‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 104 sur 123 · I. — NOTICE · texte numérisé non relu

I. — NOTICE

sur les principaux produits importés en Ethiopie

Tissus de coton dits « Aboudjedide ». — Ce seul article représente, en valeur, plus de 55 0/0 de l’importation étrangère en Ethiopie (9 millions sur 16 en 1917). La part de la France dans ce total, a toujours été infime, il s'agit cependant d’nn produit de première nécessité pour l’indigène, qui se sert de l’aboudjedide non seulement pour l’habillement masculin et féminin, mais aussi pour la fabrication des tentes, de tous objets de lingerie, sacs, etc. La pièce d aboudjedide de 27 m. 50 environ, entière ou fractiounée, est un véritable objet d’échange : elle est en même temps un moyen de paiement de salaires; comme la pièce d’étoile bleue dite « guinée >> en Afrique occidentale, c’est une véritable monnaie. Les quantités introduites sont en augmentation constante et la capacité de consommation de ïa population reste encore supérieure à l'offre.

Le type commun des pièces est de 30 yards (27 m. 45) sur 0 m. 90 de largeur. Elles sont pliées dans le sens de la longueur, par plis de 60 centimètres. Le poids varie entre 7 et 10 1/4 lbs, c’est-à-dire entre 3 k. 150 et 4 k. 600 la pièce A prix égal, le type le plus lourd est toujours préféré. Une cotonnade qui pèserait 15i) ou 155 grammes au mètre serait dans le goût du client abyssin, mais un apprêt lui donnant une apparence plus lourde anrait peu de chances de le tromper.

Cet article fondamental provenait, avant la guerre, des Etats-Unis (45 O 0). d’Angleterre (25 0/0), de Belgique, d’Autriche et d’Italie (30 0/0). Depuis 1916. l’importation américaine est tombée à 25 0/0 au profit de l’article Japonais (33 0/0 et hindou (25 0/0). Manchester fournissait encore en 1917 environ 15 0/0.

Aucun effort sérieux n’a été fait par nos commerçants et notre industrie nationale pour essayer d’introduire et d’imposer ici les colonnades écrues du genre « aboudjedide ». Des fabrications en provenance d’Epinal et de Rouen ont été importées par un de nos négociants ( 1) qui s’emploie de son mieux à lancer en Ethiopie des produits français. Les pièces revenaient à 3 ou 4 francs de plus que les similaires étrangères, étaient moins lourdes et, partant, d’une vente plus difficile.

Avant la guerre, la pièce était vendue à Addis-Abeba, suivant qualité, de 5 à 6 thalers 1/2, qui représentaient au taux moyen de 2 fr. 50, entre 12 fr. 50 et 16 fr. 25. Pour une marchandise similaire française, on comptait environ 20 0/0 en plus.

A l’heure actuelle, la pièce se vend 100 0/0 plus cher : 10 à, 12 thalers représentant au taux moyen de 3 fr. 75, entre 37 fr. 50 et 45 francs. Ces prix, étant donné à la fois la raréfaction du produit et du fret et aussi la hausse anormale du thaler. ne veulent rien dire. Un seul gros arrivage de Bombay et du Japon a fait, ces jours derniers, baisser la pièce de 5 francs.

C’est vers le milieu de 1915 que les premiers envois importants de cotonnade japonaise sont arrivés sur le marché : les articles des Indes ont suivi dans le second trimestre de 1916.

A l’heure où, par suite des circonstances, notre industrie textile va se trouver dans l’obligation de renouveler son outillage et, espérons-le, certaines de ses méthodes de fabrication, nous croyons devoir attirer à nouveau l’attention de nos exportateurs sur un article d’un écoulement assuré, à condition qu’il remplisse les conditions demandées par la clientèle abyssine. Les insuccès des essais tentés ne prouvent rien car les articles présentés ne correspondaient pas à son goût (2) .

(1) M. E. Trouillet — Importation — Exportation. — Addis Abeba.

(2) Exception doit être faite pour certains aboudjedids de provenance beige, dont le succès était grandissant avant la guerre ce que les tissages belges pouvaient fabriquer doit pouvoir être produit par les nôtres.

Nous joiguons à cetle notice quelques échantillons d’abodjedide japonais, anglais et américain, actuellement en vente sur la place d’Addis-Abeba. On les trouverait aux bureaux du Comité de l’Afrique française, 21, rue Cassette, Paris.

Tissus de coton autres et fils de coton. — L’ensemble des articles de coton autres et fils de coton représente en 1917 plus de 25 0/0 de l’importation étrangère en Ethiopie (plus de 4 millions sur 16). Comme peur les cotonnades écrues, la part de la France a été jusqu’ici à peu près insignifiante.

Importations (via Djibouti) (en milliers de francs).

Marchandises importées

Tissus de coton écrus

blanchis

— teints

— imprimés

— pagnes

Fils de coton écrus

— blanchis

— teints

Couvertures de coton et laine

Passementerie de coton et soie

Tissus soie et mélangés

Vêtements, lingeries

Bonneterie de coton autre

Tapis de laine

Tapis de jute, sacs

Chaussures .,

Papiers autres

Articles de ménage ■

Meubles divers

Parfumeries

Verroteries

Faïences

Verrerie

Machines à coudre

Sel alimentaire

Sucre brut

Sucre raffiné

Alcools et liqueurs toutes sortes

Vins en fûts

Vins eu bouteilles

Vins de liqueurs en bouteilles

Vins, de Champagne

Bières i

Huiles alimentaires

Dattes..

Thé

Conserves légumes et autres.

Epicerie et épices

Allumettes en bois

Bougies

Savons ordinaires v

Farine de froment

Riz entier

Pétrole (huiles de)..»

Peaux préparées

Encens ,.

Tôles et fer étamé ^

Cuivres en fil

Serrurerie, machines-outils

Tabac en feuilles

Tabac manufacturé. .

Armes portatives et munitions ~.

Houille crue pour le chemin de fer

Ouvrages en fonte

Outils divers. .

Droguerie alcoolique et autre ' *. ■ ■

Confiserie

Girofle

Huiles aromatisées

Absinthe

Chapeaux feutres

Importations accidentelles : ponts métalliques, rails,

matériel pour chemin de fer

Produits non dénommés ou introduits par petites quantités

Numéros

BULLETIN DU COMITÉJDE L'AFRIQUE FRANÇAiSE

Une étude sur place, faite par des spécialistes, serait ici ndispcnsable. Des indications précises risqueraient d’être erronées : des renseignements géuéraux n’ont qu’un méidiocre intérêt. Nous signalerons cependant un cerlain nombre d’articles à titre d’indication.

Sliales dit kola. — L’Inde anglaise eut, pendant un certain temps, le monopole de cette cotonnade vendue en pièces de 12 m. 35 sur 76 centimètres de largeur. Elle était fabriquée avec le tissu du type westing. A la suite d'essais divers, Manchester est arrivé à produire une étoffe qui concurrence avantageusement le tissu hindou.

Importation annuelle moyenne avant la guerre : 300.000 pièces.

Shales dit koja. — Mêmes remarques que pour l’article précédent. La pièce est moins longue et moins large. Importation annuelle : 150.000 pièces.

Satin strippe (lit Douria. — Coton blanchi avec rayures blanches. De provenance anglaise. L’Italie, l’Autriche et la Hollande ont essayé, sans grand succès, d'introduire des similaires. Importation annuelle moyenne : 20 000 pièces.

Drill blanc. — De provenance anglaise. Importation annuelle moyenne : 12.000 pièces. Sert à la confection des vêtements pour la population aisée.

Drill écru. — - Même remarque que pour l’article précédent, mais sert aussi à la confection des tentes Provient également des Etats-Unis, d'Autriche et d’Italie.

Calicot blanc dit Bafta. — D'importation anglaise, employé pour doublure, ceinture, etc. : 30.000 pièces par an.

Pagnes sliemmas. Imprimé dit Chitta. — Cotons divers à rayures , etc. — De provenance anglaise et hindoue. Andri-

nople rouge dite Jatvi d’importation anglaise. Au total : 40.000 pièces.

Tissus de soie et mélangés : velours noir et Satin duchesse. — S’emploie pour la confection des manteaux de gala. Diverses qualités de provenance lyonnaise et italienne.

Satin rayé ou Pékin. — Employé pour chemises d’homme distribuées par les grands chefs à leurs sous-ordres comme distinction honorifique. En provenance de France, des Indes et de Suisse.

Satin uni de couleur. — Qualité ordinaire; s’emploie comme doublure. Importé de France.

Damas et brocards blancs pour chemises d’hommes et de femmes. — Provenance lyonnaise.

Velours. — Ce sont surtout des volours de coton venant d’Angleterre qui sont importés en Ethiopie.

Vêtements et draps. — D'Autriche et d’Allemagne venaient quelques vêtements confectionnés, du drap commun et du satin de Chine, servant .à la confection de burnous, et de la draperie fantaisie à l’usage des Européens.

Couvertures. — Article intéressant dont la consommation augmente. Avant la guerre, la France et la Hollande se partageaient la vente de cet article de qualité moyenne : mi-laine, laine et coton fantaisie. La couverture hollandaise est de coton blanc ordinaire.

Chapeaux de feutre. — Généralement importé d’Italie, c’est le chapeau mou en feutre bon marché, à larges bords, de couleur noire ou grise.

Tissus de jute, sacs. — Sacs et couffins venaient des Indes. d’Arabie et de France. La demande est croissante. En ce moment les Indes seules fournissent.

Marchandises allemandes importées par le port de Djibouti au cours des années 1911, 1912 et 1913.

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