‹ Renseignements coloniaux et documentsChapitre 81 sur 154 · E L A F R I Q U E F II A N Ç AISE · texte numérisé non relu

E L A F R I Q U E F II A N Ç AISE

teau, côté Ouest. Les abords de la cheminée. La case aux palabres. »

Le (3 novembre, la pièce de droite est changée de place : le colonel a reconnu la veille un excellent emplacement, à moins de 100 mètres du front des Ilabé; le canon sera installé dans une sorte de grotte d’où il fera beaucoup de mal à la défense sans que les servants puissent être atteints; le colonel, l’inspecteur, M. Dumas, les sous-officiers sont tous soucieux d’assister au transport des éléments de la pièce, la grimpée est très dure par moment; nous sommes sonnés maintes fois; les roches croulent des bords de la falaise avec une générosité spéciale ; les pierres lancées par les frondes ronflent ou sifflent à nos oreilles et éclatent sur l’éboulis autour de nous ; des coups de feu nous saluent. Ces manifestations demeurent inoffensives ; la grotte est orientée de telle sorte, que le canon établi juste devant la galerie supérieure de la cheminée prendra cette galerie en enfilade. Les porteurs Habé des villages voisins hissent avec peine sur leur tète le tube et l’affût doublés de paille; ils sont salués à leur tour d’une grêle de projectiles ; un homme est effleuré par un éclat de grès. Chacun de ces déplacements dans un terrain chaotique est un véritable tour de force, que seuls des montagnards peuvent réaliser. Le vieux chef Bokary Maïga, qui. dans le passé fut victime des violences de Tabi, s’est assis sur une haute roche, sa lance de commandement au poing, face à la falaise; il écoute avec dédain les rebelles qui l'interpellent : « Amirou ! Héï ! » ; des projectiles l’encadrent; il ne bouge pas.

Les artilleurs travaillent avec une indifférence complète sous les balles et les cailloux; c’est miracle qu’aucun d'eux ne soit atteint. Le moral des hommes est excellent: ils ont maintenant une foi complète dans leurs chefs. Une heure après l’installation du canon, les Ilabé grimpés en nombre sur la corne nord-ouest de la falaise dirigent sur lui un tir plongeant qui se continuera pendant la journée entière.

Au sud-est du village on fait sauter des rochers pour l'aménagement d’une plate-forme destinée au canon qui démolira la case aux palabres. Nous attachons une certaine importance à la destruction de cet édifice: chez les Habé, la case aux palabres, ou plutôt la case aux vieillards est, lors de la fondation d’un A’illage. construite avant n'importe quelle habitation, elle est considérée comme sacrée, quand les vieux y sont rassemblés nul n’oserait, s’en approcher sans se déchausser, sans se découvrir. et sans prendre une altitude de respect déférent; la disparition de la case aux vieillards dénonce la mort prochaine du village. Il était donc à prévoir que la ruine de leur hulte symbolique affecterait le moral des dissidents.

Pendant la nuit, les détachements d’assaut se rendirent à proximité de la falaise, chacun devant la faille qui lui était assignée et y dissimula ses échelles, dans des couloirs rocheux ou derrière d’épaisses broussailles. Cela fit du bruit, et les Habé, pendant do longues heures, précipitèrent

de leur falaise d'énormes masses de pierres; un tirailleur fut contusionné aux reins par un éclat. On ne put dormir au campement à cause de ce tapage ; des roches de plusieurs mètres cubes basculées du sommet de la montagne s’écrasaient sur l’éboulis, après une chute de 250 mètres ; le bruit de leur éclatement comparable à celui d’une batterie d’artillerie lourde en action, se répercutait dans tous les ravins de la montagne.

De bonne heure, dans la matinée du 7 novembre, le dernier convoi est signalé ; il nous apporte 200 obus et 200 gargousses ; parti de Kayes le 27 octobre, il a parcouru près de mille kilomètres en une dizaine de jours, ce qui constitue un record fort intéressant de vitesse. Nous sommes dès maintenant à même de choisir le jour de l'action : tout le matériel nécessaire est à pied d’œuvre. Le lieutenant-colonel prend, en conséquence, ses dispositions en vue de donner l’assaut le 10. Aujourd'hui le balcon est complètement détruit ; au sommet, le canon à fait une ouverture suffisante pour laisser passer un homme et lui donner accès à la corniche ; la cheminée pourra être tournée par ce passage, et les échelles permettent d’escalader la faille; en outre, une grosse brèche a été pratiquée dans le mur qui protège le chemin de la corniche.

A 20 heures, par un ciel très clair rayé d’étoiles filantes, une lueur soudaine illumine le firmament : elle coupe le ciel de l’Est à l'Ouest formant une longue traînée d'où jaillissent des étincelles et dont les traces lumineuses persistent longtemps : sept minutes après nous entendons, très net, le bruit d’une détonation sourde, comparable à un éclatement d’obus dans le lointain ; un bolide s'est écrasé dans la brousse ; le lieutenant-colonel, avant son départ de Tombouctou, en avait observé un autre. Nous supposons que ce phénomène sera interprété comme un mauvais présage par l’ennemi. Les échelles, cette nuit-là, sont encore rapprochées du pied de la falaise.

Le 8, en quelques minutes, sous le feu précis de M. Dumas, la case aux palabres est atteinte; l’argamasseet la charpente volent en l’air, s’abattent au pied de la falaise : d'autre part, les cases des notables, dont la destruction a été prévue, sont largement éventrées par le tir du lieutenant Vianey ; 200 obus longs ont été tirés : les Habé n’ont pas réagi ; au début seulement ils ont riposté au bombardement par l'envoi de quelques balles sur le canon N. O.: le colonel, qui se trouvait près de la pièce, a failli être atteint par un de leurs projectiles, un de nos schrapnells grossièrement martelé par le forgeron du village. Trois des échelles sont encore trop éloignées de leur point d’aboutissement pour que l’on puisse réussir à les placer dans la nuit du 8 au 9 : afin de ne pas perdre le bénéfice de la patience dont nous avons fait preuve jusqu’à ce jour, et ne voulant rien livrer au hasard. M. Mangeot décide de reculer l’attaque de 24 heures et de la reporter au 11; le placement des échelles est, en effet, plus difficile qu'on ne l’aurait cru; dans l’obscurité, les tirailleurs chargés de matériel excessivement lourd avancent à grand peine ; les défenseurs, qui ont vu arriver les con-

vois et le ravitaillement en munitions destinés à l’expédition redoublent de vigilance : au moindre bruit les pierres roulent par tonnes sur l’éboulis : du 8 au 9, malgré des feux de mitrailleuse d'ailleurs mal dirigés, d’énormes écroulements se produisirent ; nous n’eùmes cependant aucun blessé, mais les patrouilles ne purent travailler ; nous entendîmes un gamin de Tabi annoncer à grands cris que les tirailleurs occupaient la falaise : cette nouvelle fut accueillie par les hurlements des femmes, et les clameurs stridentes des guerriers.

Le 9. l’artillerie continue de faire d’excellente besogne ; M. Dumas place deux obus dans une meurtrière triangulaire du couloir supérieur, obstruée de moellons qu’il disperse, et abat, sur une longueur de dix mètres, le rempart qui protège le chemin en corniche De son côté, Yianey, à onze heures, a culbuté tous les barrages et les fortifications de la galerie supérieure, où il a provoqué de gros écroulements qui soulèvent une poussière épaisse. Les Habé ripostent par une dizaine de coups de fusil tirés du plateau supérieur. Pendant la nuit du 9 au 10 on les empêche de reconstituer leurs défenses: les mitrailleuses ont été bloquées, et le pointage des canons se règle sur des lampes accrochées à des arbres. Tantôt les schrapnells, tantôt une bande de mitrailleuse qui se déroule arrosent les zones détruites; le canon du N. O. a été transporté, dans la soirée, à l’emplacement qu’il occupait le G novembre. L'autre pièce a été transportée sur le Yombori. à l’emplacement qu’elle occupait le G octobre. A minuit les détachements portent enfin leurs échelles à pied d’œuvre sans autres inconvénients que de provoquer des chutes de pierres qui contusionnent légèrement deux tirailleurs. L’entrée de la cheminée est dorénavant interdite aux assiégés.

La journée du 1Ü est employée à effectuer les dernières destructions. Dumas abat le bastion qui domine la corniche, puis celui qui défend l’entrée du plateau tombe à son tour, et enfin celui qui défend la faille 3. Yianey, en une dizaine de coups, démolit les trois bastions qui flanquent l’entrée de la cheminée dans sa partie gauche. De toutes les défenses préparées par les révoltés pour s’opposer à notre avance, il ne reste qu’un monceau de ruines ; le succès, dit le lieutenant-colonel, ne dépend plus que de la vaillance des tirailleurs et de l'habileté des commandants de colonnes d’assaut. Des panneaux tendus de toile blanche ont été construits et un code de signaux a été établi. Le moral des hommes est excellent ; Alfa Saïdou constate avec allégresse que la maison de sa femme dissidente a été abattue : en signe de satisfaction il envoie dix noix de kola aux artilleurs de Vianey. présent d’importance, car un kola, à Tabi, se paye un franc auxcolporteurs ; Goumbo. souriant, aiguise son couteau ; son cousin rebelle l'a fait bannir du village à cause de son loyalisme, lui a enlevé sa fiancée ; il a dessein d’avoir demain, après l’assaut, une conversation personnelle et décisive avec son parent.

Le Colonel donne l’ordre suivant d’atlaque pour la journée du 11 novembre ;

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Renseignements généraux. — Aux "cours des journées des

8 et lu novembre, l’artillerie a réussi à détruire toutes les défenses accessoires interdisant l’entrée du village de Tabi ; pendant les nuits des 7, 8 et U, tout le matériel d’assaut a été transporté à pied-d’œuvre.

L’attaque du village de Tabi aura lieu le 11 novembre dans les conditions générales fixées dans l’ordre préparatoire d’attaque. Commencement du feu à 0 h. 15.

Artillerie. — Pièce de droite : M. Dumas.

Pendant la préparation de l’attaque, celle pièce prendra, sous son feu, les abords de la cheminée dont, par un tir à obus à mitraille, elle cherchera à écarter les défenseurs : elle tirera ensuite sur la corniche ; avant l’attaque du détachement Commeau. qui doit précéder les autres, elle enverra trois obus sur le balcon. Pendant l’assaut de ce détachement le tir sera transporté sur le sommet de la corniche, puis sur le village. Si la colonne d’assaut réussit à déboucher sur le plateau. le tir sera allongé, et la pièce prendra pour objectif l’entrée de la faille qui donne accès au plateau supérieur, seule issue par où pourront s’échapper les Habé. Si l’attaque Commeau éprouve des difficultés pour progresser, et qu’une autre attaque réussisse à gauche, la pièce continuera son tir sur le sommet de la corniche jusqu’au moment où l’infanterie se lancera à l’attaque de la cheminée pour tendre la main au détachement Commeau. Un code de signaux, remisa chaque chef de pièce, de mitrailleuse et de colonne, doit régler la coordination des efforts.

Pièce de gauche : Lieutenant Vianey.

Dans la soirée du 9, cette pièce a été reportée sur le Yombori dont on peut efficacement battre les abords immédiats de la cheminée et tout le plateau de Tabi. Elle doit, pendant la préparation de l’attaque, détruire la partie ouest du village, afin de donner aux défenseurs l’impression que le tir méthodique de destruction continue, puis se rapproche de la cheminée pour renforcer le feu de la pièce de droite au moment où le détachement Commeau commencera son attaque. Si l’attaque réussit de ce côté, le tir sera transporté sur les éboulis à l’Ouest de la corniche (tir ù obus à mitraille). Si l’attaque réussit par le centre, ou par la gauche, le tir continuera sur le même objectif et ne sera transporté sur les éboulis indiqués ci-dessus qu’au moment où l’infanterie se portera à l’attaque de la cheminée.

Mitrailleuse de droite : Caporal Ngolo Konaté.

Pendant la préparation de l’attaque, tir dans les conditions indiquées dans l’ordre préparatoire. Pendant l’exécution de l’attaque, tir par rafales sur la corniche, en visant le milieu de ce passage pour se ménager le bénéfice des ricochets. Tir bloqué, allongement du tir et transport sur la faille si l’attaque Commeau réussit. Si les détachements de gauche ou du centre parviennent les premiers sur le plateau, maintenir le tir sur la corniche, pour continuer à faciliter la tâche du détachement Commeau. Cette mitrailleuse rejoindra le détachement dès qu’il sera maître du débouché sur le village.

Mitrailleuse de gauche : Adjudant-Chef Triep.

Pendaut la préparation de l’attaque, mêmes objectifs que ceux indiqués dans Tordre préparatoire. Pendant l’exécution, tir par rafales sur tout groupement tendant de s’opposer à l’ascension des colonnes en protégeant spécialement l assant des colonnes 3, 4 et 3. Si une de ces colonnes réussit, la mitrailleuse suivra avec personnel et matériel.

Fusil-mitrailleur.

Le fusil-mitrailleur est spécialement destiné à appuyer l’attaque du centre (n° 3); quand l’attaque sera déclanchée, le F. M. attendra que les défenseurs se découvrent pour les prendre à partie en ne se laissant pas distraire de cette mission par les attaques voisines. Si 1 assaut réussit, le F. M. rejoindra rapidement sur le plateau les colonnes victorieuses et se mettra aux ordres du sous-officier commandant celte attaque. Le tir aura lieu par rafales de 5 ou (> cartouches.

Attaques d’infanterie. /

L’attaque de la colonne Commeau aura lieu à part et précédera toutes les autres. En principe, elle sera déclanchée un peu après le moment où la pièce de droite aura jeté bas les dernières pierres qui subsistent encore dans le mur de la corniche. Elle prendra pour objectifs successifs le balcon, l’orifice de la cheminée, la corniche, le débouché sur le plateau. Elle accédera par scs échelles, et réunira tout son

personnel sur ce balcon avant de continuer cette ascension. Dès l’occupation de cet objectif, le sergent Commeau cherchera à faire pénétrer deux de ses tirailleurs dans la cheminée pour en tuer les défenseurs, et se mettre en relations avec le maréchal des logis Courreau. Si l’attaque réussit, la colonne continuera pour s’emparer des objectifs désignés ci-dessus. Pendant ce temps, la réserve de droite fera à son tour l’ascension de la cheminée et se portera en renfort au sergent. Commeau.

Le débouché sur le plateau sera assuré au moyen des grenades V. B et des grenades à main qui doivent permettre. eu écartant les défenseurs, d’épargner des vies humaines.

En possession du débouché, la colonne s’installera à proximité de celle position en s’abritant derrière les roches, et y attendra l’arrivée des renforts.

La progression ultérieure sur le plateau né pourra se faire que toutes forces réunies, c'est-à-dire au moment où toutes les réserves de droite (20 tirailleurs) auront rejoint la colonne d’assaut.

Pour cette attaque la troupe sera divisée en deux groupes : le premier, 8 à 10 hommes, se fortifiera aux abords immédiats du débouché pour en conserver la possession contre tout retour offensif ; le second (20 hommes) suivra le bord du plateau et libérera successivement toutes les colonnes d’assaut qui seraient génées dans leur ascension par la résistance des assiégés.

Toutes les colonnes étant concentrées sur le plateau, l’adjudant-chef Triep prendra la direction de l’opération en se conformant aux instructions qui lui seront données plus loin. L’attaque n’a pas à se préoccuper de l’artillerie qui a reçu toutes les instructions utiles pour appuyer l’infanterie sans gêner son action.

Colonne n° 2. — Maréchal des logis artificier Courreau; objectif : la cheminée.

« Au signal donné, cette colonne se portera résolument à l’attaque de la cheminée et y pénétrera rapidement pour se mettre à l’abri des pierres. Le porteur de bouclier s’élancera au créneau et placera son bouclier pour le boucher et permettre aux tirailleurs porteurs de pics, pioches et barres à mines de se mettre immédiatement à la destruction du mur. Une convention établie, comme on le verra plus loin, permettra au maréchal des logis Courreau de savoir si, oui ou non, le sergent Commeau a réussi son attaque et s'il n'a rien à craindre (les défenseurs intérieurs de la cheminée. Dans le premier cas, le détachement n° 2 pourra, en toute sécurité, détruire le premier mur et exécuter sa besogne avec le maximum de célérité. Dans le second cas. il sera bon, avant de placer le bouclier qui fermera le créneau, de lancer une ou deux grenades à main dans l’extérieur pour mettre les défenseurs hors de combat. Le mur détruit, tout le détachement se portera vers l’orifice supérieur, et fera sa jonction avec le sergent Commeau. Si celui-ci est déjà engagé sur le plateau, le maréchal des logis Courreau libérera le détachement resté au débouché de la corniche et l’enverra rejoindre son chef; il prendra la place de celui-ci avec la même mission.

Colonne n° 3. — .Faille de la case aux palabres; maréchal des logis Pérard. ■"*

Air signal donné, le maréchal des logis Pérard fera rapidement placer son échelle au-dessous du baobab et fera monter dans cet arbre 2 ou 3 hommes agiles; ceux-ci accrocheront l’échelle de corde de 15 mètres aux branches supérieures. Tout le détachement se portera ensuite au pied du baobab et hissera l’échelle en bois sur cet arbre pour l’appliquer sur la muraille voisine et tenter de l’escalader. Si l’attaque réussit, les 10 hommes placés en réserve rejoindront rapidement le maréchal des logis; celui-ci divisera alors sou détachement en deux fractions ; 1° 5 hommes et l'équipe du fusil-mitrailleur s’embusqueront aux abords de la faille pour en conserver la possession; 2° 15 hommes se porteront sous le commandement du maréchal des logis contre les défenseurs des failles 4 et 5 qu’ils obligeront à lâcher pied et viendront en aide aux colonnes d’assaut pour faciliter leur ascension.

Les colonnes seront à leur tour rejointes par la réserve commandée par l’adjudant-chef Triep, qui prendra alors le commandement pour se porter à l’attaque de la cheminée.

EENSEIGNEMENTS COLONIAUX

Colonne n° 4. — Faille du bastion Est; adjudant Moussa Konaté.

Au signal donné, l’adjudant Moussa lvonaté, fera rapidement monter à mi-hauteur de la faille la moitié de son effectif, avec mission d’atteindre une petite corniche sut' laquelle il pourra appuyer son échelle en bois; cette échelle placée, il s’en servira pour continuer son ascension en s'aidant des lianes qui pendent à la partie supérieure de la faille, cherchera à déboucher sur le plateau. En cas de réussite. il s’installera au débouché avec tout son monde, et y attendra l’adjudant-chef T riep qui viendra le rejoindre avec les réserves dont il dispose (20 hommes et sa mitrailleuse). Dès que toutes ses forces seront réunies, l’adjudaut Moussa Konaté ira libérer les assaillants de la faille n° 5, puis viendra se remettre aux ordres de l’adjudant-chef Triep pour l'attaque finale.

Colonne n° 5. — Faille de l’Est, sergent Baba Koné.

Au signal donné, le sergent Baba Koné fera placer son échelle et commencera l’ascension de la faille n° 5 en s’aidant de toutes les anfractuosités des roches et des arbustes qui ont poussé dans cette faille. S’il réussit il se portera rapidement à la faille 4 pour venir en aide à l’adjiw dant Moussa Konaté et tous deux attendront t’arrivée des renforts de l’adjudant-chef Triep pour continuer l’opération.

En résumé, toutes les attaques qui réussiront devront tout d’abord se porter vers l Ouest, pour faciliter l’ascension des colonnes de gauche et pouvoir attaquer, toutes forces réunies, la position de la cheminée où l’adversaire a concentré la majeure partie de ses moyens de résistance.

Adjudant-chef Triep. — L’adjudant-chef Triep a pour mission de prendre sur le plateau le commandement dé toutes les forces qui auront réussi à l’escalader ; il prendra pour objectifs successifs :

1° La cheminée, si les détachements Commeau et Fourreau n'ont réussi à l’enlever par leurs propres moyens; 2° Le village et ses abords immédiats; 3° les éboulis, cachettes et grottes où les défenseurs ont pu chercher refuge; 4° La faille donnant accès au plateau supérieur. Il n’entreprendra cette dernière partie de l’opération qu’après s’être assuré qu'il ne laisse aucun ennemi derrière lui el avoir été rejoint par le commandant de la colonne, qui lui donnera ses ordres.

' Liaison. — La liaison entre l’artillerie et l’infanterie et entre les différentes colonnes se fera 1° par fusées lumineuses ; 2° par drapeaux ; 3° par panneaux.

Codes de signaux.

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