‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 85 sur 134 · GI · texte numérisé non relu

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et proportionnée au tonnage à transporter, il constitue donc par excellence un moyen de pénétration coloniale.

Suivant le principe énoncé ci-devant le matériel flottant est équipé de telle manière qu’on puisse l’utiliser comme matériel roulant, dans les meilleures conditions de stabilité tant sur l’eau que sur la terre.

L’appareil forme un convoi composé d’un locoremorqueur et de plusieurs remorques, dont le nombre est déterminé par l’adhérence de l’unité motrice et par le pourcentage des rampes. Sur la rivière, il navigue comme un train de péniches, et à terre comme un train monté sur monorail. Le matériel peut être établi en format plus réduit pour lignes secondaires selon les rivières. Pour les lignes de grand trafic un train comporterait un loco-remorqueur et quatre remorques et une capacité utile de 80 tonnes.

Ce système ne reste pas limité au Bas-Congo pour lequel il a été étudié, mais on peut parfaitement l’appliquera toute rivière navigable barrée de distance en distance par des rapides, comme sont tous nos fleuves et rivières d’Afrique occidentale et équatoriale.

11 en résulte que le système de transport par auto-transbordeur peut constituer un moyen de pénétration coloniale à la fois économique et susceptible d’une grande généralisation.

En dehors des voies navigables au Moyen- Congo, elles représentent environ 4.000 kilomètres navigables en vapeur, plus 1.300 kilomètres repris à l’Allemagne, et une longueur supérieure navigable en pirogues, il n’y a aucun autre moyen de transport que le chemin de fer belge de Kinshasa à Matadi pour l’évacuation des marchandises.

Il n’y a pas de routes ou puissent aller des automobiles ou autres véhicules, à part une belle route de Brazzaville à Kinkala qui a été inaugurée par le gouverneur général et par le gouverneur du Moyen-Congo, mais qui est en terrain sablonneux et dont les ponts ont besoin d’être consolidés. Il n’y a d’ailleurs à Brazzaville que deux automobiles et depuis peu un camion de deux tonnes qui ne s’écartent pas du chef-lieu ; quant aux voitures, il n’y en a pas par suite du manque presque absolu d’animaux de trait, de bât, ou des bœufs porteurs qui ne vivent que très difficilement à cause de la mouche tsé tsé. On en est donc toujours réduit au portage humain et cela pendant longtemps encore, jusqu’à ce qu'il ait été construit des chemins de fer et des routes pour auto de façon à le réduire progressivement au moins sur les plus importantes voies économiques.

Bois d’exportation. Prospections.

La mission Chevalier pendant plusieurs années a parcouru toutes les colonies de l'A. O. F. et de l’A. E. F , s’occupant de la flore en général, mais spécialement des bois à la Côte d’ivoire et au Gabon, ou M. Fleury, son second a récolté dans la

région de Libreville de l’Ogooué et des lacs, un herbier complet et une série de nombreux échantillons de bois. Tout a été déterminé en France et des ouvrages complets ont été édités sur la matière.

En 1910, la mission du commandant Bertin a été envoyée par les ministères de la Guerre et des Colonies, à la Côte d’ivoire, au Cameroun et au Gabon. La mission du colonel Salesses, ancien gouverneur des Colonies, est également venue pour l’étude des bois utilisables par les Compagnies de chemin de fer françaises, à la Côte d’ivoire, au Cameroun et au Gabon; enfin en 191!), la mission du commandant Sargos, garde général des forêts, est venue étudier la vallée du Kouilou et une partie du Mayombe.

Ces trois dernières missions avaient pour objet la recherche, la détermination et l’utilisation des bois de la colonie intéressant immédiatement l’industrie nationale, l’échantillonnage, la prospection et le cubage approximatif dans les contrées immédiatement exploitables, c’est-à-dire nu bord de la côte et au bord des fleuves, lacs et lagunes où l’exploitation est facile:

Gabon, estuaire du Como, Ogooué, les lacs Fernan-Vaz, Sette-Cama-Mayomba, Nyanga, vallée du Kouilou et Mayombe.

Mais en vue des chemins de fer projetés il serait à désirer que cette étude s'étende sur toute la superficie de l’Afrique Equatoriale et surtout au Moyen-Congo, dont le chemin de fer de la côte à Brazzaville sera prochainement en voie d’exécution, ce qui permettra d’écouler non seulement les bois du Mayombe, mais aussi ceux de la région équatoriale Sangha-Oubangui, où existe lagrande forêt. D’ailleurs, aussitôt que les moyens de communication et surtout d’évacuation existeront, d’importantes scieries pourront s’établir et il sera alors nécessaire de connaitre comme pour la Côte, la variété, la valeur et la quantité exploitable des essences forestières utiles à la colonie, à l’industrie et au commerce extérieur.

Pour cela, le moyen le plus pratique et le moins onéreux sera de faire étudier chacun dans son entourage ou sa région, les arbres, par les chefs de subdivisions ou de circonscriptions de la colonie.

Mais pour éviter du travail inutile, de longs rapports et des redites forcées pour les mômes essences existant un peu partout, il serait utile d’inviter les administrateurs à envoyer d’abord, selon qu’ils sont dans une région forestière ou de savane, une simple liste des cinq, dix, quinze ou vingt variétés de boia qui les entourent, qui sont employés ordinairement par les indigènes ou par eux-mêmes et qui pourraient être utiles à l’industrie, au commerce et à l’administration.

Cette liste devrait être accompagnée d’une série d’échantillons d’un format uniforme qui serait celui de 20 X 10 x 5 centimètres de côté formant un décimètre cube parfait permettant sans calcul, de savoir immédiatement la densité de chaque essence et permettant également de la suivre au séchage.

RENSEIGNEMENTS COLONI A ÜX

Chaque échantillon devrait avoir un numéro et une fiche indiquant le nom indigène du pays et tous les autres noms indigènes que l’on pourrait se procurer pour pouvoir servir à l'identification des bois entre eux avec l'aide du livre du commandant Bertin. La liste devrait également indiquer si l’arbre est commun ou rare dans la région.

Si l’Administrateur est un peu botaniste, il pourrait ajouter le nom de la famille et du genre ; quant aux noms scientifiques réels, c’est aux gens compétents du Muséum d’Histoire naturelle ou d’ailleurs ayant l’herbier complet en main de les trouver.

C’est là où le rôle du récolteur est utile; l’herbier complet, c’est-à-dire bois, feuilles, fleurs, fruits ou graines, ne peut être fait que par une personne à demeure fixe qui récolte chaque chose à l’époque exacte où il peut le faire et non par une mission de passage si bien outillée fût-elle.

Une fois la liste et les premiers échantillons (cubes) arrivés au chef-lieu (en l'espèce à Brazzaville), où ils seront réunis, il serait facile de les comparer entre eux et de demander à chaque administrateur de ne s’occuper que de ceux qui sont ou paraissent être intéressants chez lui, afin de ne pas avoir inutilement une quantité d’échantillons de même essence commune et souvent aucun échantillon d’autres essences pouvant être utilisables.

De cette façon l’étude pourrait être répartie entre tous selon les facilités du pays et chacun n'aurait à s’occuper que d’un nombre restreint d'espèces, de quatre à dix tout au plus, qui lui seraient indiquées.

L’échantillonnage serait alors à faire d’une façon complète et sûre et sur le même arbre abattu dont la bille ou grume devrait être conservée au poste, à titre de type; il serait facile de prendre, frais ou après séchage, les échantillons qui pourraient être demandés par le chef-lieu, pour le service des bois de Paris ou pour l’exposition de Marseille en préparation.

Quant à l’herbier, cela ne demande qu’un peu de soin et de patience, il faut qu’il soit fait d’une façon consciencieuse sans se lier aux indigènes, ne ramasser les feuilles que sur l’arbre abattu qui sert d’échantillon type, et ensuite les Heurs et les fruits à l’époque voulue. Sans les fleurs surtout, il est impossible de faire une détermination exacte de la famille, du genre et de la variété.

Les feuilles sont faciles à faire sécher, bien disposées et aplaties entre des feuilles de journaux, (c’est le meilleur papier aux colonies), le format est celui d’un journal plié en deux. Pour les Heurs c’est un peu plus difficile et plus long, surtout pour les Heurs grandes et épaisses qui risquent la moisissure et la pourriture, huit à dix jours desoins et de patience suffisent. Quant aux fruits, si ce sont des gousses sèches de légumineuses c’est facile, pour les fruits à drupe molle ou juteuse, se contenter des graines intérieures si possible, ou alors d’un croquis avec description sommaire.

Il est facile de comprendre que sans grand travail, si chaque administrateur ou chef de subdivision donnait dans son année une moyenne seulement de fi ou 6 arbres différents bien échantillonnés, avec tous les renseignements nécessaires sur leur leur utilité dans le pays, sur leurs groupements respectifs et sur la quantité exploitable, on aurait par la réunion des quelque cinquante circonscriptions ou subdivisions de la colonie du Moyen-Congo, plus de 200 variétés d’arbres, c’est-à-dire un travail complet et considérable qui serait très intéressant et utile, tant au point de vue scientifique que commercial.

11 permettrait en outre de classer d’une façon définitive les groupements divers des essences "exploitables et l’aire de dispersion de chaque essence.

Je viens de faire avecM. le gouverneur Alfassa, une tournée de Brazzaville à Ouesso et Fort- Soufllay, ce qui m’a permis de traverser toute la région forestière de la Sangha depuis son embouchure à Bonga jusqu’à Ouesso, c’est-à-dire sur plus de 400 kilomètres à vol d’oiseau, plus 150 kilomètres sur la N’Goko. Sur tout le parcours, à part les rares emplacements où il y a des villages, la région est très peu peuplée et couverte par la grande forêt équatoriale sur une profondeur à droite et à gauche de plus de 50 kilomètres jusqu’à la LikoualaMosaka et la Likouala aux herbes. Cela forme un bloc qui malheureusement est en partie inondé aux hautes eaux, c’est-à-dire trois ou quatre mois par an.

Cette immense forêt qui couvre plus de 3 millions 600.000 hectares a été jusqu’à présent inviolée, c’est-à-dire ni connue ni exploitée par personne. On parle souvent d’établir des réserves forestières. Pour l’avenir c’en est une sérieuse en même temps qu’une réserve d’animaux de toute sorte très peu chassés, éléphants, hippopotames, bœufs sauvages, gorilles, chimpanzés et autres singes de diverses espèces, j’y ai remarqué des Colobes à poils rouges, d’autres noirs et blancs, ainsi que des petits singes pain à cacheter, des sangliers, quelques biches, des panthères et autres petits félins, tous ces animaux trouvent là un refuge presque inexpugnable.

Pour la llore il en est de même que pour la faune, elle est à peu près inconnue, l’aspect de la forêt est à première vue le même que celui de la grande forêt du Gabon et du Mayombe, mais forcément, à cause de l’altitude, du manque de montagnes du pays, plat et marécageux en partie, les variétés des essences doivent être un peu différentes. Ainsi, pendant tout le voyage, il est vrai que je n'ai pu voir à terre que les abords des villages et des postes à bois, je n’ai pas remarqué un seul Okoumé ni un seul acajou. Les principaux arbres utilisables que j’ai pu identifier par les graines trouvées à terre, et par renseignements, car ce n’est pas l’époque où les arbres sont en Heurs, sont : en grande forêt, les Uapaka ou Rikio très communs au bord des rives ou dans les terrains inondés , les Fromagers excessivement communs sur les rives et autour des villages,

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Panda oleosa ou Afane, assez commun; un ou deux Irvingia du genre Okip ou Alep assez commun, Lophira procera commun par place, Copaifera Sp. ou Copal assez commun un peu partout, (d’ailleurs, les indigènes des villages de la rivière le récoltent et vont le vendre aux factoreries'. Cola ballayi-on Colatier assez commun, Albizzia Sp. commun, Myristica Sp. genre Ilomba, Funtunia elastica ou Ireh à caoutchouc, commun, Funtunia africana ou faux caoutchouc, commun aussi par place, Landolphia Sp. ou lianes à caoutchouc, Pyptadenia Sp. genre Tsoumbou, Pterocarpus ou Padouk, bois rouge, Dialium genre Onvong, Ongokéa Klaineana ou N’Goré ou Angueuk, Mamméa Sp. (Giletti i) genre Oboto, Parinarium Sp. genre excelsum.

Autour des villages et sur les emplacements d’anciennes plantations, on trouve le Spathodea campanulata ou Tulipier du Gabon, Pentaclelhra macrophylla ou Ovala, l’irvingia gabonensis ou Oba à la graine oléagineuse, assez commun, Treculia Sp. ou arbre à pain sauvage commun, les Parassoliers, les Aleuritès aux bois blancs légers très communs, des Macrolobium, Lonchocarpus, Barteria, Morinda citrifolia, etc., etc...

Dans toute cette région forestière, une fois que la prospection, même superficielle (c’est-à-dire le long des rives d’abord , et l’échantillonnage seront faits, on pourrait se rendre compte d’une façon précise, de la valeur et de la qualité des bois exploitables, et en admettant au minimum qu’il n’y a en moyenne que dix arbres d’une tonne chacun par hectare, sur 3.600.000 hectares, cela ferait 36.000.000 de tonnes de bois de tout venant.

Alors, aussitôt la ligne de chemin de fer allant à la côte, construite, des scieries mécaniques à grand débit pourraient s’installer soit sur le Congo, soit dans le bas de la Sangha, et fournir tout le bois de construction et de menuiserie nécessaire aux grands travaux futurs de Brazzaville et du Congo belge, bien moins fortuné que nous au sujet des forêts. Il ne serait expédié en Europe que les bois d'une certaine valeur pour aider à alimenter les transports par voies ferrées. On pourrait de même avec les déchets, sur chacun des chantiers espacés installés sur la Sangha, établir des stocks sérieux de bon bois de chautîe pour les bateaux de passage.

Pour l’instant, au chef-lieu, à Brazzaville, où le bois est rare, on a employé jusqu’à présent, au service des Travaux publics, des bois venant d'Europe, sapin, pitchpin, peuplier, chêne, ce n’est que depuis quelque temps que, vu la difficulté des transports et le prix inabordable en France, on commence à employer deux ou trois espèces de bois coupés sur les bords du Djoué, ou venant de petites forêts situées à 15 ou 20 kilomètres de la capitale du Moyen-Congo.

Géologie. — Mines. — Prospection.

Le bassin minier du Moyen-Congo est situé dans la vallée du Niari, rive gaucl.e, il commence

au Sud-Est de Loudima, dans la direction de M’Boko-Songo en suivant la vallée de la Loudima. Déjà, en 1886, le capitaine Pleigneur, en faisant la géodésie de la région, avait visité les points où les indigènes exploitaient et fondaient les minerais pour fabriquer des barettes de cuivre et de petites calottes de plomb qui leur servaient de monnaie, il en avait rapporté de beaux échantillons de malachite; à la même époque, Cholet, Jacob, Pobéguin avaient parcouru une partie de ce territoire, Thollon rapportait de la petite rivière de Mindouli, les premiers échantillons de dioptase, en 1888, le géologue helge Dupont parcourait également la région jusqu’au Bas-Congo.

Quelques années après, de 1892 à 1895. la mission Le Chatelier faisait étudier surtout par l’ingénieur des Mines Begnault et le Dr Alvernhes, savant géologue, toute la région des environs de M’Boko-Songo jusqu’à hauteur de Comba.

Ils signalèrent comme Pleigneur un grand nombre de gisements exploités par les indigènes.

Dans son ouvrage sur l’Afrique Equatoriale Française, Georges Bruel reproduit la note de la mission Le Chatelier parue dans la Géographie en 1900 :

Dans leur ensemble, les gisements miniers du Niari, écrivait M. A. Le Chatelier en 1900, tels qu’ils sont actuellement connus se répartissent suivant un axe principal sud-ouest-nord-est de la Haute-Loudima à la Loukoumi sur une longueur à vol d'oiseau de 125 kilomètres. Quelques petites mines indigènes ont été relevées au Nord de cet axe à Kissanga sur la face sud du massif auquel les premières cartes locales donnaient le nom de monts Devarenne et à Kibenzé près du confluent de la Loubouilou, dans la Loudima. Sur ces deux points les indigènes exploitent en petite quantité, du carbonate de cuivre disséminé dans l’argile superficielle et, au voi-inage on trouve des mouchetures de cuivre dans les roches siliceuses.

La région de la Haute-Loutété est remarquablement riche en affleurements de cuivre, de zinc, de plomb, de fer. Les indigènes y exploitent un grand nombre de petites mines reparties autour de Monkassou, sur la rive gauche et, d’Asiguinga, sur la rive droite, dans un pays accidenté et dont une étude complète peut réserver des résultats imprévus. Partout sur une longueur de près de 20 kilomètres et sur une largeur de 5 à 6, le sol est imprégné de minerais dont, en plusieurs endroits, des collines entières semblent n’être qu’une masse compacte : l’une d’elles notamment, qui, sur deux kilomètres de long, est entièrement constituée, en surface, de minerai de fer et de cuivre. Le plus souvent, la galène et l’oxyde de fer dominent. Cependant la calamine se présente aussi en gisements importants, et, à Yanga-Kumbantza, à l’extrémité est des bassins, le cuivre affleure sous forme de malachite et d’azurite, sur un kilomètre de longueur.

Après la vallée de la Loutété. les affleurements disparaissent, sauf à N’Zombo, sur un affluent de cette rivière, ou quelques gisements pointent de nouveau. Puis dans la vallée de la Louvisi. il se produit un épanouissement comparable à celui de la Loutété. Les mines de Pita, Massikou, Louangou, Tehissongongo sur la rive gauche de la Louvisi occidentale, le district de Kinkembo, à 10 kilomètres seulement de la route de Loango à Brazzaville, avec des centres de Koumboumba, Kinkembo, Koumbakou et Moukassou, constituent un bassin de plus de 60 kilomètres carrés où les minerais de cuivre et de plomb se rencontrent de tous côtés. Les exploitations indigènes y sont d’ailleurs moins importantes que dans la Loutété, les silicates et sulfures de cuivre, plus difficiles à traiter par les procédés primitifs en usage dans le pays, remplaçant sur beaucoup de points, le carbonate. Entre la Louvisi occidentale et Mindouli il n’a été relevé qu’un centre d’exploitation indigène, à Touta Loemba, dans la vallée de

a Louvisi orientale, où la malachite affleure avec la dioptase sur 200 mètres de longueur. Au delà les calcaires sont recouverts par les grès jusqu'au massif de Mindouli...

L’exploration qui a fourni ces données générales sur le bassin minier du Niari, appuyées de coupes de nivellement et de relevés d'itinéraires réunis dans une excellente carte au 250.000e, par M. le capitaine Lamy et le Dr Alvernhes, conduit d’une façon générale à reconnaître que les gisements de surface sont limités aux points d’affleurement des calcaires dolomitiques caractéristique de la région. Partout ou les grès apparaissent, on ne trouve plus trace de minerai, sauf au voisinage même du calcaire. Tout le versant septentrional du Mavombc belge et Portu gais appartenant à la formation des grès qui recouvrent les chaines faitières, à la séparation du bassin du Niari et des bassins du Tchiloango et de la Foulakari, le bassin minier est situé, en entier, sur le territoire du Congo français. Il est fort probable qu’une étude détaillée de la zone minière, qui. telle qu’elle est reconnue actuellement, embrasse de Kissanga et Kimbenzé à Mindouli, une aire de 3.000 kilomètres carrés, fera connaîlre d’autres aflleurements de filons métallifères.

(La Géographie, t. II, 1900, p. 1G2-IG5.)

Mais les véritables recherches et demandes de prospection ne commencèrent qu'en 1902-1903 : M. Lucas, les premières missions Levât, Marc Bel, envoyées sur l’initiative de M. G. Planche, de Lyon, qui fonda la Compagnie minière du Congo français et, par la suite, lit construire pour l’exploitation le petit chemin de fer minier de Mindouli à Brazzaville sur une longueur de 163 kilomètres qui évacue les minerais sur Brazzaville et Kinshasa, de là à Matadi par le chemin de fer belge.

En 1906, la mission Marc Bel et le capitaine J. Mornet explorèrent toute la région des mines de Loudima et de Mindouli pendant que le capitaine Mornet s’adonnait spécialement à l'étude d’une voie ferrée devant traverser tout le district minier. En 1909, M. Marc Bel explorait à nouveau tout le bassin du Djoué où des permis d'explorations minières avaient été concédés, et on découvrait de nombreux gîlos miniers (cuivre et zinc). En 1912, il avait été concédé en Afrique Equatoriale Française 506 permis de recherches tant au Moyen-Congo, vallées du Niari et du Djoué, qu’au Gahon, vallée du Como, et quelques-uns dans l’Oubangui-Chari. x\u commencement de 1914, il restait 90 permis de recherches non périmés portant sur 290.000 hectares.

Au Moyen-Congo, en juillet ! 905, se constituait la Compagnie minière du Congo français au capital de 700.000 francs porté ensuite à 4.000.000.

En août 1910, était constituée également la Société des mines du Djoué au capital de 1.200.000.

Ce sont les deux seules Sociétés qui jusqu’ici ont commencé l’extraction et l'exploitation des minerais de cuivre.

La Compagnie minière installée à Mindouli, une fois son chemin de fer construit de Mindouli à Brazzaville, commença l'exploitation réelle des mines en 1 909.

Depuis celte époque, les chantiers se sont ouverts, les exploitations normales sont en voie d’organisation et la Compagnie a déjà expédié jusqu’en 1913 un tonnage de minerai très riche

Chalcosine) qui a produit environ 2.200 tonnes de métal pur.

Mais par suite des frais qu’occasionne le transport de son minerai sur Brazzaville et le chemin de fer belge, au lieu d’avoir une ligne française à proximité de ses chantiers pour aller directement à la côte, la Compagnie minière ne pourra exploiter comme elle l’a fait jusqu’à présent que les poches de minerai très riche (Chalcosine) à 45 ou 50 0/0 et est obligée de laisser sur place la masse considérable de minerais ne titrant que 10 ou 15 0/0.

Elle se prépare d’ailleurs à traiter sur place la masse des minerais secondaires en utilisant les forces hydrauliques très abondantes dans la ré-

Il est indéniable que, au point de vue minéralogique, cette région ne soit fort riche, le cuivre, l’argent, le plomb, le zinc y sont abondants.

Mais tant qu’il n'y aura pas de voie ferrée qui permettra d’amener à pied d'œuvre, les matériaux de construction et d’exploitation, et d’en réexpédier les produils, toute société ne fera que péricliter.

D'ailleurs, depuis 1914, surtout à cause de la guerre, tout est presque arrêté, et la Direction se sert de son petit chemin de fer pour évacuer les produils commerciaux oléagineux et autres pour le compte des particuliers et de la Colonie.

Quant à la Société des mines du Djoué installée vers 1911 à Renéville dans la vallée du Djoué à 90 kilomètres de Brazzaville, elle a commencé l’élude complète des gîtes miniers et a extrait environ 20.000 tonnes de minerai titrant 10 0/0, mais n’ayant pas de chemin de fer pour l’expédier, ce minerai est resté sur le carreau de la mine. La guerre de 1914 a tout arrêté et actuellement, l’exploitation est abandonnée provisoirement, il n’y a plus que des gardiens du matériel et des bâtiments.

De ce qui précède il résulte qu’il n’y a jamais eu d’étude réelle et complète de la géologie et des régions minières de toute la colonie du Moyen-Congo : les études qui ont été faites sont dues en général à des particuliers qui ont prospeclé dans un rayon restreint et pour le compte de diverses sociétés.

Produits agricoles.

Caoutchouc. — Le caoutchouc ordinaire des forêts Funtumia, Landolphia, ainsi que celui des savanes dit caoutchouc d'herbes, reste après l’ivoire, le produit le plus important, le plus exporté du Moyen-Congo. Mais l'ivoire, produit riche, tendra à diminuer, tandis que le caoutchouc produit manufacturier, devra augmenter, soit par la récolte des produits de forêt intensifiés, mais bien surveillés, soit par de grandes plantations faites par les Sociétés.

Les difficultés que l’on a eues pendant la guerre à faire accepter par les manufactures de France le caoutchouc africain, montrent qu'il a un concurrent très sérieux dans le caoutchouc de

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

l’Extrême-Orient fourni par YRevea brasiliensis.

Les principales raisons qui ont fait délaisser le caoutchouc sylvestre sont :

1° Sa teneur souvent élevée en résine.

2° Le pourcentage d’impuretés qu’il contient.

S’il est possible d’obtenir des indigènes qu'ils ne mélangent pas les mauvais latex avec les bons et qu’ils récoltent plus proprement leur caouchouc, les gommes africaines pourront encore être utilisées. Si cela n’était pas possible, il faudrait prévoir qu’elles disparaîtraient faute d'acheteurs, non pas demain mais d’ici un nombre plus ou moins long d’années, à moins qu’il ne s’établisse au Moyen-Congo, de grandes plantations de caoutchouc d’arbres pour préserver l’avenir.

Le caoutchouc ayant constitué jusqu'ici, la principale ressource de plusieurs de nos colonies africaines, les gouvernements locaux doivent, dès maintenant, se préoccuper de cette importante question.

Dans la dernière tournée que je viens de faire avec M, le gouverneur Alfassa dans la Sangha et la N’Goko, j’ai pu me rendre compte que cette région possédait par places beaucoup de Funtumia; il y aurait intérêt à surveiller si possible les groupements de ces arbres, afin qu’ils ne soient pas saignés à blanc et détruits dans un temps plus ou moins long

Le caoutchouc récolté par les indigènes, qui maintenant savent le préparer soit en boudins, soit en galettes, est très beau homogène, et élastique.

Il est vendu frais aux factoreries qui le coupent en petits carrés, le lavent et le font sécher sur des claies dans de grands séchoirs appropriés, cela donne un produit exempt d'impuretés et de première qualité; il serait à désirer qu’il en soit de même partout.

Le caoutchouc de liane Landolphia moins abondant est moins beau, quant à celui des herbes (racines de Landolphia des pays de savane) on a l’air de l’abandonner, le produit ne rapportant pas assez par rapport au travail exigé pour l’extraire. .

D’après ce qui précède, il serait à désirer pour l’avenirdu Moyen-Congoqu’ilsoitétabli de grandes plantations régulières de Funtumia puisque c’est l’arbre du pays et qu’il a fait ses preuves ou bien alors l’Hevea brasiliensis qui reste l’arbre type à caoutchouc.

Mais il ne faut pas compter sur les semis ou plantations de caoutchouc, en forêt, au hasard, comme c’est prévu sur le cahier des charges des diverses sociétés qui se partagent nos forêts équatoriales; cela n’aboutira jamais à rien.

Huile et amandes de Palme. — La grande quantité d’huile de palme consommée par les indigènes laisse disponible dans les diverses régions où pousse le palmier à huile, pour l’exportation, un tonnage assez important d’amandes de palme qui ne sont pas utilisées sur place.

Jusqu’ici ces amandes ont été obtenues par le concassage à la main (par les femmes généralement) des noyaux séchés après la fabrication de

l’huile de palme dont l’exportation n’est d’ailleurs pas très importante dans la colonie du Moyen- Congo. Il me semble qu’il y aurait intérêt à remplacer progressivement le concassage à la main, très long, des noyaux de palmier à huile par un concassage mécanique à l’aide d’appareils mus à bras.

A ce sujet, on pourrait employer des concasseurs à bras susceptibles d’un rendement utile.

Plusieurs types de concasseurs mécaniques sont en usage à la Côte d’ivoire avec succès. On économiserait ainsi de la main-d’œuvre qui pourrait alors être employée à d’aulres travaux.

Après l’ivoire et le caoutchouc, de tous les oléagineux l’huile de palme étant le produit le plus demandé sur les divers marchés d’Europe, l’avenir du palmier à huile, le principal produit naturel de la terre en Afrique Equatoriale Française, réside dans la création de véritables palmeraies..

lime semble qu’il y aurait lieu d’encourager les indigènes et de les obliger au besoin à constituer des palmeraies autour de leurs villages partout où pousse bien ce palmier. L’importance serait en rapport avec celle des villages et toutes les indications leur seraient fournies par l’administration qui devrait veiller à ce qu’ils plantent surtout des variétés de palmiers à huile reconnus comme les plus avantageux à cultiver.

Les bonnes terres à palmier ne sont pas rares au Moyen-Congo ; il y a d’abord toute la côte en avant du Mayombe, la vallée du Ivouilou et ensuite toute celle du Niari où doit passer la ligne ferrée; dans toutes ces régions, il existe déjà d’assez forts groupements; il serait donc possible de les faire augmenter. Dans le Nord de la colonie, vers l’Alima et la basse Sangha, il y a aussi quelques groupements et beaucoup de points où le palmier pourrait être propagé par les indigènes.

Il va de soi que toutes plantations, soit de palmiers à huile, soit de cocotiers faites par des sociétés ou des particuliers seraient un sérieux appoint pour la colonie et devraient être encouragées, car elles offrent moins d’aléa pour l’avenir que celles de café, cacao et autres.

Jardins d’essais.

Il n’y a plus de jardins d’essais dans la colonie du Moyen-Congo, ni aucun service de l’agriculture et cela depuis longtemps, les moyens financiers de la colonie s’y étant opposés. A Brazzaville on retrouve la trace de l’ancien jardin d'essais qui eut son époque de splendeur il y a quelque vingt ans, il a été loti en partie et on y retrouve quelques vieux arbres fruitiers qui ont résisté à tout.

Il en est de même d’ailleurs à Libreville, au Gabon, pour le vieux jardin créé à l’époque de Brazza et dont le créateur Pierre y est mort à la peine; il est dans un état déplorable, presque voisin de la forêt vierge, tout cela pour la même cause, manque de fonds.

Il y a bien un inspecteur d’agriculture, mais

il ne peut que visiter les plantations des Européens et des indigènes et faire des rapports.

Au Moyen-Congo, il n’y a même pas cela, et pourtant c’est une colonie immense, qui maintenant va de la côte de Loango à Brazzaville et de là jusqu’à Bangui, vers le Haut-Oubangui et la Haute-Sangha, ayant par conséquent toutes les variétés de terres désirables, toutes les altitudes cultivables jusqu’à 500 mètres et par cette raison un climat qui quoique équatorial, est assez varié; la colonie qui plus est, sert de jonction ou déroute de communication avec tout le centre africain par ses nombreuses et immenses artères navigables.

Jusqu’à présent, n’ayant aucun moyen de transport ou au moins des moyens très insuffisants pour le déversement des produits généraux de la colonie vers la côte, on s’est contenté des produits soi-disant riches, c’est-à-dire l’ivoire et le caoutchouc, en prenant toujours dans la forêt et ne mettant rien à la place, sans s’occuper jamais de faire produire quoi que ce soit dans les immenses territoires du Moyen-Congo. Aussi le résultat a été, non seulement la stagnation complète depuis des années, mais le recul. Qu’on le veuille ou non, toute colonie ne peut vivre que par sa terre et ses produits agricoles, et non par des produits supplémentaires si riches soient-ils. Il faudra donc envisager l'établissement d’un service complet d’agriculture approprié aux besoins et aux visées actuelles, sans cela il n’y aura rien de changé, et pour en revenir aux jardins d’essais, c’est au gouvernement et non aux particuliers et aux sociétés à faire les études et les essais nécessaires pour l’introduction des plantes et pour tous produits d’exportation vers la métropole ou ailleurs.

Dans la Revue générale des Sciences du 30 juillet 1015, M. Emile Perrot, professeur à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, demande la création d’un Institut africain de technologie agricole et de recherches scientifiques, il préconise l’emplacement central de Bingerville pour l’Afrique Occidentale Française.

De son côté, le gouverneur général Glozel a créé à Dakar un Comité d’études historiques et scientifiques, le docteur A. Chevalier est allé en mission en Indochine, appelé parM. Sarraut pour le même objet.

Sans pousser ses visées aussi haut, le budget actuel du Moyen-Congo ne le permettant pas, le désir de M. Alfassa, le nouveau gouverneur de la colonie, serait de créer à Brazzaville, chef lieu de la colonie, point central par excellence, un centre local d’études scientifiques françaises, en liaison permanente avec les établissements scientifiques de la métropole.

Au point de vue agricole et agronomique, il serait utile de créer un vaste jardin d’essais soit près de Brazzaville, soit de préférence sur un point à choisir avec soin près de la ligne de chemin de fer allant du Pool à la côte, de façon à avoir un choix de terrains bons et variés et l’espace nécessaire à celte installation en grand, car les bons terrains et la place ne manquent pas.

Nous pourrions nous inspirer pour cela de nos

voisins du Congo belge, qui ont créé de très beaux jardins d’essais et entre autres celui de la mission de Kissantu, qui se trouve dans la vallée de l’Inkissi, près de la ligne du chemin de fer belge.

Les Pères jésuites de la mission du Kwango ont installé à Kisantu un jardin d’essais dans une dépression fraîche parcourue par un ruisseau, affluent de l’Inkissi, alimenté par des sources voisines. Ces eaux serpentent dans des canaux dont les méandres ont été savamment calculés pour irriguer les diverses parties du jardin, ou tout au moins pour suffire à l’arrosage.

Ces conditions de réussite sont absolues dans un pays où la saison sèche dure parfois plus de quatre mois.

Le choix excellent de l’endroit a permis de donner aux végétaux leur station préférée.

Le Frère Justin Gillet, savant botaniste, est le créateur et directeur du jardind’essais. Pourcommencer, il s’occupa d’abord des plantes de la brousse qui l’entouraient, puis 1 idée lui vint d’introduire peu à peu quelques végétaux utiles. Avec les faibles moyens dont il disposait, il ne pouvait guère agir autrement. La mission du Kwango fut fondée en 1893, et depuis, par son travail et son esprit de suite, elle est arrivée à un merveilleux résultat.

Un premier jardin d’essais, trop réduit et non suffisamment pourvu d’eau, fut abandonné. Le Frère Gillet organisa, pour le remplacer, un véritable parc d’une dizaine d’hectares qui est le superbe jardin d’introduction actuel.

Ce jardin tropical répond à de multiples buts dont le plus utilitaire est de fournir à la mission et aux particuliers une abondante provision de légumes frais de toutes sortes, légumes d’Europe et légumes indigènes améliorés, il fournit aussi en abondance des fruits délicieux et variés et enfin il permet de fixer les espèces encore originales, provenant de la brousse, que l’on soupçonne capables d’utilisation ultérieure ou présentant seulement quelque intérêt scientifique ou industriel.

A côté de cette œuvre les Pères de la mission ont entrepris, avec une méthode patiente et une volonté tenace, des essais de grande culture industrielle (riz, maïs, tubercules alimentaires) qui naturellement ont entraîné l’organisation d’un cheptel abondant.

Cette entreprise fort difficultueuse a fini par le succès et cela dans un pays où la sécheresse est considérée comme rendant le pâturage impossible pendant plusieurs mois et où la trypanosome sévit actuellement sur les bêtes et sur les gens.

En 1913, le Frère Gillet a publié un catalogue des plantes utiles indigènes ou introduites, cultivées au jardin et dont le nombre est fort élevé.

M. Emile Perrot dans son opuscule sur la mission de Kisantu en donne un aperçu, ainsi que sur ses travaux d’élevage.

Le jardin de Kisantu a surtout été créé pour les besoins personnels de la mission, et en plus dans un but scientifique général, grâce au Frère

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Gillet qui était botaniste et qui, avec l’esprit de suite dont les longs séjours consécutifs permettent aux missions de faire preuve, a pu arriver à un résultat réel, tandis que dans nos administrations où par malheur les mutations sont incessantes, nous n’arrivons souvent, maloré les bonnes volontés personnelles, qu’à construire et à démolir périodiquement, selon le changement de personnes depuis le haut jusqu’en bas de l’échelle.

Aussi, nos résultats ne sont-ils pas comparables à ceux des Anglais et des Hollandais dans leurs colonies. Nous avons pourtant tout ce qu’il faut pour réussir et il est plus que jamais nécessaire que nous réussissions.

Le principal jardin d’essais du Moyen-Congo qui est à créer de toutes pièces à Brazzaville ou ailleurs devrait avoir un budget assuré, suffisant, et l’étendue nécessaire pour pouvoir faire avec succès les essais d’introduction et de distribution de toutes les plantes utiles, les pépinières appropriées ainsi que les études culturales de toutes les plantes des pays chauds, palmiers à huile, cocotiers, coton, café, cacao, vanille, kola, ricin, tabac, textiles divers, riz, maïs, etc., etc...

Il devrait posséder également un laboratoire permettant l’étude immédiate des maladies des plantes, celle de la composition des terrains et de la valeur exacte des produits de culture ou de récolte directe, oléagineux, textiles, etc...

On pourra dire que le jardin colonial de Nogent a été créé et outillé pour cela, mais il est trop loin, et certaines études ne peuvent être faites avec succès que sur place,

On pourrait aussi envisager, mais au chef-lieu, la création de jardins maraîchers et l'organisation de vacheries, de laiteries et toutes espèces d’élevage possibles, bœufs, moutons, chèvres d'Europe, ânes, cochons et volailles.

Pour cela il faudrait employer le personnel nécessaire et ne pas faire les choses à moitié pour les abandonner ensuite ainsi que cela arrive presque toujours. Comme je le dis plus haut, ce n’est que par l'agriculture que l'on arrivera à sortir la colonie du Moyen-Congo de sa léthargie, et que l’on fera vivre la ligne future du chemin de fer.

(. A suivre).

H. POBÉGUIN.

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Chronique de l’Armée coloniale

Médaille coloniale. — Par décret du 27 juillet, le droit à l’obtention de la médaille coloniale avec agrafe r. Sahara » est acquis au personnel militaire français et indigène ayant participé aux opérations de préparation et d’exécution des raids aériens accomplis, en février et mars 1920; d'Alger à Tamanrasset et d'Alger à Dakar, sous réserve que ce personnel ait effectivement dépassé, dans cette mission, le parallèle d’In-Salah, ainsi qu au personnel militaire français et indigène ayant participé aux opérations de recherche de l'avion du général Laperrine.

La légion étrangère. — Une loi du 5 août a autorisé le ministre de la Guerre à former un régiment de cavalerie étrangère, un régiment d’artillerie étrangère et un bataillon du génie étranger.

BIBLIOGRAPHIE

La terre marocaine, par le médecin-major P. Russo, docteur ès-sciences. un volume de 350 pages, prix 12 fr., (15 francs à partir du 15 octobre). — Librairie des Tablettes marocaines à Oudjda.

Nous annonçons dès aujourd'hui cet ouvrage qui paraîtra vraisemblablement dans le courant de décembre 1920 et qui sera le résumé des études géologiques du médecin major Russo.

Carte générale de 1 Afrique Équatoriale Française dressée par A. Meunier, géographe au Ministère des Colonies, à 1 échelle de I (3. 000. 000e. En vente à la librairie de l’Office Colonial, Galerie d’Orléans, et chez MM. Barrère, 21 rue du Bac, Challamel, 17, rue Jacob, et Larose,ll rue Victor-Cousin, éditeurs à Paris; prix 12 fr Port en sus.

Ce travail établi sous une forme semi-murale, est au courant des plus récentes découvertes, et contient, pour la première fois, un grand nombre de renseignements qu’on élait habitué, pisqu’ici à trouver épars dans des livre1 ou sur différenles caries de détail.

C'est ainsi qu’il indique en dehors des limites administratives les chemins de fer, les pistes commerciales prii.cipales, les lignes et câbles télégraphiques, les postes télégraphiques et radiotélégraphiques, les cours d’eau navigables par vapeurs et par pirogues, la limite du bassin conventionnel du Congo et la grande forêt équatoriale représentée par une teinte veite.

Le Jardin des Dieux, par Edmond Gojon; 1 vol. in-16 de 296 pages ; 5 fr. 75. — Fasquelle, 11, rue de Grenelle.

Le jardin des Dieux, c’est l’Algérie dontM.Gojon est originaire et qu’il célèbre magnifiquement dans cette suite de poèmes qui le placent dans les premiers rangs de l'Ecole littéraire algérienne. Le poète aime sa ville natale et en a compris les beautés, aussi bien celles d’Alger d’autrefois que celles d’Alger d’aujourd’hui :

Te voici, comme aux soirs où, guettant tes galères,

Tu rêvais au-dessus des jardins du sérail.

Et j’entends, quand tes bras montent vers la nuit claire, Sonner tes bracelets de corne et de corail.

11 a subi l’enchantement du soleil d’Afrique dont il retrouve l'éclat partout, jusque dans les fruits :

O lumineuse orange, ô grenade allumée,

Beaux fruits de mon pays,

Qui laissez à la fois la bouche parfumée,

Et les yeux éblouis,

Vous êtes si nourris de ce soleil que j’aime

Et qui comble l’azur de ce ciel fortuné

Que, vous pressant au bord du golfe où je suis né,

Je crois boire à longs traits sa lumière elle-même !

Le contraste entre l’Algérie d'autrefois et celle d'aujourd’hui l’a frappé à la vue du train de Touggourt :

J’aurai vu, sous la lune énorme de l’été,

Le chameau mourant qui s’applique A saluer d’un braillement mélancolique Le train qui, dans la nuit, part pour l’immensité 1

Timgad, Lambèse et les ruines n’ont pas manqué de soulever son émotion :

Sans doute, n’es-tu plus qu’une immense dépouille Dans une plaine aride où seul règne le vent,

Mais, tes dieux ligoltés de lichen et de rouille.

Puis-je encore affronter leur silence émouvant,

Sans revoir, tout à coup, dans ton cirque sans arbres,

Au milieu des licteurs et des chevaux piaffants,

Rome écouter du fond de sa chaise de marbre Au cri de ses buccins, barrir tes éléphants?

Que le bon poète Gojon reste fidèle à la poésie de sa terre d’or et il entendra dans ce jardin des Dieux la Circé qu’il invoque lui dire un jour, en fort beaux vers, le secret de ses enchantements.

Le Gérant :J. Legrand.

IS° t 1

ET

Pl'BUÉSÎPAR

le COÛTÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE |et le COÛTÉ DU

SOMMAIRE

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