francs, à laquelle heureusement l’A. O. F. ne
fut pas obligée de recourir, car, dès 1916, les recettes douanières remontaient. il
L’exercice 1917 a pu s’équilibrer avec les seules ressources ordinaires du budget, alors qu’en 1916 il fallut recourir au concours des caisses de réserve pour une somme de 2.080.000 francs.
Madagascar, lorsque la guerre a éclaté, commençait à voir se développer sa prospérité économique. A partir de 1916, le défaut de main-d'œuvre et l’irrégularité et l’insufsance des moyens de transport gênèrent l’écoulement des produits de la colonie. Les stocks en souffrance représentent actuellement une grosse valeur. Quant à l’industrie du graphite, elle a été paralysée par la lourdeur du marché continental et, depuis le second trimestre de 1918, par l’interdiction d’exporter.
Cependant, la situation budgétaire est demeurée satisfaisante. Mais, contrairement à ce qui s’était produitdurant les années précédentes, les dépenses se sont sensiblement accrues, alors que les recettes ont tendance àbaisser.
M. Landry présente un intéressant tableau de l’aide des colonies à la métropole ;
En dépit de la crise des transports maritimes, nos possessions ont fourni à la métropole une aide considérable, d’autant plus remarquable qu’étant donné les idées qui avaient cours sur les colonies avant la guerre, elle pouvait être considérée comme inattendue.
Sans parler des 21 millions versés par nos colonies au comité officiel de répartition des secours aux victimes de la guerre, sans parler des 150 millions souscrits par elles aux emprunts de la défense nationale en 1915, 1916 et 1917 (1), elles ont encorefourni à la métropole d’une part des hommes, soldats et travailleurs, d’autre part des matière* premières et des denrées de consommation pour le lavitaillement.
De 1915 à 1918, le recrutement dans l’Oucst-Africain, en Indochine, à Madagascar, dans l’Inde, à la côte des Somalis et dans le groupe du Pacifique, a fourni près de
275.000 tirailleurs. Dans ce chiffre total, le seul reciutement de 1918, opéré à la suite de l’utile mission de notre collègue Diagne, a fourni près de 80.000 unités.
Aces combattants, il convient d’ajouter 53.039 travailleurs, 48.526 venant d’Indochine et 4.513 de Madagascar, et qui constituèrent une précieuse main-d'œuvre pour nos usines de guerre, poudreries, établissements de l’aviation, etc., etc.
Pour le ravitaillement, fonctionna au ministère des Colonies, dès novembre 1915, le service de l’iitilisation des produits coloniaux pour la défense nationale, organe permanent de liaison entre l’ensemble de nos possessions et
(1) Pour l’emprunt de la libération, la seule Indochine a souscrit 100 millions.
les services de la guerre, de l armement, du ravitaillement et de la marine.
En fournissant des matières premières et des denrées d’alimentation à la France, les colonies ont rempli gratuitement le triple office de commissionnaires, de courtiers et d’entrepositaires : seuls, dans ce dernier cas (stockage), les frais de construction des magasins provisoires indispensables sont supportés par le ravitaillement.
Elles y ont ajouté encore — toujours gracieusement — le rôle de banquiers ; le règlement des achats a été, en effet, assuré par les trésoreries locales au moyen de leurs propres ressources.
Ainsi, la contribution de nos colonies au ravitaillement des armées et au ravitaillement civil a présenté ce double avantagé: d’abord de réduire le montant de nos achats à l’étranger, tout en réalisant, dans certains cas, d'appréciables économies sur les prix de revient ; epsuite, de n’exiger non seulement aucune sortie d’or, mais même aucun décaissement de numéraire dans la métropole.
C’est dans ces conditions qu’ont été fournis par nos colonies, du commencement de 1910 à tin juin 1918, les principaux produits suivants :
Riz 2o7.ol8 tonnes.
Maïs 41.669 —
Oléagineux et matières grasses 284.983 —
Sucres 525.693 —
Ricin 28.900 —
Caoutchouc 7.000 —
Coton 1.130 —
Alcool 19.950 —
Cuirs et peaux 9.439 —
Viande de conserve 14.000 —
Viande frigorifiée 14.000 —
Raphia 10.057 —
Graphite 43.390
Laque 50 —
Sorgho, gros et petit mil (A. O. F.). 13.013 —
Poisson frigorifie (A. O. F.) 60 —
Sacs de Vacoa(l) (989.000 sacs) 1.766 —
M. Landry se prononce très nettement sur les solutions coloniales de la paix :
Il ne paraît pas que l’Allemagne puisse être remise en possession de ses établissements d'oulre-mer. Il semble ((ue ce doiveêlre aux nations ayant derrière elles un long passé colonial et pratiquant une politique indigène ouverte aux idées modernes, à recueillir la succession de l’empire germanique. On ne pourra oublier, le moment venu, que la France a assumé lapins large part dans l'éviction des Allemands du Cameroun et du Togo, et contribué à l'occupation des Samoa.
On est fondé, par suite, à penser que rien ne seranégligé pour assurer, en particulier, à l’Afrique équatoriale et au Dahomey, le retour de pays que nos missions ont parcourus en partie, et où elles ont passé des traités avec leschefs indigènes, avant la prise de possession clïectuoe par l’Allemagne. La communauté des races, au reste, et la situation géographique permettent nettement de considérer ces territoires comme le complément nécessaire de nos possessions. L’Afri(|ue équatoriale, enfin, a vu jadis la sauvegarde de ses intérêts subordonnée à des considérations de politique générale ; elle a droit, par suite, à toute la sollicitude de la métropole, qui ne saurait se refuser, aujourd’hui que les circonstances le permettent, à lui fournir un dédommagement mérité.
Les puissances alliées peuvent être, en outre, amenées à regrouper et à resserrer en blocs compacts leurs possessiotis, en vue d’obtenir un maximum de rendement économique. La France est parvenue déjà à créer des gouvernements généraux qui se présentent sur la carte comme d’immenses domaines d’un seul tenant ; elle doit être prête à examiner ou à suggérerdes solutions qui tendraient
! • (1) Sae.s destinés au logement du pain envoyé aux prisonniers
français.
à opérer, en Afrique notamment, la suppression ou U réduction de certaines enclaves. Elle trouverait dans ces solutions des facilités pour rendre plus harmonieux l’aménagement des voies de communication et des débouchés sur la mer de plusieurs de ses territoires. Mais, bien entendu, pour atteindre ce résultat, fions ne saurions céder dans le Pacifique ou ailleurs des terres productrices de matières que la France où ses possessions ne peuvent se procurer que là : les intérêts généraux du pays comme ceux de ses établissements d’outre-mer doivent, en effet, primer l’avantage particulier de possessions déterminées, quelque importance que ces dernières puissent avoir.
Des actes internationaux ont grevé d’une véritable hypothèque certains des établissements que les nations civilisatrices ont fondés en Afrique. Il est désirable que ces entraves apportées à la liberté des Etats sur leur propre domaine disparaissent. Des’principes communs peuvent être admis par tous en vue d’aider, notamment, à l’évolution des indigènes vers la civilisation; mais la tâche serait grandement facilitée aux peuples éducateurs, s’ils pouvaient diriger leurs efforts dans des voies répondant pour chacun à son génie propre, et utiliser des moyens différents, appropriés aux besoins locaux.
En résumé, améliorations territoriales, remembrement si possible des groupes existants, levée des hypothèques générales qui grèvent certaines régions de l’Afrique, telles sont les modifications que nous devons nous efforcer d’obtenir dans la constitution de notre empire colonial.
Il y revient plus loin :
En cequiconcerne les chapitres G (dépensesd’administrations du Togo), et H (dépenses d’administration du Cameroun) tout dépendra, évidemment, du sort qui sera fait aux colonies allemandes par la conférence de lapaix. Nous voulons espérer, quant à nous, que cette conférence ne nous privera pas des acquisitions que nous avons faites, et nouscomptons <[ue le gouvernement . s'emploiera énergiquement en vue d’obtenir qu’elles nous soient conservées. En particulier, la portion de l’ancien Cameroun qui nous aété attribuée par l’accord anglo-français de 1916 a un grand prix, non seulement en raison des ressources qu’elle possède, mais en tant que, devenue une possession française, elle assurerait un débouché direct sur la mer au Moyen-Congo, à l’Oubanghi-Chari et au Tchad, et favoriserait singulièrement leur développement.
Si les décisions à intervenir donnent satisfaction à nos vœux, c’est à partir du l®'' janvier 1920 que devrait entrer en vigueur le régime financier définitif de nos nouvelles possessions. Même après la signature de lapaix, nn certain délai sera nécessaire pour organiser définitivement ces possessions, et préparer le règlement de la question budgétaire en ce qui les concerne. En outre, il y a intérêt à ce que le nouveau régime entre en vigueur au début dïin exercice.
Oti ne peut préjuger encore de ce q<il pourra être fait au sujet du Togo. Si le partage de cette colonie devait être maintenu dans les conditions actuelles, il serait impossible de constituer la zone française en colonie indépendante ayant son budget. Le port, le wharf, les chemins de fer se trouvent dans la zone anglaise, procurant aux occupants des ressources appréciables ; tandis que dans la zone française attenante au Dahomey, les recettes sont minimes.
Au Cameroun, la situation est toute différente. On ne manquerait pas de restituer au Gabon, au Moyen-Congo, à l’Oubanghi-Chari et au Tchad les territoires dont lacolonie allemande s’était accrue à leurs dépens. Quant à la portion de l’ancien Cameroun que nous occupons, elle constituerait tout naturellement une colonie indépendante, laquelle entrerait dans la grande fédération del’A. E.F. ; déjà un décret du 8 juillet 1917 a rattaché le commissariat de la République dans les territoires occupés de l’ancien Cameroun au gouvernement général de Brazzaville.
Budgétairement, les restitutions territoriales au Gabon, au Moyen-Congo, à l’Oubanghi-Chari et au Tchad n’entraîneront aucune charge pour ces colonies puisqu’il s’agit de territoires où les recettes peuvent être évaluées à 900.000 francs pour une dépense de 600.000 francs seulement.
Pour l’ancien Cameroun, les dépenses militaires du
BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
corps d’occnpation restant à la charge de l’Etat par application de la loi de tinances du 13 avril 1900 les dépensés d’administration — partagées entre le budget local et le budget général du groupe — s’élèveraient annuellement, croit-on, à moins de 4 millions, cependant que le^ recettes raonUraientà 6 millions et demi. L’équilibre budgetaire serait donc assuré sans subvention de la métropole.
Il faut assurer l’avenir de ces colonies qui se sont montrées si utiles pour la France. M. Landry y insiste longuement. Il préconise le développement de la production, la création d un oulillage, l’organisation du crédit bancaire, tine bonne politique indigène, des rélormes administratives, etc. :
Pour la mise en valeur complète de nos colonies, il ne suffit pas d’établir des programmes et d’écrire : « agissons .. La métropole est profondément interessee au développement et à l’enrichissement rapides de nos colonies. Aussi convient-il, dans le plan «linancier pour 1 apresguerre que le facteur colonial ne soit point négligé. A cet égard il n’est pas inutile de rappeler que pour produire, il estnécessaire de dépenser, et dedépenserlargement.
L’Etat devra donc faire encore des sacnlices pour les colonies. Ils représenteront un placement qui vaudra bien ceux qu’une épargne mal renseignéeet surtout mal dirigée eiïcctuail avant la guerre à félranger. Certains capitaux alliés, notamment ceux des Etats-Unis, pourront egalement nous venir en aide. Enfin, les Français devront compter sur eux-mêmes. Beaucoup se sont plaints au cours decede «•uerre, de rintervention excessive de 1 Etat dans la vie économique du pavs. Us pourraient donnerune preuve décisive de la valeur supérieure de l’initiative privée en concourant spontanément, par leurs personnes et par eiirs capitaux, au développement de nos possessions. , Malheureusement, les Français connaissent mal leurs colonies; c’est pour cela qu’ils s'y intéressent insuffisamiiient. De même que, dans l'ordre matériel, le mot d ordre devrait être - « outillage et bateaux » de même, dans I ordre moral, le mot d’ordre devrait être « propagande ». Il ne saurait, eu effet se faire de grandes choses dans nos colonies sans ces puissants mouvements d'opinion qui, dans une démocratie, coiiditionuent tous les efforts, tous les progrès.
Les dépenses civiles du ministère des Colonies
pour 1911) sont prévues à2i millions 1/2.
A noter que la Commission du budget a eleve de 300.000 francs les prévisions du ministre pour encourager la culture du coton.
RENSEIGNEMENTS DIVERS
Décorations. — Sont promus ou nommés dans la Légion
'' MmsTÈRE DES Aff.ures ÉTBAXGKiuîs. — Au grade (Ic grand oKlcier : M. Jacquin de Margerie, ministre de France a Bru.xelle. , au erade de commandeur : M. Defrance, haut commissaire en Orient, ancien ministre à Bruxelles et au Caire; .au giade d’officier : MM. de Peretti de la Rocca, ministre plénipotentiaire, sous-directeur d’Afrique au ministère, Boissonnas, ministre p énipotentiaire à Tanger, Galliiii, délégué à la conférence consulta, tive de Tunisie ; au grade de chevalier : MM. Campana, ancien consul à Tanger, Geouffre de Lapradelle, jurisconsulte du niiiiis- JSe J Ilerbette, rédacteur au Temps, Blanc, premier drogm.an de la Résidence généra,le de France au Maroc, Manceron. secrétaire crénéral du gouvernement tunisien.
Ministère DES Colonies. - Au grade de commandeur : M Gour he,r gouverneur de la Gu.adeloupe ; .mi grade dofticicr : MM Schranieck, gouverneur gén.-ral de Madagascar, Meiiart, gouverneur des colonies, Toulet, procureur general en Afrique
occidentale, Thomann, administnateur en chef en Afrique équatoriale, Marchand, administrateur en chef en Afrique occidentale, Auber, directeur du service de santé de la Réunion.
Au grade de chevalier : MM. Bouchage, conseiller à la Cour d’appel de la Réunion, Didelot, secrétaire général du Sénégal ; les administrateurs Dupont, Baret, Muller, Lignières,Wième (Afrique occidentale). Compagnon, Orsini (Madagascar), Jessel (Afrique équatoriale), Fournier (Cameroun), Donali, chef de bureau des secrétariats généraux à la Côte des Somalis, Dupuy, ingénieur des travaux publics en Afrique occidentale, Fauchère, inspecteur général des services agricoles à Madagascar, Salvat, directeur à l’Institut Pasteur de Tananarive, Néniorin, médecin principal de l'assistance médical# en Afrique occidentale, Prémont, maire de
Saint-Paul (Réunion). ... , rn ■
Ministère de l.a Guerre. — A la dignité de grand-officier : M. Lulaud, ancien gouverneur général de l’Algérie, commandeur du 9 janvier 19U. Comme gouverneur général de l’Algérie, a donné une énergique impulsion à tous les services placés sous ses ordres- n’a cessé de se dévouer aux intérêts généraux du pays et particulièrement à la dcfeiiâe nationale en organisant le recrutement indigène.
BIBLIOGRAPHIE
Fremdenlegionar Kirsch, par HaxsPaasche; voy.age d’aveiilures du légiounaire Kirsch du Cameroun aux Irauchèes allemandes, en 1914-191Î1, 1 vol. illustre do 180 pages.
Encore une production de Berlin pour déblatérer contre la Lésion dont le Livre d'Or au cours de la guerre est de nature a répondre victorieusement et sans paroles a ces calomnies inlassables d’oulre-Rliin. Ce qui peut surprendre, cest que cette pomme de discorde, ijuc l’Allemagne cultivait soigneusement pour V trouver un jour à l occasion un prétexte de guerre, ait continue i servir au ciurs même de la lutte. La bibliothèque rep ilienne s’augmente là d’un volume illustré agréablement contenant meme des photographies de pièces militaires, cartes, plaques d identité, groupes de soldats, de manière à convaincre le lecteur de la soi-
^’c’eln'hTs’lbrl d’un colon allemand du Cameroun, fait nier par les Anglais à bord d’un navire pris en Cote d Or, au début de la guerrf, fuyant au Dahomey, s’engageant voloii airement dans la Légion avec l’espoir de rejoindre ainsi plus vite 1 Aile ma«ne luvant en France du dépôt de Bayonne, mais arrête près rUa fioiS espagnole, fuyant du camp de la Valboiine. puis arrêté près de la frontière «uisse, s’échappant enfin tranchées françaises en Champagne, près de 1 runay, et lejoigiiant sa chère patrie. Nous ne le regretterons pas, mais il nous p.ai ait eLgéré drsu.vre l'auteur de la préface qui trouve que le légionnaire Kirsch est un exemple faisant honneur a « la manière et a la
-i», F.»or
menl effrontément à ses cliefs. et s en vante. Ç est la coalitmauen de cette thèse abominable que totit est juste et lion pour le bien de fa Strie que la fin justifie les moyens, que les traités sont des chiffons dJ' papier... C’est ainsi qu’il paye les indigènes du Shomey en Lutons de culotte de la compagnie Wariiiann Nous retrouvons naturell^îment dans celte production les habi
tul nientngls allemandslur la Légion, le peloton de punition,
les inspections grotesques, la brutalité des médecins et des gradé , !f g'Se de“nos généraux. Rien ne trouve grâce devant ce
''S%st en se donnant pour Suisse qu’il arrive au front de FranÇe, où il nous décrit complaisamment les effets de 1 artillerie aile a1 nns froiines oui ne sont que « chair à canon ». 11 se ITtf drfranch r fes lignes, et s'enrôl dans la marine - ce qui fufperniet peut-être aujourd’hui de se prélasser dans les meubles
"‘’ce'^i nVuTappàraît de plus intéressant dans ce volume c’est Lje qui iiuu» api nu mille: Ainsi donc ces
la suscription 9“ ;/^pandues par les autorités officielles
paroles fa haine par le mensonge,
m'Sm p“’t ...ppves».^ de ce . beg.. » d.
la Lé«ioiG Et l’Allemagne ne cessait pendant ce temps de s clamm- de la Société des Nations!
Lieutenant-colonel R. Normand, du Génie.
Lé Gérant .'J. Legrand.
Paris. — Imprimerie Levé, 17, rue Cassette.
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IDOGXJMENTS
PUBLIÉS PàH
■ LE COlITt DE UFRIOUE ERINRÀISE et le COIITE DU lAROi:
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