‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 98 sur 134 · UN8BIGNIM1HT0 COLONIAUX. — N · texte numérisé non relu

UN8BIGNIM1HT0 COLONIAUX. — N

bout par la falaise dont le revers nord forme successivement les bleds Mtouga, Haha, lda-ou Tanan. Cette falaise servira d'assise au Koudiat-Moulay- Ali des lda-ou-Tanan, à hauteur duquel elle vient en tangence au Sud, avec les arêtes des Idaou-Ziki |pour former le col d’Ameskroud. Elle s'incurve ensuite vers le Sud, se prolongeant jusqu’à Ameskroud, dont elle domine la vallée à 1 Ouest. La piste suivra le versant méridional de cette fabiise de plus ou moins près, mais d’une manière continue jusqu à Ameskroud.

Le versant sud est adossé d’abord au massif d’où émergent les sommets élevés des Ida ou Mahmoud (dj. Touchga ou lfguig). La vue de ces sommets neigeux est plus ou moins cachée par les premiers plans. On les aperçoit par moments par

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

les cassures au travers desquelles les oueds qui en descendent se sont creusé leur chemin. Elus loin, le versant sud de la vallée est formé par les arêtes Ida-çu-Zal orientées Est-Ouest. Entre les montagnes Ida-ou-Mahmoud et celles des Ida-ou- Zahl une cassure large qui forme le col des Bibaoun. Ce col se trouve à peu près au point où la vallée est la plus basse, c’est à sa hauteur que les eaux Ida-ou-Mahmoud et Ida-ou-Zal viennent en plus grande quantité dans la grande vallée de Tiziou-Maachou. On peut se demander si le col des Bibaoun ne fut pas au début le chemin des eaux de la vallée vers le Sous, soit seulement pour les eaux des Ida-ou-Mahmoud qui ne se réunissaient peut-être pas à celles de la grande vallée Tizi-ou- Maachou comme maintenant, soit pour toutes les eaux de la grande vallée qui n’avaient pas creusé les gorges par lesquelles elles s’échappent actuellement vers le Sud pour former l’oued Issen, soit pour les eaux de la partie orientale de la grande vallée, depuis Tizi-Maachou jusqu’au Foum Ida ou- Zal où les eaux de la partie orientale de*la vallée passent dans la partie occidentale à travers une gorge profonde et étroite creusée dans le roc.

Le tlanc sud de la grande vallée de Tizi ou-Maachou est formée dans la partie ouest par les arêtes des Ida-ou-Ziki dont les sommets en dents de scie sont caractéristiques. Elles se prolongent jusqu'au Tizi-Ameskroud suivant une ligne Est-Ouest et tournant ensuite au Sud conformément au mouvement d'ensemble pour former le flanc oriental de la vallée d’Ameskroud.

Cette grande vallée s'étendant de Tizi-Maachou à Tizi-Ameskroud reçoit toutes les eaux environnantes. Quelques petits oueds seulement arrivent du versant nord ; les apports d’eau les plus importants viennent du Sud.

Les oueds du versant nord sont peu nombreux dans la partie est de la vallée; il n’y a guère à y signaler que l’oued Tazedra, qui coule dans une cassure de la falaise M’touga, aux cascades des Aït-Rtab. Ils sont plus importants dans la partie ouest de la vallée où ils prennent naissance sous la falaise Ida-ou-Tanan. Les plus importants sont ceux des Ida-ou-Liine qui descendent du Koudiat Moulay-Ali.

Les oueds du versant sud sont les plus importants, ils descendent surtout des vallées Ida-ou- Mahmoud (Aït- Uriss, Aït-Touiiser, Aït-Ichquajen); on rencontre successivement les oueds des Aït- Brahïre, des Aït-Tesquemt, des Aït-Chaïb, des Aït-Tounert, des Aït-Ichqua jen, puis des Ida-ou- Zal.

L’oued qui recueille toutes ces paux prend successivement le nom des fractions qui occupent la vallée. Il s’appelle, dans la partie est de la vallée : oued Allafesen, puis oued Aglazal, puis oued Meaoud puis oued Aït-Moussi. — C’est sous ce nom qu’il s’échappe de la vallée par la cassure séparant les Ida-ou-Zal, des Ida-ou-Ziki, pour aller sous le nom de oued Issen rejoindre l’oued Sous.

Le parcours de la piste dans la grande vallée allant de Tizi-Maachou à. Tizi-Ameskroud n’offre rien de particulier. En quittant le col, la piste

suit le versant sud de la vallée ; le parcours est facile sauf quelques pentes courtes mais raides (20 à 25 0/0) pour traverser les oueds et ravins. De petits villages (tchours) sont espacés de ci de là . On franchit (5 kilomètres d,u col) le torrent desAït- Brahïre; on passe au marabout de Si- Bi Faddine, réputé pour les guérisons des rhumatismes et qui, en guise d’ex voto, est entouré de bâtons plantés enterre. On franchit l’oued Tesquemt (15 kilomètres) et l’on monte sur le petit plateau elliptique d’Agadir ou Roumi, long de 1.000 mètres, qui domine la vallée. de 50 à 60 mètres. On franchit encore l’oued principal (18 kil. 500) à un gué facile et on passe sur la rive droite. On voit ensuite au Nord les petites cascades des Aït-Rtab descendant de la falaise M’Touga. On arrive (33 kilomètres du col) à hauteur de la grande trouée s’ouvrant au Sud, par laquelle arrivent les eaux des Ida-ou-Mahmoud et des Ida-ou-Zal. C’est la trouée qui se prolonge jusqu’au col des Bibaoun. Elle permet une belle vue sur les neiges Ida-ou-Mahmoud. On^passe un gué assez profond (40 à 60 centimètres d’eau) pour venir sur la rive gauche de la vallée (37 kilomètres et on arrive à n’Zala-Argana, petit centre de vergers, n’Zaladu caïd M’Tougui. — On commence à voir quelques arganiers dont quelques-uns sont imposants; ils vont devenir désormais très nombreux et boiseront le paysage jusqu’alors dénudé.

La route continue à descendre la vallée en faisant des détours au milieu des mamelons, des ravins et des pitons. Le vert des arganier.s fait ressortir la couleur rouge du sol. La vallée se resserre; on passe plusieurs fois l’oued et on reste finalement sur la rive droite. — On arrive (48 kilomètres) à un étranglement de la vallée et ensuite à un barrage. L’oued le passe par une gorge à pic, Foum-Ida ou-Zal, tandis que la piste le franchit à un petit col secondaire. — L’oued s’appuie ensuite au versant Sud de la vallée, les oueds de la vallée se dirigent vers lui en coulant dorénavant Nord-Ouest, Sud-Est; il reçoit l’oued Idaou-Tanan (60 kilomètres) et quitte la vallée en s’échappant au Sud par des gorges taillées entre les montagnes Ida-ou-Zal et Ida ou-Ziki. Ces gorges sont diflicilement franchissables, c’est pourquoi on ne les suit pas pour descendre dans la plaine du Sous en même temps que l’oued. La piste continue vers l’Ouest en suivant la vallée qui maintenant commence à remonter vers Tizi- Ameskroud. Au Nord, s’ouvre le cirque des lda-ou- Liine. dominé par la falaise des Ida-ou-Tanan et la Koudiat Moulay-Ali. Un oued y forme une jolie cascade et s’écoule vers le Sud-Est rejoindre l’oued des Aït-Moussi. On traverse ce petit oued des Idaou-Liine et après 5 kilomètres de montée on arrive au Tizi-Ameskroud (68 kilomètres de Tizi- Maachou). 11 est assez étroit; son tlanc sud est formé par un plan incliné à 30 ou 35 degrés qui s’élève de 300 mètres et forme à sa partie supérieure une longue arête en dents de scie caractéristique. L’ascension en est facile. En arrivant sur le bord de l’arête on domine brusquement la plaine du Sous; elle a un aspect féerique : olive

raies et forêts d'arganiers font de grandes taches sombres au milieu desquelles miroitent sous le soleil oueds et seguias; à l’Ouest l'océan et les dunes; è l'Est les neiges du djebel Touchka Ifguig); tout à fait au Sud les vagues silhouettes de l’Anti-Ailas.

A partir de Tizi-Araeskroud la piste va suivre la vallée d'Ameskroud qui a 30 kilomètres de long. C’est une vallée principale en forme d’arc de cercle. Orientée Est-Ouest au col en prolongement de la vallée qui arrive de Tizi-Maachou ; elle est orientée Nord-Sud à son débouché dans la plaine du Sous. Du côté de l’Ouest elle est dominée par les hauts plateaux Ida-ou-Tanan qui viennent s’y arrêter en falaise ; dans une cassure de cette falaise passe une piste qui va au N.-W. Du côté est elle s’appuie à un plan incliné, relevé à 30 ou 33 degrés, tout rempli de cassures par lesquelles s’écoulent les eaux de la vallée. Cette conformation particulière fait qu’aucun oued ne suit la vallée. Des ruisseaux nombreux descendent sur son liane ouest et au lieu de suivre la vallée traversent pour s’écouler par une cassure du versant est. — Seules les eaux des 5 derniers kilomètres de la vallée viennent à Ameskroud. Aussi dans tout le parcours de la vallée la piste ne fait que recouper des ravins et remonter des petits cols secondaires.

Le pays a toujours à peu près le même aspect, il est un peu plus fourré. La végétation se ressent du voisinage de l’océan; on trouve des mousses et des lichens; on voit des aubépines. — Les arganiers sont toujours nombreux et j beaux, mais sur le versant ouest, les thuyas prédominent; ils sont rarement de grande taille. — Les plantes aromatiques, rares auparavant, sont très nombreuses. — Dans les ravins et les creux irrigables on voit des vergers, des oiiviers et quelques palmiers.

Ameskroud est una petite agglomération de douars au débouché de la vallée. La montagne y cesse brusquement. Une bonne source y donne de l’eau toute l’année.

Capitaine Racine:.

G mars 1917.

Par suite de la hauteur des eaux de l’oued Sous, la co lonne séjourna à Agadir jusqu’au 11 février. A cette date, elle se mit en route vers le Sud, et après avoir traversé le fleuve sur un pont formé par les arabas vides, elle arrivait le 15 mars à Tiznit.

La situation politique y élait la suivante : deux groupes dissidents s’étaient formés Celui de l’Est comprenait tous les montagnards Ida ou Baaquil. Ida ou Semlal, Ida ou Guersmouk, groupés autour d’El-Hiba, à Kerdous.et de son frère Naama, àOuijjan.

Le groupe du Sud comprenait les Akhsas, les Aït-er Kha, les Ahl-Ifran, les Aït-Brihim, les Ait ba-Amram et Ahl Sahel, ainsi que toutes les tribus arabes de l’oued Noun : Azouafid, Ait Lhassen, Aït-Djcmel, Ait Brahim et Tekna. Tous ces éléments groupés autour dlsseg, avaient des postes de surveillance à tous les passages de la montagne menant chez eux. Les Mejjat gardaient l’Ighir Melloulen et les passages allant vers le Tazeroualt.

Le général de Lamothe décida de frapper le premier groupe. La colonne quitta Tiznit le 24 mars. Malgré la forte position de cette oasis parsemée de Ksour, formant autant

de bastions, la harka, après avoir subi un violent bombardement. abandonna Otujjan qui ouvrit ses portes le 25, et fut occupée par les cavaliers de Si'Tayeb. De très nombreux cadavres indiquaient l’acharnement apporté par les défenseurs à tenir les tranchées construites derrière les nmrs.

Du 26 au 31 mars, le groupe mobile après s être ravitaillé à Tizuit, séjournait à Üuijjan, confirmant les résultats acquis par la prise de ce: te citadelle avancée.

Assurée du côté de l’Est, la colonne laissant un groupe d’observation à Mighert, sous le commandement de Si Bon Sellam pour surveiller les Mejjat, se porta le 10 avril contre le deuxième groupe dont les avants-postes étaient signalés, gardant les passages qui vont de BouNaaman à la plaine des Aït-Bou-Beker.

Le 1 1 avril, le Tizi est franchi malgré une vive résistance, puis 1 oued Tiguinit et la ride d’Agadir Izougaren. La co lonne campe à Outrons, au pied du Djebel-Iouzir.

Le 12 avril, elle est à Isseg. Le groupe dissident s'es t re plié plus au Sud, les Akhsas sont rentres cl.ez eux. Les

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