DU CERCLE CHROMATIQUE
Toutes les couleurs forment une série graduée continue et circulaire ; elles sont uniformément espacées sur la cireonfé-
rence d’un cerele.
24, Démonstration de la 1"° partie. — Toutes les couleurs forment une série graduée.
En effet chacune d'elles est spécifiée par des données numériques particulières de longueur d'ondulation, etc. ; chacune d'elles a donc sa place déterminée mathématiquement relativement aux autres. De plus, physiologiquement, toutes les fois que la lumière est décomposée nous constatons que les rayons colorés se présentent suivant la même gradation de couleur : rouge, orangé, jaune, vert, bleu et violet.
Certains faits isolés et anormaux, inexpliqués jusqu'ici, dans la décomposition de la lumière par des substances dites semi-métalliques, donnent les cou-
leurs dans un ordre inverse, mais la succession reste la même.
25. Démonstration de la 2" partie. — Cette série de couleurs est continue.
Il n'y a pas de saut, d'intervalle vide entre une couleur et une autre ; il y a au contraire une telle variété de longueurs d'onde et, par suite, de nuances que, d'une couleur à l'autre, des teintes intermédiaires rendent toujours la transition insen-
sible.
26. Démonstration de la 3"° partie. — Cette série de couleurs est circulaire. En effet, soit au point de vue de la dérivation des couleurs, soit à celui de l’impression qu’elles produisent sur nos yeux, les deux termes extrêmes de la série, le rouge d'une part, le violet de l’autre, sont en parenté, en continuité chromatique, tout autant que deux termes consécutifs de la série : on obtient le violet en mélangeant le rouge au bleu, et le rouge est la transition du violet à l’orangé ; le rouge est aussi voisin du violet que peut l'être le bleu du vert ; la série est donc bien circulaire.
Cette continuité physiologique du rouge au violet paraît en opposition avec les
données physiques : le nombre de vibrations particulier à chaque couleur augmen-
tant du rouge au violet, la distance qui sépare le rouge du violet doit être égale
à la somme des distances qui séparent successivement chacun des autres termes
de la série. C'est très vrai ; mais le fait de la parenté physiologique et technique du rouge et du violet se vérifiant constamment par l'expérience, doit avoir son explication physique. Peut-être en est-il en chromatique de l'extrême rouge et de l'extrême violet, comme il en est en acoustique de deux notes à l'octave l’une de l'autre ? Bien que ces deux notes soient les plus distantes par le nombre de leurs vibrations, elles sont pour l'oreille les deux notes les plus voisines. Peut-être encore se produit-il quelque chose d’analogue à ce que nous constatons en certaines autres expériences d'acoustique où lon voit les notes les plus aiguës retomber au son fondamental ; c'est ce qui arrive notamment pour les notes de flageolet que peut donner le violon ou le violoncelle ; c’est encore ce qu’on vérifie dans les sons émis par un tuyau à anche rasante dont on diminue successivement la longueur (1). De même en chromatique, le violet dont les vibrations sont les plus rapides retomberait au rouge dont les vibrations sont les plus lentes. Quoi qu'il en soit de l'explication, le fait physiologique de la parenté, de la continuité du
rouge et du violet est indiscutable, nous allons en avoir de nouvelles preuves.
(1) Cette expérience a été faite et m'a été communiquée par le R. P. de Groote, S. J.