PROBLÈME 1 : ANALYSE ET FORMULE D'UNE TEINTE
Le) OS
92. Vérification. — Chacun de nos tableaux étant à entrée multiple (81-84) pour vérifier les indications obtenues par l'une d'elles, il suffira de procéder par une autre, et l'on devra retrouver la même teinte, sinon elle n’a pas été convenablement déterminée.
Ces vérifications n'intéressent guère que la théorie, car, au point de vue pratique, l'œil, au lieu de parcourir successivement les teintes de telle ou telle wamme, arrive à la teinte cherchée en embrassant d'un seul regard la partie du
tableau qui la renferme. Toujours est-il que, si l'œil arrive facilement et sûremen
à identifier la teinte donnée, c'est grâce à la quadruple ou au moins triple
graduation qui relie les teintes de nos tableaux.
93. Moyen d'arriver à une précision plus grande. — La teinturerie et la tapisserie peuvent parfois réclamer une échelle de gradations plus rapprochées que celles de nos tableaux, soit pour les nuances, soit pour les tons. Les procédés d'exécution auxquels nous avons eu recours pour nos tableaux, nous permettraient de donner des types beaucoup plus voisins, mais ces types fourniraient-ils le moyen de préciser davantage la détermination des nuances et des tons? Nous ne le croyons pas, car les différences résultant de la variété du substratum, les distances inévitables entre des teintes sur papier et des teintes sur soie, laine ou coton, seront toujours plus grandes que les différences ou distances chromatiques à constater, quand on veut pousser la précision à ses dernières limites.
Ce ne sera donc pas à l’aide de tableaux sur un substratum hétérogène qu'on pourra obtenir cette dernière précision ; ce sera par la juxtaposition et la comparaison de spécimens de teintes ayant les mêmes conditions de substratum, qu'on pourra ranger ces teintes en gamme chromatique; c'est du reste ce que font les industriels ou artistes dont nous parlons. Une fois les teintes ainsi classées, nos
notations chromatiques permettront de les traduire facilement en formules.
94. Établissement de la formule d'une teinte donnée. — Il faut avant tout que cette teinte soit déterminée, c'est-à-dire identifiée avec un de nos types ou
tout au moins class
e entre deux des types fournis par nos tableaux. Cela fait, il n'y à plus qu'à exprimer en notations chromatiques (11-22) la place, le rang
qu'elle occupe, pour avoir sa formule.
D'abord on désignera la famille chromatique de cette teinte par le symbole
correspondant au tableau où elle se trouve, ce sera l’un des suivants : R RO O0 JO JUIN AR EN BL BNEVEnRVe
Une lettre simple sil s'agit d'une couleur primaire ou secondaire, un symbole
bilittéral s'il est question d’une couleur dérivée de second ordre où au delà. Ensuite on précisera la nuance et le ton à l'aide des indices. Les chiffres de ces indices sont indiqués par la place occupée par la couleur: ils se trouvent à la tte des rangées non diagonales, dont cette place est le point de croisement. Soit par exemple une teinte rouge s'identifiant dans le tableau IT avec celle de la case
située à la rencontre de la troisième rangée horizontale et de l'avant dernière
colonne verticale, la teinte sera immédiatement formulée R;No, car 5 est à la tête de l'avant dernière colonne verticale et 2 à la tête de la troisième rangée
horizontale.
95. Remarques particulières. — 1° Quand, dans la seconde section de l'atlas, une teinte appartient à l’un des tableaux impairs, elle est nécessairement une des dérivées à formule bilittérale RO , JO , JE, B&, BV, RV, et l'indice de la couleur doit être partagé entre les deux lettres (18) à moins qu'on ne le place en
dehors d'une parenthèse renfermant les deux lettres. Soit par exemple une teinte
gris foncé verdâtre s'identifiant dans le tableau VIT avec celle de la case située ? a rencontre de la colonne verticale marquée 2 et de la rangée horizontale marquée 3 ; je devrai formuler la teinte (J\EN 3 ou JE N3. En effet l'indice 2
de la colonne verticale n'affecte isolément ni le jaune J ni le vert Æ, mais le
jaune-vert J E, composé d'égales parties de jaune et de vert; donc i doit être ou
partagé par moitié ou mis hors d'une parenthèse renfermant le dou le symbole.
2° Dans la quatrième section, le symbole correspondant aux teintes de chacun des tableaux n'est pas donné par les deux initiales des couleurs qui s'y associent, mais par l'initiale de la dérivée qu’elles constituent et dont le nom sert de titre au tableau. Ainsi ce symbole sera O pour le tableau XX, \f pour le XXI° et V pour le XXII. Ce symbole déterminé, on précisera la nuance en question à l’aide des indices des deux couleurs composantes. Si l'indice est le même pour ces deux
composantes, on en prendra le double pour en affecter le symbole de la dérivée.
PROBLÈME I : ANALYSE ET FORMULE D'UNE TEINTE 95 Par exemple, JoBo = \; Rad = O. Si les indices sont inégaux, la formule de la teinte donnée sera bilittérale; elle sera constituée par le symbole de la dérivée auquel on joindra le symbole de la composante en excès. On affectera le symbole de la dérivée du double de l'indice le plus faible, et le symbole de la composante en excès, de l'excédent de l'indice le plus fort. Aïnsi la teinte désignée sur le tableau XX par R5 Ji s'écrira OR.
3° Il semble indifférent d'écrire RO ou OR, mais il paraît naturel quand les indices sont inégaux de placer la première la couleur la plus forte et de donner à la seconde le rôle d’un adjectif. On écrira O2R1, B4Vi et on les nommera, le premier un orangé rougeätre, le second un bleu violacé. 4° Toutes les fois que, dans l'identification d'une teinte, on arrive à l’une des
cases situées dans nos tableaux à droite de la grande di:
>onale, ascendante dans la seconde section, verticale dans la troisième et la quatrième, la somme des indices est supérieure à 6, par suite la formule ne correspond pas directement au
type de nos équivalents ; nous verrons (124) comment on l'y ramène. À l )
96. Applications. — Soit d'abord un morceau d’ambre jaune dont nous voulons identifier et formuler la teinte. Du moment qu'elle est franche, je dois (89) consulter la rose synoptique. La teinte de l’'ambre m'y paraît être entre J et O , dès lors je me reporte au tableau XV de la troisième section, contenant les gammes
de nuances du jaune-orangé et je constate que la nuance de mon ambre s'identifie
avec la teinte type J40».
2° Soit une feuille(de pavot) d'un vert glauque, c’est-à-dire plus ou moins grisé, je devrai selon la règle (90) recourir à la seconde section de l’atlas; la nuance étant verte, je prends le tableau VIII et je reconnais la teinte de ma feuille à la case formulée \E3N:, indiquant deux sixièmes de blanc.
3° Soit une fleur de capucine. La teinte n’est pas franche, mais un peu brunie, nous la cherchons d’après la règle (90) dans les tableaux de la seconde section ; elle s'y révèle intermédiaire entre le rouge et le rouge-orangé, entre les tableaux II et IT; il y aura lieu (91) de recourir au tableau XXIIT de la cinquième section. Je reconnais la teinte des pétales de la fleur dans la troisième case de la
zone extérieure de droite ayant pour formule R:O N>.
4° Soit une ardoise dans la teinte de laquelle on reconnaît un mélange de bleu,
de violet et de gris. Puisqu'il y a du gris dans la teinte, elle n’est pas franche ;
c’est encore à la seconde section que je me reporte, et au tableau XI du bleu-violet, BV. En comparant les teintes de ce tableau avec celle de l'ardoise, je constate que dans la teinte de celle-ci le bleu l'emporte sur le violet, j'en conclus que la teinte en question est intermédiaire entre les teintes du tableau du bleu et celles du tableau du bleu-violet. Je devrai donc (91) recourir dans la cinquième section au tableau correspondant à cette nuance intermédiaire, c'est-à-dire au X XVII N'y trouvant pas encore exactement la teinte de l'ardoise donnée, je me reporterai au tableau XVIII de la troisième section, mais auparavant dans le tableau du bleuviolet de la seconde section, je détermine le degré d'importance qu'a le noir dans la teinte de mon ardoise, et je constate que ce noir peut être représenté par N>. Passant au tableau XVIII, faisant abstraction du rabat, je rencontre la nuance de
la teinte donnée dans la case B9V; sa formule complète sera donc BoV No :
il + a un sixième de blanc d'où résulte la nuance grisâtre de la teinte de cette
ardoise.
5° Soit, enfin un exemple des teintes les plus rapprochées que l'on puisse avoir à distinguer et à formuler : je l'emprunte à la série des spécimens de couleurs d'aniline fabriquées par la grande usine de Neuville-sur-Saône (Badische anilin fabrik), et publiée par ses soins sur cachemire ; je donne en regard la nomenelature de l'usine et nos formules pour sept nuances très voisines dont les yeux
les mieux exercés peuvent à peine saisir la différence.
Nomenclature de l'usine. Nos formules.
Violet cristallisé breveté. . . . . . . B;: Vs Violet au méthyle 6 Bextra. . . : . . Bou Via Violet au méthyle à Bextra. . . . . . B> Vae Violet au méthyle BBBB extra. . . . . B; Va Violet au méthyle BBB extra . : : . . Be Vao Violet au méthyle BB extra. + . . : . Ba Vu Violet au méthyle B extra . . . . : . B» Va