COLONIES AFRICAINES DU TOBO ET DU CAMEROUN
(2e rapport établi d’après des documents officiels.)
Un premier rapport a été publié (1) : il constituait, pour ainsi dire, une préface au volumineux dossier établi contre les procédés des Allemands envers les indigènes de leurs colonies.
Entr’ouvrons maintenant ce dossier en nous limitant dans ce nouvel exposé aux faits qui concernent la région de Douala, la mieux pénétrée de tout le Cameroun parce qu’elle est plus voisine de la côte et (pie l’influence des Européens s’y fait davantage sentir.
« En ce qui concerne les gens de race Douala, écrit le 30 octobre dernier le commissaire de la République dans les territoires occupés par la France au Cameroun, les Allemands eux-mêmes ne peuvent se faire aucune illusion sur les sentiments qui animent la grande majorité de ces indigènes vis-à-vis d’eux. Les autorités locales les ont traités comme des suspects dès le début de la guerre. Après la reddition de Douala, les Allemands durent, pour aller s’embarquer comme prisonniers de guerre, traverser une partie de la ville au milieu des huées de la population indigène. » Et M. Fourneau ajoute : « Personne ne voudrait replacer sous la domination allemande, en les exposant à de terribles représailles, des populations qui ont si clairement exprimé leur joie d’en être délivrées. »
Nous nous bornerons à établir une analyse aussi succincte que possible des faits décelés au cours de l’enquête effectuée par les autorités françaises et tels qu’ils ressortent des dépositions dûment contrôlées qui figurent au dossier. Ces dépositions sont les suivantes :