PRÉFACE
Les recherches relatives aux phénomènes de la lumière ont été si nombreuses et si importantes dans les trois années qui viennent de s'écouler, que nous nous voyons forcé d'ajouter un quatrième volume à notre Répertoire d'optique moderne. Nous ne nous sommesaperçu de cette nécessité, qu'alors que nous mettions la dernière main à ce long travail en analysant les mémoires de dé-* cembre 1849* Au reste, nous l'espérons du moins, les physiciens qui en si grand nombre ont acheté nos deux premiers volumes, et qui ont daigné nous féliciter de nos consciencieuses analyses, ne regretteront pas cette augmentation inattendue de matériaux précieux. Us se réjouiront avec nous des progrès vraiment étonnants que l'optique, la plus belle des sciences, fait chaque jour en France et à l'étranger. Nous avions compris avant tout qu'un répertoire n'a de mérite qu'autant que, absolument complet, il donne l^tat actuel ou ce qu'on pourrait appeler l'à-jour de la science, et nous nous étions résigné d'avance à ce surcroît d'études fatigantes quelquefois à l'excès.
L'intérêt de cette troisième partie l'emporte, il nous semble, sur ses deux aînées, par la nouveauté des recherches qu'elle renferme. Nous signalerons surtout à nos lecteurs, en outre de l'analyse complète des mémoires relatifs aux rayons chimiques et phosphorogéniques du spectre solaire, l'exposé complet des belles expériences, des découvertes brillantes de M. Faraday, relatives à- l'action du magnétisme sur la lumière ; les observations si originales de M. Plûcker, relatives à la direction des axes optiques des cristaux sous l'influence des aimants ou des courants voltaîques; le mémoire curieux de M. Neef sur l'apparition constante de la chaleur au pôle positif, de la lumière au pôle négatif de la pile. Lundi dernier, 7 janvier, nous avons pu constater de nouveau cette admirable ré- partition de la lumière et de la chaleur. M. Jules Dubosc,
H PREFACE. i
gendre de M. Soleil, essayait un nouvel appareil n)oâé« rateur et fixateur de la lumière électrique, en répétant devant un grand nombre de spectateurs, au nombre desquels se trouvaient MM. Soubeiran et Silberman aîné, la série presque complète des expériences fondamentales de roptique. Cinq ou six fois, coup sur coup, nous avons interrompu le courant en éloignant les charbons, pour le rétablir en les rapprochant. A chaque nouveau contact, la lumière primitive blanche se montrait sur le charbon placé au pôle négatif; celui-ci, avant que la combuslion commençât, était seul éclairé, pendant que le charbon placé au pôle positif restait obscur. Maisbien< tôt après le rétablissement du courant, la combustion commençait au pôle positif; le charbon phicé à ce pôle se creusaiten brillant d'une lumière beaucoup plus éclatante que celle émi^e par le pôle négatif. La proposition fondai^pptale de M. Neef est donc pour nous un grand fait acquis à la science et dont on ne s'est pas encore assez préoccupé. D*ailleurs, Tappareil de M. Jules Dubosc est vraiment parfait; les variations de la lumière électrique, autrefois si mobile, restaient insensibles même à tpvçré uqe lentille dont on se servait pour pro^ter les lignes d'interférence des miroirs de FresneK Mous recommandons vivement ce bel instrument aux amateurs 4*expériepc^ qui ne laissent absolument rien à désirer.
INou^ aypns condensé dans le plus petit nombre de pag^3 possible tout ce que Ton savait relativement h Tac-' tloq de Ifi luip|ère snr les planter, de manière à en faire ufte sorti» fie traité complet.
î\ou9 recommandons encore d'une manière toute spéciale aux physiciens amis du progrès le beau mémoire de IVI. D(]ipp]er» relatif a Tinfluence que le mouvement des cprps sonores et lumineux, ou le mouvement de Tobser-* valeur» exercent sur le ton -du son ou la couleur de la luqiiièr^ émise.
Lei9 i^cherches de MM. Fizeau, Orapper» MûUer* de FrilH)^!*^, Moi^tli» Miller, Bfewster, méritent aussi une attention $érieu«6.
¥mh ce IS janvier 1850. .