‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 5)Chapitre 24 sur 123 · RENSEIGNEMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS DIVERS

Décorations. — Sont nommés par le ministre des Colonies dans l’ordre de la Légion d’honneur :

Au grade d'officier (au titre civil) : M. Guyon, gouverneur de 2* classe des colonies, lieutenant-gouverneur du Gabon; chevalier du 14 juillet 1905. A donné les plus belles preuves de clairvoyance et de sens militaires dans l'organisation de la défense de Libreville et du littoral. Jusqu’à la fin des opérations au Cameroun a été le promoteur ou le soutien de toutes les opérations militaires auxquelles ont participé les troupes régulières et militaires de la colonie du Gabon.

Au grade de chevalier (au titre civil) : MM. Liurette (Auguste- Guillaume), administrateur en chef de lre classe des colonies en Afrique Occidentale Française ; 27 ans de services dont 22 ans 4 mois aux colonies. A été l'objet de la citation suivante portée à la connaissance du pays. « S’est particulièrement distingué à l’occasion du recrutement des troupes indigènes en Afrique Occidentale Française et a obtenu les meilleurs résultats grâce à son incessante activité, à sa parfaite connaissance du pays et à la confiance qu'il a su inspirer à la population. »

D’Arboussier, administrateur en chef de lr* classe des colonies en Afrique Occidentale Française ; 19 ans 2 mois de services, dont 16 ans 9 mois aux colonies. Titres exceptionnels : à l’aide dé

cinq cents cavaliers auxiliaires levés par lui, a, en quelques jours occupé tout le Nord du Togo. A été l’objet de la citation suivante portée à la connaissance du pays. « S’est particulièrement distingué à l'occasion du recrutement des troupes indigènes en Afrique Occidentale Française et a obtenu les meilleurs résultats grâce à son incessante activité, à sa parfaite connaissance du pavs et à la confiance qu’il a su inspirer à la population. »

Bleu, administrateur de lre classe des colonies en Afrique Occidentale Française ; 18 ans 7 mois 19 jours de services, dont 17 ans 9 mois 15 jours aux colonies. Titres exceptionnels. « A rendu des services particulièrement appréciés à l’occasion du recrutement des troupes indigènes en Afrique Occidentale Française. »

Simon, administrateur de lre classe en Afrique Occidentale Française; 14 ans de services, dont 11 ans 5 mois aux colonies, litres exceptionnels : a été l’objet de la citation suivante portée à la connaissance du pays. « S’est particulièrement distingué à l'occasion du recrutement des troupes indigènes en Afrique Occidentale Française et a obtenu tes meilleurs résultats grâce à son incessante activité, à sa parfaite connaissance du pays et à la confiance qu’il a su inspirer à la population. »

Terrasson de Fougères, administrateur de lre classe des colonies en Afrique Occidentale Française; 13 ans 11 mois 22 jours de services, dont 11 ans 4 mois 22 jours aux colonies. Titres exceptionnels : a été l’objet de la citation suivante portée à la connaissance du pays. « S’est particulièrement distingué à l’occasion du recrutement des troupes indigènes en Afrique Occidentale Française et a obtenu les meilleurs résultats, grâce à son incessante activité, à sa parfaite connaissance du pays et à la confiance qu il a su inspirer à la population. »

Guibet, administrateur de 3e classe des colonies en Afrique Equatoriale Française ; 14 ans 9 mois de services dont 13 ans 9 mois aux colonies. Titres exceptionnels : a, dès le début des hostilités, par la judicieuse installation des postes avancés, permis de repousser une attaque de l’ennemi et coopéré ainsi efficacement à la défense de la colonie du Gabon. A donné, en outre, à l'offensive de nos colonnes du Sud-Cameroun, le concours le plus précieux par l’acheminement rapide de nombreux convois' de vivres et de munitions.

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BIBLIOGRAPHIE

Le Cercle des Doukkala au point de vue économique, par J. Goulven, docteur en droit, sous-chef de bureau des Services civils de l’Empire chérifien — Prix ; 10 fr.. Librairie Larose, 11, rue Victor-Cousin Paris.

Sous le nom de Doukkala, on comprend une riche région agricole de 7.200 kilomètres carrés qui s'étend au Maroc en bordure de l’Atlantique entre Casablanca et Safi. Le grand centre économique de cette région eat l’ancienne forteresse portugaise de Mazagan, assise à l’extrémité occidentale d’une magnifique baie, dans laquelle les opérations commerciales s’effectuent aisément en toutes saisons.

C’est cette province du littoral ouest-marocain que M. Goulven a voulu nous faire connaître dans son ouvrage qu'il a divisé en trois parties ; 1* considérations générales sur le cercle des Doukkala ; 2* les conditions de la production et du commerce ; 3" les voies et moyens de communications, le tourisme. Ainsi compris ce travail constitue une vraie monographie régionale, dont la publication ne peut être que fort utile à tous ceux qui, demain, voudront aller coloniser au Maroc.

Esquissant, pour commencer, le régime physique des Dpukkala, l’auteur, dont le premier souci est de faire seulement œuvre de vulgarisation, se borne à des considérations générales sur le relief, l’hydrographie, le climat et la végétation. Il ne retient que ce qui est essentiellement utile au colon ou caractéristique de la région.

Et c’est un égal effort de synthèse destiné à faire rapidement connaître le milieu dans lequel l’agriculteur ou le commerçant va désormais vivre, que l’on remarque dans les chapitres consacrés à l'histoire des Doukkala ou aux mœurs des indigènes du pays, Arabes doukkali et israélites. Quelques pages sur l’immigration européenne a Mazagan au cours du xixe siècle Seront également lues avec intérêt.

BULLETIN DU COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Mais la partie principale du livre est celle où M. Goulven traite des conditions de la production et du commerce. D’après les statistiques, la région des Doukkala comprenait en 1916 près de 1 « 0 000 hectares de terres cultivées et nourrissait un cheptel de 630 . 000 tètes. Ces chiflres laissent deviner le magnifique champ d études qu offre cette province à l’auteur, aussi ne se lasse-t-il pas de l’exploiter, en déterminant d'abord les régions de culture dans chacun des contrôles de Sidi-Ali,des Doukkala nord et des Doukkala sud, en rappelant les procédés archaïques de culture employés par les indigènes et en donnant des indications précises et détaillées sur les produits que fournissent ou sont susceptibles de fournir les terres si fertiles des Doukkala, tir s noirs ou rouges hamri. Au cours de cent pages, M. Goulven nous fait ainsi un exposé très méthodique et très complet des ressources agricoles de la province, s’attachant en outre à montrer l’intérêt que pr. senterait en Doukkala le développement de l’arboriculture, actuellement très réduite et se résumant en quelques orangers, figuiers, citronniers, oliviers et dos vignes qui auraient été plantées au xviB siècle par les Portugais. Il réclame la plantation intensive : « Nos villes comme nos campagnes ont besoin d’arbres; il fau[ peupler les espaces libres d'arbres si l’on veut peupler les quartiers et les champs d’hommes. L’arbre est un puissant auxiliaire pour enraciner une race ; en attachant à la terre, il attache à la vie »

A la vérité, les parties des Doukkala qui sembleraient, à première vue, le moins propres à la production, parce qu’elles man. quent de terres fertiles ou d’arbres, ne sont pas absolument improductives : l'élevage, qui s’y fait déjà dans des proportions intéressantes, promet de se développer très rapidement, sous les initiatives combinées des colons et de l’Administration.

M. Goulven appelle l’attention des lecteurs sur l’élevage du cheval et du mulet ainsi que sur les conditions dans lesquelles pourrait être pratiqué à l’avenir l’élevage des bêtes à cornes, déjà si nombreuses dans cette province. Il craint, à juste raison d'ailleurs, que les colons attirés par les prix de vente anormaux des animaux à l’heure actuelle, se jettent dans cette branche avec l’unique s-ouci de se faire de magnifiques et d’immédiats bénéfices. A ce sujet, M. Goulven leur donne des conseils pratiques pour qu’ils arrivent à des résultats intéressants tout en ménageant leurs soins au bétail. Il leur recommande tout spécialement de savoir bien choisir les reproducteurs, d’alimenter les jeunes animaux, d’entourer les mères de soins, de créer des abris et de remplacer la nourriture grossière actuelle par une alimentation choisie. Les races locales sont rustiques et fortes : il sera facile d’en tirer, par un élevage raisonné, des rendements très avantatageux.

Pour en finir avec les chapitres consa< rés à la terre, l’auieur explique comment on peut devenir colon en Doukkala. Des indigènes, qui sont très attachés au sol dont ils vivent, consentent très volontiers à s’associer à des Européens pour l’exploitation de leurs terres. Et cette politique d’association par laquelle le futur colon pourra prendre pied dans le pays et y faire un stage sans grands frais en attendant l’occasion qui lui permettra de devenir colonpropriétaire à son tour, apparaît à M. Goulven comme la vraie formule de colonisation dans cette région du Maroc. Et c’est pour lui l’occasion de nous faire connaître les différents contrats actuellement en vigueur entre les indigènes, mais qui peuvent s’étendre à des associés européens. Quelques renseignements sur la colonisation européenne et sur la situation économique présente des Doukkala terminentcet intéressant chapitre.

Se nourrissant des produits que son travail fait pousser et n’ayant par ailleurs que peu de besoins, l’indigène de la campagne ne connaît pas les grandes industries. Celles dérivées de sa civilisation sont peu importantes et consistent en quelques moulins à pierre pour moudre ces grains et quelques ateliers de tissage pour ses haïks et couvertures. La pêche, qui serait cependant très fructueuse aussi bien sur la côte que dans l’Oum-er-Rebia, riche en àlosës, n’est pas organisée et les marais salants, dans les mains des indigènes, ne rendent pas comme ils le feraient sous une exploitation méthodique. L’industrie de la poterie et la confection de nattes et de paniers complètent la liste de ces industries, en majeure partie familiale. L’immigration européenne à Mazagan y a naturellement développé que'ques industries se rapportant surtout à l’alimentation et au bâtiment. Mais cela ne veut pas dire que de nouvelles usines ou fabriques ne pourraient pas se créer : M. Goulven en donne l’énumération, à titre de renseignements, car une question aussi importante ne peut être traitée qu'après un voyage d’études sur place.

Au commerce, l’auteur consacre plus de cent pages. Cela ne doit pas surprendre quand on sait que le port de Mazagan importe

pour une moyenne de 14 millions de francs et exporte pour 11 .500.000 francs, moyenne qui d’ailleurs ne peut que s'élever sous l’impulsion donnée à l’agriculture et au commerce en Doukkala depuis l’occupation française. M. Goulven nous fournit dans ce chapitre des statistiques détaillées et des observations sur les articles importés et les produits exportés et indique aux négociants et aux voyageurs de commerce comment il faut s’y prendre pour se créer une clientèle in ligène. Ce sont des renseignements pratiques, des adresses de maisons établies à Mazaean et des études vulgarisant les procédés d’échanges avec les indigènes qui, exposés avec clarté, font de ce livre le vade mecum de tous ceux qui s’intéressent aux affaires. Un chapitre y est réservé à l’organisation du crédit, aux monnaies et aux taxes.

Dans la troisième partie de son ouvrage, M. Goulven passé en revue les routes et les pistes actuellement faites ou en cours de construction, donne des indications d’ordre géographique et économique sur le port à barcasses de Mazagan, dont les jetées sont maintenant terminées, et consacre aux transports terrestres et maritimes quelques pages desquelles ressort la nécessité de développer les communications par terre pour assurer la commodité des échanges dans l’intérieur de la province ainsi que de Mazagan avec Marrakech et Safi. Les transports maritimes, actuellement réduits au minimum du fait de la guerre, sont appelés également à prendre de l'essor : il y a lieu d’espérer que les Français feront un effort sérieux pour améliorer ces relations entre la Métropole et le Maroc.

L’auteur enfin termine son étude par quelques considérations sur Mazagan et Azemmour, villes intéressantes, soit au point de vue commercial, soit au point de vue touristique, et des légendes recueillies chez les indigènes viennent agrémenter les itinéraire d excursions que recommande M. Goulven.

M. Jonnart en Grèce et labidcation de Constantin, par Raymond Recouly; un vol. in-I6; 3 fr. 60. — Plon, 8, rue Garancière.

La mission de M. Jonnart en Grèce est l'une de nos belles pages de la guerie. Le haut commissaire français a appliqué à ce cas difficile l’expérience acquise en Afrique du Nord et il faut enregistrer ici ce passage du livre de M. Recouly qui plaira aux Africains : « M. Jonnart songe, chemin faisant, aux difficultés de sa tâche. Elles lui apparaissent très grandes. A la conférence de Londres il a été prévu un certain nombre de mesures successives : saisie des récoltes en Thessalie; ultimatum à Constantin; occupation de l’isthme de Corinthe et débarquement des troupes françaises s’il résiste. Or, pour que le résultat cherché soit atteint dans les conditions les meilleures, M. Jonnart, à mesure qu’il y réfléchit davantage, est de plus en plus convaincu que ces mesures ne doivent pas être successives, mais simultanées. Toute la question est là. Il faut déployer la force pour ne pas avoir à s’en servir. Durant les longues années qu’il a passées en Algérie comme gouverneur général, c’est la règle essentielle dont il s’est inspiré. C’est le principe dont le général Lyautey s’est si admirablement servi, dans la province d’Oran d’abord, au Maroc ensuite. »

Problèmes économiques nés de la guerre, par André Lebon, ancien ministre, président de la Fédération des Industriels et des Commerçants français ; un vol. in-16 de 274 pages ; 4 francs. — Payot, 106, boulevard Saint-Germain.

On retrouvera dans ces études parues pendant la guerre et assemblée» en volume la hauteur de vues et l’esprit pratique qui ont toujours marqué les discours et les travaux du président de la Fédération des Industriels et des Commerçants.

La Politique et le'is affaires, par Biard d’Aunet; un vol. in-16 de 250jpages ; 4 francs. — Payot, 106, boulevard Saint-Germain.

C’est la réorganisation de la France après la guerre qui continue d’occuper dans ce volume l’auteur de Pour remettre de ’ ordre dans la maison. Idées originale» souvent, toujours sincères, qui attireront l’attention du public sur la nécessité de développer le commerce extérieur de la France après la guerre.

Le Gérant : J. Legrand.

N” 4, 5 et 6

LE

PUBLIÉS PAR

DE L'AFRIQUE FRANÇAISE » le COffilTE DU MAROC

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