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I. — Les ministères

Indépendamment des correspondances officielles qui empruntent la voie hiérarchique, il est possible par l'utilisation soit bénévole, soit en service détaché, des fonctionnaires de la colonie en congé en France, de rendre plus intime la collaboration des services d’études des administrations publiques de la colonie et de la métropole : service géographique, service delà législation coloniale, des documents parlementaires, des archives, service des bois coloniaux, service des recherches scientifiques et industrielles, etc. Il devrait tout au moins y avoir un double dans la colonie des travaux de missions qui l’intéressent et qui sont souvent déposés directement en France.

Le ministère des Colonies représente pour les colonies l’ensemble de tous les autres ministères. Une certaine liaison existe déjà entre l'administration centrale et les administrations locales des colonies, mais tout ce qui pourra la resserrer sera profitable à l’une comme aux autres : il dépend de la volonté des fonctionnaires centraux d’avoir une collaboration toujours plus étroite. Mais d'autres ministères s’occupent également des colonies, et il y a intérêt, pour seconder même l'action du ministère des Colonies, qu'ils s’intéressent tous à nos colonies davantage, les connaissent plus complètement et soient prêts à les aider en toute occasion. C’est ce qui est arrivé, par exemple, pour le ministère du Commerce qui pendant la guerre a pris une part active à l’étude des relations économiques entre la France et ses colonies. Darmi les ministères il en est un qui, au point de vue des études concernant nos colonies, tient une place à part, c’est celui de l’Instruction publique et des Beaux Arts, auquel sont rattachés les services de la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des inventions , qui ont effectivement participé à la mission actuelle, et à qui revient l’initiative du caractère pratique de cette mission. Ces services sont actuellement installés, I, avenue du Cénéral-Gallieni, à Belle-

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

vue, près (le Paris, et publient depuis novembre 4919, un bulletin officiel mensuel. Il comprend les comités techniques de physique, de chimie, de biologie, de géologie, de génie et il a offert deprêtêr son concours aux colonies et particulièrement au Moyen Congo, pour la poursui te des recherches qui pourraient intéresser la colonie. A la suite de la présente annexe, on trouvera à ce sujet une lettre de M. Léon Bertrand, professeur de géologie appliquée, qui demande un inventaire, des levés et des explorations géologiques et minières qui ont été faits dans la colonie du Moyen- Congo. En attendant que ce travail puisse être effectué, le service géographique et le service des mines ayant été supprimés faute de personnel non seulement dans la colonie, mais au gouvernement général, on trouvera ci-après, sous forme d’énumération sommaire, un inventaire des principales missions géologiques en Afrique Equatoriale Française.

La Sorbonne également a offert sa haute collaboration aux autorités locales pour le développement des travaux scientifiques intéressant la colonie. De son côté, le ministère de l’Agriculture peut prêter utilement son concours aux colonies par l'Ecole nationale vétérinaire cl' Al fort, dont le directeur a demandé aux gouverneurs généraux des colonies de mettre à la disposition de l’école un crédit annuel global de 20.000 francs pour l'ensemble des gouvernements généraux, afin d’instituer une Ecole de médecine vétérinaire coloniale, permettant aux inspecteurs du service zootechnique et des épizooties dans les colonies de faire un stage de trois mois à l’Ecole d’Alfort. Sans attendre cette organisation, un embryon de service zootechnique a été institué en 4919 à la municipalité de Brazzaville, et un vétérinaire a été prévu au budget du Moyen-Congo pour 4920 en vue de la création d’un service d’élevage. Le seul vétérinaire qui se trouve actuellement en Afrique Equatoriale Française est M. Péquot, au Tchad. L’Institut Pasteur, dont il sera parlé plus loin, a contribué largement à l’étude de la trypanosomiase animale, notamment par les travaux de M. Boubaud, membre de la mission d’études de la maladie du sommeil.

IL — Établissements coloniaux a paris.

Le rapport de la commission interministérielle chargée de préparer la création d’une agence générale des colonies, publié dans les annexes du Journal officiel de la République française, du 13 mai 1914, énumère les établissements dont il a été question un moment de grouper les efforts à l’agence générale des colonies : Office colonial, Jardin colonial, mission permanente d’études des cultures et jardins d’essai coloniaux, laboratoire d’agronomie coloniale, laboratoire colonial du Muséum d’histoire naturelle, laboratoire des productions coloniales, d’origine coloniale, laboratoire de chimie du Jardin colonial, maîtrise de conférences de botanique coloniale à la Sorbonne.

D’autre part, le rapport de M. Bernay sur les

moyens d’améliorer les conditions des fonctionnaires coloniaux en congé, inséré dans les annexes du Journal officiel de la République française du 24 octobre 4910, prévoyait un certain nombre de moyens de liaison entre la métropole et les colonies, pour améliorer la relève des fonctionnaires coloniaux : création d’une maison de coloniaux, collaboration avec la fédération de la mutualité coloniale et des pays de Protectorat, etc. Ces propositions aboutirent à l’admission des fonctionnaires coloniaux ainsi que des colons et de leur famille dans l’établissement de convalescence du Mont-des-Oiseaux, près d’Hyères, et à l’institution d’une commission permanente des fonctionnaires coloniaux en congé, présidée par l'inspecteur général du service de santé des colonies. Ces mesures, qu’il a fallu abandonner pendant la guerre, pourraient être envisagées à nouveau.

Le décret, le Conseil d’Etat entendu, du 29 juin 4919 réorganisant l’Office colonial et le constituant en agence générale des colonies, laisse en dehors de l'agence les établissements coloniaux autres que l’Office colonial. L’agence générale comprend un service administratif et un service de renseignements en relation avec les agences économiques à créer par chaque colonie. C’est un arrêté du gouverneurgénéral de l’Afrique Equatoriale Française du 1er décembre 1919 qui a créé à Paris une agence économique de l'Afrique Equatoriale Française. Ces organes de liaison entre la métropole et la colonie sont appelés en se développant, à rendre des services plus importants. La première condition à remplir pour cela est d’obtenir la franchise télégraphique entre l’agence et la colonie. II faut également désigner le correspondant, dans la colonie, du directeur de l’agence générale. Enfin l’agence pourra se tenir en rapport avec 1 ' Office national du commerce extérieur et avec l 'Office central d'expansion nationale qui vient d’étre créé par un décret récent ( Journal officiel du 8 décembre 4919).

Dans une brochure intitulée : « Un Institut africain de technologie agricole et de recherches scientifiques », extraite de la Revue générale des sciences du 30 juillet 1913, M. Emile Perrot préconisait parallèlement à la création d’un tel Institut, l’organisation en France d’une Ecole des Hautes Etudes scientifiques coloniales, coordonnant tous les efforts de tous les établissements qui concourent au développement de ces études. Cette idée paraît avoir été reprise récemment par le ministère des Colonies, et sa réalisation, sous une forme pratique, pourrait multiplier heureusement les moyens de liaison entre la métropole et la colonie.

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