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HISTORIQUE

Si pendant cinq siècles, le monde arabe a terni le sceptre de la civilisation, si pendant la seconde moitié du moyen âge, sa science a défrayé l’Occident, par contre, aucune œuvre sociale, concernant l’enfance, n’est mentionnée dans les manuscrits parvenus jusqu’à nous.

Parmi les médecins arabes (1), on trouve:

Ebn Abi Assaibiah qui commente Paul d’Egine

(1) Histoire de la Médecine arabe du Docteur Lucien Leclerc.

(dit le Ivitab el Hokama, connu sous le nom de l’Accoucheur) et qui ajoute à son traité des femmes enceintes un traité sur le régime et la thérape,itique des enfants ;

Ebn Eddjezzar qui laisse un livre sur « le Médecin des Pauvres ».

Léon V Africain mentionne les hôpitaux, les hospices de Fez, leurs salles consacrées aux aliénés, mais mille part ne se découvre la trace d’une institution officielle ou publique d’assistance maternelle ou infantile.

D’ailleurs, sauf sous les Almohades et les Mérinides (12e, 13e, 14e siècles), créateurs d’hôpitaux depuis disparus, les Sultans et leur Gouvernement restent étrangers aux œuvres d’assistance, et il est rare qu’ils se soient inquiétés du sort des déshérités de la vie, en dehors des cas où ceux-ci appartiennent, de près ou de loin, à la famille impériale.

On peut croire que les « Habous », considérés dans beaucoup de pays d’Islam comme de vérita-l blés institutions de bienfaisances, s’employaient à Soulager les infortunes. Tl n’en est rien. La coutume ne leur permet de donner une affectation charitable à leurs revenus, (pie si telle est la volonté formellement exprimée dans l’acte constitutif des 1 Tabous.

Ijes constitutions à but exclusivement charitables, « les habous des pauvres » sont infiniment rares; mais par contre l’on voit des constituants pousser la sollicitude, jusqu’à « habouser » des immeubles dont le revenu. est destiné aux soins des cigognes malades, à distribuer du grain aux pigeons, aux moineaux nichant dans les murailles des mosquées, à ramasser les chats abandonnés, à former un chœur de chanteurs pour distraire les malades (Fez). On citait également, à Fez, l'existence d’une maison habous, mise pour un certain nombre de jours à la disposition des nouveaux mariés indigents, leur assurant une abondance de repas telle, que la félicité de ces jours devait, durant toute leur vie, planer comme un souvenir de félicité infinie.

Fe Cadi, tuteur naturel de tous les mineurs, n’a aucune mission d’assistance à remplir.

Mais si la charité officielle est à peu près incon-

Suppl^ment à V Afrique Français de septembre 1921.

BULLETIN LU COMITE DE L'AFRIQUE FRANÇAISE

nue, la doctrine de l’Islam fait de la charité privée une obligation impérieuse. « Aidez-vous les uns les autres » est inscrit dans le Code de morale de tous les peuples, et le Prophète a dit : « La Communauté musulmane est comparable à une maçonnerie compacte dont les pierres se soutiennent les unes aux autres ».

Aussi, recueillir un enfant trouvé est-il pour un musulman un devoir absolu. « La personne humaine est plus précieuse qu’un bien quelconque; il faut éviter qu’un enfant devienne la proie des bêtes féroces ou ne meure faute de soins et de nourriture », dit le Coran. L’enfant trouvé est de condition libre et devient l’enfant adoptif de la communauté musulmane et non du particulier qui l’a recueilli.

Si' une mère malade, indigente, se trouve hors d’état d’allaiter son enfant, elle l’offre de porte en porte aux familles aisées. Il est rare que son appel reste vain et que le nourrisson ne soit pas mis au sein d’une femme de la famille ou de l’entourage.

Les enfants naturels, moins favorisés, sont, en général, déposés dans la rue, à la porte des notables, dans les sanctuaires de marabouts; ils rentrent dans la catégorie des enfants trouvés.

Tout ceci est à l’honneur des sentiments altruistes de nos protégés ; mais il ne suffit pas de recueillir le nouveau-né, il faut lui assurer les soins indispensables; or, à cet égard, le Marocain n’a, par lui-même, aucun souci de l’hygiène infantile. Les pratiques défectueuses d’obstétrique auxquelles les femmes sont soumises, la saleté du nourrisson, sont la cause d’une mortalité excessive chez les mères et les nouveau-nés.

Donc, comme œuvres de l’Enfance, œuvres des mères, tout était à créer dès 1912, quand le Protectorat français est venu étendre la -pacification, apporter ses bienfaits de civilisation, d’hygiène, entreprendre la lutte contre les maladies de l’enfance, maladies qui décimaient les indigènes, les familles européennes (fonctionnaires, militaires, colons, travailleurs), de plus en plus nombreuses chaque année.

Pour suivre les étapes de ces organisations qui nous ont demandé autant de ténacité que de patience, de combat contre les préjugés enracinés, aussi bien chez les indigènes que parmi les Européens, nous classerons nos œuvres selon leur date d’origine, leur installation ayant été faite d’après l’utilité (] u 'imposaient d'urgence les circonstances-

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