RAPPORT
Sur les événements qui se sont déroulés avant, pendant et après le combat de Djanet.
Dans mes comptes rendus de quinzaine de janvier et de février 1916, je vous avais signalé la conduite suspecte du caïd intérimaire d’Azellouaz (un des Ksours de Djanet), le nommé Ibrahim ag Amatal, et les conciliabules inquiétants tenus dans la montagne, en particulier à lddi, par des femmes de Djanet, le saharien targui Allan ag Salem et des gens venus de Rhât. Je faisais valoir que ces derniers me paraissaient être des émissaires du sultan Ahmoud et de Cheikh Abdesselem Chardag Tarhouni. J’avais rapporté le bruit, recueilli par l’ifoghassi Sidi ag Rali, que Djanet serait attaquée dans les premiers jours de mars. J’avais regretté le départ de mon interprète touareg, Bedidi a g Vounès, qui m’avait fait part du renseignement donné par Sidi ag Rali.
Par ma lettre du 28 février, je faisais pressentir que je serais attaqué lors de l'arrivée de cette dite lettre à Fort de Polignac. 11 me fallait ouvrir l’œil. Mon interprète, le seul sur lequel je pouvais compter, venait de partir, appelé pour le service ailleurs. Je me trouvais entre deux feux : faire bonne mine au mauvais sort et me garder confiant en l’avenir et dans la bonne étoile de la France.
De 2 mars dans la nuit, arrive de Rhàt une vieille femme; le 3 au matin le caïd d’Adjahil, Moha Ag Abellès, m’informait de cette rentrée et médit: « C’est une vieille femme, faut-il qu'elle vienne se présenter? » Je lui répondis : « Oui, je l’attends. » A onze heures elle est au bureau. C’est en eiïet une vieille femme toute tremblante qui se cache le visage et pleure. J’essaye d'en
Supplément à V Aérique Française d’avril 1920.
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
irër "quelque chose. Elle vient de Rhàt; à proximité de Rhât elle a été arrêtée par des gendarmes de cette ville et mise dans l’obligation de faire demi-tour. A la faveur de la nuit elle les a joués et est venue à Djanet. C’est tout ce que j’ai pu en tirer. (Pendant l’atlaque j’ai appris que la leçon lui avait été faite par le caïd d’Adjahil qui, parait-