X INTRODUCTION
cal, elle défie les efforts du coloriste dans les chefs-d'œuvre de couleur qu'elle réalise aux yeux
de tous.“ Chaque jour le soleil renouvelle l'inépuisable écrin des diamants de l'aurore et des
pierreries du couchant. , (Ch. Blanc.) On a dit que les couleurs parlent surtout aux sens. Cest trop souvent vrai. Cependant, sous le pinceau des artistes dignes de ce nom où mieux encore dans les tableaux variés de la
nature, leur langage est loin d'être sensuel ; il est tout spiritualiste à qui veut l'entendre ;
il nous soustrait même à la domination de la matière et donne à notre âme de déployer ses
ailes.
Une comparaison nous introduira dans l'intelligence de ce rôle des couleurs. Une jeune
mère se plaît à embellir le berceau de l'enfant qu'elle doit bientôt mettre au jour ; elle aime à
y placer des garnitures de rubans aux fraîches couleurs; elle fait de cette parure l'expression
de sa tendresse.
Le créateur de toutes choses, avant d'appeler l'homme à l'existence, « aimé lui aussi à décorer le séjour qu'il destinail à sa créature privilégiée et y & déployé les richesses d’une
palette toute divine, afin que l’homme eût sous les yeux, dans la variété et le charme des
nuances qui ornent les trois règnes de la nature, un memento permanent de l'affection de son
Dieu. Les couleurs dans l'univers sont le sourire de la bonté divine.
Elles sont nvieux encore : le livre de la Genèse nous rapporte l'histoire de la disgrâce
encourue par nOS premiers parents, et comment, en punition de leur infidélité, la terre ne
devait plus leur offrir que des ronces et des épines. Or voici qu'au sortir du Jardin de délices
dont ils étaient bannis, Adum et Eve ne tardèrent pas à rencontrer des fleurs étalant leurs riches couleurs.
On peut imaginer la douce surprise de nos premiers parents, l'émotion attendrie avec
laquelle Eve, cueillant quelques-unes de ces fleurs et les présentant à Adam, lui disait : Vois,
le Seigneur ne nous tient pas rigueur ; dans sa clémence, i «a laissé des roses au milieu des
épines, des fleurs au milieu des ronces, pour nous rendre moins triste cette terre d'eæil.
Quand plus tard au jour du déluge universel, seule la famille de Noë échappa par
miracle à l'épouvantable fléau, pour la rassurer sur l'avenir, Dieu eut encore recours à l’élo-
quence des couleurs. Ainsi qu'il arrive quand le beau temps succède à l'orage, alors le soleil
reparaissait radieux, sa lumière tamnisée dans les dernières gouttes des nuées qui s’éloignaient, se déroulait en écharpe aux mille couleurs. Quel contraste entre la sombre désolation
précédents et la brillante apparition de ce météore! C'est préc iment cet arc-en-ciel
des jours que Dieu prit à témoin et donna comme gage de la promesse quil ny aurait plus de déluge. Si
montre qu'accidentellement, ses riches couleurs se retrouvent à toute
cet are céleste ne se