‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 20 sur 123 · L.-L. Klotz · texte numérisé non relu

L.-L. Klotz

RAPPORT

AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 14janvier 1918.

Monsieur le Président,

Le service de l’assistance médicale indigène, créé en Afrique Occidentale Française par arrêté local du 8 février 1905, et dont Iç bon fonctionnement est étroitement lié à l’avenir social et économique de ce groupe de colonies, ne peut aitcindre son plein développement qu’à la condition d être assuré, en dehors des médecins des troupes coloniales et des médecins civils de l’assistance, par un personnel de praticiens indigènes dûment adapté à son rôle.

Uu premier pas avait été fait dans cette voie par l’arrêté du 7 janvier 1906, du gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française créant un corps d’aides-médecins indigènes.

Un second arrêté, du 1er octobre 1916, a créé à Dakar, une école pratique de médecine, annexée à l’hôpital indigène.

Fille a pour but de donner aux aides-médecins, dans les conditions fixées par le décret susvisé, des connaissances médicales théoriques et pratiques indispensables pour qu’ils puissent assurer personnellement, sous le contrôle des médecins européens, les divers services médicaux de l’assistance.

Pour compléter cette institution, il est nécessaire que l’école de médecine indigène de Dakar puisse, comme celles d Hanoi, de Tananarive et de Pondichéry, assurer à la fois le recrutement des aides-médecins ou officiers de santé, et celui des sages-femmes indigènes, auxiliaires indispensables du médecin européen.

L’hôpital d’instruction, annexe nécessaire de l’école, existe déjà: c’est l'hôpital central indigène de Dakar. La création d’un cours d élèves sages-femmes permettrait d’y développer le service de la maternité, en attirant dans cet établissement, en raison de la confiance que nos nouvelles auxiliaires inspireraient, un plus grand nombre de jeunes femmes indigènes.

L’action bienfaisante de ces praticiennes diplômées ne tarderait pas à se faire sentir dans les divers centres de la colonie, où elles exerceraient leur spécialité, tout en concourant aux services généraux d’assistance.

Ainsi serait sans doute abaissé le taux de la mortinatalité et de la mortalité infantile, si élevé dans nos colonies de la côte occidentale d’Afrique.

Quant aux médecins indigènes, dressés à nos méthodes, ils trouveraient leur plus utile emploi, soit dans les divers établissement* de l’assistance, ou dans les corps de troupes indigènes, soit, comme agents d’exécution dans l’application des mesures d’hygiène et de prophylaxie destinées à

I prévenir ou à combattre les grandes endémies, telles que I le paludisme, la Fièvre jaune, la peste, le trypanosomiase, etc..., qui sévissent dans cette partie de notre domaine colonial.

Tel est l’objet du projet de décret que nous avons l’honneur de soumettre à votre haute sanction, et que nous vous serions reconnaissants de vouloir bien revêtir de votre signature, si vous en approuvez les dispositions.

Veuillez agréer. Monsieur le Président, l’hommage de notre profond respect.

Le président du Conseil ministre de la Guerre, Georges Clemenceau.

Le ministre des Colonies,

Henry Simon.

Le ministre des Finances,

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