VI. — Exportations
Le- exportations de Tanger se sont élevées : .
En 1919 à Frs : 7.241.739.
En 1920 à Fis : 0.115.290.
En 1921 à Ers : 4.552.468.
Si l'on déduit de ces chiffres la valeur des produits provenant des ports marocains qui ont été débarqués puis exportés (voir chapitre II), on obtient :
En 1919 : 5.831.256 francs.
En 1920 : 3.97i'.630 francs.
En 1921 : 3.243.387 francs.
A part le produit des madragues qui a été de :
Ers : 507.416 en 1919.
Ers : 666.417 en 1920.
Ers : 1.809.707 en 1921.
Tanger et sa zone ne produisent pour aiusi dire aucune marchandise cl exportation.
Les peaux de chèvres, de bœufs, de moulons, les cires, alpistes, sorghos, etc., qui sont embarques à Tanger proviennent en effet soit de la zone espagnole, soit de la zone française (Ouezzan notamment) d'où ils sont arrivés à Tanger par voie de terre.
Principales marchandises importées à Tanger
pendant les années 1919, 1920 et 1921.
Le ravitaillement de Tanger en bétail, œufs, blés, orges, lentilles, fèves, pois chiches, est assuré en presque totalité par la zone française qui envoie en outre des farines et semoules, des viandes salées de porc, du beurre, des huiles d’olives ou d'argau, de la bière, du henné, destissus et articles de toutes sortes pour l'ameublement ou le vêtement des indigènes, etc.
Le- importations de la zone française représentent en 1921. LS 0/0 environ des importationtotales: ce pourcentage, déjà considérable, serait, semble-t-il. susceptible d’augmentation par un effort continu dans les envois d’huile, de bière, de charcuterie, et aussi de tissus et articles à l'usage des indigènes.
La France occupait avant la guerre, la première place parmi les pays importateurs à Tanger er, 1912 et 1013, son chiffre d’affaires dans les importations totales était de 47 0/ 0 environ. Durant la guerre elle céda peu à peu sa place à l'Espagne, son pourcentage diminua d’année en année.
Eu lOLS. l’Espagne occupa la première place et le chiffre d’affaires de la France tomba à 31 0/0. Eu 1919, la France commença à reprendre la place perdue, son chiffre d'affaires alteignil celte année-là 32 0 0 des importations totales, il s'éleva en J 920 à 36,10 0/0 et en 1921 à 39,30 0/0.
Eu 1920 et 1921,1a France reprend effectivement la première place, l’Espagne qui vient immédiatement après elle, accuse un pourcentage de 20,20 eu 1920 cl 21,40 en 1921.
L’Espagne a vendu à Tanger, pendant lu guerre, toutes sortes de marchandises : matières premières, produits alimentaires, articles manufacturés; elle s’est créé un véritable monopole pour les boissons de toutes sortes et les huiles d’olives, produits de grande consommation, tille n’a pas réussi en articles manufacturés; elle doil sc borner actuellement à l'article bon marché à l’usage de la population pauvre, mais elle ne se lasse pas et maintient son activité: ses commis- voyageurs visitent avec persévérance la place.
La France a dans l’Espagne une concurrente qui n’est pas à dédaigner, d’autant plus que certains exportateurs de ce pays n’hésitent pas parfois sur le choix des moyens ; des boissons et spécialités pharmaceutiques notamment sont, en effet, vendues à Tanger sous étiquettes françaises.
On ne note pas une grande activité de la part de l’Angleterre, sou commerce est plutôt stationnaire se contentant de garder les positions acquises, en denrées coloniales, bougies, tissus de coton, etc. Son change lui est défavorable, il a permis à .Marseille de faire prendre sérieusement ses savons qui jusqu’à ces temps derniers étaient refusés par la population tangéroise qui S’obstinait à n’employer que les savons anglais.
Mais si la France veut maintenir la place prépondérante qu’elle a reprise depuis 1920. elle doit continuer son effort. La Belgique, l’Italie, la Tchécoslovaquie, pays à change déprécié, se contentant en outre de légers bénéfices, développent de plus en plus leurs chiffres d’affaires. Les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Suède, pays à change élevé, se spécialisent dans certains produits qu’ils arrivent à vendre à des prix égaux ou légèrement inférieurs aux produits similaires français.
Le commerce français serait susceptible de se développer dans les produits et articles suivants : viandes salées de porc, jambons, lards et charcuterie fabriquée margarines et substances similaires, fromages, beurre frais et salé, conserves de poissons, conserves de légumes, pâtes alimentaires, sirops, bonbons, biscuits sucrés, fruits confits, confitures, chocolats; denrées coloniales: thés, cafés, poivres, épices, huiles d’olives et autres huiles alimentaires ; bois bruts équarris ou sciés de toutes sortes; boissons de toutes sortes; produits chimiques et couleurs: bougies : verres à
vitres : lissas de coton de toutes sortes; bonneterie, passementerie, rubannerie, dentelles et broderie de toutes sortes; chaussures ; peaux préparées ou vernies, cuirs, sellerie, bourellerie; meubles de toutes sortes: automobiles; chéchias à l’usage des indigènes : allumettes.
Le commerce français est menacé actuellement d’autre part dans les produits et articles Suivants : fermes et semoules parles Etats-Unis d’Amérique; sucres raffinés par les Etats-Unis, la Belgique et les Pays-Bas:
Chaux el ciment i>ar l'Espagne et surtout par la Belgique : Fers bruis étirés ou en barres, aciers eu barre par la Belgique :
Parfumerie de toutes sortes et médicaments composés par l’Espagne :
Faïence-, porcelaines, gobeletlerie de verre ou de cristal.
par la Belgique, l’Espagne et la Tchêco-Slovaquie ;
Fils de coton par la Belgique et l'Italie ;
Ficelles et cordages par l'Espagne et l'Italie ;
Tissus de laine pure ou mélangée coton par l'Espagne. F Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas ;
Lingerie cousue et vêtements confectionnés par l'Espagne; Papiers d’emballage, papiers à écrire ou à imprimer par l’Espagne. les Pays-Bas, la Belgique et la Suède;
Machines et mécaniques, quincailleries, outils et autres ouvrages en métaux par le- Etats-Unis, l’Angleterre, P Allemagne, la Belgique, la Suède ;
Bimbeloterie (jeux, jouets el autres) par l'Espagne.
Certains importateurs français ne sc plient pas suffisamment aux desiderata de la clientèle tangéroi.se : emballage, présentation de la marchandise, rapidité des expéditions, facilités de paiement; d outres n’étudient pas les articles lancés par les concurrents étrangers, el n’essayent pas de faire mieux el à meilleur marché; quelques-uns enfin seraient sur le point d’abandonner le marché langerais parce qu’il ne leur demande que des produits de qualité inférieure.
La France peut el doil conserver la place prépondérante qu elle vienl de reprendre à Tanger, on ne saurait trop pour cela recommander aux importateurs français d’abandonner les errements ci-dessus exposés, d'envoyer régulièrement et fréquemment des commis-voyageurs, d'encourager les représentants locaux et de ne reculer devant aucun frais de réclame.
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