‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 71 sur 134 · LA RÉCEPTION DU GÉNÉRAL LYAUTEV · texte numérisé non relu

LA RÉCEPTION DU GÉNÉRAL LYAUTEV

Enfin, l’Académie française a entendu les paroles qui devaient être dites chez elle, sur le rôle des coloniaux dans la grande guerre. La réception du général Lyautey, élu le 31 octobre 1912 (2), en remplacement de M. Henry Houssaye, a eu lieu le 8 juillet, et elle a été une fête littéraire, et aussi, comme on pouvait s’y attendre, la célébration de l’expansion coloniale ; et, pour que notre plaisir fût complet, le général Lyautey a fait cette célébration à propos de l’évocation d un ami qui nous fut cher, comme à luimême, et qui avait été déjà son parrain au Comité de l’Afrique avant de l’amener à l’Académie, Eugène-Melchior de Vogiié.

Voici celle très belle page qui a terminé le discours du général Lyautey, et qui aura dans les colonies le même retentissement qu’en France métropolitaine :

C’était vraiment un voyant. Et nulle vision ne s’imposait à lui, avec plus d’anxiété, que celle de la menace grandissante qui nous venait de l’Est, j’en eus si souvent le témoignage !

Mais là où sa clairvoyance patriotique se manifesta avec le plus de force, c’est dans la prévision qu’il eut des ressources inappréciables que pourrait nous offrir notre empire colonial, et dans la sollicitude vigilante avec laquelle il en suivit et en seconda le développement. Et c’est pourquoi, en dehors de toute amitié personnelle, nous l’aimions tant, nous, les coloniaux.

Il avait compris, alors qu’en France bien peu comprenaient. Sa pensée allait à tous ceux qui, depuis quarante ans, ont édifié, pièce à pièce, l’empire colonial de la France.

Certes, il n’y a pas eu d’œuvre plus méconnue ni plus décriée. A-t-elle assez trouvé créance, la légende de l’aventure coloniale, de la déperdition des forces, des atteintes portées aux ressources indispensables à la défense nationale ! C’est presque à l’insu de la métropole, en s’en défendant comme d’une œuvre à peine avouable, que les grands coloniaux ont donné à leur pays cet admirable domaine d’outre-mer.

Pour en apprécier aujourd’hui le bénéfice, rappelons simplement les faits. Ai-je à redire la situation tragique où nous trouva, en 1914, le début de la guerre? Nous étions seuls : l’Angleterre ne disposait alors que d’une poignée d’hommes, l’Italie n’était encore que spectatrice. Fut-il alors négligeable, l’appoint immédiat de ces tirailleurs algériens, tunisiens, sénégalais, marocains, dont chaque jour débarquaient dans nos ports les divisions compactes et entraînées,

(1) Au moment où paraît ce Bulletin la librairie Armand Colin édite Lettres du Tonkin et de Madagascar (1894-1899), par Lyautey, deux tomes in-8“ (16x25), 644 pages, 28 dessins originaux de l’auteur, 14 cartes en couleur hors texte ; ensemble, 40 francs. Nous ne pouvons que signaler aujourd’hui cet important ouvrage dont il sera rendu compte dans le prochain fascicule.

(2) Afrique française, 1912, p. 431.

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

jetées immédiatement dans la fournaise? Puis, vinrent les Malgaches, les Indochinois. Et, pendant cinq années, l’afflux continua sans répit. Ce furent, encore et toujours, de nouveaux bataillons se sacrifiant sans compter, ménageant ainsi autant de vies françaises.

Or, un tel effort ne fut possible que parce que des générations d’officiers et de soldats s'étaient, pendant un demi-siècle, sacrifiées dans un labeur patient et obscur, parce que des générations avaient, sans relâche, mené la rude vie du bled, de tous les bleds, depuis la frontière de Chine jusqu’aux confins du Sahara.

Et ce n’est pas seulement un appoint matériel d’hommes et de denrées qui; nos colonies apportèrent à la patrie. C’est surtout l’incomparable appoint de valeurs plus hautes. Oh ! l’a-t-on assez ressassée, la légende des généraux d’Afrique, qui avaient perdu la guerre de 1870! Je pense que justice en est faite. Les noms parlent. Sur tant de ceux que la guerre a mis en vedette (j’ai d’autant plus de liberté pour le dire que je n’y étais pas), je ne nommerai que le plus grand, celui que mon plus haut titre d’honneur est d’avoir eu comme chef et comme ami, Gallieni.

Et, si la guerre a révélé à la France le « poilu », ce « poilu », dès longtemps les coloniaux le connaissaient. Je les revois au Tonkin. J’y arrivais après vingt ans de vie militaire de France, partageant l’ignorance, peut-être le dédain, de l'armée métropolitaine pour cette armée de parents pauvres dont nous méconnaissions trop la rude vie. Je me souviens de mon premier contact, sur la frontière de Chine, avec ces rudes gars, mâles et austères, pionniers de la plus grande France, tout à leur devoir, sans le moindre souci qu’on s’occupât d’eux ou non. Et je me souviens encore, trois ans plus tard, à Madagascar, où Gallieni me jetait, à peine débarqué, au front le plus proche. Le soir même, j’avais rejoint mon poste de commandement, et, dans la nuit, il fallut partir en reconnaissance avec une poignée de marsouins. Ce n’est qu’à la première halte, au petit jour, que je vis les hommes que je commandais. Ils étaient en guenilles, sans souliers, portant surleurs visages les stigmates du paludisme, les traces des privations, quelques-uns souffrant de blessures récentes à peine pansées ; mais tous avec le sourire, les yeux ardents et clairs, ces yeux de Français où le chef peut lire jusqu’au fond. Ah ! c’étaient bien là les mômes poilus que le peuple de France devait connaître vingt ans plus tard !

Et c’est aussi , dans notre guerre coloniale , qu’apparaît avec le plus d’éclat le contraste entre les deux conceptions de la guerre : l’allemande et la française.

Leur guerre, vous savez tous ce qu’elle laisse derrière elle : la destruction. Partout où ils sont passés, ce sont les terres ravagées, taries jusqu’à la sève, les usines détruites, les monuments sacrés, témoins de notre histoire, ruinés sans merci.

Partout où, aux colonies, nous avons planté

notre drapeau, c’est la résurrection, le retour à la vie nourricière des terres laissées en friche depuis l’origine des temps, les populations accourant se mettre à l’abri de nos couleurs, sachant qu’elles les libèrent de l’anarchie et leur apportent la paix et la protection.

Qui peut mieux en témoigner que le sultan loyal auprès de qui je sers la France, et dont l’auguste amitié a tenu à m’honorer aujourd’hui par la présence de son plus haut représentant (1)?

Oui, cette guerre coloniale, si méconnue, est, par excellence, une guerre constructrice, une œuvre de paix et de civilisation, et il fallait que cela fût dit.

Et aux souffrances coutumières de la guerre, faut-il ajouter l’incomparable souffrance morale que subirent au cours de cinq années ceux que le devoir retenait aux avant-postes lointains? C’était il y a quatre ans. Un officier grièvement blessé au front de France était revenu au Maroc. A peine était- il remis, que je lui confiais le commandement de celui de nos avant-postes exigeant le plus d’énergie physique et morale, celui sur qui reposait le maintien de notre fragile armature. Constamment investi , attaqué chaque jour, il était séparé du reste du monde auquel ne le rattachait que la colonne qui, tous les quatre mois, lui apportait son ravitaillement et... son courrier. Sans nouvelles du grand front où se jouaient nos destinées, il fallait là, pendant des mois plus longs que des années , maintenir le moral de tous et tenir bon. Au bout d’un an, l’officier demanda à aller revoir les siens en France, pendant quelques jours. Quand, à son retour, il se présenta devant moi, il me demanda d’une voix étranglée à ne pas rejoindre son poste et à retourner en France. « Comment? lui dis-je. — Ah ! c’est que c’est trop dur. J’ai voulu aller revoir les camarades, ceux au milieu desquels j’avais combattu et j’avais été blessé. Dès le premier poste de commandement , à la première tranchée : « Tiens, d’où venez- vous? — Du « Maroc. — Ah! vous êtes embusqué? » Non! c’est trop dur ! Laissez-moi repartir! » Je lui rappelai son devoir , et il retourna à son poste avancé, le cœur brisé. Voilà le sacrifice, le grand sacrifice. Le devoir accompli, obscur, ingrat, loin du grand souffle qui vous soulevait tous ici d’un tel élan, loin des encouragements quotidiens, loin du sol maternel ravagé, — le devoir dans toute son abnégation religieuse, la « servitude militaire » dans sa sublime grandeur, mais aussi dans sa plus cruelle sévérité. Permettez au vieux chef qui les a si longtemps commandés, qui a connu leur souffrance, d’apporter ce témoignage à ceux qui ont peiné, à ceux qui se sont fait tuer là où cela ne comptait pas.

Je vous disais, en débutant, qu’il me semblait n’avoir plus qualité pour parler au nom de cette armée que d’autres représentent avec des titres tellement plus glorieux, mais si ! il reste un motif

(1) Le Fqih Mohammed el Mokri envoyé par le sultan du Maroc pour assister à la séance de l’Académie,

pour que je sois parmi vous, c’est que j’y représente celte armée coloniale que vous avez voulu honorer en moi.

Son petit soldat, quelle que soit la couleur de sa peau, c’est le petit soldat de France, celui que comprirent et glorifièrent Albert de Mun, Eugène- Melchior de Yogüé, et, certes, ils se seraient associés à cette parole d’Henry Houssaye, une des dernières qu’il ait prononcées. A quelqu’un qui lui rappelait la Grèce : « Ah oui! la Grèce, mais voyez vous, mon ami, la grande beauté, savez-vous où on la trouve ? C’est dans l’àme d’un soldat, d’un soldat qui, avec un sou par jour, se fait casser la tête pour la France ! »

Mfc'r Duchesne recevait le nouvel Immortel et a retracé la brillante carrière militaire et coloniale du général Lyautey, le Tonkin, Madagascar, le Sud-Oranais et le Maroc et celte étude sur le rôle colonial de l’armée qui a attiré sur lui l'attention du grand public. Mfr Duchesne a fait un excellent et spirituel tableau du Maroc dans la paix, puis dans la guerre, et certes ce ne fut pas un spectacle banal que de voir évoquer à l’Académie, par un homme d’Eglise. les cavaliers berbères qui allèrent tourner sur les chevaux de bois de la Foire de Fez, eton lui saura gré, à lui aussi, d’avoir en terminant son discours adressé aux coloniaux cette émouvante bienvenue :

« Garder le sourire »! Telle était la consigne. Malgré l’inclémence du temps, on vous obéissait, et amplement. Depuis lors, et jusqu’à la présente année, la huitième de votre gouvernement, le Maroc ne s’est pas attristé. 11 renaît, il est heureux de renaître. Ce grand empire, vaste comme la France, connaît une magnifique prospérité et voit s’ouvrir devant lui les plus rassurantes perspectives. 11 vit de sa vie propre, traditionnelle, dirigée par son légitime sultan, dont l’autorité religieuse, partout reconnue, s’exerce sans la moindre entrave; dont l’autorité temporelle, ratfermie par vos conseils et, en certaines choses, par votre contrôle, se fait sentir avec une efficacité dont elle était déshabituée, et cela jusqu’en des régions qui l'avaient toujours ignorée. Vous présidez aux relations extérieures du souverain; vous êtes aussi le chef de son armée. Et ce n’est pas une armée pour rire : nous en savons quelque chose, pour l’avoir vu combattre à nos côtés, de l’Yser à Verdun, pour avoir vu naître, dans le sang versé en commun, une fraternité d’armes fondée sur l’estime et le dévouement.

Il y a donc une armée marocaine; il y a une marine marocaine, une administration, des ministères, des bureaux, tous les biens, jusqu’à des dettes, car on vous prête de l’argent, bon signe de considération. Toute cette vie est par vous sortie du tombeau : c’est sous votre main qu’elle s'épanouit, qu’elle fructifie. Tant qu'il y aura un Maroc français on y célébrera le nom du général Lyautey. Depuis Hercule, le vieil Atlas n’avait pas vu un si grand chef. Encore les célèbres colonnes marquaient-elles un terme : c’étaient des bornes au delà desquelles on ne devait pas aller. Vous, vous avez façade sur l’Atlantique, et cette façade, elle vous sert à autre chose qu’à épauler des rêves sur les mystères de l’Océan.

Quelle splendide carrière! Quelle régularité

dans votre ascension ! Au début, l’attente, l’âme tendue vers l’action en des désirs intenses, aiguisés, exaspérés par la placidité des garnisons, enfin assouvis au Tonkin, plus encore à Madagascar. Puis, comme si une Providence spéciale vous conduisait par la main, votre installation dans l’Ouest algérien , d’où vous voyez votre Maroc et intervenez déjà dans ses affaires; enfin la mission à vous confiée par le gouvernement de la République, la mission de faire valoir la protection française dans l’empire chérifien. Moïse avait vu de loin la Terre Promise ; il ne lui avait pas été donné d’y pénétrer. Plus heureux que lui, vous tenez l’objet de vos rêves.

Je ne sais si les fées de Lorraine ont prophétisé sur vos débuts et vous ont dit : « Tu seras roi ! » Mais le fait est que vous avez, sans le titre, la réalité du pouvoir souverain, et du souverain fondateur d’empire ; que vous êtes là- bas, pour vous citer à vous-même, « celui dans les yeux duquel des milliers d’yeux cherchent l’ordre, celui à la voix duquel des routes se rouvrent, des pays se repeuplent, des villages surgissent »!

Ah! sans doute, il vous reste un regret, celui de n’avoir pas combattu sur le grand front. Ce regret, quand il se fait trop cuisant, vous avez de quoi l’apaiser dans les exhortations, cent fois adressées par vous-même à ceux qui, près de vous, souffraient de la même tristesse. Répétezvous, répétez-leur, que depuis huit ans, vous menez, comme l'a dit un de nos confrères, la bataille du Maroc, et ce n’est pas une mince bataille, ni pauvre de résultats.

Mais trêve à ces propos! Nous n’avons pas qualité pour estimer et classer les mérites des généraux vainqueurs, ni pour leur décerner des triomphes : ce n’est pas ici le Capitole. Dans le bois sacré que nous cultivons, il se trouve qu’au milieu de frondaisons plus modestes une place puisse être faite à vos lauriers. Avec quelle fierté nous les accueillons! En vous voyant vous intéresser à nos travaux littéraires, nous nous disons tout bas : par ces hommes, la France a été sauvée de la mort; par eux la vieille France d’Europe a retrouvé ses frontières et ses provinces perdues, son Alsace, et sa Lorraine; par eux la France africaine s’est accrue d’un immense et magnifique empire, qui l’achève et la consolide tout entière, depuis Carthage et Gabès jusqu’aux rivages de l’Océan. La vue de vos uniformes évoque en nous le souvenir de vos soldats, de tous vos soldats : quelle que soit la nuance de leur teint, de quelque région française qu’ils soient accourus à la défense de la commune patrie, sur quelque front qu’ils aient combattu, nous les saluons, le cœur ému et reconnaissant. Et comme, dans ce temple des lettres, la France est représentée tout entière, une et indivisible, sans distinction d’autrefois et de maintenant, d’anciens régimes et de nouveaux, c’est à toute son histoire que nous prêtons notre voix pour vous acclamer : « Soyez les bienvenus ! »

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BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

“Pouf la France ”

Médaille commémorant le concours militaire des coloniaux indigènes à la Guerre 1914-1918

Qui oserait encore aujourd’hui prétendre qu’en cas de guerre europ éenne les colonies seraient pour la France une eau se de faiblesse et même un danger militaire ! Loin de là, les colonies 3t protectorats ont mis à la d isposition de la métropole 515.000 hommes (1) tant pour les combats que pour les travaux de l’a rrière, et ont fourni les produits les plus variés sans compter une participation aux emprunts

MÉDAILLE COMMÉMORATIVE DE LA PARTICIPATION MILITAIRE DES INDIGÈNES COLONIAUX A LA GRANDE GUERRE

(Face).

nationaux, acquérant ainsi un incontestable droit à revendiquer une part dans la victoire de la Patrie.

L opinion allemande a bien senti le poids de celle collaboration; les artistes boches Font marquée par la frappe de plusieurs médailles sur lesquelles nos coloniaux ne paraissent qu’en tenue de sauvages. Sans doute ont ils voulu par là les ridiculiser; ils leur ont plutôt rendu hommage en indiquant ainsi que leur rôle n’est pas passé inaperçu dans la grande mêlée mondiale.

Toutefois il était juste et digne qu’à ces médailles satiriques répondissent, du côté français, des documents numismatiques d’un tout autre esprit. L’ar tiste éminent qu’est M. Legastelois l’a compris ; vient de consacrer une des œuvres nouvelles de s il galerie métallique de la guerre à la commémorationa de cette part de nos coloniaux indigènes aux batailles de 1914-1918, en attendant de célébrer ensuite leur travail dans les arsenaux, usines, hôpitaux, et d'un autre côté, le concours des populations elles-mêmes apportant les produits exotiques des rives lointaines vers la France attaquée mais rayonnant dans le monde.

(1) Chiffre donné par le général Mangin dans s°s récents ar ticles de la Revue des Deu.r Mondes.

La nouvelle médaille est du module de 68 millimètres.

Son avers représente une troupe pittoresque de soldats de toutes races, casqués ou en coiffure nationale, armés, portant leurs Janions bigarrés, en marche autour du drapeau que décorent la fourragère et la croix et aussi les glorieuses inscriptions : Dahomey, Soudan, Madagascar, Maroc. A tout seigneur, tout honneur : au premier plan un Sénégalais, sousleutenant, la poitrine ornée de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la Légion d honneur. Puis viennent des Algériens, Marocains, Annamites, un Dahoméen et une foule mélangée de Malgaches, Tunisiens, Cambodgiens, Tonkinois, jeunes soldats des vieilles colonies, reconnaissables à leurs types, leurs coiffures ou aux emblèmes de leurs fanions; on aperçoit même un des Tahitiens de l’armée d'Orient

MÉDAILLE COMMÉMORATIVE DE LA PARTICIPATION MILITAIRE DES INDIGÈNES COLONIAUX A LA GRANDE GUERRE

(Revers).

qui a réussi à conserver une fleur de tiaré à l’oreille, et au loin des spahis, et dans le ciel l’avion du capitaine l)o-huu

Une légende plane au-dessus de cette armée, très simple, très compréhensive aussi : l* our la France. Et par une coïncidence heureuse, ces trois mots sont les trois derniers du discours de réception du génétal Lyauteyà l’Académie française, de la péroraison dans laquelle le grand colonial glorifie le pctitsoldat qui, « quelle que soit sa couleur... se fait casser la têt e pour la France ».

Le revers présente les noms de toutes nos possessions d’outre-mer. groupées en Frances d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie, autour d’un écusson central qui reste libre pour une inscription éventuelle en creux ou en relief. Sur cette sorte d'héinisphère, le grand groupe Maroc , Algérie, Tunisie, occupe une place imminente, alors que l’exiguité de la surface libre et les nécessités artistiques n’ont pas toujours permis de donner à chacune des autres colonies l’espace correspondant à son importance.

On ne saurait trop savoir gré à M. Legastelois d’avoir, de sa propre initiative, créé cette belle médaille. C’est un hommage mérité rendu à nos indigènes coloniaux qui pourront se reconnaître sous le casque et l’iiniforme des poilus de France et ceux qui les ont

commandés là-bas et ici, ceux qui les ont formés et sé sont formés à leur tête pour les grandes victoires d'Europe, seront sans doute heureux de voir leurs modestes soldats à l’honneur d'un document numismatique de haute valeur d'art et d'une durée infinie (1).

A. Sau.es.

»Yiiiiiiiiiiiiiii««iiiiiiiiiiiiiiiiiiiii»iiiiiiiiiïirniiiniiniiiiiiH'miiii'înnniiniiiiiiii.i;M:iiM uni iiu^ri iTi i

ÉCHOS -s»

l’invitation a DINER ( The dinner parly).

Sous ce titre, M. le consul général Maugham a inséré, dans son beau livre sur le Libéria dont il a été rendu compte ici (2), un très spirituel sketch de sa composition dont nous nous permettons de donner à nos lecteurs une traduction en français, en nous excusant de n'avoir pu rendre comme il aurait fallu le sel britannique de l’original.

La scène se passe à Monrovia, cù il est souvent difficile aux Européens de se nourrir et surtout de traiter leurs invités de façon convenable, à moins de « prendre leurs repas en Europe », selon le mot d'un humoriste américain.

'On pourrait aussi bien l’intituler : « De l'influence du retard des paquebots sur la composition des menus et l'humeur des maîtresses de maison. »

Personnages : Monsieur, Madame, le Cuisinier, voix diverses au téléphone.

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