III. — Etablissements privés et sociétés savantes
La Société de Géographie commerciale qui a organisé la présente mission, le Comité de , l'Afrique française et le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France qui l’ont patronnée, sont tout indiqués pour pour-
suivre une œuvre de Liaison entre la Fronce el la colonie, dont les effets ne peuvent être efficaces <] ne s'ils sont continus et permanents.
Il en est de même pour la Société de Géographie de Paris Aox\ï le secrétaire général M. Grandidier, succédant au baron Hulot, a déclaré vouloir diriger les travaux vers la mise en valeur des pays d'outre-mer, en particulier des colonies françaises, et qui a offert de subventionner uue mission en vue d’étudier les possibilités de jonctions directes du bassin fluvial congolais avec la mer.
Le modèle, si l'on peut dire, des établissements privés qui ont organisé d’une manière effective et efficace une liaison utile et une collaboration étroite entre la métropole et la colonie, est Y Institut Pasteur Parisqui .se trouve représenté en Afrique Equatoriale Française par l'Institut Pasteur de Brazzaville. Cet Institut local qui provient de la transformation de la Mission de la maladie du sommeil en organe permanent, relève, à plusieurs points de vie, directement de l'Institut Pasteur de Paris et a son budget propre, ce qui lui donne une plus grande liberté d’action, sans l’empêcher d’être intimement lié à la vie de la colonie et de prêter un concours des plus appréciés, non seulement au gouvernement général de l’Afrique Equatoriale Française qui a créé les sections de prophylaxie dans les diverses colonies du gouvernement général, mais aussi à la colonie du Moyen-Congo et à la municipalité de Brazzaville.
Le Muséum d'histoire naturelle s’est de tout temps intéressé à nos colouies. Six notes jointes à la présente annexe reproduisent ou résument les desiderata des divers services du Muséum, concernant les moyens de liaison entre eux et la colonie du Moyen -Congo :
1" Sur la minéralogie. — Une note résumant les demandes et les propositions de M. A. Lacroix, membre de U Institut, qui ont été signalées aux autorités locales.
2° Sur la botanique. — La copie d'une note de M. Lecomte, qui insiste avec justesse sur l’instabilité administrative et la nécessité d’efforts continus et permanents. En réponse à cette note et en attendant l’organisation d’un service permanent dans la colonie, on trouvera ci-joint un état des principaux travaux botaniques sur la llore du Congo.
3° Sur la culture. — Un résumé des demandes de M. Bois, en vue de reconstituer les collections du Muséum ; la présente mission apportera une contribution à ce travail, en attendant l’institution d’un service d’agriculture dans la colonie.
iu Sur les pêcheries. — Une note résumant les propositions de M. Gruvel, professeur au laboratoire des productions coloniales. Le calcul des besoins de la population indigène en poisson fumé importé pourra être fait en même temps que l’étude générale du problème du ravitaillement des indigènes, notamment pour la main-d’œuvre nécessaire à la construction du chemin de fer projeté. Il sera également possible de développer
l’industrie locale du poisson fumé, qui donne lieu déjà à d’assez importantes transactions.
5'* Sur l entomologie. — Une note résumant
les demandes faites par M. Bouvier, de l’Institut,
dans un but scientifique. D’autre part, plusieurs
particuliers ont demandé comment ils pouvaient
se procurer des collections entomologiques du
Congo dont les richesses sont peu connues à ce
sujet. Il convient de signaler que si les études de
cette nature sont très intéressantes, elles deman-
dent une compétence spéciale, des soins minutieux et coûteux, pour lesquels il est difficile d’utiliser le personnel très réduit existant dans lacolonieet qui ne paraissent pouvoir être confiées qu’à des spécialistes.
6® 'Sur la malacologie (coquillages et madrépores) ainsi que sur les vers et les crustacés (laboratoire de zoologie) une note résumant les demandes de MM. Joubin, de l’Institut, et Ch. Gravier, au sujet de laquelle on peut faire les mêmes remarques que pour l’entomologie.
D’autres sociétés ou organisations, dont l’énumération remplirait plusieurs pages, sont susceptibles de s'intéresser à la colonie, telles que YAlliance française, le Bureau d'organisation économique de la rue de Provence, le Bulletin des renseignements coloniaux fondé en I8S3, par M. Gaston Laforest, etc...
Il suffira que les moyens de liaison entre la colonieet la métropole s’établissent d'une manière suivie pour qu’il devienne possible de coordonner ensuite tous les efforts.