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LE LAIT MAROCAIN

L’acclimatement des nourrissons, au Maroc, est surtout une question d’hygiène alimentaire ; il faut d’autant plus surveiller leur régime que, fatiguées par la chaleur, par la difficulté de la vie matérielle, les mères européennes peuvent rarement, sans aide artificielle, allaiter leur enfant jusqu’au sevrage. Les Gouttes de Lait sont leur sauvegarde :

aussi, dans l’intérêt de la population, doivent-elles être multipliées.

La grande difficulté rencontrée au Maroc dans le fonctionnement d’une telle œuvre, provient de la rareté du laitage. La vache marocaine ne donne en réalité que trois à quatre litres ; avec des croisements, on commence à obtenir davantage, mais il ne faut pas tabler .sur un rendement de plus de cinq litres par tête de bétail marocain. Or, nourrir 75 enfants de moyenne à Rabat, 282 à Casablanca, 150 à Eez implique un troupeau des plus nombreux.

Cette importante question du lait marocain a été foncièrement étudiée par le docteur Herber, médecin de notre centre de Puériculture à Rabat; le docteur Bienvenu, médecin de la Goutte de Lait de Casablanca; le docteur Lavialle de Nancy, tt M. Leroy, ingénieur agronome à la Direction d’Agriculture du Maroc, et voici ce qui résulte de leurs recherches :

Le lait marocain est très riche en beurre, très riche en caséine, très pauvre en sucre.

Deux analyses comparatives de lait français et de lait marocain donnent :

Lait français Lait marocain

Densité

Matières grasses

Lactose

Caséine

Cendres

Extrait sec

Acidité en acide lactique..

1 gr. 50

2 gr.

L’analyse du lait de très belles vaches françaises de la ferme municipale de Casablanca, importées au Maroc, démontre que l’acidité est de 2 gr. 07, dépassant celle de la vache marocaine. Cette hyperacidité n’est donc pas, comme on le croyait, une question de race, ni le résultat d’une alimentation spéciale, mais probablement due à une action climatérique. Il existe une hyperacidité naturelle qui se retrouve d’ailleurs dans toute* l’Afrique du Nord.

Cette hyperacidité, d’après le docteur Herber, rend la stérilisation difficile ; au-dessus de 108° le lait se coagule. La coagulation est fonction de la température et de la chauffe ; pour l’éviter, il faut stériliser à une température moins élevée (105 à 108°) ou diminuer son acidité en additionnant d’eau. Ce mouillage est djautant plus justifié que la composition du lait marocain donne une valeur calorique infiniment plus élevée (pie celle des laits d’Europe.

La lutte contre l’acidité comporte une autre mesure : l’éviction des vaches à lait hyperacide.

Aucun des docteurs Bienvenu et Herber n’a remarqué que ces laits acides aient occasionné des troubles digestifs aux nourrissons.

Le lait des vaches marocaines et françaises (d’après les analyses de Rabat et de Casablanca) subit, selon la saison et la nourriture, des variations très importantes, dues au changement de nourriture (nourriture verte, octobre à juin, nour-

riture sèche, de juin à octobre) qui occasionne une 480.000 germes, parmi lesquels deux espèces voi-

véri table concentration physiologique du lait, sines du bacillus lactitus et, à Casablanca, le doc-

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