LE DRAPEAU DU 7' TIRAILLEURS
gagé et attaque, le 6 octobre, les tranchées de la 2® position allemande devant Sainte-Marie-à-Py. Malheureusement, les réseaux à contre-pente ont échappé à nos tirs de destruction et le furieux assaut des bataillons Barnay et Dupré de Saint-Maur vient se briser devant eux.
Pendant les jours suivants, dans des tranchées à peine ébauchées, les tirailleurs subissent avec l’indifférence que leur donne 1 extrême fatigue la riposte de l’artillerie ennemie. Enfin, le 9 octobre, le régiment est relevé. Il avait perdu 31 ofliciers et un millier de soldats. Une reconstitution s’imposait. La Division Marocaine allait prendre ses quartiers d’hiver.
La Somme.
De novembre à janvier, le 7' tirailleurs occupe, au Sud de Verberie, entre la forêt de Compiègne et celle d’Halatte, un groupe de vieux villages
[{ENSRIGNEMENTS COLONIAUX
paisibles dans un coin aimable de l’Ile-de-France.
Puis, réorganisé, il tientle se^teurde Ribécourt, barrant la trouée de l’Oise et la route de la capitale. Jusqu’au mois tle juin, il reste en ligne sans relève ni repos Heureusement le pays est ch irmant. Les prés, les vergers et les bois sont pa>és de grâces printanières qui tout oul)lier la mniotonie de la vie de tranchée Enlin relevé le 16 juin, le régiment est immi liatement dirigé vers la Somme où ü doit participer à rofFensive de juillet.
Après avoir tenu le secteur de Dompierre, le régiment, troupe d exploitation, re^te en réserve pendant l’avince des coloniaux s.ir Flancourt et Assevillers. Le o, il remplace la Légion dans les ruines de Belloy où il suhit sans détailla ice, mais non >ans pertes un dur minnita^e. Le 11 juillet, à quatre reprises successives il s’élance à 1 assaut du boyau du Chancelier. Chaque fois, d innombrables mitrailleuses, protégées par d *s défenses accessoires intactes, arrêtent son élan. Enlin, à la tombée de la nuit, profitant des deux seules brèches existant dans le réseau, les grenadiers régimentaires appuyés de détachements des 7® et 14® compagnies prennent pied dans le boyau. Débordés de droite et de gauche, privés de l'ap[)ui de l’artillerie, ils défendent àprement le terrain conquis L’ennemi ne peut venir à bout de cette résistance que par une félonie. Un fort jrronpe ail Mnan l, les bras en l’air, s'approche de nos trancnées, feignant de se rendre. Disireux de s en assurer la capture, nos soldats les laissent approcher et sont accablés à faible 'distance par les gren ides que les R >ches tenaient dissimulées. Notre fusilla le dé'danchée pres|nc à bout portant punit celte traîtrise, mais la situ dion est désespérée, et, profilant de l’ombre naissante, 'es survivants regagnent leurs tranchées de départ
Les résultats obtenus n’étaient pas en rapport avec l’énergie déoloyée m lis, triste critérium, les pertes subies par les troupes d’assaut attestaient leur vaillance et leur mépris du danger.
L’offensive du 17 avril 1917.
Après un dur hiver passé dans la boue de la Somme, dans le secteur agiié de B dl »y, le 7® tirailleurs de marche se p >rte près de Monttlidier. Il organise le secteur de Piennes et, lorsque l ennemi se replie sur la ligne llindeuburg, il connaît l’amertume de ne pas participer à la poursuite.
Le commandement lui réserve une autre tâche. Brusquement transporté en Champagne, le 7* attaq le. le 17 avril, l’extrémité orientale des monts de Moronvillers. Le canon, aveuglé par la brume persistante, n’a pu parfaire son œuvre destructrice. Lorsque, avant les lueurs de l’aube, sous les rafales de neiges, alourdis par la boue, lesturcosse portent à l'assaut les tranchées allemandes, ils ont à peine quitté leurs parallèles que crépitent les mitrailleuses et que tombent les braves.
A la grea,ide, à la baïonnette, une lutte achar-
née s’engage. L’un après l’autre, les trois chefs de bataillon, les com nandants Auzouy, Barray et M)rin, sont mortellement frappés. Malgré les loar.les pertes, l’assaut continue, furieux Les compiguiesde tète foncent devant elles sans s inquiéter des groupes ennemis qu'elles dépassent, ni de l’absence de troupes françaises à leur droite.
Une si héroïque obstination reçoit enfin sa récompense. A I heure fixée par l’horaire, le régiment atteint son objectif. Ci terrain si chèrement acheté, il le défend pendant sept jours contre les entreprises d’un ennemi très renforcé et qui compte parmi les plus braves qu’il ait jamais eu à combattre.
C’est en viin que les cadavres des Saxons s’amoncellent devant nos lignes. Le 7® ne lâche pas un P )uce de terrain. Il réussit au contraire à capturer de nouvelles batteries.
Le 21, diminué de 19 officiers et de plus de 900 hommes il est relevé et goûte dans la région de Chàlons un repos bien gagné.
. "Verdun 1^20 août 1917).
Le succès du 17 avril avait été arra'dié de haute lutte, au prix de pénibles etT>rts et de loiirds sacrifices! V’^erduu fut la victoire éclatante, indiscutable, « pre-que trop facile »,
Pourtant l’objectif était de taille à t^ff rayer les plus hirdis : les pentes est du .M >rt Homme, le ravin les Cmr-‘ltes, le tunnel de Gallwitz. le bois des Corbeaux; noms illustrés par il’épiques combats et entourés d’un sanglant prestige.
Mus l’aitaqueesi pr.éparée par de minutieuses répétitions et une artillerie formidable e-'t massée dans le secteur. Les 18 et 19 août, un ouragan de fer s aiiat sur les tranchées boches. Venus des Bds-B>urrus ou du ravin de la Claire, les obus de loo, i20. 370, ajoutent à ce terrain meurtri de nouvelles blessures, et l’horizon se voile vers le Nord de la fumée des explosions.
Le 20 août, dms la brume matinale, l’assaut se déclanche. Pareils à une meute découplée, nos tirailleurs enlèvent les premières lignes alleman les, dévalent les pentes du ravin des Caurettes, traversent le bois des Corbeaux, bloquent dans le tunnel de Galhvitz la garnison ennemie qui devra capituler après vingt-quatre heures de lutte. L’objectif est atteint, nuis qu’importe, l élan n’est pas arrêté et, dans la vallée Jacques et vers le ruisseau de Forges, nos groupes d’exploitation achèvent la victoire.
Jamais bataille n’eut une allure plus scientifique, jamais succès ne fut plus mathématiquement certain. Les prévisions du plan d’engagement. réglé avec une minutie qui semblait faire fi de l’adversaire, furent intégralement réalisées.
L’ennemi avait per lu en trois heures de lutte le gain de six mois de sanglants a-^sauts Ses perles étai-^nt énormes, les nôtres relativement légères. Large était la part de gloire du 7" tirailleurs. Il avait anéanti le 21® régiment de réserve, unité ennemie qui lui faisait face, et capturé
BÜLLETIJN Dü COMITÉ DE L AFRIQDE FRANÇAISE
25 officiers et 1.070 soldats, 4 canons, 13 mitrailleuses, 17 minenwerfer.
Une troisième citation allait enregistrer ce magnifique bilan de victoire.
Le coup de main du 8 janvier 1918.
Peu de secteurs sont aussi calmes que celui où, devant les ruines deRichecourtetde Saint-Baussant, dans les plaines de la Woëvre, nos tirailleurs viennent en octobre relever les chasseurs du 20* corps. Peu de troupes et peu d’artillerie dans ce coin inerte du front. Mais le commandement réserve à l’ennemi une surprise. Un coup de main de grande envergure, visant à la destruction des positions ennemies sur un large front, doit être exécuté. Le 7® de marche en est chargé. Retiré quelques jours du front, il prépare l’opération et, le 8 janvier à 15 h. 15, les bataillons de Pascal et Guény se portent à l’assaut. Malgré les tirs de mitrailleuses, malgré la résistance de l’ennemi, ils atteignent l’objectif indiqué et couvrent l’action des équipes de destruction. Celles-ci font sauter les blockhaus et les abris, rendent inutilisables les minenwerfer. À l’heure fixée le repli s’exécute, la rupture de contact se fait avec une telle adresse qu’elle échappe à l’ennemi.
Ce coup de filet rapide ramenait 70 prisonniers et une dizaine de mitrailleuses. Il avait ruiné les organisations allemandes et anéanti leur garnison.
Au 7“ de marche était dû le succès qui ouvrait l’année de la Victoire.
Villers-Bretonneux. — La contre-attaque du 26 avril.
Pendant que la D. M., dans un coin charmant de terre lorraine, répare ses forces et se prépare à de nouveaux succès, l’ennemi exécute sa grande offensive. Le poids d’une formidable masse d’hommes ébranle l'armée britannique et une rapide progression mène les Allemands devant Amiens.
La D. M. vient défendre la ville menacée. L’ennemi s’apprête à un nouvel effort, mais nos troupes n’attendent pas son assaut et, le 26 avril, la division tout entière, appuyée des troupes australiennes, contre-attaque entre Hangard en- Santerre et Villers-Bretonneux.
Le 7® tirailleurs est un centre de dispositif. Contournant les ruines à Cachy, il traverse les premières lignes anglaises et trouve sa base de départ occupée par l’ennemi. Il entame immédiatement la lutte et devance l’heure de l’assaut pour rattraper le barrage roulant. 11 bouscule les mitrailleurs boches, échappe par la rapidité de sa marche au tir de barrage et arrive à l’objectif nofrmal. 11 poursuit néanmoins son avance jusqu’au moment où, pris entre les feux de flanc des mitrailleuses du monument de Villers-Bretonneux et du bois de Hangard, il doit arrêter sa progression.
S’accrochant au terrain conquis, il le tient pendant cinq jours sous un marmitage d’une épouvantable violence.
Cette contre-attaque enlève à l’ennemi l’initiative des opérations et arrête net sa poussée. La 15® division allemande, montée en ligne pour attaquer, et surprise par notre choc, avait subi
LES COLONELS DU 7« TIRAILLEURS Général Demetz Général Sciinii.ER
Colonel bCHULTz
Lieutenant-colonel Mensier
de telles pertes qu’elle devait être immédiate ment relevée.
Un communiqué de guerre ennemi reconnaissait la bravoure déployée par nos troupes et le Boche, la rage au cœur, était obligé de renoncer à Amiens, la belle proie qu’il croyait si proche.
Ces résultats n’avaient pas été obtenus sans de
lourds sacrifices : 23 officiers et plus d’un millier de tirailleurs étaient la rançon de ce beau succès que venait consacrer, avec une quatrième palme, la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.
Boissons, les 29, 30 et 31 mai 1918.
Les événements se précipitent. L’ennemi poursuivant ses opérations otfensives attaque le front français. 11 bouscule les défenseurs du Chemin des Dames, franchit rapidement la vallée de TAisne, atteint celle de la Vosle et pousse vigoureusement vers le Sud.
Le 7® de marche, qui vient à peine de combler les vides sanglants du 26 avril, est engagé de nouveau. Il arrive à Chaudun en camions automobiles et engage successivement ses 3 bataillons pour tenir les débouchés de la vallée de la Crise.
C’est en vain que l’ennemi multiplie ses attaques. Le bataillon de Pascal, isolé sur la croupe au Sud de Berzy-le-Sec, constitue un îlot parfois complètement débordé, mais toujours inébranlable. L’ennemi cherche alors à s’infiltrer dans le ravin deChazelles; d’énergiques contre-attaques à la baïonnette l’en chassent aussitôt. Les quelques maisons du hameau de Chazelles sont le théâtre d’épiques combats entre les tirailleurs du 7* et leurs adversaires du 7® grenadiers. Bien que trois fois plus nombreux, l’assaillant sent lui échapper la victoire. Débordées à droite et à gauche, réduites à une poignée d’hommes, nos compagnies résistent toujours.
Ainsi dispersée sur un front de plus de 10 kilomètres, sans appui et sans réserves, la D. M. tient tête à trois divisions ennemies. Si la mince ligne kaki cède, c’est pour l’ennemi un terrain libre, la ruée vers Compiègne. Mais la D. M. tient toujours et, à sa droite, le 7® tirailleurs lui conserve, Chaudun, un point d’appui inviolé.
Le 31, rassemblant dans un héroïque sursaut ses forces épuisées, le régiment contre-attaque trois fois, sans préparation d’artillerie, sans appui sur ses flancs :
Grâce à une résistance aussi acharnée et aussi active, il arrache à l’ennemi la possibilité d’exploiter vers l’Ouest son succès initial. Dans cette même journée, il a la joie de voir déboucher les têtes de colonnes des divisions de renfort. Son sacrifice porte ses fruits. Le front défensif est rétabli. Mais, lorsque relevé, le 7® va se regrouper à Chafasse, c’est à peine s’il est possible de constituer avec ses débris deux faibles bataillons de chacun deux compagnies et une compagnie de mitrailleuses.
Le 18 juillet.
Restée comme une menace sur le flanc de l’adversaire, la Division Marocaine ne connaît plus d’arrêt dans la lutte. Sans quitter les lignes, le régiment se constitue et, de la vallée de l’Aisne à la forêt de Villers-Cotterets, se porte sans cesse
aux points menacés. Il participe ensuite à cette contre-attaque du 18 juillet qui marque un tournant de l’histoire de la guerre et inaugure la longue suite de combats qui, de succès en succès, devait nous conduire au triomphe final.
Quittant le dur secteur de Gœuvres, le 7® se rassemble le 18 au matin près du château de Valsery. A 4 h. 33, notre artillerie jusque-là silencieuse exécute un barrage roulant d'une intensité formidable et, appuyées par des chars d’assaut, les troupes d’attaque s’élancent. La surprise est complète et la progression rapide. Le régiment avance derrière la Légion étrangère chargée de la conquête du premier objectif. A 8 heures, il effectue le passage des lignes, franchit la route de Soissons à Villers-Cotterets et enlève la ferme de Cravançon. Dans le village de Chaudun, des groupes ennemis résistent vigoureusement. Lne rapide lutte à la grenade brise leur résistance et l’avance continue. La tranchée du G. M. P. est enlevée dans un sanglant combat où nos tanks font subir à l’ennemi d’effroyables pertes.
Le lendemain, le régiment prononce un nouvel effort, réussit malgré un feu violent de mitrailleuses à atteindre les croupes dominant Chazelles, tandis qu’un mouvement tournant déborde parle Sud les défenses du ravin.
La poussée continue le 20 contre un ennemi qui a pu se ressaisir et dispose d’une artillerie considérable. Une nouvelle progression est encore réalisée.
Lorsqu’il est relevé, le 7® tirailleurs se trouve à 11 kilomètres de son ancienne première ligne; 450 prisonniers et un très grand nombre de mitrailleuses sont entre ses mains ; quant à l’artillerie, de tout'*s ses batteries en position, l’ennemi n’a pu sauver une seule pièce.
Les opérations de septembre.
Vauxaillon, Allemant.
L’arrivée d'un bataillon entier de jeunes recrues et la fusion des 3® et 6® bataillons permettent de reconstituer pour la troisième fois, depuis le commencement de l'année, le 7® tirailleurs de marche. Engagé dès la fin d’août, le régiment livre sur les plateaux du Sois>onnais les combats les [lus durs de toute la campagne.
Partant de la région de Juvigny, il s’efforce de progresser vers l’Est pour faire tomber les formidables positions du Chemin des Dames. L'ennemi a massé ses meilleures troupes pour défendre ce bastion de son front. Il a réuni une artillerie considérable et s’efforce par des tirs de contre-préparation défaire avorter nos préparatifs d’attaque. Le 2 septembre, ‘il inonde nos lignes de projectiles. Certaines compagnies, avant même de déboucher, perdent tous leurs officiers du fait de cet infernal marmitage. Néanmoins, à 14 heures, les bataillons Taillemitte et Josse se portent à l’assaut, pénètrent de 2 kilomètres dans les positions allemandes, capturent des prisonniers, des minenwerfer et des canons. Ils ne s’arrêtent, après avoir atteint leur objectif, qu’en raison de la len-
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
leur de progression des corps voisins qui les place en saillant
Les jours suivants, le 7® tirailleurs continue son héroïi^ue ellort. À la grenade, il réduit les nids de mitrailleuses les plus pioches et capture de nouveaux prisonniers.
L ennemi, subissant l’ascendant de nos troupes, espère pouvoir les maintenir sur de nouvelles posi lions et, le 5, essaie de rompre le contact. Mais nos tirailleurs le poursuivent pied à pied, ne lui laissent pas le temps de faire front et s’emparent de la tranchée des Aulnes. Le bataillon Mennetrier, par une manœuvreaudacieuse, s'enfonce en pleine nuit au milieu des lignes lioches et met la main sur l’entrée noril du tunnel de Vauxaillon.
Intoxiqués par un séjour prolongé dans une atmosphère saturée de gaz asphyxiants, épuisés par la fatigue d incessants combats, nos tirailleurs fournissent un admirable effort. Bien que réduites à des etfectifs extraordinairement faihles, nos compagnies attaquent le 14 la fameuse po'^ition Hindenburg. la traversent de part en part, bousculent le régiment du kronprinz et font plus de prisonniers qu’elles ne comptent de soldats.
Soutenus par une sorte de fureur sacrée, nos tirailleurs continuent la lutte, brisent les contreattaques ennemies et élargissent leurs gains.
Lorsque, le 17 sejitembre, le 7® de marche est relevé il a perdu 21 ofticiers efprès de 1 lOO sol dats. Par contre, 56Ü prisonniers, dont 5 officiers, et plus de 7 kilomètres d’un sol précieux arraché de haute lutte aux meilleures unités de l’armée ennemie, tels étaieniles résultats de cet admirable sacrifice.
Renais'^ant toujours de ses cendres, reconstitué une quatrième fois par l’arrivée d’un nouveau bataillon, le 7® tirailleurs occupe le secteur d’ilœville et s’apprête à délivrer la terre lorraine.
Il va prendre l'offensive quand arrive l’armistice.
Une fois passé le délai fixé, franchissant l’ancienne frontière, le régiment commence en Lorraine reconquise sa marche triomphante. Il trouve dans chaque village un accueil enthousiaste, les maisons sont pavoisées, la municipalité et les habitants viennent au-devant des vainqueurs. La joie frénétique que manifeste la population témoigne l’attachement des provinces libérées et la survivance du sentiment national à quarante ans de tyrannie.
Puis nos tirailleurs pénètrent dans le Palatinat et promènent en terre allemande leur fierté de vainqueurs.
Maintenant fixés à Ludwigshafen sur les rives ’du Rhin magnifique, ils protègent de leur vigilance la renaissance de la Patrie victorieuse.
bd se termine la relation des combats livrés par le 7® tirailleurs de marche. De la Belgique à l’Alsace, il est peu de secleurs du front où n’ait flotté son drapeau. Chaque luis qu’une otfensive a été entreprise contre 1 ennemi, la D. M., et le 7® tirailleurs avec elle, ont eu une place d’honneur.
Régiment créé pour la guerre, groupement artificiel do bataillons d’origines différentes, notre régiment est entré en campagne sans le prestige d un glorieux passé. Mais il s’est conquis luimême ses titres de noblesse et s’est fait une place dans l’élite de l’armée française.
Considérant les nombreuses fluctuations de sa com(iosition, peut-être pourrait on croire que son nom n’est qu’une étiquette appliquée à son unité sans cesse transformée. Il est mieux et plus que cela, il représente la tradition de bravoure qui, s’imposant aux éléments nouveaux, les a portés à la hauteur de leurs devanciers.
Français d'Algérie etde la Métropole, indigènes de» trois province>, vieux tirailleurs tannés par les campagnes et >< boudjadis » imberbes à peine sortis de leurs douars, tous, faisant leur devise de la Marocaine : « Sans peur et sans pitié! », ont chaque fois arrêté, contenu ou bousculé un ennemi qui avait apfiris à les ciainiire. Leur union sous le drapeau du 7® tirailleurs de marche symbolise bien la valeur et le loyalisme de la terre algérienne et son attachement indissoluble à ,1a mère patrie.
Les citations du 7® tirailleurs.
Le 9 mai, sous les ordres du lieuteiiaut-co'onel de Metz a enlevé à la bi'iou'ieite avec iiu eiiirain superbe les poxiiions ennemies, traversa I sans s'arrêter quatre lignes SllC(•es^ives de 'ranctiées Mlleiuandes et gagnant 4 kiloinèt e- de terrain S'y est é- ergiqnemenl niainlenii pendant deux jours malgré de très ' io entC' conlre-atlaqnes et lin boinbardcineiit intensif et initi'errompu de front et d’écharpe. (Ordre du 16 septembre 1915.)
2® Sou-! les ordres du lientenant-colonel DE Metz, le 2> sept mbre i9i , a bridanim-nt enlevé plusieurs lignes de tranchées ail mandes, s’emparant à la baïennette de plusieurs baiterics, fretiani de nombreuses mitrailleuses et fa'ssnt un buiiu ronsi lérable. A poursuivi rennemi, à travers un te-rain particulièrement diflicile, avec un re- ‘rnarquable allant a atteint et même dépassé l’objectif qui lui était assigné. — (Ordre du 30 janvier (19 6 )
3 Magiiiliqiie régiment qni vient, sous le commandement du lienlenaiit-colouel Schui.tz. de faire preuve une fois de plus, de lo lie sa valeur olïen-ive. Après une préparation minniieiise, dans laquelle Français et Indigènes ont rivalisé d ard *ur, s ■ st élancé, le 2" août 19 17, a I assaut d’une position ennemie puissamment fortifiée et où l’existence d’iin tunnel exigeait une manœuvre sûre et rapide. S’en est rendu maître, obligeant les défenseurs à se rendre aprè- vingt quatre heures de lutte, et capUirant l.'OO prisonniers 13 mitrailleuses, 14 minenwerfer et détruisant 4 canons. — (Ordre du 20 septembre 917.)
4° Partiellement engagé les 11 et 12 avril 1918, sons les ordres du lieut' iiani-colonel Schiiltz ei ayant subi des perles sérieuses ci de dures fatigue-, s’esi néanmoins (lorlé à I attaque, le 26 avril avec un allant remarquable, malgré les nombreuses milrailleuses qui lui étaient opposées. Privé d’une partie de ses cadre-, n’en a pas moins poursuivi son avance; arrêté par ordre dans son mouvement en avant qui allait le placer da is une posilion critique, s’est organisé sur la po-ilion et l'a conservée jusqu’à relève, malgré tontes les contre-attaques ennemies. — : (Décision du général commandant en chef du 8 juillet 1918.)
5® Régiment d’attaque de piemier ordre qui pendant les journées du 29 an 91 mai igi^t. a soutenu les plus durs oombais contre un eiineml nombreux et ardent. Par sa vail ancp, son induran -e et son espOl de sacrifice, a partout maintenu ses positions arréiant net les progrès de l’adveisaireetluiinfligeanldes parle* terribles. Le l8 juillet,
sous les ordres du lieutenant colonel Mensier, vient encore d’affirmer sa valeur offensive en se portant à l’atlatine avec un entrain remarijtiable, enlevant, après une marche d approchede quelques kilomètres, p usieurs points 'l’ap|>ui fortement organisés, capturant de nmnbreuses pièces de canon, faisant des centaines de prisonniers; a aUe nt. d'un seul élan. 1 objectif norma distant de plus de 4 kilomètres de la base de dépa>t. Au cours de journées des J 9 et 20 juillet, a accenuié c-tte prosjressiou en résisiant à plusieurs contre-attaques ennemies et en n'abandonnant, malgré leur violence aucune pa^ celle lu terrain conquis. (Decision du général commandant en chef du 27 août 1918.)
6* Régiment animé du plus haut esprit offensif. A peine reformé, comprenant un bataillon composé de jeunes indigènes qui n’avaient jamais vu le feu, a. sons les ordr* s du lieutenant-colonel JIen.mek. été engagé, du 2 au 16 septembre 1918. dans des cou filions exceptionnellement dures. Malgré des lirs d’a tillerie particufièremont violents, dans une atmosphère saiurée de gaz toxi )Ues, a arraché a l’ennemi des positions formi labl.*meut garnies de mitrailleuses auxquelles ce ut ci se cramponnait déses(>érement Opposé aux régiments allemands le* plus réputés, les a bousculés en leur Causant de biurdes pertes et eu l-'Ur faisant .'î60 prisonniers dont 3 officiers A progre-sé de plus de 7 kilomètres, capturant de nombreuses pièces d’arti'Ierie et un matériel considérable. — (Décision du général commandant en chef du 27 octobre 1918.)
La fourragère avx couleur!^ du ruban de la Légion d’honneur a été conférée au 7*> régiment de tirailleurs.
Le 7* régiment de tirailleurs compte de plus une citation du 17 mai 1P17 à l'ordre du 17* corps d’a mée.
Le l*r baiadlon a été cité à l’ordre de l'armée et à l’ordre du 2* corps d’armée colonial.
Le 4' bataillon a été cité à l'ordre du 2* corps d’armée colonial
Le 3* et le 8* bataillon ont été cités à l’ordre de la division marocaine.
Ont été cités à l’ordre de l’armée la 2* compagnie et le peloton de pionniers; à l'ordre de la divisi n la compagnie Fios ard. la 9* Compagnie, la 1** se lion de la 10* compagnie, 1rs 11*, 3U*.31*, 29'‘ compagnies et la 8* cooip.gnie de mitrailb u^es; à 1 ordre du régiment les 14*. 15*, .o", 6*, 10®, 11®, 22® compagnies, le groupe des téléphonistes ei la 2” compairni- d riiilraill> use-.
Un adjudant-chef, deux adjudants, un sergent français, trois sergents et un tirailleur indigènes ont été décores de la J.,égion d’honneur.