L’emploi de groupes légers est indiqué
dans les poursuites, les opérations secondaires de faible envergure. Ils sont constitués d’éléments très mobiles de cavalerie indigène, pourvus de mitrailleuses si possible, et d’éléments d’appui formés par de l’infanterie montée ou des groupes francs allégés.
B) Marches.
H. — Aucune règle fixe ne peut être donnée pour les formations de marche de l’échelon de manœuvre et du convoi. Tout dépend du terrain, des circonstances, de la proximité et de la nature de l’ennemi. Les armes automatiques àtir rapide, mitrailleuses et F. M., qui permettent le flanquement des faces du convoi dispenseront, la plupart du temps, de disposer l’escorte en carré. La commodité de marche sera la règle, pourvu que l’escorte puisse à tout instant faire face avec des moyens suffisants à une attaque imprévue venant d’une direction quelconque. L’échelon de manœuvre et les colonnes importantes adopteront le plus souvent la marche en colonnes parallèles, largement articulées en se couvrant par les organes réguliers de sécurité, avant-garde, flancgarde, arrière-garde.
42. — Li artillerie devra toujours être solidement encadrée : son intervention a rarement besoin d’être immédiate, et un ennemi audacieux sera toujours tenté de l'enlever ou de l’empêcher d’entrer en action.
13. — L'exploration est du ressort exclusif des goums, comjnandés par des officiers des Affaires indigènes ou des interprètes, et agissant d’après les instructions du chef du service des Renseignements.
li. — LeGourn à gros effectifs confié à des chefs indigènes est non seulement inefficace à assurer la sécurité éloignée, mais il a toujours été une cause d’indiscrétion, de paniques, de méprises et de razzias injustifiées. Une centaine de cavaliers bien remontés, désignés dans le plus grand nombre possible de tribus, constitués par des éléments des différents soffs locaux soustraits aux influences maraboutiques, suffira toujours à éclairer au loin.
Son rôle n’est pas de combattre, il serait d’ail-leurs inutile de le lui demander, et il ne manquera jamais de profiter des circonstances où il est certain du succès.
Le goum opère en fournissant des patrouilles légères qui reçoivent chacune une mission bien nette ; reconnaître un puits, un col, un village; visiter un campement, prendre des informations, etc. La détermination de ces missions et des heures de départ des patrouilles, permet au chef du service des Renseignements d’établir une sécurité presque absolue dans un rayon d’une demi-journée de marche autour de la colonne.
Le puits où l’on doit faire étape le soir devra en particulier être reconnu dans la matinée et dépassé par d’autres éléments.
Les cavaliers nomades ont une aptitude toute particulière pour remplir des missions de cette nature. Ils réussiront toujours à prévenir en cas de danger et à se tirer des plus mauvais pas. En
aucun cas, il ne faut leur adjoindre des gradés français prélevés sur les troupes régulières.
45- — La sûreté rapprochée est du ressort de la cavalerie régulière qui fournit des llanc-gardes, des vedettes, des estafettes. Elle contribue en outre à la police de marche, et doit être réservée en principe pour le combat à pied ou la constitution de groupes-Iégers. Un élément d'appui fourni par l’infanterie lui est toujours nécessaire quand on opère chez les tribus nomades de cavaliers et de méharistes.
46. — En principe, Yétape doit se faire d'une seule traite, pour permettre l’abreuvoir et le pâturage à l’arrivée.
Même en été, au Sahara, il est contre-indiqué de faire régulièrement des marches de nuit , qui éreintent hommes et animaux. En partant une heure avant le jour, et en allégeant les fantas'sins on peut arriver à l’étape avant neuf heures.
Des groupes légers qui font une marche forcée calculeront toujours les heures de marche de manière à avoir au moins quatre heures de sommeil consécutives le matin. L’étape est faite alors en deux parties : de 18 heures à 23 heures, et de 4 heures à î) ou 10 heures. L’arrêt de la nuit se fait sans dresser les tentes; les hommes font la sieste pendant le jour, et l’on repart après le repas du soir.
G) Stationnement.
47. — Le choix du terrain de bivouac est subordonné avant tout aux circonstances tactiques et aux nécessités de la défense. C’est une règle absolue qui doit être sans cesse présente à l’esprit des chefs et être expliquée à la troupe. Les commodités d’installation passent au second plan.
48. — Le camp n’est pas nécessairement un carré. Il peut épouser les formes du terrain ; sa défense est organisée comme celle des centres de résistance de la dernière guerre; elle comporte des éléments de tranchée en avant des faces, des défenses accessoires, des organes de flanquement judicieusement placés. L’armement automatique et l’adoption des fusées éclairantes augmentent beaucoup sa capacité de résistance; il faut toujours cependant avoir sur chaque face un nombre suffisant d’hommes armés de baïonnettes et de poignards pour parer à toute surrise.
10. — Les points faibles des camps sont les angles. Il convient de les renforcer par des armes automatiques protégées par des épaulernents, et de répartir les troupes de manière à confier à la même unité la défense d’un angle et des deux portions des faces qui le forment. Les angles deviennent ainsi des points d’appui, solidement tenus. On y trouve en outre 1 avantage d’avoir sur les faces rectilignes des éléments de deux unités différentes et de pouvoir parer aux défaillances qui viendraient à se produire dans l’une d’elles. Celte méthode a surtout son importance dans les colonnes qui comportent des unités très dissemblables de tempérament et de
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
capacité défensive : zouaves, tirailleurs, légion, sénégalais.
20. — Quand le convoi est trop important pour que l'escorte puisse l’entourer, on peu lie mettre dans une dépression dominée par le camp, ou le flanquer par deux ouvrages placés en diagonale, opposés par le sommet et dans lesquels 1 escorte se répartit.
• 21. — Les réseaux Brun sont les seules défen-
ses accessoires d’un transport relativement
fclCllë
A défaut de projecteurs et de fusées éclairantes, on peut à la rigueur préparer en avant des faces des fagots de bois qui sont allumés au moment de l’alerte de nuit, et qui éclairent les abords du
camp. „ , . ,