I. — La situation au Sahara en
Qu’on ait été bien inspiré en confiant au général Laperrine le commandement intersaharien, c’est ce qui ne saurait faire de doute pour personne. Il a été, en effet, le premier commandant du territoire des Oasis sahariennes, le pacificateur et l’organisateur de cette région; il était naturel qu’on eût recours à lui dans des circonstances difficiles pour la remise en main de ces populations et de ces territoires.
Pendant une douzaine d’années, de 1902 à 1914, le Sahara français a joui d’une tranquillité aussi parfaite que le comportent le caractère du pays et celui des habitants. Sans doute, des rezzous l’ont encore parcouru, mais aucun des postes que nous y avons fondés, soit à la lisière de l’Afrique du Nord, soit à la bordure du Soudan, soit au cœur môme de la zone désertique, n’a été sérieusement inquiété : leur ravitaillement s’est effectué sans trop de difficultés et l’apprivoisement des indigènes, Touaregs et autres, a fait des progrès remarquables. La situation, dans l’ensemble, était donc bonne lorsque éclata la guerre européenne.