‹ Renseignements sur les beaux-arts à GenèveChapitre 2 sur 36 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

Cette convention a été scrupuleusement, strictement observée par la Classe des beaux-arts reconnaissante. Un portrait de l'auteur, dû au crayon consciencieux et habile de M. Hébert, sert de frontispice à l'ouvrage. Nul ne se plaindra dé voir ou de revoir si bien reproduits le caractère et les traits de celui qui a personnifié avec tant d'éclat, pendant une période de notre histoire, le gouvernement de Genève.

Ce n'est pas ici le lieu de suivre M. l'ancien syndic Rigaud du commencement à la fin de sa carrière, de 1785 à 1854. M. le professeur Alphonse de Candolle et M. l'ancien syndic Cramer ont d'ailleurs rendu hommage à leur collègue, et que pourrions-nous ajouter après de tels biographes ? Si M. Rigaud, homme d'Etat, au sein de l'ancienne Diète suisse et à Genève, n'a pas cessé de vivre dans l'imagination populaire, où sa figure demeure entourée d'une sorte d'auréole, c'est que, né magistrat au physique comme au moral, onze fois premier syndic, dévoué sans réserve aux intérêts publics, il avait puisé dans sa tête et dans son cœur les meilleurs moyens d'observer les hommes et de comprendre l'esprit de sa patrie. Ces faits ne sont ignorés de personne.

Ce qui est généralement moins connu, c'est ce que M. Rigaud a pu faire, penser, écrire, projeter en faveur des beaux-arts ; c'est la part considérable qu'il a prise à toutes les mesures susceptibles de former le goût, d'alimenter l'imagination, d'entretenir l'originalité des artistes. L'amour de l'art était pour lui une forme de l'attachement à la chose publique, et l'admiration du beau ne se séparait point à ses yeux de la poursuite du bien.

Il travailla de bonne heure à son éducation esthétique. Pendant le Béjoui <|if il fit à Paris en 1807 et 1808, à l'âge de vingttroii ans, il allait souvent au Musée Napoléon où étaient rasdefl chefs-d'œuvre en foule. Revenu à Genève, il s'oc-

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