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CHAPITRE I : LES COULEURS

claires, assombries ou grisées d'une même couleur. Le gris, en effet, n’est qu'une

couleur dérivée du blanc et du noir.

4. Couleurs primitives et couleurs dérivées. — Habituellement les physiciens discutent l'existence aussi bien que la nature des couleurs primitives parce qu'ils ne considèrent que les rayons colorés. Nous, qui nous occupons avant tout des pigments colorés, nous reconnaissons avec tous les peintres que les trois couleurs rouge, jaune et bleu suffisent pour reproduire toutes les autres et nous leur donnons en conséquence le nom de couleurs primitives. Toutes les autres couleurs sont des couleurs dérivées. Nous avons d’abord l’orangé, le vert et le violet que nous nommons dérivées immédiates ; viennent ensuite les dérivées de second ordre qui sont le rouge-orangé, le jaune-orangé, le jaune-vert, le bleu-vert, le bleuviolet et le rouge-violet ; au delà sont les dérivées d'ordres inférieurs.

Dans la nature, les couleurs ne sont pas définies par des limites ; elles passent

insensiblement de l’une à l’autre. On s'accorde néanmoins à reconnaître les six

couleurs que nous avons qualifiées plus haut (3) de principales, © dire, les trois couleurs primitives et leurs dérivées immédiates. Quiconque a les yeux bien constitués, distinguera toujours facilement ces couleurs, quand leur nuance est nettement accusée. Mais, s’il s'agit de reconnaître des couleurs dérivées de second ordre et au delà, les avis se partageront souvent.

Définissons donc, d’une manière aussi précise que possible, toutes les couleurs dont nous pouvons avoir à parler.

Actuellement, nous nous contenterons de les caractériser par leur équidistance physiologique. Faisons-nous comprendre :

Deux couleurs sont aux yeux de tous d'autant plus voisines qu'elles se ressemblent davantage, d'autant plus éloignées l’une de l’autre qu’elles diffèrent davantage ; donc une couleur est équidistante de deux autres, quand elle leur ressemble ou en diffère au même degré. Ce terme expliqué, nous disons :

Les couleurs primitives le rouge, le jaune, le bleu sont définies par ce caractère qu'elles sont toutes trois équidistantes l'une de l'autre, c'est-à-dire, qu’elles sont également étrangères l’une à l’autre.

Toute couleur dérivée est caractérisée par son équidistance des couleurs dont elle dérive. Par exemple, le vrai vert se reconnaît à ce qu'il est pour notre œil

également éloigné du bleu et du jaune dont il dérive.

(o] LIVRE 1 : DÉFINITIONS ET NOTATIONS

C'est sur ce principe que M. Chevreul a basé la construction de ses cercles chromatiques. Voici comment 1l s'exprime dans son Mémoire: « Entre trois

échantillons aussi francs que possible du rouge, du jaune et du bleu, on a inter-

calé des couleurs également éloignées de leurs extrêmes respectifs (1) ». On verra plus loin (27) que cette équidistance s'appuie sur les données physi-

ques aussi bien que sur l’expérience physiologique.

5, Autres distinctions. — On classe encore les couleurs d'après leur lwmino- -à-dire, d'après leur pouvoir éclairant, et, sous ce rapport, c'est

sité relative, c'es a couleur jaune qui l'emporte sur toutes les autres. On pourrait peut-être trouver une raison de cette prééminence du jaune, sous le rapport de la luminosité, dans ce ait que le Soleil, notre type lumineux, appartient au groupe des étoiles jaunes (2).

D'autres fois on range les couleurs d’après leur éclat relatif, c’est-à-dire, d’après

a vivacité, la puissance avec laquelle une couleur éveille l'attention, appelle le

regard. Sous ce rapport c'est le rouge qui occupe le premier rang; il devient faci-

ement tapageur, attire les yeux plus que toute autre couleur et flatte le regard des enfants ainsi que de toute personne dont le sens chromatique n’est pas cultivé.

On distingue enfin les couleurs chaudes et les couleurs froides. Les premières sont celles qui rappellent une impression de lumière, de chaleur et de vie ; telles sont le rouge, l’orangé, le jaune. Le violet, le bleu, le vert sont réputés couleurs

froides ; l'orangé est la plus chaude des teintes comme le bleu est la plus froide.

(1) Mémoires de l’Académie de (2) Cfr. Les étoiles, par le P. Secchi

t. XXXIII, p. 26.

J., tome I, p. 92.

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