CHAPITRE II : MODIFICATIONS DES COULEURS
8. Gamme du blanc et du noir; couleur pure, franche, normale. — Tandis que toutes les couleurs proprement dites ont une gamme lavée et une gamme rabattue distinctes, les couleurs auxiliaires, le blanc et le noir, n'ont pour elles deux qu'une seule gamme de tons, gamme lavée du blanc ou rabattue du noir et qui mieux encore peut être appelée la gamme du gris. Mais cette dernière reste auxiliaire, elle ne saurait être en parallélisme parfait avec les autres gammes, car son maximum d'intensité est moitié moins distant du blanc et du noir que ne l’est le ton franc des autres couleurs.
On nomme pure toute couleur qui n’est ni rabattue ni grisée. Une couleur peut être lavée sans cesser d’être pure : un rose peut être pur bien qu'il soit un ton lavé du rouge.
On qualifie de franc ou de franche tout ton, toute couleur ou nuance qui n’est ni Javée, ni rabattue, ni grisée ; toute teinte qui a son maximum chromatique.
On dit enfin qu'une couleur est normale quand elle répond exactement sous le point de vue de la nuance au nom d’une couleur soit primitive, soit dérivée immédiate, soit dérivée de second ordre. On dira d’une teinte qu’elle est le rouge normal, l’'orangé normal, le rouge-orangé normal. Les dérivées d'ordre inférieur au second ne répondent plus normalement à aucun nom, bien qu'elles aient leur
formule.
9. Gammes de nuances et gammes composées. — Une série de tons francs dont la nuance est graduée forme une gamme de nuances; elle résulte de l’association de deux couleurs différentes ; par exemple, la gamme des différentes nuances (franches) de l’orangé obtenue par l'association graduée du jaune et du rouge.
On nommera gamme composée la série de teintes dont la gradation porte à la fois sur le ton et sur la nuance; on en aura de nombreux exemples dans nos
tableaux typiques.
10. Teinte, valeur. — Le mot teinte, on a pu le constater par l'usage que nous en avons fait, est un mot générique qui s'applique au ton, à la nuance, à une couleur quelle qu’en soit la modification. On dit également bien une teinte verte,
une teinte claire, une teinte grise.
RÉPERT. CHROM. 2)
Quant au terme valeur, il a été employé dans un grand nombre de sens. Nous n'en indiquerons que deux. S'il s'agit d'un mélange de couleurs à effectuer, le mot valeur s'entend de la puissance colorante de chaque couleur. En ce sens on dira que les couleurs dérivées de l’aniline ont une plus grande valeur que la gommegutte.
S'il est question d'apprécier l'effet plus ou moins grand que produit une couleur
juxtaposée à d’autres couleurs, alors la valeur est la puissance optique de la
teinte donnée, comparativement à celle des autres teintes. Cette valeur optique pour un même ton dépend de la luminosité et de l'éclat de la teinte en
question (5).