BV LL K TIN DU COMITE
est imposée par la nature elle-même. En Algérie, les habitants, les cultures, les richesses de toutes sortes sont groupés dans la zone voisine de la mer, dont la largeur ne dépasse pas quelques centaines de kilomètres. A mesure qu’on s’avance dans l'intérieur, on rencontre des régions de plus en plus pauvres, parce que les pluies y sont de plus eu plus rares. On ne saurait leur appliquer les mêmes méthodes qu'aux contrées qui bordent la Méditerranée, ni leur imposer les mêmes règlements.
Cependant le territoire civil, d'abord limité il quelques zones étroites autour des villes du littoral, a peu à peu formé une bande continue, au Sud de laquelle s’étendaient les territoires militaires ou territoires de commandement. La bande du territoire civil a été sans cesse en s’élargissant, et M. Tirman en a doublé l’étendue d’un trait de plume. Pendant la période où prévalurent les idées d'assimilation à outrance, il sembla que cette extension devait se poursuivre indéfiniment et que les environs d’El Goléa dussent finir par être administrés exactement connue ceux d'Alger, lesquels devaient l’être comme ceux de Paris. M. Jules Cambon, puis M. Laferrière et M. Revoit, réagirent contre ces tendances.
L’Algérie venait d'être pourvue d’un budget spécial en 1S00; en même temps, l’étendue des territoires sahariens s’était trouvée considérablement accrue à la suite de l’occupation des oasis du Touat. Il était impossible d’imposer à l’Algérie la charge de la pénétration vers le Sud. qui n’était pas une entreprise « payante » et dont la métropole devait faire les frais dans la mesure où elle la jugeait utile à sa politique générale. D’autre part. l’Algérie avait une tendance à dépenser dans les régions colonisées et colonisables les ressources pourtant bien faibles que fournissaient les régions sahariennes. Enfin l’expédition du Touat, dirigée parle ministère de la Guerre suivant des méthodes qui ne convenaient point au Sahara, avait entraîné des dépenses considérables. En créant les Territoires du Sud et en instituant un budget autonome et spécial pour ces régions, on se proposait donc : 1° de réduire au strict nécessaire les dépenses d’occupation et de mettre un frein à leur progression : 2° d’équilibrer les dépenses civiles avec les ressources locales, étant entendu que les frais d’occupation militaire demeureraient à la charge du budget métropolitain: 3° d'appliquer à l’administration et à la défense de ces territoires des dispositions rationnelles adaptées à la situation du pays; 4° de donner au gouverneur général, en même temps que la responsabilité de l’administration et de la défense, l'autorité nécessaire pour s'opposer à toute action militaire qui n’aurait pas été autorisée au préalable par le gouvernement (1). Aussi M. Ch. Laurent, commissaire du gouvernement dans la discussion au Sénat, déclarait-il que cette création répondait à une nécessité indiscutable au triple point de vue budgétaire, politique el colonial.