion due aux vents violents, à l’absence presque totale de pluies, aux températures excessives et à la sécheresse de l’atmosphère, érosion qui a modelé le terrain de façon absolument typique dans les régions de même constitution géologique ; des ressources en eau très inégalement réparties ; l’obligation de rechercher les nappes superficielles ou profondes pour assurer l’irrigation indispensable à toute culture; des puits espacés de débit variable, souvent très profonds, grossièrement construits, et que le vent ensable fréquemment; une eau généralement magnésienne, toujours très chargée en sels; des pâturages rares, convenant exclusivement aux chameaux et aux chèvres, sauf au pied même de l’Atlas où le mouton trouve encore quelques ressources; un climat pénible, très froid pendant les nuits d’hiver; une chaleur excessive l’été, un ciel toujours bleu d’où le soleil darde, dès son lever, ses accablants rayons; l’immensité et la monotonie des horizons, la prédominance des vents, sauf dans la région des chotts, les subites tem-
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