Suppression des charges gui grèvent / exportation du blé
Tel est dans ses grandes lignes, le programme agricole
que, dès son origine, le Gouvernement du Protectorat a été conduit à élaborer cl dont l’exécution revient à la direction générale de l’agriculture avec la collaboration des Chambres d’agriculture et du Conseil supérieur d'agriculture, institués dans ce but.
Il s’est préoccupé de développer harmonieusement les différentes branches de l’activité agricole et d’orienter délibérément et rationnellement la production dans une voie conforme aux intérêts généraux du pays.
Les questions de colonisation feront l'objet d’un examen spécial lors de la présentation du programme de I9a2. Celles qui concernent l'enseignement professionnel agricole seront prochainement soumises au Conseil supérieur de l'agriculture et portées ensuite devant le Conseil de Gouvernement.
Ce texte avait été étudié par les Chambres d'agriculture et
de commerce dont les représentants constatent que la direction générale de l’agriculture. s’esl toujours efforcée de suivre l’évolution économique du pays et de faire face aux besoins de la production. Au cours de la discussion qui a suivi, le directeur général des Finances exprime l’espoir que, une fois la situation monétaire stabilisée, la Banque d’Etat ne se refusera pas à donner au crédit agricole à longs termes, les facilités que réclame la colonisation et il s’emploiera personnellement à aboutir au résultat voulu.
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BIBLIOGRAPHIE
Les Noirs de l’Afrique, par Maurice Delafosse,
ancien gouverneur des Colonies, professeur à l’Ecole Coloniale et à l’Ecole des Langues orientales; 1 volume relié de ICO pages, avec 4 cartes, 4 francs. Payot,
1 06, boulevard Saint-Germain.
M. Maurice Delafosse vient de publier dans la collection Payot, une remarquable synthèse de l’histoire des civilisations et des caractéristiques matérielles, intellectuelles et'sociales des populations de race noire qui habitent le Continent Noir. Nous n’avions point encore une oeuvre d'ensemble sur l’Histoire noire. Pour beaucoup, , l’Afrique est le pays des sauvages; un point, c’est tout. Pour ceux qui, soit par leur fonction, soit par leurs études, se sont penchés sur le monde africain, les notions et les connaissances qu'ils peuvent avoir sur les civilisations nègres sont fragmentaires et ne s’attachent qu’à telles ou telles parties ou races de l'immense continent africain. Nous devons donc à l’érudition et au labeur de M. Maurice Delafosse d’avoir, enfin, groupé en un volume de 160 pages, un historique général des civilisations du Pays Noir. Civilisations nègres, c’est là le point qui est, si heureusement du reste, mis en relief par l’auteur, car il éclaire d’une façon nette, cette suite d’Etats noirs se partageant les vastes pays africains, se substituant les uns les autres, opposant civilisations à civilisations. C’fst la trarre historique aux cents actes divers que M. Maurice Delafosse nous expose en quelques pages dans un raccourci d’autant plus puissant que condensé dans de courts et lumineux chapitres.
L’auteur des Noirs de l’Afrique rappelle tout d'abord les notions que la science moderne a su dégager tant des documents de l'antiquité que des renseignements des explorations et des études faites de nos jours eo Afrique. « Il apparaît donc que l'on peut, édit M. Delafosse, jusqu’à preuve du contraire admet tre comme fondée la théorie selon laquelle les Noirs de l’Afrique ne seraient pas, à proprement parler, des autochtones, mais proviendraient de migrations ayant eu leur point de départ vers la limite de l’Océan Indien et du Pacifique. Quant à préciser l’épo que ou les époques de ces migrations il est plus prudent de s’en abstenir ». Les autochtones seraient ces populations N.égrilles que l’on rencontre encore « à l’état dispersé dans les forêts du Gabon et du Congo, dans les vallées des hauts affluents du Nil et dans d’autres portions de l’Afrique équatoriale. Plus au sud sous le nom de Hottentots et de Botchïmen ils forment des groupements plus compacts ». C’est celte constatation qui permet à M. Delafosse de lever le voile sur certaines traditions indigènes. « Partout, mais principalement dans les contrées d’où les Négrilles ont disparu depuis longtemps, les Noirs considérés comme les plus anciens occupants du sol disent que celui-ci ne leur apparlient pas réellement et que, lorsque leurs lointains ancêtres, venant de l’Est, s’y sont établis, Ils l’ont trouvé en la possession de petits hommes au teint rougeâtre et à grosse tête qui étateut les véritables autochtones et qui ont moyennant certaines conventions accordé aux Nègres arrivés les premiers sur une terre donnée l’autorisation de jouir de cette terre et de la cultiver. Dans la suite des temps ces petits hommes ont disparu, mais leur souvenir est resté vivace. Généralement on les a divisés et identifiés avec les dieux ou génies du sol et des eaux, des montagnes, des grands arbres, des pierres et des eaux ».
Après avoir fait remarquer « qu’eo ce. qui concerne les Noirs de l’Afrique la préhistoire a duré beaucoup plus longtemps que l’histoire ». M. Delafossv brosse à larges mais très vivants, le développement des civilisations noires dans l’antiquité ; il nous indique que les rapports de 1 Egypte ancienne et l’Afrique noire ont été moins étendus que ceux des colonies phéniciennes. I
BULLETIN DU COMITE DE L’ AFRIQUE FRANÇAISE
nous cite à ce propos le « témoignage » des pierres d’aigris indiscutablement fabriquées à Tyr ou à Carthage. A propos des Carthaginois, M. Delafosse nous signale que les marchands carthaginois ont pénétré fort avant dans le Continent Noir, et installé des colonies un peu partout. Ce fut là un contact fructueux : « Comme je le suggérais tout à l’heure, il introduisit chez les Noirs, avec de3 mots nouveaux pour les désigner ou les exprimer des objets nouveaux et des idées nouvelles ».
M. Delafosso montre également « que dans l’Est de l’Afrique, une autre civilisation d’origine également sémitique accomplissait une œuvre analogue parmi les populations négroïdes et nègres de son voisinage ». C’est la civilisation abyssine où l'influence des isFaélites est indéniable.
Les Romains n’ont pas dépassé l’Air et les Berbères ne semblent pas avoir eu une influence sur le développement de la civilisation Noire.
Quelle fut l’histoire de cette Afrique Noire au moyen âge, c’est ce que malgré les difficultés d’un tel travail, M. Delafosse a réussi à nous faire connailre en quelques pages substantielles. Tour à tour l’auteur passe en revue l’histoire de l’Empire de Ghana, né vers le ixe siècle et disloqué par les Almaravides, celui des royaumes de Diara et de Soso, la fondation de l’Empiie Songoî, l’apparition de l'Empire M indingue dont le roi Kankan Moussa fut un °rand roi, qui en bon musulman accomplit le pèlerinage de la Mecque et qui, ramenant un architecte arabe, fit élever à Gao « une mo quée en briques à terrasse crénelée et à minaret pyramidal qui aurait, été suivant la tradition le premier édifice soudanais de « type aujourd’hui si cépandu ». Dès le moyen âge nous sommes donc, et c’est la thèse si intéressante que M. Delafosse a mise en relief, en présence de civilisations noires déjà fort évoluées.
L'auteur consacre un chapitre à l’histoire de l’Afrique occidentale du xv‘ siècle à nos jours. Ici les documents ne manquent pas mais ce qui était diffici’e c’était de mettre de l’ordre dans ces diverses sources de renseignements, d’en coordonner les détails et de montrer en un tableau synthétique la rapide succession des laits historiques depuis l’Askia Mohammed, roi du Songoi, jusqu'aux rouges randonnées de Samori en passant parles pachas de Tombouctou, les royaumes Bambara, les conquêtes Toucouleurs. La civilisation noire fut celle « d’un grand siècle » sous le règne de l'Askia Mohamed et c’est une preuve de plus des facultés intellectuelles des Noirs.
Dans le chapitre V de son ouvrage M. Delafosse condense toutes les données que nous possédons sur les royaumes islamisés du Soudan central et oriental, empires du Bornou et du Baguirmi, royaume de l’Ouadaï, sultanats du Darfour et du Kordofan. L’auteur donne d’intéressants détails sur le Madhisme, Rabah et sur les populations avoisinant l’Abyssinie.
L’histoire de l’Afrique méridionale et des Etals semi-arabes de la côte Est fait l’objet du chapitre VI. Le lecteur y trouvera des précisions sur ces points peu connus, mais « aucun de ces Etals n’a exercé, en tous cas, une influence sérieuse sur le développement de la civilisation et n’a jelé, même momentanément, un lustre appréciable, à l’intérieur même de ses limites normales ».
Après l’historien, l’ethnographe examine dans son ouvrage les « civilisations matérielles ». Là encore que de pages vivantes d’observations exactes et pleines d’aperçus nouveaux!
Dans le substantiel chapitre sur les coutumes sociales, M Delafosse dissèque avec une science profonde l’armature sociale de la Société Noire. L’auteur nous donne de précieuses indications sur la constitution de la famille, la parenté, la polygamie. Pour la propriété M. Delafosse étud e le fondement de la propriété foncière : « Disons un mot des biens, en commençant parles biens foncb rs. La terre selon la conception indigène 11’appartient à personne ; elle n’appariient pas non plus à tous ainsi qu’on l’a souvent dit à tort. En droit elle est considérée comme la chose des premiers occupants, en l’espèce desNég illes autochtones ou des divinités locales qui les ont remplacés ou sont censées les représenter. En fait la terre est un dieu que personne ne songerait à s’approprier et encore moins à vendre ou à acheter. Mais par des offrandes ou des sacrifices réglés par des rites consacrés la famille noire arrivée la première sur un terrain inoccupé à obtenu de la divinité locale le droit et le privilège d’user de ce terrain, droit et privilège qui se transmettent dans cette même famille de génération en génération ». M. Delafosse rappelle que « la conquête ne donne aucun droit sur le sol conquis : c’est un principe qui n’a jamais cessé d’être vespecté par les plus fameux conquérants noirs ». Tout ce qui n’est pas terre peut être possédé en toute propriété, produits, esclaves, outils, maisons. Passant du droit pur aux complexes concepts religieux, l’auteur nous fait con-
naître la psychologie religieuse de* Noirs ». Il y a là quelques pages très curieu*es 'sur le « soufle vital » et la croyance à un dieu suprême.
Le dernier chapitre de l’ouvrage de M. Delafosse est un beau et noble plaidoyer en faveur de l’intelligence noire. L'auteur affirme que jamais on n’a démontré la soi-disant infériorité intillectuelle des Noirs. Ceux-ci sont des « attardé* : ils ont perdu beaucoup de temps et ils ne sauraient le rattraper en un jour, ni même en un siècle. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot et leur histoire n’est pas finie. Peut-être ne fait-elle que commencer et ce livre n’est il qu’une préface? » M. Delafosse est vraiment trop modeste, car « Les Noirs de l’Afrique » est un volume complet riche en documents, précieux dans ses enseignements, c’est beaucoup plus le fécond résumé d’une vie de labeur qu’une simple pré. face. Pour tous ceux qui étudient les questions indigènes le livre dont il s’agit s’avère comme un instrument de travail de pren ier ordre.
Maurice Besson.
La Gazette des' Tribunaux du Maroc, hebdomadaire, 3, rue Nationale, à Casablanca; abonnement annuel : 50 francs.
Nous signalons volontiers l’apparition de ce nouveau journal qui contient, à côté de textes de jurisprudence, des études intéressantes sur les questions juridiques et judiciaires du Maroc.
Morocco that was, par Walter B. Harris, Londres 1921. William Blackwood, éditeur. ln-8°, 332 pages, illustrations. Prix : 25 shillings net.
C’est sous ce titre, « Marocco tliat «as » que le très distingué coiresponlant du Times à Tanger, notre excellent confrère Walter B. Harris vient de réunir ses souvenirs de trente-quatre années de vie marocaine. Mouley-Hassan, Abd-el-Aziz, Mouler llafid, il a connu et les trois derniers souverains du Maroc indépendant, ces deux-ci intimement. Et il a connu ce que quelques-uns appellent encore le bon vieux temps, le temps des brigandages, de la gabegie, des tortures, des abus de tout genre qui étaient l'ancien Maroc. Qu’on lise, dans le Maroc qui fut. le récit des cruautés de Moulay llafid après le récit de la révolution de palais qui aux débuts du règne d’ Abd-el-Aziz jeta en prison pour quatorze ans le grand vizir II adj Amaati et son frère, après le récit de la répression de la révolle des Rehamna. C est vraiment uue sombre histoire que celle du Maroc de jadis et en lisant le livre de M. Harris, comme en lisant les si intéressants souvenirs de La Martinière on ne peut vraiment imaginer que ce Maroc si farouche soit d’hier et que des hommes actuellement vivants et qui ne sont pas encore au seuil de la vieillesse aient pu connaître ces gens, voir ces choses et assister à des événements aussi tragiques. C’est, en 1912 encore, l’année même ou était institué le Protectorat de la France, que le sultan Moulay llafid faisait devant son harem jeter le Rogui aux lions de sa ménagerie et c’est en 1912 que nous chassons El-Hiba de Marrakech; cette année-là on trouvait encore aux portes des villes marocaines les têtes de rebelles salées dans les Mellah et c’est l’année des massacres de Fez. La même année on commençait la grande jetee de Casablanca qui aura bientôt un kilomètre et demi de longueur, et deux ans plus tard près de 70.000 Marocains venaient en France, aux armées, dans les usines, participer à nos cô és à la grande guerre. Que ceux à qui échappe — ils sont nombreux sans doute encore au Maroc même, parmi les nouveaux venus — tout ce qu’a de prodigieux un pareil rapprochement lisent le dernier chapitre du « Maroc qui fut ». Ils seront édifiés et ils verront en même temps en quels termes un ami de notre pays qui n’oublie pour cela ni son origine, ni la grandeur de sa propre nation, sait parler de[l’œuvre française au Maroc.
Mais on trouvera encore bien autre chose dans Morocco that was , notamment une foule d’anecdotes piquantes sur Abd-el-Aziz et sur Moulay Hafid et surtout l’histoire de Raissouli et de ses exploits. On sait que de ce sujet, comme de tout ceux qu’il aborde dans ce livre, M. Harris possède une connaissance directe et en l’espèce, exceptionnelle. Quand on écrira l’histoire du Maroc de 1890 à 1912, on ne pourra pas négliger ce livre d’information très sûre et en même temps tout à fait amusant.
Le Gérant :J. Legrand.
PARIS. — SOC G1* D'iMP. ET D ÉDIT., 17, RUE CASSETTE.
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ET
PUBLIÉS PAR
le COMITÉ DE L’AFRIQUE FRANÇAISE et le COMITÉ 00 MAROC
SOMMAIRE
LES TERRES COLLECTIVES DE TRIBU AU MAROC. — Commandant Leclère 33
LA SITUATION GÉNÉRALE DE L AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE : Discours de
M. Merlin, gouverneur général 12
La situation générale de 1 Egypte d'après le maréchal Allenby 4S
La jonction télégraphique de la France avec ses colonies d’Afrique 51
Le commerce de l’Algérie en 1921 5X
Le recensement en Afrique occidentale française 59
Bibliographie 60
i n n 1 1 1 ii ii n 1 1 1 1 1 1 m 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 h n 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1