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D’après le Journal général de l’Algérie, duquel nous extrayons ces indications, l’industrie minière algérienne a été affectée, en 1921, par une crise de mévente de la plupart des minerais, coïncidant avec une baisse sensible des métaux. On a peu vendu et à bas prix. Seul le phosphate a échappé à cette tourmente, les expéditions ayant ôté plus fortes en 1921 qu’en 1920. Voici, du reste, le tonnage des exportations minières de l’Algérie pendant les deux dernières années :

En tonnes

En tonnes

Phosphates naturels

Minerais de fer

Minerais de cuivre

Minerais de plomb

lt .421

Minerais de zinc

Minerais d’antimoine. .

Minerais de manganèse

Mercure natif

Les produits minéraux exportés d’Algérie, en 1921, ont reçu les destinations suivantes :

France et colonies

Etranger

Phosphates naturels

Minerais de fer

Minerais de cuivre

Minerais de plomb

Minerais de zinc

Minerais d’antimoine

Minerais de manganèse

Les phosphates, minerais de fer et de zinc d'Algérie vont donc, pour la plus grande partie à l’étranger. Le peu qui est exporté en France est expédié sous pavillon français. Les exportations de superphosphates, qui avaient atteint 145.761 quintaux en 1919, sont tombées à 116.032 et 23.365 seulement en 1920 et 1 921,

La crise métallurgique ayant affecté le fer et tous les métaux, beaucoup d’exploitations minières en Algérie ont dù suspendre leurs opérations. afin d’éviter l’accumulation des stocks immobilisant des capitaux. Aujourd’hui, la situation semble s’améliorer, les demandes en minerai de fer sont franchement plus actives et il en est de même de celles du minerai de plomb; mais les prix des métaux continuent de baisser, et il y a

BULLETIN DU COMITÉ DE L'AFRIQUE FRANÇAISE

parfois impossibilité pour les mineurs à couvrir leurs frais avec les prix du minerai qui leur sont offerts. Pour le zinc, la demande s’améliore également surtout de la part de la Belgique, mais l’Angleterre continue à bouder.

Dans ces conditions, on constate un peu de pessimisme dans les milieux miniers algériens. Cependant, si nous nous basons sur la détente qui s’est déjà manifestée sur divers points, en Amérique notamment, on peut espérer que l’industrie minière algérienne connaîtra avant peu des jours meilleurs, en raison de la proximité de ses débouchés et de la facilité de ses communications.

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BIBLIOGRAPHIE

Le régime des pluies au Maroc. Contribution préliminaire à l’étude de la pluviométrie du Maroc avec deux planches de diagrammes et une carte en couleur, par Augustin Bernard: Dans les Mémoires de la Société des sciences naturelles du Maroc; n° 1, Archives scientifiques du Protectorat français, 1 vol. 8° Rabat et Paris, Larose, 1921.

11 appartenait à M. Augustin Bernard d’ouvrir la série des Mémoires publiés par la Société (les sciences naturelles du Maroc. Cette première publication Lraite d’un sujet particulièrement important puisque, comme le dit très heureusement l’auteur, « le régime des pluies est h coup sûr dans l’Afrique du Nord le plus important des phénomènes climatiques, on peut même dire des phénomènes géographiques » et que pour les régions agricoles et pastorales, « l’état politique du pays est lié dans une très large mesure, à la quantité des précipitations ».

Mais les documents sur la pluviométrie au Maroc sont rares, les observations fragmentaires et parfois fantaisistes. M. Bernard les a patiemment collectionnées, et il en donne la liste, expose et discute les valeurs des observateurs et des données recueillies dans les différentes stations dont la grande majorité a moins (le o ans d’existence, durée bien faible aux yeux des météréologistes : et l’auteur n’entend apporter qu’une « contribution préliminaire à l’étude du climat marocain ». Une première et très juste remarque circonscrit le sujet : u Le régime des pluies au Maroc est essentiellement déterminé par la tion géographique du pays et par son relief, et on ne saurait donner une meilleure définition que de l’appeler io versant Atlantique de l’Afrique du Nord ». Aussi M. A. Bernard, en distinguant les massifs littoraux méditerranéens, les plaines el les plateaux du Maroc occidental, l’Atlas et des diverses chaînes jusqu’au Sahara, néglige-t-il les régions ullra-montaines du Maroc oriental : si elles font politiquement partie de l’Empire chérifien, elles en sont géographiquement séparées cependant par la barrière du Moyen-Atlas qui les rejette vers l’Oranie et le Sahara Algérien. S’il n’est pas question d’une étude d’ensemble sur le climat Marocain, du moins M. Bernard a-t-il noté les remarques, intéressantes pour la pluviométrie, que fournissent la répartition des pressions et le régime des vents. Il décrit ces divers phénomènes en se garant des assimilations trop hâtives des vents locaux avec les alizés ou les moussons, que les observations plus prolongées élucideront, mais peut-être n’insiste-t-il pas assez sur l’influence de la brise de mer et des phénomènes qui en découlent et dout l’importance paraît grande au Maroc. S’il note très heureusement la direction S. W-N. E de la trajectoire des dépressions qui abordent l’Afrique du Nord par l’Atlantique, direction qui s’inscrit sur la carte pluviomé trique en traits si caractéristiques, peut-être eùt-il été expédient de rappeler, dans le chapitre même consacré aux pressions, 1 influence de la barrière atlasique, grâce à quoi se différencie si heureusement pour le Maroc le régime des pluies au Nord et au Sud du Haut-Atlas; il indique d’ailleurs plus loin cette influence pour expliquer la scission en deux tranches des précipitations marocaines, l’une au contact de la mer et de la terre, l’autre sur le flanc occidental des moutagnes de l’intérieur.

M. Bernard distingue au point de vue pluviométrique : 1° zone très pluvieuse ( 4- KO centimètres d’eau) angles N — NV des massifs littoraux, Moyen et Haut-Atlas; 2° zone moyennement pluvieuse (+ -40) massifs littoraux jusqu’à Melilla, vallées du Sebou, régions de Fez, Meknès, Taza; 3* zone peu pluvieuse (+20). pay- Chaouia, Doukkala, parties méridionales des plaines du Maroc occidental jusqu’au pied du Haut-Atlas. 4» zone très peu pluvieuse (— 20) îlot annulaire encore mal déterminé dans la région de Marrakech, régions steppiennes et sahariennes qui s’étendent au Sud du cap Guir.

Sans doute M. Bernard a raison de constater que le Maroc est moins arrosé que l’Algérie, si l’on s’en tient aux seules pluies mais quelle fausse idée n’aurait-on pas si l’on prenait cette constatation au pied de la lettre et l’auteur s’empresse de remettre les choses au point en rappelant la quantité d’eau très notable qui pendant l’été se condense sous forme de rosée sur les plaines (lu Maroc occidental.

La répartition saisonnière des pluies est envisagée ensuite; elle se marque ici comme dans le reste de la Berbérie par l’extrême irrégularité des précipitations. Celles-ci commencent assez faiblement en septembre, s’affirment de novembre à janvier, s’arrêtent en février oii se marque une courte saison sèche, reprennent abondantes en mars, décroissent un peu en avril, plus fortement en mai pour se terminer en juin : les pluies d’été sont insignifiantes.

La neige dont la précipitation a été encore peu observée au Maroc y est cependant plus abondante qu’en Algérie, elle apparaît vers octobre-novembre dans le Haut-Atlas, et disparaît en juin sans laisser ni névés, ni glaciers. On peut penser de quelle importance est pour le Maroc celte question de la neige « pluie placée en réserve ». Afin d’en faciliter l’étude et d’aider lés observateurs, M. A. Bernard a annexé à son étude un guide clair et pratique pour les météorologistes que leur service appelle à séjourner dans les nouveaux postes d’altitudes importantes.

Dans le pays d’active réalisation qu’est le Maroc, la science pure doit s’allier à des objectifs plus pratiques. Après un exposé du débit des cours d’eau qu’une série plus longue d’observations montrera sans doute sousestimée, M. A. Bernard donne des pages intéressantes sur la pluie et la végétation et la pluie et l’agriculture. A noter tout spécialement la description si vivante des années agricoles depuis 1913, dans laquelle on sent palpiter la terre moghrébine. Des graphiques complètent cette étude, et une carte de la moyenne annuelle des pluies, carte provisoire, mais qui est la première à schématiser sur le terrain les données recueillies jusqu'à ce jour.

11 reste certes beaucoup à faire pour avoir du Maroc au point de vue météréologique une conception complète; aux observations à continuer, doivent s’en ajouter d'autres (état hygrométrique, insolation, anémométrie). Soulignons du moins le souci qu’on a eu au Maroc de s'inquiéter de ces recherches et d’en mettre, si incertaines qu’elles soient encore, les données au service du pays. Au point de vue plus strictement géographique, notons aussi que l’hypothèse n’est pas interdite de voir s'affirmer peut-être un jour, an sujet du climat, l’unité de la Berbérie si réelle à tant d’autres titres. Peut-être en effet le Maroc présente-t-il une variélé atlantique du climat méditerranéen dont les influences océaniques n'altèrent pas le caractère, du moins en ce qui concerne les régimes des pluies.

Les principales puissances d’aujourd hui. par

Henri Blsson, Joseph Fèvrb et Henri Hauser; 4' édition mise à jour, avec 82 gravures et 48 cartes dans le texte; 1 vol. in-16 de 604 pages; 12 fr. — Aleau. 108. boulevard Saint. Germain.

Cet utile ouvrage vient (l'être refondu par les très savants auteurs à la collaboration desquels nous devons déjà X olre Empire colonial. Les nouveaux problèmes du inonde y sont exposés d’après les dernières données. A signaler notamment le chapitre sur le Dominion de l’Afrique australe, dans lequel les auteurs, dans leur prochaine édition, devront faire entrer l’ancien Sud-Ouest africain allemand presque annexé par le mandat G.

Le Gérant :J. Legrand.

PARIS. — SOC. Ou D'iMP. ET D ÉDIT., 17, RDE CASSETTE.

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