‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 85 sur 149 · MAROC CENTRAL · texte numérisé non relu

MAROC CENTRAL

La portion moyenne de la haute vallée de l’Oum-er-Rbia et les pays avoisinants constituent au Maroc central une pittoresque et fort intéressante région que j’ai eu l’occasion de visiter à de fort nombreuses reprises (1) et qu’il me paraît utile de ne pas laisser dans l’ombre.

Parcourue dans la plus grande partie de son étendue dès 1913, traversée jusqu’à Khénifra en 1914 par les colonnes françaises, cette région vient de voir en 1920 son occupation effective réalisée et la circulation, sans y être exempte d’insécurité, y est du moins devenue infiniment plus facile que jadis.

Je vais d'abord décrire la constitution et le faciès du pays, puis je le ferai voir tel qu’il était à l’époque où je l’ai connu d’abord, et tel qu’il est devenu maintenant.

Le Zaïan méridional et le pays de Khénifra forment un ensemble montagneux et d’aspect chaotique qui s’étend en forme de losange sur une longueur de GO kilomètres et une largeur

(1) En 1914, 1915 et 1920.

de 40 kilomètres, le grand axe du pays se dirigeant d’Est-Nord-Est en Ouest-Sud Ouest. Deux cours d’eau importants le traversent. Dans l’Est l’Oum-er-Rbia dirigé du Nord-Nord-Est au Sud- Sud-Ouest, et dans l'Ouest, le Grou, dirigé du Nord-Est au Sud-Ouest. Trois massifs montagneux entre lesquels coulent les deux fleuves se partagent la surface du pays. A l’Est, c’est la portion du Moyen-Atlas qu’habitent les Aït- Mechkiane, les Aït-Krat, les Aït-Lahsene. Au centre ce sont les montagnes des Aït-Bou-Haddou, des Aït-Abdi , des Aït-Hammou ; à l’Ouest c'est le pays des Aït-Haddou ou Hammou.

Tous ces éléments montagneux sont orientés suivant des axes dont la position est toujours voisine d’une droite Nord -Nord-Est Sud Sud-Ouest.

Le pays, formé surtout de calcaires et de schistes offre une végétation assez abondante d’essences forestières dans ses régions élevées et dans ses vallées étroites. Dans les portions étalées et les plaines qui se montrent de place en place, il est désertique.

Un seul groupement indigène intéressant et faisant figure de bourgade s’y rencontre, c’est Kenilra que l’on peut considérer comme la capitale du pays.

Les autres groupements construits que l’on peut signaler sont presque tous dans la portion orientale du pays dans le Moyen-Atlas ou dans la vallée de l’Oum-er-Rbia. Ce sont en allant du Nord au Sud, sur la rive gauche de TOum-er- Rbia : Kasba-Aït-Aziza, El-Bordj, Kasba-Oulad- Mohamed-ben-Taïbi, Kasba-Aït-Tibouch, Ivasba- Aït-Khouia, Kasba-El-llassane, Kasba-Aït-ben- Ichi, Arougou, Adersane, El-Herri, Talaiant, Tigbessaline, Tintaghelline, Dechra-Maamar.

Dans la zone médiane, on ne peut citer que Ziar, et les villages ruinés de Dechra-Zamag, d’Irmariene, des Aït-Haffi, de Sidi-Amar.

Dans la zone occidentale il n’y aurait rien, si le poste de Sidi-Lamine n'avait provoqué la formation d’un village autour de lui.

En somme le pays n’offre aucun intérêt pour le géographe touchant les villages et les villes. D’autre part, la population très clairsemée ne cultive que pour ses besoins, n’a guère d’indus-

Supplémeut à V Afrique Françaùe d’août 1921.

trie que celle des tapis qui ne se font d’ailleurs que pour l’usage local; le commerce est très restreint; en somme les éléments de géographie humaine qu’on y rencontre ne sont point assez i nié ressauts pour motiver une étude détaillée, ils ne pèuvent présenter quelques caractères dignes d’observation qu’unis à ceux touchant le reste du pays Zaïan. Nous n’insisterons donc pas sur eux dans ces pages.

Mais il en est tout autrement de la constitution et de la morphologie du pays.

1° Dispositions générales des grandes lignes orographiques.

Les trois éléments montagneux dont j’ai parlé plus haut et qui, grossièrement parallèles, se partagent la surface du pays, sont eux-mêmes formés de chaînons parallèles dirigés partie du Nord-Est au Sud-Ouest, partie du Nord-Nord-Est au Sud-Sud-Ouest. Chacun d’eux a des caractères propres et bien tranchés.

L’élément occidental est un puissant massif dirigé du Nord-Est au Sud-Ouest, mais formé en réalité de chaînons parallèles dirigés Nord- Nord-Est à Sud Sud-Ouest et se raccordant entre eux à leurs extrémités par des relais obliques disposés de telle sorte que chaque chaînon est à la fois compris entre l'extrémité méridionale du chaînon voisin situé plus à l’Est, et l’extrémité septentrionale du chaînon voisin situé plus à l’Ouest.

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