LE PROJET DU COMOÉ
Carte du Bulletin du Comité d'eludes historiques et scientifiques de l’Afrique occidentale.
taries, une main-d’œuvre spéciale, bref, toutes les difficultés des ports à transbordements. Ou bien il faudra construire des quais et un second port à Mossou. un chenal dons la lagune de Mos-
LE POItT DE LA COTE D'IVOIRE
« Voilà vingt et un ans que l’administration coloniale étudie la création d'un port à la Côte d’ivoire ». C’est par ces mots que M. Noël, ingénieur des ponts et chaussées, commence l’étude qu'il vient de donner au Bulletin du Comité d'études historiques et scientifiques de l’ Afrique occidentale [ Année 1919, n° 3, p. 233). Approche-t-on enfin de la solution définitive? Il faut l’espérer.
La question a été traitée à diverses reprises dans Y Afrique française (1).
Son importance vient de l’impossibilité d’établir sur celte côte battue par la houle un port à l’abri de la barre.
Le premier projet consistait à faire le port à Port Bouët en face de « Trou sans fond » découvert jadis par l’amiral Bouët- VVillaumez. 11 y eut là de 1905 à 1907 une lutte épique contre l’ensablement pour amener la lagune à se joindre à la mer par un chenal de 30 mètres de largeur: quatre fois la coupure s'ensabla malgré l'effort de la drague et l’insuccès de Port-Bouëtctait dû à l’instabilité des fonds sous-murins au Trou sans fond et à la non propagation de la marée dans le chenal ouvert. Les études reprises en 1912, tant par M. Aron, ingénieur des ponts et chaussées, que par M. Penaud, ingénieur hydrographe en chef de la marine, aboutirent à la présentation de deux solutions possibles, soit la création d’un port à Grand-Bassam à l’embouchure du Comoé, soit au percement de la lagune à Vridy en l'ace d’Abidjan destiné à devenir le port. La colonie se décida pour la construction d’un port à l’embouchure du Comoé.
Le projet établi à cet effet en 1913 par M. Aron, mort depuis au champ d'honneur, devait permettre la création et le maintien dans le Comoé d’un chenal permettant la montée des bateaux de haut-bord jusqu'à la fosse dite de Mossou. Il consistait en deux jetées parallèles l’une de 890 mètres, l’autre de 608, prolongées en amont par des digues et des revêtements
sou à Abidjan et un chemin de fer de Mossou à Abidjan, soit une dépense de 107 millions.
Aussi M. Noël revientà la seconde solution indi-
minus du chemin de fer. La dépense serait de 80 millions.
M. Noël conclut donc que si la solution de la Comoé et celle de Yridy sont également réalisables au point de vue technique, la seconde est seule bonne au point de vue économique et que de plus elle coûtera moins cher. Il ne se dissimule pas qu’elle aura d’ailleurs contre elle les intérêts économiques déjà créés à Grand-Bassam où, le wharf fameux ne pouvant durer pendant les six années qu’exigerait la solution de Vridy, il propose de construire un nouveau wharf qui serait ultérieurement transporté à Tabou ou à Sassandra.
Voilà donc la question nettement posée. La solution s’impose, car le chemin de fer de la Côte d’ivoire demeure sans port au moment où toutes les ressources de la colonie doivent être mises en valeur.
BIBLIOGRAPHIE