kil
prétexte qu’il valait mieux attendre les progrès | nouveaux de la technique, el la guerre nous trouva sans communications intcrcoloniales :
Les conséquences d’un tel état de choses auraient été désastreuses si nos alliances ne nous avaient donné la maîtrise des mers.
Pendant la guerre, néanmoins, malgré cette situation privilégiée, en présence de l’extension que prenait la lutte sous-marine et des dangers qu’elle faisait courir aux câbles transcontinentaux, il apparut indispensable de ne pas différer davantage celles des grandes communications projetées qui devaient relier la France à ses principaux centres de ravitaillement.
Le département des Colonies et le département de la Guerre obtinrent l’accord de F Administration des P. T. T., en 1017,on décida de construire, aussi rapidement que possible, cinq grandes stations :
En Algérie (Saïda).
En Afrique occidentale (Bamako),
En Afrique équatoriale (Brazzaville»,
A Madagascar (Tananarivei,
En Indochine (Saigon).
Les travaux commencèrent l’année suivante. Ralentis vers la fin de la guerre, ils ont été repris et se poursuivent actuellement.
Ainsi va être réalisé enfin, au bout déplus de dix années, un simple fragment de Pieuvre nécessaire, indispensable, projetée par le gouvernement en 1911.
Heureusement, les colonies ont marché mieux que la métropole, et voici le résultat «le leur effort ( I ) :
Le réseau inlercolônlal doit écouler vers ta métropole, en outre du trafic international. le trafic des réseaux locaux que nos colonies ont créés progressivement, au fur et à mesure «te leurs ressources el des progrès de la technique et dont P exploitation leur incombe.
Afrique Occidentale Française.
Le réseau de l'Afrique Occidentale Française comprend :
1" Lue chaîne de stations entières : Port-Etienne (Mauritanie), Rufisque et Dakar (Sénégal), Couabrv (Guyane française), Monrovia (République de Libéria), Tabou (Côted'Ivoire).
Ce réseau a été établi pour assurer les correspondances maritimes et les infercomiminiealions des colonies du groupe de l’Afrique Occidentale Française et permettre de parer en partie aux interruptions de service des câbles côtiers et de remplacer les râbles manquants.
II est juste de dire que cette chaîne côtière munie d appareils trop anciens et fatigués, ne remplit pas strictement le rôle qui lui est dévolu, les conditions particulièrement défavorables, d'ailleurs, de F exploitation radiotélégraphique sous les tropiques, dans des régions où les perturbations atmosphériques sont particulièrement nombreuses et intense», rendent précaire 1 inlereommuineation qui nécessiterait des appareils modernes et plus puissants. Le
(1) Signalons, à ce propos, qu'un réseau radio télégraphique • l<sureté va être créé en Algérie-Tunisie par le ministère ùe ta Guerre qui a obtenu, à ce sujet, au budget de 11122, un crédit de 300.000 francs, dont le rapport de M.M. Calary de Lamazière et lionilknix-Lafoiit indique ainsi l’emploi :
« Quant à la création d un réseau rudiotélégraphique de sûreté en Algérie, son but est l’établissement d’un réseau puissant, dont les postes, répartis deux à deux dans la région nord et la région moyenne de l’Algérie-Tunisie, assureraient la coordination des postes existant déjà dans les territoires du Sud ou en région saharienne et leur liaison permanente.
" Le général commandant le 19' corps d’armée a insisté d'une façon pressante sur la nécessité de cette réalisation.
i L organisation projetée permettrait de suppléer au réseau télégraphique, en cas d'interruption. Lu mèiçe temps, elle donnerait paytieHeoieut satisfaction aux besoins de l’aviation, en romplçtujàt le roseau ?p4çi.üi d.e çellê-çi. çt çft feîâaat counâuni-queVleç points pçiu^4«ix dotale. 4$; «'putes aérieàa&S- « Les postes dotés d’un matériel neuf seyaient au nombre de huit, ci-après indiqués de I Ouest à l’Est : Oran, Alger, Constantim», Tu ni-, Ain-Sefva. Laghouat, Biskra, Sfax ».
rôle intérieur des stations susvisées est cependant économiquement aussi important que leur rôle purement maritime, côtier, étant données les conditions défectueuses du service des câbles que nous signalions plus haut.
La situation actuelle, préjudiciable à la colonie, n’a pas échappé à ses gouvernants et la modernisation des installations déjà anciennes des postes précités est envisagée et même commencée, dans la mesure des ressources budgétaires de la colonie.
C'est ainsi qu'aetuellemeul s'opère à Dakar 1 installation d'un poste de 12 kilowatts, mis par la Marine à la disposition de la colonie, que le poste de Rufisque est doté d’un posté à ondes entretenues de 25 kilowatts qui sera prochainement mis en service.
Mais celte organisation est lente et menace de traîner indéfiniment, si la colonie ne trouve pas des appuis et des collaborateurs techniques et financiers susceptibles de soutenir son action et de développer le rendement commercial du réseau dont l’exploitation est restée fortement défectueuse.
D’ailleurs, le réseau côtier de l’Afrique Occidentale Française se termine brusquement à Tabou (Cùte-d’i voire), et laisse isolés, à la merci d’une rupture de câble, le Dahomey el les anciens territoires allemands du Togo placés sous mandat français-
Le gouvernement de l’Alrique Oecidt'nlale Française étudie la créalion de deux postes nouveaux pour le prolongement de la chaîne côtière, l'un à Alûdjeau (Côte-d' Ivoire), l’autre à Kolonou. au Dahomey.
Ces postes, devraient assurer la. Raison directe par T. S. F. entre l'Afrique Occidentale Française et sa grande voisine l'Afrique Equatoriale Française.
Il importe d'en Râler t’organisalion el de prévoir largement ces nouvelles stations, dont te rèlr sera particulièrement important.
Au réseau côtier de l’Afrique Occidentale Française se rattachent :
1° Par la station «le T. S. F. de Port-Etienne les deux postes d’Alar el Chingnetli, qui mettent ainsi les centres mauritaniens importants de l’Adrar en liaison avec te Sénégal.
2° Les postes radio télégraphiques de l’intérieur (ancien réseau militaire», dont l'exploitation est depuis 1 020 à ta charge entière du budget général de la colonie, cl formant un véritable prolongement du réseau télégraphique.
Les postes sont situés à Kalmi'a, près de Tombouctou, Ividal (uord-ouosi de Tombouctou, Zinder (à l’ouest du Tchad'. N'Guigmi (Tchad), Agadès (nord-ouest du Tchad» el Rilma (nord-ouest d'Agadès).
Le réseau intérieur, ainsi constitué, so retic par A'Guignü au réseau du territoire du Tchad) relevant de l'Afrique Equatoriale Française, la liaison étant assurée entre A'Guigmi el Fort-Lamy.
L extension d<‘ ce réseau dans la région sud du Sahara, la boucle du .Niger et le Tihesti, par Tiehill, Araouan, Nema- Menaca, Dardai et Homhori est envisagée par le gouvernemont de l'Afrique Occidentale Française,
f\isle du réseau intercolonial.
Ou procède au montage à Bamako de l’un des quatre grands postes iulereoloniaux dont la construction a été entreprise par la Guerre à la suite des études et des décisions do la Commission interministérielle, réunie au ministère de la Guerre en 1917.
Le poste de Bamako remplace ta station de Tombouctou dont la construction, entreprise par la colonie devant les lenteurs .apportées par l'Etat à l’établissement du réseau intercolonial. fut interrompue dès le début de la guerre, le matériel ayant été réquisitionné au moment où il allait quitter les ports français. Les travaux n’ont pas été poursuivis, les considérations d’ordre technique, qui avaient milité en faveur de Tombouctou ayant perdu leur valeur du fait des progrès «te la technique, et Bamako offrant de meilleures voies de communications en même temps que des ressources plus importantes.
La station fonctionnera dans quelques mois. Les pylônes sont en montage, les machines en cours de transport.’ JI est regrettable que ce centre intercolonial soit situé clans une position tellement excentrique, par rapport aux régions les plus intéressantes de la colonie.
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
11 sérail nécessaire de prévoir une autre grande station au voisinage de la côte, à Dakar ou à Saint-Louis, pour les relations du Sénégal avec la Métropole, Bamako restant confiné dans son rôle de collecteur du Centre africain.
Afrique Equatoriale Française.
L’Afrique Equatoriale Française possède une station côtière à Loango et un poste intérieur à Brazzaville. Loango assure le service côtier, et la liaison avec Brazzaville. Les deux postes communiquent également avec les stations du Congo belge.
Deux postes sont~en construction à Bangui et à Liranga. Un poste est prévu à Cap Lopez, dont l'organisation devrait être poussée activement, car ce poste réaliserait la jonction avec la chaîne côtière de FA. O. F.. Bangui assurera la liaison avec Fort-Lamy, rattachant ainsi à Brazzaville les territoires du Tchad.
Le réseau du Tchad, ancien réseau militaire, dont l’exploitation est, elle aussi, passée à la charge du budget général de l’Afrique Occidentale Française, comprend les postes de Fort Lamy, Abecher dans l’Ouadaï, Faya dans le Borkou au nord d’Abeclier, Fada au nord de Faya, Ati à l’est du Tchad et Mao au nord du Tchad.
La communication entre Fort-Lamy et N’Guigmi étant normalement assurée, réalise la liaison entre la ligne télégraphique du Congo aboutissant à Fort-Lamy et celle du Sénégal Niger aboutissant à N’Guigmi.
L’Afrique Equatoriale Française projette, en outre, l’établissement de postes de T. S. F. à Cap Lopez, Kandjama, Sindara, Okoyo, Oueno et Mobaye, devant être ouverte à la correspondance publique, et en outre, une série de petits postes échelonnés entre le llaut-Oubangui et le Ouadai, à Rafai, Bria. N’Délé, Mangara, Yoo, pour remplacer une ligne télégraphique, dont l’entretien dans ces régions serait particulièrement difficullueux et le trafic trop aléatoire.
A Brazzaville, se poursuit enfin lentement le montage du grand poste intercolonial susceptible de communiquer directement avec Bamako et la Métropole.
Madagascar.
Le réseau intérieur de Madagascar comprend les postes de Majunga et Diego Suarez, pour la Grande lie, Dzaoudzi et Mutzamudu aux Comores, la liaison entre Madagascar et les Comores étant assurée par Mayotte et Dzaoudzi.
Ce réseau devait être complété par des stations de moyenne puissance, à Tamatave, Tulear, Ambohibe et Anjouan. La construction de ces stations, retardée par la mobilisation, le matériel ayant été réquisitionné, est actuellement en cours.
Madagascar ne peut être relié au réseau mondial des grands câbles sous-marins que par Mozambique et l lle Maurice.
La liaison avec Mozambique est assurée par l'intermédiaire du poste de Majunga ; elle est peu sûre et ses possibilités d 'écoulement du trafic commercial par cette voie sont très restreintes. Employée actuellement pour l’écoulement du trafic de Madagascar Aers la Métropole, elle se révèle insuffisamment rapide et insuffisamment sûre.
A Tauanarh'e, le montage de la grande station intercoloniale est en cours.
Mais de même qu’à Brazzaville, les travaux sont conduits avec une regrettable lenteur.
C’est fort bien, mais il faut revenir au programme plus vaste de 1911 :
Les perfectionnements réalisés dans le domaine de la télégraphie sans fil doivent entraîner quelques modifications au projet du réseau de grandes stations intercoloniales et transocéaniques établi en 1911. L’augmentation des portées réalisées doit réduire le nombre des grandes stations primitivement prévues. La chaîne hertzienne française comporterait les grands postes suivants :
Bamako.
Brazzaville.
Tananarive.
Djibouti.
Saigon .
Nouméa.
Papeete.
Dakar.
Martinique.
De ces neuf stations, quatre sont actuellement en construction, comme nous l’a\rons vu : Saigon, Bamako, Brazzaville, Tananarive.
L Indochine s’occupe actiAcment de la construction de la première. Le département de la Guerre poursuit l'achèvement des trois dernières, et l'on peut prévoir leur mise en service en 1922, pour Bamako, et peut-être Tananarive. en 1923 pour Brazzaville.
11 faudrait tenter de réduire ces délais.
Restent les cinq autres stations, dont l’intérêt n'est pas moindre.
En première ligne Nouméa. Papeete, prolongement dans le Pacifique de la ligne France-Indochine, rattachement à la mère patrie de dtios colonies du Pacifique complètement isolées, complément indispensable du port d'escale que doit deA enir Tahiti sur les lignes de navigation du canal de Panama.
L'intérêt de ces deux postes est tel qu’ils firent l'objet d’un projet de loi spécial déposé au débnt de 1914, voté sans discussion à la Chambre, resté malheureusement en suspens au Sénat.
Puis Djibouti, sur la route des Indes, d'Extrême-Orient et de Madagascar, relais de secours entre la France, Saigon et Tananarive.
Ensuite la Martinique, à l'entrée du canal de Panama.
Et enfin en dernier lieu. Dakar, pour doubler Bamako et desservir l’Atlantique Sud et l'Amérique du Sud.
11 importe que ce programme soit réalisé dans le plus bref délai possible. C’est éAÛdemment une lourde charge financière qui pèse sur la métropole, dans un moment où la situation du pays exige les plus séA’ères économies. Mais reculer deAant cette charge serait être bien imprudent. La France se doit de le consentir librement en faveur de ses colonies, qui, aux récents jours d’épreuAes, lui ont notablement apporté sans compter leur aide précieuse.
Arriver le premier tout est là, si l’on considère que les liaisons envisagées dans le projet de grand réseau intercolonial anglais :
1° Angleterre, Indes, Singapore. Australie. Nouvelle- Zélande. avec ramification de Singapore vers Hong-Kong ;
2° Angleterre, Egypte, Est Africain et Afrique du Sud ;
2° bis. Angleterre, Egypte, Indes, Singapore, etc...;
3° Angleterre, Afrique occidentale vers l'Amérique du Sud, (Buenos-Aires) ;
4° Angleterre. Antilles ;
5° Angleterre, Montréal Vancouver;
6° Angleterre, Vancouver (nuit seulement), sont parallèles au réseau colonial français.
Il faut aussi faciliter l'établissement des réseaux locaux :
L'effort français en télégraphie sans fil ne doit pas se borner à l’achèA'ement de cette chaîne de grandes stations coloniales.
L'œuvre qu'ont accomplie dans cette Aoie. au prix de « luttes incroyables et déconcertantes ». de sacrifices financiers importants, nos colonies, doit être parachevée. Nous avons examiné, en passant en revue les réseaux locaux existants, les projets actuellement à l’étude dans nos dherses possessions.
Il y a là un programme de longue haleine, avec en perspective l investissement de capitaux peut-être hors de proportion aA ec les ressources des budgets locaux obérés pour les mêmes causes économiques qui pèsent si lourdement sur la métropole.
Les réseaux côtiers, eu particulier celui de F Afrique Occidentale Française, ont été établis, il y a plus de dix ans. dans le but, nous l'aAons dit, non seulement d'assurer le service côtier, c’est-à-dire le service avec les naA'ires en mer. mais également de suppléer, le cas échéant, aux câbles sous-marins côtiers, qui, vieux, insuffisamment entretenus, posés, de par leur rôle, très près des côtes, sont d'un fonctionnement lent, peu sûr, et sont sujets à de fréquentes et longues interruptions de service.
(*,e rôle de remplaçant, la station de T. S. F. doit être en
mesure de l’assurer dans'des conditions de sécurité parfaite, avec un rendement horaire 'tel qu’il lui permette d’assurer en même temps son service côtier. 11 faut reconnaître, en toute franchise, qu’actuellement les plus anciennes de nos stations côtières ne sont pas en mesure d’assurer ce rôle important. Leur remaniement s’impose : remplacement du matériel démodé ; emploi, partout oîi l’importance du trafic journalier le justifie, des méthodes de transmission et réception automatiques.
Les réseaux intérieurs doivent être complétés et étendus dans la mesure du possible. La T. S. F. doit remplacer le fil partout où les conditions d’installation des lignes terrestres présentent de multiples inconvénients.
Le problème de l’établissement des lignes télégraphiques terrestres, si simple dans la métropole, présente aux colonies, en particulier dans les régions désertiques et dans les forêts tropicales, des difficultés et des inconvénients sans nombre.
Le transport du matériel à pied d’œuvre %en l'absence de routes, de voies fluviales, de la pénurie de main-d’œuvre, eonstilue déjà une opération laborieuse et forcément très dispendieuse. La ligne construite, il faut en assurer l’entretien. la défendre contre les multiples ennemis : le typhon, la tornade qui renversent les appuis, rompent les fils, la brousse envahissante qui ne tarde pas à reprendre ses droits, recouvrant poteaux et fils de ses vertes frondaisons, causant mélanges, mises à la terre, cauchemar des télégraphistes coloniaux, sans compter les dégâts causés par tous les animaux de la forêt, depuis l’industrieuse araignée qui tisse ses résilles que diapré la rosée matinale, jusqu’au singe sportif, que tentent quelques exercices acrobatiques, et à l’éléphaul pour lequel l'arrachement des poteaux n’est qu’un simple jeu.
On peut se faire facilement une idée de la précarité de communications établies dans de pareilles conditions, des frais d’entretien considérables qu’elles entraînent, frais trop souvent hors de proportion avec l’importance du trafic télégraphique entre les points reliés par le fil.
Ces inconvénients sont tels qu’ils imposent, dans beaucoup de cas, de remplacer la ligne télégraphique par une chaîne de stations de T. S, F. Cette solution, à laquelle il fallut déjà avoir recours, à l’époque où les ingénieurs radiotélégraphiques ne disposaient que de postes à étincelles où il fallait, avec les ondes amorties, mettre en jeu des énergies relativement grandes par rapport aux distances à franchir, postes dont le coût d’exploitation était relativement élevé, celle solution, s’impose plus fortement aujourd’hui, où l’emploi des ondes entretenues, permet de réduire au strict minimum la puissance mise en jeu, le personnel, et par conséquent le coût d’exploitation.
Ce sont des considérations de cet ordre qui oïd conduit le gouvernement de l’Afrique Equatoriale Française à abandonner l’étude delà ligne télégraphique entre le Ouadaï et le llaut-Oubangui pour le remplacer par nue chaîne de petits postes : Rafai, lîria, N’Délé, Mangara, Yoo.
Celte façon d’opérer doit devenir la règle générale. De même que sur la côte, la chaîne de stations côtières doit remplacer le câble côtier trop souvent hors service, la chaîne de stations de T. S. F. intérieures doit remplacer la ligne télégraphique terrestre trop souvent détériorée.
Mais cette chaîne de stations de T. S. F., comme la ligne télégraphique qu’elle devra remplacer, ne reliera forcément que les centres administratifs de la colonie, son trafic sera par suite en grande partie du trafic officiel, le plus encombrant et le moins rémunérateur de tous. Le client sérieux, le client qui paie, celui qui rapporte et qui, par conséquent, a droit à toutes les sollicitudes, c’est le colon.
Dans de nombreux cas, il ne sera pas résident du centre administratif, ses concessions, ses exploitations en seront souvent fort éloignées.
L’acheminement de la correspondance se complique alors du transport par express, par coolie, d’où lenteur, insécurité. Aujourd’hui les grands postes de T. S. F. métropolitains, dont les ondes puissantes rayonnent sur le monde entier, transmettent chaque jour des nouvelles de presse, des cours de bourse, des cours (commerciaux, colligés par les agences économiques coloniales, nouvelles qui peuvent être reçues dans les coins les plus reculés de nos possessions. 11 est logique de donner au colon isolé, au directeur de
comptoir le moyen d’en être tenu journellement au courant.
Pour cela la chose est simple. Développer l’installation de postes récepteurs en tous lieux où séjournent des Européens, civils ou militaires. Faire assurer par un des postes du réseau local de rayonnement suffisant la diffusion dans la colonie des nouvelles de presse, et des cours commerciaux, reçus de la métropole.
D’un autre côté, si le colon a intérêt à être rapidement renseigné sur la fluctuation des marchés métropolitains, à recevoir sans retard les nouvelles de ses correspondants, il peut avoir, il a certainement, le même intérêt à communiquer rapidement à la métropole ses renseignements, ses offres, ses ordres. I! faut alors lui permettre l’installation d’un poste privé de transmission.
Et M. Léon Archimbaud conclut par ces considérations :
Nous ne doutons pas que les vues que nous venons d'exposer reçoivent l’approbation du Parlement, trop soucieux de tout ce qui intéresse l’avenir de notre empire colonial.
Une partie de ces travaux, l’achèvement du réseau intercolonial, incombe à la . métropole. Le reste, amélioration des réseaux côtiers, développement des réseaux intérieurs, radiogoniomètres ou radiophares, est à la charge des colonies, charge peut-être très lourde pour certaines d’entre elles, les petites et non les moins intéressantes dont les ressources budgétaires sont fort modestes. Mais cette considération ne doit pas entraver l'exécution de travaux de toute première utilité. Dans l’intérêt de nos colonies, dans l’intérêt même de la mère patrie, celle-ci doit apporter son aide à celles qui en aura besoin.
Ce programme réalisé, nous serons en possession d’un merveilleux oui il économique. Mais, ainsi que le déclarait en 1914, notre collègue, M. Dalimier, à la tribune de la Chambre, « ce n’est pas tout que d’organiser un service commercial de télégraphie sans fil, il faut le faire vivre ».
Si nous examinons ce vaste réseau hertzien, s’étendant du cœur de la métropole sur toutes nos possessions d’outremer, nous nous trouvons en présence de deux catégories de services parfaitement distincts :
D’une part, des services locaux, groupant dans chaque colonie les stations de petite et moyenne puissance, des réseaux côtiers intérieurs, et les stations spéciales, (radiogoniomètres, radiophares) ;
D’autre part, un service intercolonial et transocéanique comprenant les grandes stations ultra puissantes, assurant toutes les communications à grande distance, avec la métropole, les pays étrangers.
On ne peut que souscrire à ces conclusions. Nos colonies d’Afrique doivent chercher la solution de leurs communications dans l’aviation et la T. S. F. Au budget de 1922. est inscrit le crédit de 12 millions pour la const ruc tion de postes intercoloniaux de télégraphie sans fil. Est-ce suffisant? D’après le rapport de M. Jean Morel, sénateur, au nom de la Commission des finances du Sénat (N° 806), en dehors de 7 millions affectés à l’achèvement de trois grands postes de Bamako, Brazzaville et Tananarive . il y aura juste cinq millions pour l’exécution du programme. Or, l’achèvement du réseau comporte :
n) Le prolongement de la ligne radio télégraphique France-Indochine à travers le Pacifique par Nouméa et Papeete ;
b) La construction d’une grande station française sur la route du canal de Panama, à Fort-de-France;
c) La construction d’une station française sur la route du canal de Suez, à Djibouti;
d) La construction d’une station en Afrique Occidentale Française, à Dakar, pour doubler Bamako, quand le développement économique de la colonie l’exigera.
Espérons que rien ne viendra le retarder.
niiiiMiiMiMiii m 1 1 iiJiiiiOiiiiiMniiiiiiiiiiiiiinii 1 1 1 mu u miiiiimiinminijiuin
BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE