LÉGIONNAIRES EN COLONNE
Près de Khénifra.
dans la composition des petits [dais!... Les légionnaires ont également des boys pour les servir à table, et même des « boy-panka « qui les éventent durant tout leur repas!... Us ne lavent plus leur linge eux-mêmes. Pour un prix des plus minimes, des « boy-laveurs » se chargent de ce soin dont ils s’acquittent avec une méticuleuse propreté. Là, comme partout, le légionnaire est toujours irréprochable dans sa tenue.
Outre le repos complet du dimanche, les hommes sont libres l’après-midi du jeudi. Selon leurs goûts, les uns vont à la pêche d’où les moins exercés rapportent des quantités d’excellents poissons. D’autres, avec autorisations spéciales, partent à la chasse. Les perdreaux, coqs, poules, canards, oies, paons sauvag* s, abondent, ainsi que les gibiers de toutes sortes. D’autres enfin, montent paresseusement dans un pousse-pousse, se font
tout simplement conduire chez eux, dans leur « cai-nhù »!... « Mariés «(suivant leur expression) avec une femme du pays, leur « congaï », ils ont leur petit ménage avec loules ses agréables distinctions et ses soucis également. Les « mariés » dont la manière de servir est satisfaisante, peuvent avoir, tous les soirs, la permission de la nuit, lorsqu'ils ne sonl pas de service. Aussi ont-ils tous une conduite exemplaire pour la mériter. Leur adresse au village est même affichée dans le bureau de la compagnie, afin qu’on puisse les envoyer chercher promptement en cas de besoin.
Comme la vie n’est pas chère au Tonkin, le légionnaire peut aisément s’offrir tout ce luxe. Un boy-laveur lavait et repassait autrefois un complet de toile pour un sou. Pour la même somme, on avait un superbe ananas ou plusieurs bananes. Pour cinq sous on se faisait promener pendant une demi-heure, à Hanoï, en pousse-pousse caoutchouté. Un poulet coûtait six sous et une douzaine d’œufs également. Les « congaï » se contentaient du prêt de leur mari auquel elles fournissaient, en outre, « le choumchoum » el les cigarettes !.. .
Tout, sans doute, a augmenté actuellement, comme partout. Mais le taux des hautes payes spéciales aux colonies a augmenté aussi. Un légionnaire reçoit par prêt il fr. 25 après trois ans de service; 02 fr. 2 a après cinq ans, et 71 fr. 25 après dix ans. Et cette somme est uniquement destinée à ses menus plaisirs de la quinzaine!...
La durée du séjour au Tonkin était, autrefois, de trois ans. Elle a été réduite à deux ans actuellement. .Mais ces deux années s’envolent comme un rêve! Et nombreux sont les légionnaires qui demandent à prolonger ce séjour enchanteur!... A leur rapatriement, ils ont droit à un congé de quarante-cinq jours par année passée.