V. — VOIES DE COMMUNICATION
Dans les pays des Mousgous, des Kotokos et des Choas, l’inondation demeure pendant presque six mois de l’année. Les relations entre villages se fonten beaucoup d’endroits uniquement au moyen de pirogues.
Il n’existe dans ces pays aucune route aménagée mais uniquement des sentiers indigènes. La piste suivie pour aller de Kousseri à Dikoa varie avec la saison et l’état du sol.
De Kousseri à Karnak-Logone et, delà, à Mora, existe seulement un sentier indigène aux détours nombreux, tout encombré d’épineux et coupé de marécages. Aucune route non plus ne relie Mora à Dikoa.
Entre Mora et Maroua, on trouve une route semblable à celles faites au territoire du Tchad, c’est-à-dire un sentier indigène dont le tracé a été rectifié, et qui a été élargi et dessouché. Pas de fossés d’écoulement, pas de ponts, pas de nivellement.
Il n’existe vraiment dans tout ce pays que ux
routes : 1° celle de Maroua à Garoua ; 2“ celle de Garoua à Dikoa par Gashiga, Demsa, Ssorao, Moubi, Ouba, Mitschiga, Moda, Madagali, Bouma. Elles sont larges de 5 à 10 mètres.
Les plates-formes sont bien établies, les remblais faits au moyen de blocs de rochers recouverts de terre. De chaque côté, court un vaste fossé.
Dans les parties arrosées, des ponts ont été construits. Les culées sont en blocs maçonnés, les tabliers en fers à T recouvertsde tôles ondulées chargées de terre.
Excellentes en saison sèche, ces routes sont insuffisantesà lasaison des pluies. Les plates-formes ne sont pas assez élevées, les ponts sont trop | étroits, et les fossés pas assez vastes. Les eaux démolissent les tabliers et le ravinement ruine la plate -forme.
Ces routes non entretenues depuis le début de la guerre ont beaucoup souffert.
De Biparé à Binder, la route établie autrefois par les Français est encore en bon état, sauf les ponceaux. De Binder à Bongor, on trouve un large sentier aménagé et bien tracé.
'foutes les autres routes ne sont que dessentiers indigènes, aménagés peu ou prou et dont la viabilité dépend de la nature du terrain.
Dans la partie septentrionale, Ivotoko et Baigné, on utilise pour les transports à la saison sèche les bœufs porteurs des Choas. A la saison des pluies, la nature marécageuse du terrain ne permet plus que l’emploi de porteurs. Les Kotokos n’en fournissent pas très volontiers.
Dans le Diamaré, leterrain rocailleux ne permet pas de se servir de bœufs porteurs qui n’existent d’ailleurs ni chez les Foulbé, ni chez les Bororos. Les colporteurs haoussas et bornouans utilisent les ânes. Ce sont d’admirables petites bêtes de bât rustiques et pas difficiles pourla pâture. Poulies convois, il est nécessaire d’employer les porteurs. Les Foulbé ne sont pas assez résistants, et, trop orgueilleux, ne songent qu’à s’enfuir. Bestent les captifs des Foulbé et les païens de toute race.
Les Allemands avaient importé un certain nombre de voitures à quatre roues plusTourdes et moins pratiques que les voituresLefèvre et que devaient traîner deux chevaux. Leur état de fraî cheur permet de penser qu’elles n’ont pas servi.
La Renoué et le mayo Kebbi sont les seules rivières navigables autres que le Chari et Logone.
Les vapeurs qui atteignent Yola de juillet à octobre poussent à Garoua et même Farmou en septembre et octobre.
Les baleinières et chalands arrivent à Garoua de juin à décembre et peuvent remonter jusqu'à Léré en septembre et octobre.