‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 86 sur 149 · LES ÉLÉMENT^ MONTAGNEUX DU ZAÏAN SUD · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENT^ MONTAGNEUX DU ZAÏAN SUD

Ce massif occidental, pays des Ait liaddou ou Hammou, est dans son ensemble incliné vers le Sud-Ouest. Au Nord, il débute par deux hautes montagnes, l’Oum Matoursguene (1633™) et le Talet ou Riour (1380m) séparées par la dépression nord-sud du Talet ?Aguelmons qu’elles gardent l’une à l’Ouest, l’autre à (l’Est.

Celle de l’Est, le Talet ou Riour, est le culminant d’un petit massif de forme ^circulaire et d’un rayon moyen de 5 kilomètres, abrupt sur

son liane oriental où il constitue le Djebel Bou Yedder il s’aplanit vers l’Ouest et s’incline dans cette direction, formant le plateau d’Adourt.

L’examen des mouvements des diverses couches du sol montre1 que le Djebel Bou Yedder forme en réalité un chaînon se prolongeant dans les collines de Sidi Haoussine, au Nord.

Au contraire, l’Adourt se prolonge au Sud par l’Ighitene et le Baïer. Un troisième chaînon, nettement séparé, est celui dontl’Oum Matoursguene marque le culminant. Il s'étend au Sud jusqu’à l’Amalou Fas (140I"1) en passant par le Koudia Timghirt (1542m) le Kodiua Moudmane (lo99ra) et les crêtes d’Aizéou et de Guerdane.

Une autre masse encore située plus au Sud se rattache à ce chaînon, 'c’est le Bou Zaneur (I220m) qui s’infléchit vers Sidi Lamine pour se relever dans le Djebel Ourhdad (995"‘) et pour disparaître enfin au Sud sous le plateau crétacé du Tadla.

Nous voyons en résumé le massif des Ait liaddou ou Hammou formé de trois chaînons parallèles entre eux et un peu obliques sur l’axe général du massif, chaînons dont le plus oriental offre une longueur de 10 kilomètres environ, le médian de 17 kilomètres et l’occidental de 43 kilo mètres environ.

Le flanc sud-est de ce massif est longé sur 40 kilomètres par l’oued Grou qui, au pied du Bou Zaneur, change brusquement de direction, prend un chemin sud-nord, coupant en une cluse profonde la montagne qu’il traverse dans de superbes gorges de 7 kilomètres. Puis il prend un cours est-ouest, et s’infléchit un peu vers le nord-ouest dans de nouvelles gorges moins profondes et longues de 4 kilomètres et enfin débouche dans le pays des Rouached, formant la frontière entre le Zaïan occidental et les populations du Plateau Central Marocain.

A l’Est et au Sud-Est du massif des Ait Haddou se développe la série des chaînons parallèles de la zone médiane.

Déjà visible dans le massif occidental, la structure appalachienne du pays se montre ici de façon très nette. C’est un ensemble de plis formés de schistes siluriens surmontés de calcaires dinantiens et se succédant en série régulière déversée très légèrement vers l’Est.

Quatre chaînons principaux s’y montrent alignes du Nord-Est au Sud-Ouest, et raccordés en chicane par des relais semblables à ceux signalés dans le massif occidental.

Ces chaînons sont en allant d’Ouest en Est, le Timerhdoudine se prolongeant au Sud par le Mohajibat et au Nord par les crêtes des Aït- Moussa, du Bou Rmira, et du Rouij.

De place en place se détachent, des relais se raccordant avec le deuxième chaînon (voir la carte).

Ce deuxième chaînon est celui du Tabainout se prolongeant au Nord par le djebel Seha, le Tourtourt ou Alla et le djebel Aouam,

Le troisième, plus oriental encore est formé par la Zrahina et les crêtes qui lui font suite au Nord dans le bled Selouitane, la région de l’Oued-Adjam et de l’Est de l’Aouam.

Enfin tout à l’Est, se développe un chaînon formé de trois éléments parallèles et souvent raccordés latéralement dont l’extrémité sud est distante de 10 kilomètres environ de l’extrémité de même orientation du troisième chaînon et qui d’abord orienté dans cette portion, du Sud au Nord, devient ensuite parallèle aux autres éléments.

L’intervalle compris entre les extrémités sud des troisième et quatrième chaînon est rempli par un massif plissé, le djebel Hadid qui représente un petit môle régional autour duquel se sont incurvés les plis.

Les éléments du quatrième chaînon sont le djebel Guergour, le djebel Bou Moussa, le djebel Aarar, le djebel Ayati, les montagnes de Mrirt.

Les altitudes des quatre chaînons sont de façon générale décroissantes du Nord au Sud avec léger relèvement dans la zone moyenne.

Ainsi on note 1.502 mètres au djebel Aouam, 1.532 mètres à la gara de Mrirt, puis 1.337 mètres au djebel Ayati et 1.290 mètres au Tabainout précédés tous deux au nord de la dépression de l’oued Adjam ou Renira. Puis le Timerdhoudine nous montre 1.307 mètres, le Bou Moussa 1.107 mètres, le djebel Hadid 1.206 mètres.

Dans cette zone moyenne les cours d’eau suivent à peu près les vallées tectoniques situées entre les chaînons, ou s’ils en quittent une, c’est pour passer à la voisine par des cluses souvent très pittoresques, comme le Foum Aguennour.

La portion orientale du Zaïan sud est sans contredit la plus intéressante et la plus curieuse des trois.

Déjà préparée dans la portion médiane, s’y manifeste une incurvation des plis, telle que leur partie méridionale est orientée Sud-Nord alors que leur partie septentrionale s’incline du Sud-Ouest vers le Nord-Est, l’ensemble décrivant une concavité regardant vers l’Est.

Le premier élément qui frappe dans cette région. c’est qu’elle est nettement séparée de la zone centrale par une fracture longitudinale ayant donné naissance à des volcans et à des coulées de basalte», et accompagnée de dénivellations importantes des terrains.

Cette fracture est à peu près jalonnée par le cours de l’Oum er libia puis par les affluents de l’oued Bou Skour et de l’oued Bou Chbouka.

A l'Est de cette ligne s’étend la plaine rouge de Khénifra, parsemée de sortes de gour rocheux, dominée au Nord par le djebel Tarat et tout entière formée ainsi que lesgour et le Tarat par des grès plus ou moins durs d’àge permien et de couleur rutilante.

Ces grès viennent buter en discordance angulaire atteignant jusqu’à 90", contre les schistes

gris ou verts du substratum silurien; ils sont surmontés à l’Est par des calcaires blancs jurassiques qui se continuent avec ceux du Moyen Atlas proprement dit, et que l'on retrouve d'ailleurs en abondance au nord de la région qui nous occupe, vers Mrirt.

Nous n’avons plus ici les chaînons dont la description a été faite dans les deux premières zones, mais un ensemble à peu près tabulaire, incliné vers l’Est, passant par transitions douces au régime du Moyen Atlas.

A l’extrémité septentrionale du pays, cet ensemble est coupé par une cluse profonde où chemine de l'Est-Sud-Est à TOuest-Nord-Ouest, l’Oum er Rbia qui, dès sa sortie de cette coupure fait un changement de direction de 90° et se dirige vers Sud-Sud-Est.

D’autres coupures, celles de l’oued Araaris, de l’oued Bou-Skour, du Chabet-Àït-Hammou, etc., découpent tout le pays, et c’est à elles qu’est due la formation desgours qui dressent à travers tout le pays leurs masses rouges ravinées par les eaux, et qui prennent au soleil couchant l’aspect d’énormes bêtes écorchées.

2° L’hydrographie.

Des données générales indiquées, touchant la morphologie et la constitution du pays, on peut déjà prévoir quelle sera la disposition du réseau hydrographique.

Un ensemble d’altitudes s’abaissant vers le Sud,

de grands fossés séparant les trois régions amèneront un écoulement des eaux vers le Midi et la présence de deux rivières principales.

Ces deux rivières principales sont le Grou à l’Ouest et l’Oum er Rbia à l’Est.

Entre les chaînons vont cheminer leurs affluents qui, comme les deux fleuves principaux, d’ailleurs, passeront d’une vallée tectonique à la voisine pardes cluses semblables à celles du Jura.

Le Grou, nous l’avons vu, naît dans le pays

BULLETIN Dü COMITE DE L’ AFRIQUE FRANÇAISE

Zaïan et le quitte par une cluse; l’Oura er Rbia y pénètre par une cluse qui l’amène du pays des Beni-Mguild et elle le quitte entre deux chaînons, non loin de Khellada (voir la carte).

Mais au Sud, tout cet ensemble de pays incliné vers le Midi plonge sous un grand plateau crétacé qui marque le début du pays Tadla, et il en résulte que les pentes se font de ce plateau vers le pays Zaïan, et que les eaux venues de cette région se dirigent vers le Nord. Ce n’est que par des courbes de raccordement que les oueds venus du Sud finissent par s’insinuer entre les chaînons et, souvent avec des coudes brusques, prendre la direction Nord-Est Sud-Ouest.

Si l’on veut schématiser la disposilion générale de l’écoulement des eaux dans le pays Zaïan méridional, on est amené à le considérer comme offrant deux thalwegs principaux très rapprochés à leur origine dans le Nord, s’écartant de plus en plus en descendant au Sud, et séparés par- une crête, une ligne de partage représentant à peu près la bissectrice de l’angle qu’ils forment, ligne de partage de part et d’autre de laquelle s’écoulent leurs affluents, suivant des directions régies surtout par les formes tectoniques du sol. D’autre part, leurs affluents venus de la rive opposée à celle qui regarde la ligne de partage sont aussi régis par la tectonique à l’Ouest; ils sont au contraire surtout régis par la plus ou moins grande facilité d’érosion à l’Est.

Le parcours de l’Oum-er-Rbia et celui du Grou à travers le pays Zaïan appellent quelques remarques.

L’Oum-er-Rbia entre dans le Zaïan par une coupure du Moyen Atlas où le dominent le Fazazi, le Bou-Dear et la Gara Sghira Mrirt au Nord, le Bon ldii et l’Akidar au Sud.

Rocheuse et nue au Sud, cette gorge est boisée et verdoyante au Nord. Son axe est sensiblement Est-Sud-Est Ouest-Nord-Ouest. Peu après être passé au pied de la Dechra des Oulad-Mohamed, le lleuve, sorti des gorges s’infléchit au Sud-Est et se dirige vers Khénifra.

Il chemine dans une vallée assez large, bordée de hauts sommets, les uns verdâtres ou gris, formés de schistes siluriens (à l’Ouest) d’autres, jaunes ou blancs formés de calcaires dinantiens (à l’Ouest) ou jurassiques (sur les deux rives) ou, au contraire il sinue entre les mamelons rutilants de grès permiens qui parsèment la plaine, ou se précipite torrentueux entre les colonnades de basaltes que les volcans de la région de Mrirt et Khénifra ont déversés dans toute la vallée. Son cours est alors extrêmement sinueux, souvent coupé par des coulées basaltiques qu’il doit contourner.

A partir d’un point situé à 3 kilomètres au Sud de Khénifra, le cours du fleuve, quoique sinueux, ne l’est plus pour la même cause; il est obligé de se frayer un chemin oblique à travers le chaînon le plus oriental du pays zaïan. Il sinue alors entre les bancs de schistes, les éperons quarteux, les panneaux calcaires, entouré de forêts plus ou moins abondantes jusqu’à

Khellada où s’ouvre devant lui la vaste plaine du Tadla.

Les seuls affluents importants dans ce pays sont des affluents de rive gauche : le Bou-Skour, et surtout l’oued Serrou grossi du Bou-Chbouka, et dont le débit est égal, à son confluent avec l’Oum-er-Rbia, au débit de ce dernier cours d’eau.

Parmi les affluents de rive droite, l’oued Aguennour seul mérite une mention. Présentant de l’eau, à peu près en toute saison, entouré de forêts et parcourant une vallée du plus charmant aspect, l’oued Aguennour est tout entier situé en pays zaïan. La longueur est de 25 kilomètres environ; il chemine du Nord-Nord-Est au Sud-Sud-Ouest sur la moitié de son trajet, au pied occidental du Djebel-Ayati, puis il devient Nord-Sud et prend le nom d’oued-Aarar dans la deuxième moitié de son cours qui se fait au pied occidental du Djebel- Aarar, aux pentes couvertes de thuyas.

Un autre affluent de droite qui mériterait par sa longueur d’être signalé, mais qui est tout à fait à sec en été est un oued de 20 kilomètres qui naît vers Sidi-Amar au pied du Tabaïnout et se dirige par le pied Nord-Est du Djebel-Hadid vers l’Oum er-Rbia drainant une partie des eaux venues des pentes nord du plateau crétacé du Tadla.

L’oued Grou n’est pas pour le Zaïan un étranger comme l’Oum-er-Rbia qui ne fait que traverser le pays. Il y naît, il y grandit, et ce n’est que devenu pour ainsi dire adulte qu’il le quitte pour une existence autre que celle qu’il y menait.

Il naît sous le nom d’oued Adjam, tout près de Mrirt, au Nord de la kasba Tibouda.

Il chemine du Nord-Est au Sud-Ouest entre les éléments du chaînon médian du Zaïan, passant de l’un à l’autre par des cluses successives. Après un parcours de 35 kilomètres, il reçoit à 5 kilomètres au Nord du sommet du Tabaïnout, l’oued Aït-Azzou, formé de divers ravins drainant la région d’Aguelmous (v. carte).

A partir de ce moment il prend le nom de Grou et jusqu’à Sidi-Lamine, chemine entre le chaînon occidental et le chaînon médian du Zaïan, à peu près du Nord-Est au Sud-Ouest.

A Sidi-Lamine, il se redresse brusquement au Nord et s’introduit dans la cluse dont j’ai déjà parlé et qui le conduit hors du Zaïan.

A 5 kilomètres au Nord de Sidi-Lamine, il reçoit l’oued Sidi-Lamine, qui suit un chemin analogue au sien mais plus méridional et presque dirigé d’Est en Ouest.

Long de 20 kilomètres environ, cet oued reçoit une partie des eaux des pentes nord du plateau crétacé du Tadla, celles du Timerhdoudine, celles du Mohajibat et, séparé du Grou par le Kef-en-Nsour, se redresse au Nord comme le Grou et finit par le rejoindre dans la plaine de Sidi-Lamine.

Aucun des autres affluents du Grou ne présente le moindre intérêt. Ce sont tous des ravins drainant sur de courtes distances les eaux de la montagne.

3° Observations d’ensemble.

Ne retenant donc que les données de morphologie du pays zaïan, et laissant de côté ce qui peut être géographie biologique, soit humaine, soit zoologique, soit botanique, il demeure que le pays Zaïan se présente comme um ensemble montagneux, formé de chaînons parallèles de structure appalachienne, rattachés à cet ensemble que j’ai appelé le Pré-Allas (1) et qui forme comme le second gradin de cet escalier colossal dont les quatre marches : plateau, Pré-Atlas, Moyen-Atlas, Grand-Atlas, gravissent la hauteur séparant la plaine littorale du Maroc des hauts sommets de la grande montagne qui forme comme la dorsale de l’Afrique Mineure.

Ces chaînons se groupent en trois séries, une occidentale, une orientale et une médiane, située entre les deux autres, et de beaucoup la mieux caractérisée.

Entre ces groupes et entre les chaînons s’écoulent les cours d’eau du pays.

Deux principaux, dirigés du Nord-Est au Sud- Ouest, l’Oum er Rbia et le Grou reçoivent par des affluents presque tous temporaires les eaux que déversent sur le pays les nuages qui, l’hiver, viennent se condenser sur la montagne.

De cette disposition résulte l’aspect du pays. A la fois rude et sévère sur les sommets et dans les portions découvertes, frais, ombreux et boisé dans les vallées profondes ou sur les montagnes formées de roches retenant l’eau, il est extrêmement pittoresque et agréable à parcourir.

Lorsque de Sidi- Lamine, on contemple l’énorme masse du Pou -Zancur dont les quartzites roses se dorent au soleil couchant en prenant par place des tonalités de feu, ailleurs de carnation féminine, ailleurs encore d’ambre jaune, pendant qu’au pied, le Grou déroule son ruban qui tantôt s’illumine d’un éclair sanglant de soleil, tantôt reflète le ciel limpide et pâle du soir, on comprend et on admire le charme du Haut-Maroc.

Mais aussi lorsque l’été, après la longue route à travers le col de Mahajihat, on voit s’approcher en falaise puissante et toute blanche sous le grand soleil de midi, le Tabaïnout qui semble fermer le chemin;quand, franchiecette falaise, on se trouve près de la source fraîche de Sidi-Amar, sous l’olivier qui abrite la koubba du Saint, quelle douceur, quelle paix, quel repos. Et combien est douce à l’œil la contemplation des chaînons parallèles qui, là-bas, se succèdent toujours plus élevés à mesure qu’ils s’éloignent vers l’Est, tantôt nus et gris, formés de schistes, ou tout blancs de leurs calcaires, tantôt verdoyants et couverts de forêts comme le Bou-Aarar, pour aller tout là bas, vers les lointains bleus où se dresse à peine distincte la cime neigeuse de l'Ari-Ayachi, se perdre dans le Moyen-Atlas, puis dans le Grand-Atlas.

C’est dans ce pays si curieux de forme et d’aspects si variés que l'on peut le mieux, me sem-

(1) V. Bull. Soc. Géogr du Maroc Notes de 1917 à 1921. C. 11. Acad, des Sc cnces, Esquisse géologique du Maroc central , 1917, ré(' J liée 1920, carte au 1/500.000.

HKrïSE" GNEMBNT8 COLONIAUX . N° 8

ble t-il, se faire une idée des caractères propres du Maroc. Dans tout leresteduMoghreb on trouve des données qui peuvent être aussi bien algériennes ou sahariennes que marocaines. La forme appalachienne du Pré-Atlas et les dispositions de paysage qui en résultent ne se trouvent nulle part ailleurs en Afrique Mineure. Le pays Zaïan se présente non seulement par sa position, mais par sa nature, comme le cœur du Maroc.

Lorsqu’en 1914 les troupes françaises pénétrèrent jusqu’à Khénifra, les routes n’existaient pas, Sidi-Lamine n’était qu’un poste mal aménagé et soumis aux incursions continuelles des pillards.

Depuis, le pays n’a pas changé d’aspect, mais successivement les tribus dissidentes se sont soumises, ça été d’abord les environs de Sidi-Lamine qui sont devenus plus sûrs, puis des pourparlers prolongés appuyés d’action militaire ont peu à peu amené la soumission des Aït-bou-Haddou et des anciens seigneurs de Khénifra, retirés sur l’Akellal.

Et maintenant une route praticable aux voitures mène de Sidi-Lamine à Khénifra, et bientôt sans doute le touriste pourra venir dans les frais vallons du Foum-Àguennour admirer les sites gracieux et presque inconnus encore du Pré- Atlas et du pays Zaïan.

Dv P. Pi sso.

LE TAFILALET

L’oued Ziz traverse dans son cours inférieur à une latitude correspondante à peu près à celle de Colomb-Béchar, un peu plus au Sud cependant, une immense palmeraie formant bloc, d’une superficie de 150 à 170 kilomètres carrés.

C'est le Tatilalet.

Au Nord, avant d’y pénétrer, le Ziz traverse la palmeraie de Tizimi, que jusqu’à présent on avait englobée à tort dans le Tafilalet.

Au Sud, quand il en sort, c’est l’Erg, pays des sables, puis le Tabelbala où ses eaux ne se montrent guère en surface.

A l’Est, c’est presque immédiatement la Hammada, région de plateaux pierreux et stériles, où pour toute végétation, il n’y a quelques brins d’herbe que dans les dépressions en forme de cuvettes, si les eaux de pluie ont pu y séjourner pendant quelques heures.

A l’Ouest, c’est d’abord l’oued Gliéris, qui longe la palmeraie parallèlement au Ziz, puis une région désertique moyennement accidentée avant d’arriver à celle des oueds descendant du djebel Sagho (bled Aït-Atta).

Le Tafilalet, berceau de la dynastie régnante à Fez, a été longtemps le mirage des occupants de Béchar, puis de ceux de Bou-Denib. Que n’a-t-on pas dit et écrit sur ses possibilités d’avenir !

Avant l’occupation de décembre 1917, on n'en savait que ce que voulaient bien nous en dire ses habitants, et, Dieu sait si l’indigène s’entend à amplifier les ressources de son pays.

A voir passer les milliers de Filaîa qui, chaque année, s’en allaient en Algérie comme ouvriers agricoles, on aurait bien dû se douter pourtant que ce pays n’offrait pas assez de ressources pour sa population.

En réalité, le Tafilalet n’est pas une belle oasis dans le genre de celles de Biskra, de Tozeur, de la corbeille de Nefta, des beaux jardins de Gabès; ce n’est qu’une palmeraie de quelques millions de palmiers, où les autres arbres fruitiers (amandiers, grenadiers, abricotiers, figuiers, pêchers), d’ailleurs rares, ne se rencontrent que sous les murs de ses 130 ksours.

L’eau n’y coule pas en permanence dans les séguias.. Le Ziz n’y a en surface, et encore par endroits seulement, qu’un débit assez restreint en temps ordinaire.

L’oued Gberis qui le borde dans sa partie occidentale, ne lui apporte qu’une eau salée inutilisable pour les cultures.

La nappe souterraine, canalisée ou non à l’aide de « foggara » (séguias en sous-sol) est évidemment suffisante pour alimenter les racines profondes de ses innombrables palmiers, mais les trois ou quatre crues annuelles du Ziz sont indispensables pour irriguer sous ces palmiers les cultures superficielles : céréales et légumes. Ces cultures s’étenefent très peu en dehors de la palmeraie.

Les Filala ne peuvent même pas ensemencer si les crues d’automne ne se produisent pas.

Somme toute, il n’y a rien à attendre du Tafilalet que son cuir rouge ou jaune dit « filali » et ses dattes.

Le filali, cuir assez renommé, provient du tannage des peaux de chèvre, que l’on prépare au moyen du fruit d’un tamarin d’une espèce spéciale, « le takaout ». 11 est employé pour ^fabrication des tapis de selle, diebira, chekara, belra (I).

Les dattes sont très inférieures en qualité aux degla du Djerid et de Biskra, aux dattes du Souf. Les indigènes les exportent pour ramener chez eux les produits dont ils ont besoin pour vivre, sucre, thé, huile, cotonnades et même le blé et l’orge que leur pays ne produit pas en quantité suffisante.

Le monopole de ce commerce est presque en entier entre les mains des Chorfa et de quelques Fasi installés à Bou-Aàm.

Sur ce jeu de l’exportation des dattes et de l’importation des denrées de consommation et produits manufacturés, il ne faut pas s’exagérer les espérances. Le Talilalet a une capacité économique qui n’est pas atteinte, il est vrai, mais qui le sera très rapidement dès que tout aura été mis en œuvre : sécurité et communications. Car, si

(1) Djebira, chekara : sortes de sacoches que les indigènes portent en bandouillère.

Belra ; chaussures genre pantoufles.

l’importation n’a pas encore atteint son maximum» puisqu’il reste beaucoup à faire pour améliorer les conditions d’existence des indigènes, en revanche l’exportation annuelle n’est pas susceptible de s’augmenter.

Le Tafilalet constitue donc, il faut bien le dire,

une contrée déshéritée dont on ne retirera jamais rien au point de vue agricole.

Cette région ne possédant d’eau que juste ce qu’il lui faut, esttellementsurpeupléequeses habitants sont obligés d’émigrer tous les ans, en dehors de la saison de récolte des dattes, vers le Gharb et vers le Cherg (1).

(1) Gharb (Ouest) : régions de Meknès, Rabat, Chaouïa. Cherg (Est) : Algérie.

Son occupation par nous ne se justifierait pas si elle n’était pas nécessaire militairement comme

firotection des régions plus fertiles de la Mououya, du Moyen-Atlas et de la Côte, et si elle ne •constituait pas un réservoir d’hommes devant nous fournir une main-d’œuvre abondante et travailleuse et plus tard, très certainement, un nombre important de tirailleurs.

Aussi loin que nous puissions remonter dans l’histoire, nous voyons le Tafilalet occupé par des berbères qui avaient adopté les doctrines des Kharidjites. La capitale en était Sidjilmassa, ville qui devint considérable et connut la prospérité. Elle était leur centre de résistance centre les •conquérants arabes .

Le Tafilalet appartint successivement aux Midrarides (vme siècle), aux Fatimites, puis aux Almoravides et voici dans quelles circonstances :

En 1036, des Berbères, les Guedala de la branche des Lemtouna, revenant de La Mecque après avoir visité l’Egypte et la Tunisie et passant par Sidjilmassa, y trouvèrent un homme, Abdallah ben Yasim, disposé à les guider dans la voie spirituelle.

Le groupement qu’ils formèrent se dispersa au bout de peu de temps, mais Abdallah réunit de nouveaux adeptes, les emmena au Sénégal et y éleva un couvent fortifié « ribat » où, tout en se livrant à des exercices pieux, ces « morabits » (Marabouts) — c’est là l’origine des almoravides — se préparaient aux combats.

En 1012, quand Abdallah eut un millier de guerriers, il s'empara de Sidjilmassa et de là ses

adeptes et ses successeurs entreprirent la conquête du Maroc qu’ils réalisèrent aux abords de l'année 1062.

Peu de temps après, la suprématie au Tafilalet passa aux Almohades, qui la conservèrent jusqu’au milieu du xme siècle.

Luttant d’intluence avec les xYbd-el-Ouadistes de Tlemcen (tribu de Zenata), les Mérinides de Fez finirent par s’emparer de Sidjilmassa sur les Almohades, une première fois en 1250 et une deuxième fois de façon définitive en 1274.

'C’est vers cette époque qu’arriva au Tafilalet l’ancêtre des Chorfa Hassaniens qui régnent actuellement sur le Maroc. Ils descendent en effet d’El Hassan ben Qàsim, descendant lui -même d’Ali ben Abou T ali b, cousin et gendre du prophète, mari de Fatimah.

El Hassan quitta Yambo-en-N’Khal (Arabie) pour s'établir au Maroc en 1266.

Il avait été envoyé au Tafilalet dans le but d’exploiter sa a baraka » pour la remise en état de la palmeraie, alors en complet dépérissement.

Il s’y employa de si heureuse façon que la fertilité revint rapidement dans la région; aussi, ses descendants se virent-ils concéder d’importants domaines dans le Tafilalet par le sultan Moulay Ahmed el Mançour ben Abd elMelik (1578-1602).

Et vers 1640, les habitants de Sidjilmassa révoltés contre leur gouverneur, donnèrent le commandement à l’un de ces chorfa, Moulay Mohammed ben Eeh Chérif qui devint sultan à Fez neuf ans plus tard, 1649.

La dynastie des chorfa hassaniens du Tafilalet, qui venait de s’emparer du pouvoir, devait le conserver. C’est ainsi que nous voyons se succéder sur le trône de Fez les sultans hassaniens :

[IJ Mohammed ben Ech. Chérit. — (1649-1664).

[2] Moulay llechid (1664-1672 . — [3] Moulay Ismaïl (1672-1727).

[4] Moulay Ahmed ed Dehcbbi (1727-1728). — [5] Moulay Abdallah (1728-1757).

6] Moulay Mohammed (1757-1789).

Moulay Hicham. — [7] Moulay Yezid (1789-1792) — [8| Moulay Soleiman (1792-1816).

[9| Moulay Abd er Rahman (1816-1859).

[ÎOJ Moulay Mohammed ben Abd er Rahman (1859-1873).

[111 Moulay Hassan (1873-1894).

1 12] Moulay Abd el Aziz (1894-1909). — [13] Moulay Abd el Hafîd (1909-1912). — [14] Moulay Youssef (1912).

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

C'est en 1818 que Sidjilmassa, qui avait joué un si grand rôle au moyen-âge, fut détruite de fond en comble par les Aït-Atta. Son emplacement est connu des indigènes sous le nom de Medinet el Ilamra.

Le Tafilalet fut en effet à chaque instant le théâtre de luttes sanglantes pour la prépondérance sur les marchés, entre les Aït-Atta, berbères venant de l’Ouest, et les Douï Menia, arabes venant de l’Est. Les uns et les autres s'y sont d’ailleurs implantés.

Ces deux tribus y possèdent actuellement terres.' et palmiers, après les avoir conquis, perdus, puis reconquis et cela à plusieurs reprises.

Le Tafilalet dans lequel on a englobé à tort jusqu’à présent le Tizimi et même le Djorf et le Fezna, occupés par les Arab-Sebbâh, comprend environ 130 ksour groupés en districts dont la formation est fonction des intérêts politiques et commerciaux, et surtout du régime des eaux, question vitale dans ces régions.

Ces districts sont : leSifa; les Beni-M’llammed ; les Seffalat; le Tanidjiout; l’Oued-IIli ; le Gliorfa.

Les populations y sont très mélangées. Dans presque tous les ksour habitent des autochtones, les descendants des premiers occupants berbères et des nègres provenant des anciens esclaves venus du Soudan ou de la grande mehalla installée à Mechra-er-Remel par Moulay Ismaïl.

Les Aït-Atta y sont représentés par leur fraction la plus turbulente, celle que l’on voit se mettre à la lête de tous les mouvements dans cette région : les Aït-Khebbâch qui détiennent les ksour de Mezguida, Ouled Youssef, et le ksar d’Haroun au milieu d’un tout petit îlot de palmiers à l’Est du Tafilalet.

Les Seffalat sont leurs alliés presque forcés, en raison de leur situation en bordure ouest de la palmeraie.

Des Doui-Menia, dont les terrains de parcours sont le long du cours inférieur du Guir, possèdent des terres et des palmiers dans le district du Ghorfa. Quand ils y viennent au moment des récoltes, ils campent sous les palmiers, puis ensilotent dans quelques-uns des ksour de ce district. Ils fournissent des caravanes entre Colomb- Béchar et le Tafilalet.

Mais la plus grande partie de la population est constituée par les cborfa installés dans tous les ksour. Ce sont les gros propriétaires de terrains et de palmiers. Le commerce est également entre leurs mains, car grâce à leur caractère religieux, ils peuvent presque impunément circuler sur les grandes voies du Maroc, sans trop grands risques de pillage.

Les juifs occupent un grand mellah tout contre Bou-Aàm, et en outre forment quelques petits îlots dans certains ksour de chaque district.

Le total de cette population est d’environ 150.000 habitants...

Des souk (marchés) existent dans tous les dis-

tricts, mais il y en a deux principaux : celui de Moulay-Ali Chérif, tout près de la kasbah makhzen de Tighmart, aujourd’hui démolie et rasée, et le souk de Bou-Aâm.

L’agglomération de Bou-Aàm, qui comprend les ksour de Riçani, Dar Zaiani, Haiaten, le Mellah, et le ksar de-Bou-Aâm proprement dit, est le grand centre de transactions commerciales entre le Soudan et les oasis du sud Oranais d’une part, et Marrakech, Fez d’autre part. Dans le ksar de Bou-Aâm résident quelques gros commerçants originaires de Fez.

Chaque ksar s’administre lui-même au moyen de sa djemâa, et il y a dans chaque district une djemâa Kebira, réunion des principaux notables de chacune des djemàas des ksour.

Plus que partout ailleurs, il existe au Tafilalet des personnages ayant quelque valeur; aussi n'est-il pas rare de voir des groupements de fractions ou de ksour subir l'influence de ces notables et accepter leurs directives, tout au moins aux points de vue politique et religieux.

Le khalifa désigné par le sultan comme gouverneur du Tafilalet n’a jamais exercé le commandement de l’ensemble comme l’auraient désiré les dirigeants de Fez. Il n’était nullement écouté des djemàas qui se passaient presque toujours de ses conseils et faisaient tout pour se soustraire à son autorité.

A certaines époques, il n’arrivait même pas à prélever un centime d’impôts. Ne lui offraient la ziara que ceux qui le voulaient bien. Aussi, le sultan subvenait-il à ses besoins en lui faisant parvenir une mouna (traitement) par l’intermédiaire des autorités françaises de Bou-Denib.

Le dernier khalifa qui résida dans le ksar des Ouled-Abd-el-flalim : Moulay el Mehdi, parent éloigné du sultan, est mort à Rabat en août 1919. Il y avait été recueilli au début de l’année par ordre du résident général au cours du soulèvement du Tafilalet, provoqué, fin 1918, par l’Allemagne.

Le Tafilalet est actuellement pays siba. En

1918, un agitateur originaire de la tribu des Ida ou Semlal du Sahel Atlantique réussit à le soulever, provoquant le « djihad » (la guerre sainte).

Belkacem N’gadi, qu’Abdelmalek lui avait envoyé pour le seconder, l’assassina en novembre

1919. Il règne actuellement en maître dans la région.

Bien que ce foyer insurrectionnel, si voisin de nos postes du territoire de Bou-Denib, soit des plus gênants, il apparaît plus urgent de pacifier d’autres contrées dissidentes plu^ voisines de celles où, installés depuis longtemps, nous avons intérêt à développer et protéger notre colonisation. Ce sont les deux foyers de résistance constitués, l’un par le groupe Zaïan-Chleuh, l’autre par les Beni-Ouaraïn.

Notre front du Tafilalet peut donc n’être considéré, pour le moment, sans inconvénients graves, que comme un front passif, mais où il est toutefois utile d’agir par des arguments en quelque sorte diplomatiques. C’est affaire aux grands caïds

de Marrakech d’une part, au service des renseignements du territoire de Bou-Denib, d’autre part,

Le Tafilalet est en train de périr.

Ses terres manquent d’eau. Il ne leur en parvient que lorsque les grandes crues submergent ou renversent le barrage que nous avons établi en 1918-1919 pour déverser les eaux du Ziz dans l’oued Amerbouh (v. la carte).

Ses palmiers sont atteints d'une maladie qui les ronge et les tue, le « bayoud >' attribuée à un ver rongeur, contre laquelle les indigènes ne luttent pas, parce qu’ils ne connaissent pas les moyens de réagir contre elle.

Enlin, soit par les effets d’un blocus, il est vrai peu rigoureux, soit plutôt parce que, ayant pris en 1918 nettement position contre nous, ils n’osent plus rentrer en relations, les Filala ne se lancent plus vers leurs anciens grands marchés.

Il ne faut pas que le Tafilalet meure. Nous n’avons aucun intérêt à ce que la misère le transforme pour des années en une région quasi-désertique.

Laissons passer les Filala à Colomb-Béchar, accueillons-les à Marrakech, facilitons leur exode vers Fez et le Nord du Maroc, en les escortant même à travers les zones que nous occupons, d’autant que nous avons un besoin impérieux de travailleurs en Algérie pour les travaux agricoles, dans le Gharb pour l’exploitation des phosphates et la mise en chantier des nouvelles voies ferrées.

Ouvrons-leur nos grands marchés de Béchar, Marrakech, Bou-Denib, les petits marchés de nos postes de l’avant : Erfoud et Ksar-es-Souk. Accueillons les largement, achetons leurs produits dont nous avons d’ailleurs besoin, mettons tout en œuvre pour leur fournir ce qui leur est nécessaire. Faisons publier cette façon d’agir dans leur pays même par nos émissaires que nous payerons largement; nous récupérerons cette avance plus tard.

Au début, il ne viendra chez nous que des msaken (pauvres); petit à petit, les anciens gros commerçants de Bou-Aâm reprendront leurs transactions, et se déplaceront eux-mêmes pour en assurer le bon fonctionnement; puis, finalement, nous entrerons en relations avec les grosses têtes, les personnages influents.

Ce sera un travail de longue haleine, qui exigera de la part de nos officiers de renseignements une attention soutenue, un rôle patient de persuasion, d’attraction. Il leur faudra noter au fur et à mesure les individualités, les fractions qui viendront à nous, les utiliser pour en attirer d’autres, favoriser et même protéger contre les irréductibles du début ceux qui viendront ainsi; aiguiller vers nos grandes manifestations publiques et commerciales du Nord les personnages de marque; ignorer systématiquement les participations aux harkas de 1918 de ces nouveaux ralliés, les mettre en confiance, quitte plus tard s’ils sont les gros responsables, les gros spoliateurs de nos protégés,

à leur faire rendre gorge quand la situation sera assise.

Il n’y aurait pas d’inconvénients à laisser les Doui-Menia, à condition de les surveiller, rentrer en relations avec les gens du Ghorfa sur la base de restitution bénévole, sans représailles, de leurs biens immobiliers volés : terres et palmiers (à l’exclusion pour le moment des anciennes récoltes et des réserves qui, d’ailleurs, leur ont été ravies par le Semlali) et sur la base d'échanges commerciaux, soit sur les marchés de Béchar, soit par caravanes organisées par les Doui-Menia euxmêmes. Il y a certainement quelque chose à tenter dans ce sens qui ferait peut-être faire un grand pas à la pacification.

Au bout d’un temps appréciable, si malgré ce travail pacifique sur ce front passif, un noyau permanent de harka existait encore, si l’on n’avait pas encore réussi à le dissocier par la rentrée progressive des principaux dissidents, si de cette harka partaient encore des rezzous et des djiouch sur nos postes et nos protégés, alors, après nous être débarrassés des deux grands foyers de dissidence du centre marocain, il faudrait se résoudre à procéder à une opération militaire.

En tout cas, il ne faut pas oublier que le Tatilalet est le berceau de la famille régnante à Fez. 11 n’est pas permis de concevoir une autre façon d’y faire régner la paix quand le moment sera venu, qu’en nous y installant d’abord pour y placer ensuite un gouverneur de la famille du sultan, en conformité avec les traditions séculaires.

Commandant Pierre Vicard,

du 9e tirailleurs.

KSOUR DU TAFILALET 1° Tanidjiout.

Taougga. — Mezguida. — Kasbah-Moulay-Ahmed Dehebbi. — Sidi-Boubeker. — Ksar-Tougani. — Mansouria-

— Chckarna. — El-Fida. — Ouled-Youcef-Syhira. — Kasbah Moulay-Dahar. — Chebili. — Ouled-Youcef-Kebira.

2° Oued-Ifli

Dar-el-Beïda. — El-Fakh. — Dar-Moulay-Taleb. — Gohaïk.

— El-Hadj-Haroun (2 ksoursl. — Ouled M’Hammed. — • Beni-Zekri. — Kasbah-Sidi-Mellouk. — Mellab. — Haïaten.

— Dar-Zaïani. — Riçani. — Bou-Aam. — Moulay-Mostaïn.

— Bou-Hamid (2 ks ). — Tiaremt. — Soussou. — Kasbah Moulay-Sliman (2 ks.). — Abbar (2 ks.). — Hammou- Daoud. — Ksar.. ? — Tighmart. — Aghennous. — Ksiratel Hadeb (2 ks ) — Ksabi-Moulay-Chérif (2ks.). — El-Mrani.

— Manouga. — Djenan-ba-Cheikh. — Keddara. — Beni- Mimoun-Chorfa. — Ouled-Abdelhalim (2 ks.). — Djenanel-Cadi. — Ouled-Haddou. — Ouled-M'Barek. — Ouled- Aïcha. — Oulcd-Aïcha-Fezzana. — Abahar. — Zaouïa el- Cadi. — Hammouda. — Ouled-el-Moudden. — Bahahir. — Zaouïa-Sidi-Kacem. — Ouled-Raho. — Moulay-Abdelkrim.

— Amara. — Beni-Mimoun-Harar.

Vers l’Est, un peu en dehors de la palmeraie. — Haroun (Aït-Jvhebbach).

3° Ghorfa.

Ksira-Djedida. — Serghin. — Djedid. — Ouled-Bidallah.

— Taoughaght. — Kasbah-el-Hachenii. — Tiredouin. — Amcifi (2 ks.) — Ouled -Moussa. — Kasbah Amenni. — Ouled Abd el Kader. — Ouled-Abd-er-Rahman. — Lambri.

BULLETIN DU COMITE DE L’ AERIQUE FRANÇAISE

4° Sifa.

Ksar-Sifa. — Kasbah-Foukania. — Beni-M'Hammed. — Ouled-Limam. — Mounkara. — Ouled-Yahira. — lvasbetcl-Caïd. — Meliarza. — Zaouïa-Si-Abdallah-ould-Boubeker.

— Tioundjdit. — Taricht.

5° Beni-M'Hammed.

Djebil. — Tahasmam. — Ouled-Caïd. — Beni-Fcrha. — Ouzalcha. — El-Betorni (2 ks.). — Tameskant. — ?

6° Seffalat

Oiilcd-Saïdan. — Takhandjaout. — Grinfoud. — Gouir lan. — Tabouacent. . — • Chorfa-ha Hadj. — Houara. — Ouled-Yahia. — Irara. — Ouled-Ouillan. — Tingheras. — BouzmeBa. — Metahara. - Gaouz. — Mobamed-ben- Hassan. — Moulay-Hassan-Chérif. — Sidi-el-Ghazi (2 ks.).

— Abadou. — Zaouïa-ben-Ali (2 ks.). — Graoua. — Taboubekert — Tazigzaout. — Zaouïa-menla-Ighaf. — Zaouïet-er-Remel. — Kasbah-Ouchen. — EI-Djemia. — Moulay-Abdallah-Dequaq.

Page 1