LE PROJET DE VRIDY
Carte du Bulletin du Comité d’études historiques et scientifiques de l’A rrique occidentale.
quée par M. Renaud, celle de la coupure du littoral à Vridy à 5 kilomètres à l’Ouest de Port- Bouët, loin des parages dangereux du Trou sans fond. La carte ci-jointe, que nous devons à une aimable communication du Comité d'études historiques et scientifiques de l’Afrique Occidentale Française — dont le bulletin est devenu une collection si précieuse — expose le détail du projet dont les caractéristiques sont un chenal de 800 mètres de long, 300 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur creusé à travers le cordon littoral, deux jetées divergentes au débouché de ce chenal dans la lagune et une digue barrant le bras de la lagune entre File Boulay et le cordon; les bateaux de mer arriveront à Abidjan au ter-
Avec la Marocaine, par Maurice Maugars ; préface du général Daugan ; un vol. in-16 de 256 pages; 4 fr. 90. — Albin Michel, 22, rue Huyghens.
Ancien élève de l’École centrale, venu d’Argentine pour faire son devoir au front, l’auteur a eu la chance de servir dans cette artillerie de la Division marocaine dont Y Afrique française a dit les hauts faits (Rens. Col., 1919, p. 104) et très simplement il donne ses impressions de combattant qui viennent compléter les « Pages de gloire de la Division marocaine ». Nous retrouvons là ces vigoureux régiments qui ont illustré la D. M.
Les anecdotes fourmillent dans le récit des dures alertes et des offensives heureuses et sanglantes. Le capitaine Maugars se plait a camper pour ses lecteurs les types des soldats qu’il a vus au feu.
Telle cette histoire de tirailleur sénégalais : « Ce matin j’allais à Verzenay. A l’entrée du village, un Noir croise la baïonnette, me demande le mot. Je ne l’ai pas. « Si toi pas mot, toi passe pas ». J’allais rebrousser chemin, car insister eût été dangereux, quand arriva un civil. Il exhibe un laissez-passer. Une inspiration me vient soudain. Je sors de mon portefeuille un papier revêtu de nombreux cachets, mon ordre de mobilisation. « Tu vois, j’ai un « Il l’examine attentivement, le tourne dans tous
laissez-passer. - -- — . .
les sens, le lit dans le mauvais, méfiant, se décide enfin : « loi pouvoir passer, mon lieutenant. »
Telle aussi cette histoire de légionnaire. « Quelques jours avant l’attaque, un légionnaire, évacué depuis plusieurs mois pour blessures rejoint isolément et sans ordre, le régirent. Il demande à parler au colonel ; « Je suis X... de la 4° compagnie. J’étais au dépôt de Lyon. J’ai appris que la légion allait travailler... me voici !
i Qui t’a donné l’ordre de quitter le dépôt ? — Ma cons-
cience. -Tu es donc déserteur? — Oui, j’ai déserté le dépôt pour venir me battre! — Rejoins ta compagnie. . prison! Tu es un brave... Donne-moi la main. »
Trente jours de
Le Gérant : J. Legrand.