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Renseignements coloniaux et documents

L’ENSEIGNEMENT EN AFRIQUE OCCIDEN- TALE FRANÇAISE : Les arrêtés du novembre 1918. — Georges François 34

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Les frontières orientales du Congo belge ; La

convention anglo-belge du 3 février 1915 39

A travers le rapport sur le budget des colonies 42

Renseignements divers 44

Bibliographie 44

CARTE

Les frontières orientales du Congo belge 39

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Les Champions de la MiUel Àfrika

Le rêve africain de l’Allemagne s’est évanoui devant la victoire des troupes alliées. Mais ce n'est pas dire que jusqu'au dernier moment te pangermanisme colonial ne tentera pas de sauver quelques débris de l'empire d’oulre-mer écroulé. En tout cas, il est bon de faire plus de lumière encore sur Us conceptions politiques, économiques, coloniales et maritimes qui ont été éi la base du grand projet de Mittel Afrika, l’une des causes profondes de la guerre déchaînée par l’ Allemagne et qui fut, ne l’oublions pas, soutenue par le gouvernement allemand en même temps que par le pangeimanisme colonial.

Tous les Allemands, à l’exception des socialistes minoritaires, sont pratiquement d’accord que quand cette guerre, provoquée par rAllemagne et l’Autriclie-llongrie, arrivera à son règlement final, il faudra que, d’une manière ou d’une autre, l’Allemagne {larvienne à marquer un avantage, ne fût-ce que pour établir que cet immense effort poussé jusqu'à l’agonie n’a pas été fait pour rien. Par ailleurs, il existe dans l’opinion allemande d’appréciables divergences quant à la direction dans laquelle cet avantage devra être poursuivi. Pour les pangermanistes, la chose suprêmement importante serait que l’Allemagne réalise de nouvelles annexions territoriales en Kurope, spécialement l’annexion de la côte des Flandres et des districts miniers français de Briey et Longwy. Ne pas les obtenir équivaudrait

C'est dans ce but que nous avons fait traduire et que nous reproduisons ci-après en tnlier, l'introduction donnée par M. Edtryn Bevan à la traduction anglaise (/) de la brochure de M. Emil 7/immermann sur la .Miilel Afr ka (i). Nous avons déjà donné les commentaires du Times sur cette brodiure (t sur l'introduction (.7). Grâce à l obligeance de M. Edivyn Bevan et de MM. Longmans, Green and C°, éditeurs de son ouvrage, nous pouvons mettre ces curieux documents sous les yeux du public français en notant que cette introduction a été écrite en février 1918.

pour l’Allemagne dans cette opinion, à la perte de la guerre. Un parti important est, au contraire, fortement opposé aux « politiciens des Flandres », comme Emil Zimmermann les appelle dans son livre. Ce parti s’en lient à la formule « pas d’annexions » — du moins en Europe. Pour lui, même si la guerre devait se régler sur la base du statu quo en Europe, l’Allemagne aurait gagné la guerre. Telle est l’opinion souvent qualifiée de « modérée » par oppo-

(1) The German Empire of Central Africa, by Emil Zimmermann. wilb an inlroJuciion by Edwyn Bevan; un vol. de 64 pages avec une carte ; 1 sh. — Longmans, Green and O®, 39, Palernoster Row, London.

(2) üas deutsche Kaiserreich Millet Afrika als Giundlage einer neuen Deulschen Wellpolitik, von E.mil Zimmkr.mann; Berlin, 1917.

(3) Afrique française, 1918, p. 282.

Siipplémoul à l'Afrique Française de janvier-février 1919

RlnSEIONBMBNTS COLONIAUX. — N° 1 et 2.

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

sition aux annexionistes pangermanistes ; elle diiïère également de ceux-ci au point de vue de la politique interne. Le pangermanisme est avant tout une opinion réactionnaire et antidémocratique ; les « modérés » sont, d’une manière générale, favorables à une réforme démocratique : à un gouvernement plus représentatif de la nation et plus responsable devant elle. On voit communément des protestations émanées des cercles « modérés >> d’Allemagne contre l'annexionisme en faveur de la démocratie, protestations qui sont dans les journaux anglais l’objet de commentaires tendant à démontrer l’abandon par les Allemands de tous projets ambitieux. Le livre qu’on va lire émane de cette opinion « modérée » ; il servira peut-être à démontrer que le point de vue rassurant des « modérés » vaut d’être examiné à deux fois.

Les « modérés », tout autant que les pangermanistes, désirent que l’Allemagne soit à même de voir sa position alferniie par la guerre. L’opinion « modérée » comporte deux variantes caractérisées par la direction -selon laquelle l’Allemagne devrait réaliser ses gains. L’une de ces variantes est l’école de la Miltel Europa : elle insiste sur une union plus étroite, au point de vue politique, militaire et économique, entre l’empire allemand et ses alliés — Autriclie-llongrie, Bulgarie etT'uruuié7 — de façon a réaliser une ligne continue de puissances allemandes de Hambourg au golfe Bersique et un vaste royaume centre-européen capable de délier le momie. Ce dessein pourrait être pratiquement réalisé à peu près sans annexion. L’autre variante voit la future grandeur de l’Allemagne assurée par un grand empire en Afrique tropicale, ou MitteL Afrika, empire qui s’étendrait d’un bord à l’autre du continent, de l’Atlantique à l’océan Indien, ce qui implique de vastes annexions, mais des annexions en Afrique et non en Europe. Très souvent les deux systèmes — Miltel Europa et Mitiel Afrika — sont soutenus concurremment, mais, habituellement, ceux qui défendent les deux idées mettent plus d’insistance sur l’une que sur l’autre.

On peut se demander si les masses allemandes prennent spontanément un vif intérêt à la perte des colonies d'outre-mer. Il arrive, par exemple, que les champions de l’idée coloniale dénoncent occasionnellement l’indilférence générale du peuple, encore qu'ils notent complaisamment que « la guerre a. fait de la grande masse des « classes travaillantes, jusqu’alors indifférentes « ou même opposées au mouvement colonial, les « partisans les plus convaincus de ce mouve- « ment ». (D'' Soif, secrétaire d'Etat pour les colonies, cité dans le Kreuzzeiluiig du 9 janvier 1918.) Mais si aucun gain ne peut être obtenu dans une autre direction, le gain de territoires coloniaux apparaît comme le baume consolateur de l’orgueil national qui serait ulcéré si la guerre se terminait en perte sur toute la ligne. C’est î peut-êti ela raison pour laquelle l’idée de l’empire africain a paru dernièrement être en progrès.

Il importe que les peuples de langue anglaise aient sous les yeux un exposé limpide de ce programme allemand, un exposé qui mette en lumière les espoirs et les intentions qui s’y attachent dans l’esprit allemand. Un exposé détaillé fait par un Allemand est de valeur spéciale, comme document de première main, et c’est justement ce qui se rencontre dans le livre d’Emil Zimmermann traduit ci-après. Ce livre fut écrit pour des lecteurs allemands : on peut s’en rapporter aux lecteurs anglais et américains pour en tirer des conclusions personnelles.

Mais Einil Zimmermann n’est pas le seul publiciste qui se soit employé à exposer les grandioses possibilités qu’offre l’Afrique centrale au peuple allemand et à développer son enthousiasme pour celte entreprise. 11 est bon, dans une introduction au livre de Zimmermann, de noter quelques exj)osés du même évangile par d’autres écrivains.

On notera le parallélisme étroit qui existe entre ces exposés, et leur combinaison clonnera au lecteur anglais, à la façon d une photographie composite, une juste idée de la valeur du terme Miltel Afrika.

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