‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 67 sur 149 · Il est indispensable que l'échelon de · texte numérisé non relu

Il est indispensable que l'échelon de

manœuvre prenne la direction du combat offensif, manœuvre l’ennemi, prononce une menace sur son convoi, ou sur le point d’eaif, et que le convoi protégé par des échelons largement espacés poursuive sa marche le plus longtemps possible. #

31. — Le combat se réduira le plus généralement à une marche d' approche sur l’objectif principal, dans laquelle les divers éléments se flanquent mutuellement, restent toujours en liaison, tandis que les éléments de tête, largement déployés, balaient le terrain dans l’axe de marche.

32. — L 'artillerie ne peut avoir, sauf circonstances exceptionnelles, qu’un effet moral sur des groupes de cavaliers éloignés. Elle doit ménager ses coups, et les réserver pour tirer aux petites distances, quand l’ennemi s’accroche.

33. — Ce sont surtout les mitrailleuses , soutenues par l’infanterie, qui mènent le combat.

3i. — Des chars a assaut légers peuvent augmenter considérablement la capacité défensive de l’escorte d’un convoi.

35. — La cavalerie est incapable d’obtenir des résultats en s’engageant seule, en raison des effectifs réduits dont elle disposera le plus souvent, et de la supériorité individuelle des cavaliers ennemis. C’est comme infanterie montée chargée d’occuper rapidement des positions avancées qu’elle trouvera son emploi normal.

36. — Des mouvements tournants de grande envergure exécutés par un groupe léger solidement constitué en cavalerie et en infanterie allégée, pourvu d]autos-canons et surtout de mitrailleuses attelées, peuvent donner des résultats décisifs par leur seule menace.

37. — La poursuite doit toujours être organisée avec des éléments solides opérant en liaison

étroite; elle sera le plus souvent limitée par la nécessité du ravitaillement, et par l'obligation de rentrer au camp avant la nuit, à moins que les effectifs dont on dispose ne permettent d'en faire une colonne indépendante.

38. — Au cours du combat, le rassemblement et le transport des blessés doit être méthodiquement organisé. En raison de la cruauté habituelle de l'ennemi, il peut être nécessaire de les achever plutôt que de les abandonner vivants sur le terrain. Cette pénible mission est facilitée par les procédés modernes d’anesthésie intensive. On doit en prévoir l’éventualité.

39. — Les razzias sont du ressort exclusif des goums et des tribus alliées. Mais il importe de ne pas leur en laisser l' initiative. L'amour du butin est tellement vivace chez les indigènes qu’il peut les entraîner à opérer à faux, et à nuire à la politique poursuivie. Il sera toujours sage, chaque fois que ce sera possible, de faire conduire le goum à pied d’œuvre par un groupe léger qui lui servira ensuite de point de ralliement, pfotégera les prises et en assurera un partage rationnel. Les razzias ne réussissent que si elles sont organisées dans le plus grand secret, et rapidement conduites.

40. — L'attaque d'un Ksar saharien s'opère d'après les principes posés par nos règlements. 11 est précédé d’un investissement complet, qui aura pour but d’isoler les défenseurs de leurs relations avec les ksour voisins, et de les priver des ressources en eau qui proviennent souvent de canalisations extérieures.

Le tir de l’artillerie est d'un effet considérable, moral et matériel, sur un ennemi qui ne possède jamais de canon. Contre des murs en pisé, l’obus à mélinite est seul efficace, le canon de 80 doit être préféré au 65. Les avions de bombardement, quand l’emploi en sera possible, peuvent jouer un rôle important.

L’assaut sera donné de préférence au lever du jour, et précédé d’une attaque simulée qui aura attiré la masse des défenseurs sur un autre point. Les troupes d’assaut devront avoir leurs flancs bien protégés pendant leur progression dans les jardins qui entourent le village.

il. — La guerre de montagne est également conduite comme en France. C'est une guerre de position dans laquelle les objectifs seront habituellement des points importants du terrain, des villages, des jardins, des points d’eau.

Le résultat à atteindre est encore d'isoler l’ennemi, de l’atteindre dans ses ressources. La marche de colonnes convergentes, précédée de l'organisation de barrages sur les lignes de retraite, suffira souvent à déterminer la soumission.

En hiver, il peut être nécessaire de disposer de raquettes pour permettre la marche de groupes francs dans la haute montagne quand la neige ne porte pas.

E Opérations de police.

42. — Leur conduite ne diffère pas de celle des opérations dont les principes viennent d’être

résumés en ce qui concerne l’organisation des colonnes, la marche, la sécurité, le combat. Il faut toujours être prêt à parer à l’imprévu, avec le maximum de conditions favorables.

43. — Mais qu’il s’agisse de châtier un groupement rebelle dans une région soumise, ou de parer à un mouvement insurrectionnel en voie de préparation, la direction politique des opérations acquiert une importance capitale. Le doigté du chef du service des renseignements, sa connaissance de la région, son expérience des choses arabes sont les facteurs essentiels du succès.

44. — Le commandement, faisant abstraction de tout amour-propre militaire, doit faire pénétrer dans l'esprit des troupes et de leurs chefs cet axiome des guerres coloniales : que des succès faciles et des répressions abusives peuvent nuire pour longtemps à l'œuvre de pacification, au ralliement des populations, à la mise en valeur économique du pays.

F) Pacification

Toute soumission doit être matérialisée et rendue évidente à la masse, par la livraison d’otages de marque, la restitution des prises, le dépôt des armes, le paiement d’une amende collective, constituée de préférence en troupeaux. Tous les groupements sont mis en demeure de fournir leur quote-part, et d'envoyer leurs chefs faire acte ostensible de soumission.

46. — Les chefs sont conservés provisoirement, de manière que les tribus continuent à évoluer dans leur cadre traditionnel et que les responsabilités ne soient pas déplacées.

Si le remplacement en apparaît nécessaire, leurs successeurs devront être choisis parmi les notables jouissant d une influence incontestée, due à leur origine, à leur valeur personnelle, à leurs sentiments, et échappant par des rivalités anciennes à l’influence occulte de leurs prédécesseurs.

47. — La campagne de pacification s'appuiera d’abord sur l'apprivoisement des tribus, sur le développement de leurs intérêts économiques, en même temps que la force restera prête à se manifester, et que le principe de la responsabilité collective sera nettement posé.

Le respect des coutumes, des biens et des personnes, la création de marchés, l’assistance médicale largement répandue, la location d’animaux, etc., détermineront un courant favorable qui se propagera vite dans la masse et que la discipline des troupes, l'organisation des colonnes mobiles, la crainte d'une répression ferme et juste contribueront à transformer en pacification définitive.

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