‹ Répertoire d'optiquemoderne, ou analyse complète des travaux modernes relatifs aux phénomènes de la lumière (volume 2)Chapitre 2 sur 31 · SECTION HUITIEME · texte numérisé non relu

SECTION HUITIEME

D £ LA LUMIÈRE CONSIDÉRÉE DANS SON ACTION SUR DES APPAREILS AUTRES QUE L'OEIL , SUR DES SUBSTANCES DIFFÉRENTES DE LA RÉTINE. — De LA NATURE PLUS INTIME DU SPECTRE SOLAIRE.

Suite.

Allant d'exposer les recherches relatives aux images thefmographiqaes, annonçons que M. Niepce de St. -Victor, neveu de Tillustre Nicpce, le véritable inventeur de l'héliographie, a fait tout récemment, dans la mine ouverte par M. Moscr, une découverte éminemment originale et brillante. Il a trouvé que Tiode avait la propriété do se porter sur les noirs d'une gravure, d'une écriture, etc., à l'exclusion des blancs. Une gravure est soumise à la vapeur d'iode pendant cinq minutes environ, à une température de 15 à 20 degrés; on applique ensuite celte gravure sur du papier collé à l'amidon, en ayant soin de le mouiller préalablement avec une eau acidulée à 1 degré d*acide sulfurique. Les épreuves, après avoir été pressées avec un tampon de linge, présentent un dessin d'une admirable pureté.

M. Niepce a trouvé le moyen de reproduire par le même procédé toute espèce de dessin fait à l'encre grasse ou aqueuse, à Tencre de Chine ou à la mine de plomb.

Mais voici une seconde propriété non moins merveilleuse : la vapeur d'iode se porte sur les dessins en relief, et sur tous les corps qui offrent des tranches, quelles qu'en soient la couleur et la composition.

Ainsi tous les timbres secs sur papier blanc se reproduisent parfaitement.

Les tranches d'une bande de verre ou de marbre se reproduisent également ; les mômes effets ont lieu avec d'autres fluides élastiques, gaz ou vapours, tels (\\\Qh fumée du phosphore brûlant à Pair et la

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vapeur d'acide azotique ; si, après avoir coDé un morceau de bois blanc et un morceau d'ébène, on les rabotte, et qu'après avoir soumis rensembki à la vapeur d'iode, on l'applique sur une plaque de cuivre, la bande noire seule se reproduit.

Une plume d'oiseau présentant du noir et du blanc, comme celles des ailes de la pie, soumise à la vapeur d'iode, produit le même eiïet que le morceau de bois noir et blanc. '

Tous ces phénomènes se manifestent dans l'obscurité la plus grande que l'on puisse obtenir, aussi bien que dans le vide.

Le chlore produit le même effet que l'iode, mais beaucoup plus faiblement. Le brome ne produit rien.

Le mémoire de M. Niepce de Sl-Victor n'e<it pas encore publié ; nous n'entrerons donc pas dans de plus grands détails : ce beau travail trouvera sa place dans la dernière partie de notre répertoire ; nous l'insérerons en entier avec un curieux appendice sur l'heureux emploi que l'auteur a tiré de l'albumine pour obtenir sur verre des épreuves négatives d'une admirable finesse de trait, et pouvant donner un nombre indéfini d'épreuves positives parfaites.

Images thebmographiques ou produites par la chaleur. , I. Lettrede M, KnorràM. Arago. Kasan, 6 janvier J842.

« Ce fut Tan passé, au commencement d'octobre, que j'eus la première nouvelle de la découverte de M. le professeur Moser. Faisant un pas de plus, je voulus m'assurer si la différence des températures ne jouaitpas un rôle essentiel dans les phénomènes de ce genre, et j'eus bientôt établi que plus la différence entre les températures de la plaque et du corps qui doit s'y peindre est grande, plus la formation de l'image est rapide. Si cette différence s'élève à 56<* c. , il suffit de trois à cinq secondes pour obtenir une image parfaitement distincte ; on peut môme alors produire des images par une demi-seconde de contact entre les deux corps. Ayant remarqué qu'à mesure que la différence de température devenait plus considérable, il était plus facile de rendre les images visibles par l'insufflation, je poursuivis mes recherches, et je finis par m'assurer qu'en augmentant la différence de température on parvientà former des images visiblesimmédiatementetsans aucune condensation de vapeurs. Ce sont ces images immédiatement

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vitfMs (que Vtm peiit aussi inroduifë d*uile aatre mihière) que j'ap^ pellé images pit^ la chaieui^ on thermographies. II semble que c'est faioii» à la différence qa'en général à l'éléyatieh même de la terapé>nlttre que leiir formation est dae* Je më Mis servi jusqu'ici de trois ttioyeds diffi^euts (mur lés produire^ et j*en ai obtenu un bon nombre ÛM la finesse et la beauté né laissent rien à désirer...^ :

• Virici ^mmeat nous avons obtenu nos termographies. Sur la Ib^die d'une lampe h alcool de Berzélius, on plaça une lame mince de cuivre d'environ 20 pouces carrés de surface, puis, sur cette lame» des plaques de 6 pouces carrés qui devaient f'ëcévoir Timage, et, par- AnsoSî les corps qui devaient la donner. C'était ordinairemeilt tm €8is d*ioier gravé, tin cachet en jaspe, M petit cachet d'acier^ des moiiiMiies de platine nettoyées avec soiâ, et deux planches gravées^ m etlivrei dKKrenles l'une de l'autre. Le tout fut ensuite élevé assez dmieefiAefil I ta lempéi-ature oâ une laine de cuivre bien polie commence à changer sensiblement de couleur; puis la lampe fut éteinte itlesoorps tetirés de dessus la jriaque. Mon collaborateur^ M. Massigi il triiitCfnu ainsi un assea bon nombre d'images souvent A belles, surtout sur des {^laques de èuivre, que je regrettais d'être obligé de les effiicer pour souôiettre les plaques à de nouvelles expériences. L'épaisseur de ces plaques était ordinairement de 1/6 de ligne ; mais on àempkyyéavee le même suooès des plaques de \/2 ligne d'épaisseur. La dorée de réchauffement étaiti terme moyeo« de 8 à 10 minute!, ie raioimura étant de 3 et le maximum de 16. Il était du reste indiff^Bt que l'âévationde température palssâtde la plaque au corps^ ou du ecfps I ta plaque, pourvu qu'on atteignit le degré de chaleur uétessairë. Nos plaqués étaient babituellement en cuivre^ mais nous avons obtOUd plusieurs bonfies épreuves sur du cuivre piaqdé d'argent et sur du laiton ; la seule plaque d'acier que j'eusse k ma dispotltion n'était pas bien polie» ce qui n'eiiipêcha pas que le coin d'acier n'y produisît une image vraiment passable. Pourtant, ces inMges par ta chaleur ( car je crois que c'est U leur vrai nom ) n'étaient jamaia plus bdles que sur des plaques de cuivre : elles présentaient des jeux de couleurs extrêmement intéressants, et que je ri'ai pu reproduire par une simple élévation de température. Elles méritent aMmrémeut d'être examinées déplus près par un chimiste... < a i'êi obtenu aussà, |>ar le moyen déjà Boteationné» descqiies de

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gravures sur cuivre et sur bois; il est vrai qu'elles ne sont pas belles, mais du moins elles sont parfaitement distinctes. Une copie d'une gravure sur bois prise sur du laiton, et que j'ai soumise ensuite à d'autres essais, se présentait fort bien. Une autre copie de la même gravure, prise sur du cuivre, offrit une particularité remarquable : la gravure représentait Minerve sur son trône; dans l'image, les lignes obscures de la figure de Minerve étaient rendues par des lignes d'une couleur différente de celle du fond delà plaque; pour le trône, c'était précisément Tinverse....

•Dans les images de Moser, comme dans celle que je produis par la chaleur, il faut distinguer plusieurs degrés de développement. Dans celles de Moser, le degré de développement influe sur la condensa* tion des vapeurs et sur la durée de l'image en général ; dans les miennes, il influe tant sur la^durée de l'image que sur la manière dont elle se comporte quand on échauffe la plaque sur laquelle elle a pris naissance.

V A la température constante de 0<* commune aux plaques et aux corps dont on veut l'image, on n'obtient cette image que di£Bcilement, et même il me paraît douteux qu'on puisse l'obtenir.

7> L'expérience suivante conduit à un résultat contraire ; mais je ne l'ai faite encore qu'une fois.

» Je mis un coin d'acier sur la lame sous laquelle se trouvait la hmpe, je chauffai durant quatre minutes, je plaçai une plaque d'argent polie à côté du coin, et continuai à chauffer pendant trois minutes; je mis ensuite le timbre chaud sur la plaque chaude et je chauffai encore une minute ; j'obtins de la sorte une image durable et très-nette. Je plaçai aussitôt le coin sur une autre partie de la plaque d'argent» et après cinquante secondes de chaleur j'obtins le même résultat. Mis sur une troisième partie de la plaque et chauffé encore durant quarante secondes, le coin donna une troisième image permanente, mais plus faible que les deux autres. »

» IL Seconde note de M. Knorr. — Je suis parvenu à réunir dans une seule proposition le plus grand nombre des faits que j'ai trouvés, sauf quelques-uns que je ne peux pas encore envisager sous un point de vue général. Cette proposition est la suivante :

» Quand un corps  se trouve au contact ou du moins très-rapproché de la surface polie d'un autre corps B, l'échange mutuel de la

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chaleur entre les deux corps produit un changemeut de l'état de la surface polie jusqu'à une très-petite profondeur. Ce changement peut être passager ou devenir permanent. S'il y a sur la surface du corps  des endroits pour lesquels l'échange de la chaleur est différent de ce qui s'opère dans les autres endroits, il y aura aussi un changement différent dans les endroits correspondants de B, et il se forme ainsi une espèce d'empreinte du corps A sur la surface polie B« Cette empreinte peut être immédiatement visible, ou seulement elle peut être rendue visible par une condensation de vapeurs qui» pour ainsi dire, achèvent alors son développement En admettant que l'échange total de la chaleur entre les deux corps, pendant un certain intervalle de temps, puisse être représenté par une quantité, il existe une certaine limite que cette quantité doit surpasser^ dans un temps donné, pour qu'en général il se forme une empreinte, et une seconde limite, que cette quantité doit surpasser pour que l'empreinte devienne immédiatement visible sans aucune condensation de vapeurs. Ces deux limites paraissent dépendantes des propriétés des deux corps  et B et de l'état de la surface polie. En nommant empreintes ou images du premier ordre celles qui ne deviennent visibles que par la condensation des vapeurs, et images du second ordre, celles qui se montrent immédiatement visibles, il faut encore pour chaque ordre, distinguer des degrés différents du développement de l'image. Pour les empreintes du premier ordre, celles découvertes par M. Moser, le degré du développement exerce une influence sur la condensation des vapeurs, ainsi que sur la solidité de l'empreinte même. Pour les images du second ordre, mes thermographies» la solidité et la permanence de l'empreinte, ainsi que l'influence qu'exerce un changement de température, dépendent du degré de développement. Ni la lumière du jour, ni les changements ordinaires de la température, ni même un échauffement considérable, ne peuvent détruire une empreinte de second ordre, si son développement est avancé suffisamment; mais il y a un degré de développement où un échauffement peut détruire l'image, un autre où réchauffement la détruit et la fait reparaître de no))veau, enfin un autre où un échauffement con« tinue le développement et l'achève.

» Les corps que je comprends ici sous la désignation  ont été, dans mes expériences, des pièces frappées de platine d'or, d'argent,

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de eokre êtdeiaUQii gravé» d'aeier, de jaspe et de verra gMviei de» lames de mica sur lesquelles étaient tracées des lettreu avec de rencFe de Chine, des gravures à cpntouFS un peu forts, impriméei sur du papier blanc ou coloré. De même, les surfaces polies que Jq désigne par la lettre B ont été, dans mes essais, des Qurfaces i^w* gent, de cuivre, de laiton et d^acier ; ce sont les seules avec lesquelles j^ai obtenu des résultats. Il m'a paru qpe j*ai réussi deoi fois sur le mica, mais je ne veux pas l^assurer positivement Le plus grand nombr-e d*essais ont été faits sur des surfaces d'argent et de cuivre. Lee plaques qui servent ap daguerréotype sont très-propres pour ces expériences i qu^nd la surface argentée est déjà trop usée» on peut i|e servir de l'autre surface en enivre en la décapant premièrement avec du charbop. Il n'est pas nécessaires de traiter les surfaces avee des acides, la simple polissure aveo de ri^uile ei»t suffisante ; mais il faBt prendre soin que la surface soit hiep purgée 4'bulle. Avant chaque essai il est bon de décaper nn tant soit pen la snriàee pour bien réussir, quoique cela ne soit pas toujours absolument nécessaire.

» Il m'aurait fallu ées vases de feuilles métalliques trôcHminees peur mesurer lesi degrés de réchauffement des plaques sur lesquelles se formaient les images ; ipais je n^ai pas pu me les procurer tout de suite.

Cependant, a6n d'avoir une iodicatlea sur l'échauflément néeetsaire pour obtenir une thermographie, j'ai agi de la manière suivante. J'ai pris deux petites bouteilles sup le fonds desquelles étaient gravés les mots : Tara, i 57S S/^ grains ; leur diamètre était de 1 9 lignes françaises, et l-épaisseur du fond 1 1/4 ligne française; leur capacité correspondait à $09 grammes d'eau distillée ; je les ai remplies de 180 grammes d'eau à la température de là"* Réaumur, et je les ai mises sur la surface argentée d'une plaque préparée pour le daguerréotype, que j'échauffais sur une autre plaque métallique par une lampe à double courant d'air. L'ébulîtion de l'eau ayant été entretenue pendant une minute, il s'était formé une empreinte des mois gravés sur le fond qui était parfaitement développée. Inexpérience a été répétée douze fois avec le même succès; mais cet échauffement n'était pas suffisant pour des corps bons conducteurs. Sur des surfaces do cuivre je n'obtenais ainsi que de mauvaises empreintes.

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» De ce que je tiens de dire, il résulte déjà une méthode pour obtenir une therniograpliie, c'est celle par laquelle j*ai toujours réussi ; il n'y fant qu'un peu d'exercice : les quatre autres méthodes sont moins sûres, et je ne connais pas encore toutes les circonstances dont la réussi te dépend.

En général, il faut porter la température.^ des deux corps A et B qni se touchent à la température t' pendant un certain temps 9, pour que l'échange de la température produise une empreinte, cependant 6 ne doit ôtre ni trop grand, ni trop petit ; mais chaque méthode parait applicable, quand elle produit à peu près le même échange total de chaleur ; et et r ne sont pas entièrement indépendants l'un de Tautre. Il en résulte donc les méthodes sui- ▼aotes 3

» Première méthode de réchauffement déjà cité, e =^ iO à 15 minutes, si B était cuivre ou argent. Quand la flamme de la lampe était forte, 9 «^ 4 minutes se montrait déjà suffisant ; mais il est mieux de ne se pas hâter trop.

» Deuxième n^éthode de refroidissement : l'inverse de la précédente un peu difficile, mais j'ai réussi.

«Troisième méthode d'échauffement et de refroidissement réunis : elle exige un peu plus d'exercice que le numéro 1. J*ai obtenu une dizaine de bonnes images de verre et de jaspe sur des plaques de enivre «i ne portant la température que jusqu'à 60 degrés Réaumur. Elle mérite d'être perfectionnée ; j'ai été forcé de la négliger pour le moment, mais il m*a paru que cette méthode n'était avantageuse que pour les mauvais^ conducteurs.

» Quatrième méthode de réchauffement continué, en mettant le corps sur la plaque chaude et en continuant réchauffement. J*ai obtenu une vingtaine de bonnes empreintes d'acier sur des surfaces d'argent I sur du cuivre^ elle ne réassit pas bien, parce que ce métal 8*oxide trop tM. Durée de réchauffement préalable sur la plaque de la lampe, thU minutes; durée du contact, iO à 20 secondes.

9 Je B*^»! pas toujours réussi par cette méthode.

» Cinquième méthode des hautes différences de température ou méthode du contact très-court, en touchant la plaque froide avec le corps très-chaud. Durée du contact, 8 à 15 secondes; la température du corps entre celle de Teau bouillante et celle où l'acier poli corn*

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mence à changer de couleur, J*ai obtenu par cette méthode plus de 60 images, mais je ne pourrais pas dire pourquoi on ne réussit pas toujours. Cette méthode est la première que j'ai découverte.

» £n général, je ne me suis pas occupé du perfectionnement pratique de ces différentes méthodes , il y avait d'autre chose qui devaient m'occuper préalablement. Je remarque encore qu'il ne faut pas perdre de vue la condition d'inégalité d'échange de la chaleur ; là où une telle in^alité ne se montre pas suffisamment, on peut la pro« duire par de l'encre de Chine, du vernis, ou même du tripoli de Venise. C'est pourquoi il faut aussi souvent nettoyer les plaques de cuivre gravées, de l'oxide qui se forme à leur surface, ou l'acier gravé quand sa surface montre déjà la couleur jaunâtre. Pour les méthodes numéros 1, 3, 4, il m'a paru indifférent que réchauffement se fit à travers le corps A ou à travers B ; il fallait seulement arriver à un certain degré pendant un temps pas trop prolongé. La grandeur de mes plaques ne surpassait jamais 5 pouces carrés.

» J'ai obtenu beaucoup d'épreuves qui, en précision et netteté, ne laissent rien à désirer; mais le cuivre, l'acier et le jaspe gravés m'ont paru les plus propres aux thermographies ; cependant il faut remarquer que les détails intérieurs du dessin ne s'expriment pas, s'il est un peu profondément indsé.

III. Troisième note de M. Knorr. — Amené à penser que l'accès, ou du moins la présence d'une couche d'air entre la plaque et le corps, était indispensable à la formation des images thermographiques, M. Knorr a fait à ce sujet diverses expériences curieuses qui confirment celles de M. "Waidele : 1" Quand après avoir nettoyé parfaitement les plaques et les avoir placées dans un vase rempli d'eau, en superposant la pièce dont on voulait avoir l'image ; mais après une heure cette image ne se formait pas ; 2*" dans le vide, sous la machine pneumatique, il ne se formait pas proprement d'image, mais seulement une sorte de tache. De plus, les corps qui avaient séjourné dans levidependant plusieurs jours, donnaient plus difficilement des images ; on leur rendrait leur finesse première en les recouvrant de tripoli, resté longtemps en contact avec l'air ; 3" les termographies pénètrent quelquefois à une grande profondeur dans les plaques de cuivre ou d'argent : M* Knorr a poli jusqu'à neuf fois une plaque d'argent ; à chaque nouvelle exposition à la chaleur» l'image repa-

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raissait. C'est ce qui arrive ausn très-souvent aux pièces de monnaies frappées au moyen du balancier ; l'image, entièrement effacée par l'usage ou un poli artificiel, reparaît sous l'action de la chaleur, ou quand on s'en sert comme d'un élément de pile.

Sur la thermographie ou l'art de transporter, au moyen de la chaleur, les dessins et caractères imprimés du papier sur métal^ par jd. Robert Hunt. — M. Draper, en septembre 18/iO, avait déjà reconnu que si on met un objet en contact avec un métal, il s'opère à la surface du métal une certaine altération mystérieuse des molécules, en conséquence de laquelle les vapeurs s'y condensent inégalement.

» Pour obtenir de bons résultats ea répétant les expérience de Moser, je trouve qu'il est nécessaire d'employer -des métaux différente Ainsi, une pièce d'or ou de platine sur une plaque de cuivre ou d'argent, donne une image bien prononcée tandis que le cuivre et l'argent n'en donnent que de très-faibles sur leur propres métaux. Pour avoir, par ce procédé, les plus fortes empreintes, il faut poser de mauvais conducteurs de la chaleur sur de bons.

ù Sur une plaque de cuivre bien polie, je plaçai une pièce d'or (un souverain), une pièce d'argent ( un shilling), une grande médaille d'argent, et une monnaie de cuivre ( un penny ) ; puis je chauffai la plaque par dessous au moyen d'une lampe à alcool, et après qu'elle fut refroidie, je l'exposai aux vapeurs du mercure. Chaque pièce avait produit son empreinte, mais celles de la monnaie d'or et de la grande médaille étaient les plus nettes. ^

» Une médaille de bronze fut, au moyen de lamelles de bois, placée sur une plaque de cuivre à la distance d'un huitième de pouce. Après l'action des vapeurs de mercure, la partie recouverte par la médaille était bien marquée, et tout au tour, à une distance considérable, le mercure s'était condensé inégalement, donnant ainsi à l'image un bord ombré. Les endroits touchés par le bois étaient recouverts d'une vapeur abondante.

» Les mêmes pièces et médailles furent mises toutes ensemble sur une autre plaque qu'on porta à une chaleur assez grande pour n'être plus supportable à la main, et sur laquelle on la laissa refroidir. Voici l'ordre des empreintes suivant leur force : Tor, l'argent, le bronze, le cuivre. La masse me sembla exercer sur le résultat une influence considérable ; une grande pièce de cuivre donnait une

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empreinte pins nette que ne le faisait nne petite pièce d'argent. L^exposition à la Tapeur de mercure produisait les mêmes résultats que ci-dessus. La vapeur essuyée, les empreintes de l*or et de l'argent sur le cuivre se touvèrent permanentes.

» Cette expérience fat répétée avec une chaleur plus forte encore, et Timage de la monnaie de cuivre se reproduisit comme celle des autres monnaies avec la plus grande facilité ; mais les seules images de i*or et de l'argent furent permanentes.

» J*opérai ensuite avec une lamé de cuivre argentée exposée à une chaleur modérée. Les vapeurs de mercure firent paraître de bonnes images des objets en cuivre et en or ; ceux en argent donnaient bien une image, mais peu distincte.

» Après avoir répété les expériences ciniessus, toujours avec les mêmes résultats, Je fus curieux de savoir si rélectricité agirait de la même manière. Je fis donc passer à travers et sur les plaques et les pièces de fortes décharges; je les exposai aussi à l'action longtemps prolongée d'un courant, mais sans succès; enfin, j*enlevai Targentqvu recouvrait ma plaque ; je la chauffai après y avoir mis les pièces et les médailles, et je la soumis aux décharges d'une très^grande bouteille de Leyde, Dndessus les vapeurs mercurielies firent paraître de très-jolies empreintes, et, chose singuli^e, des images colorées de celles que la plaque avait reçues quand elle était argentée ; preuve que cette action, quelle qu'en soit la nature, avait exercé $on influence jusqu'à une certaine profondeur dans le métal.

» Je mis sur une lame de cuivre des verres bleu, roitge, orange, du crown-glass et du fiint-gtass, du mica et on morceau carré de papier de dessin. Je les y laissai une demi-* heure : l'espace recouvert par le verre rouge était bien tracé, la place du verre orangé se voyait moins distinctement, et celle du verre bleu n'était pas du toutvi»ble. Les contours du crown-giass et du flint-glass se dessinèrent bien, et la trace du papier était d'une netteté remarquable ; mais celle du mica ne paraissait point.

» Après avoir exposé la plaque aux vapeurs du mercure^ |e la fis chauffer pour les chasser. Les empreintes demeurèrent néanmoins.

» En employant des vapeurs d'Iode au lieu de vapeurs mercurîellos, Tordre des empreintes resta le même pour les verres ; mais le mica en produisit lui-même une fort belle ; celle du papier était aussi bien

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praioneée. Il existe doue un certain rapport mtra la aatnr» ie Vfèi^ et celle dea vapeora que Ton employa.

» Les verres déjà employés et an moreoaii de verre bien reeoiiTerl de Bo)» de ftimée, forent laiaaéapendaqt uqe demi*heœti à une ligne de distance au-dessus d'nnç lame de cuivre polie i les vapeurs do nerenre ne firent paraître que Fimage du verre noirci.

» Tous ces verres forent rais sur le cuivre et faiblement échauffés i après Taction des vapeurs, le verre rouge et le verre noird donnèrent des images d*une netteté égale; venait ensuite le verre orangé; les antres ne laissèrent que de faibles indications de leurs formes. En polissant avec du tripoll et de la potée d*étain, on ne faisait pas disparaître les images du verre rouge et du verre noirci.

» On traça un'desain sur un verre recouvert d'un enduit et de noir de fumée, puis on le plaça sur du ouivre : il ne parut que Timago du verre.

» Une figure découpée dans du papier fut pressée contre une lame de cuivre au moyen d'un verre, puis chauffée doucement i les vapeurs de mercure firent paraître une très*belle empreinte. Essuyant les vapeurs^ toutes les parties que le papier avait recouvertes se trou«vèrent atkialgamées, tandis que les autres abandonnaient facile^ient le mercure. Il en résulta sur la plaque df cuivra polie un dessin bbne parfliltement peraianent

» Lee ven^ déjà mentionnés, plus un gros morceau de charbon de bois, une monnaie de cuivre, du mica et dp papier furent mis sur une plaque de cuivre et exposés en plein soleil. Yoioi l'ordre des images ^ue le mercure fit parahre : celle du verre i^oirci» du crovnir glass, du verre rouge, du mica biM dessiné, do verre orangé, du papier, du charbon, de la pièce de monnaie, du iterre bleu; ce qui montre clairement qu'il n'y a que les rayons calorifiques qui influent sur le métal. Cette expérience flit répétée avec des métaux et des substances différentes et en exposant ces plaques aux vapeurs d^eau, de mercure et d^ode ; toujours j'ai trouvé que les substances qui absorbent davantage ou laissent mieux passer la chaleur donnent les meilleures images, il est impossible de découvrir la moindre trace d'une action quelconque des rayons bleus et violets. Et comme les images produites sur papier photographique par les rayons qui ont traversé les verres de cette couleur fournissent h preuve qu^une

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grande quantité de rayons invisibles les pénètre librement, nous pouvons regarder ces rayons comme absolument Incapables de produire une altération dans un corps simple et compacte.

Dans un travail que j*ai publié dans le Philosophical Magazine du mois d'octobre 18/iO, je parle de plusieurs cas dans lesquels j*ai pu copier sur papier ioduré des feuilles imprimées et des gravures, et cela uniquement en les exposant aux rayons d'une source artiQciellede chaleur. Pensant que probablement on serait bientôt en état de copier les dessins par ce procédé, j'ai proposé de lui donner le nom de thermographie, pour le distinguer ainsi de la photographie.

» Je cherchai quel effet une feuille imprimée produirait sur une plaque de cuivre bien polie avec laquelle on la mettait bien en contact ; après l'action de la vapeur mercurielle, je trouvai les contours transportés très-fidèlement sur ce métal.

» Un papier découpé fut serré entre deux lames de verre et chauffé ; sur le verre inférieur ou plus chaud on vit paraître une empreinte médiocre ; il y en avait à peine une trace sur l'autre.

» Des feuilles de rose laissèrent fidèlement leur image sur un plat d'étain exposé en plein soleil; mais dans l'obscurité un contact plus long donna une empreinte plus parfaite.

» Pour déterminer à quelle distance les corps seraient encore copiés, je plaçai sur une plaque de cuivre polie un morceau assez épais de verre de glace; sur ce verre un catré de métal et différents autres objets, chacun toujours plus grand que le précédent ; je recouvris le tout d'une boite en bois qui se trouvait ainsi à plus d'un demi* pouce de la plaque. Je laissai les choses en cet état durant la nuit. Le lendemain, après l'exposition aux vapeurs mercurieiles, chacun des objets se trouva copié, et le fond de la boite plus fidèlement que les autres; les veines du bois étaient reproduites sur la plaque.

» Gomme j'avais trouvé, par une série d'expériences, que le papier noirci donne une empreinte plus forte que le papier blanc, je fus curieux de savoir si on pourrait copier les imprimés. Je réussis en partie sur plusieurs métaux ; mais je n'eus de bons résultats que lorsque j'employai du cuivre amalgamé d'un côté, puis parfaitement poli. £n préparant avec soiu la surface amalgamée du cuivre, je finis par être en état de copier des gravures sur cuivre et sur bois et des lithographies avec une exaiitude surprenante. Les premières épreuves

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montraient un fini de détails et une netteté de contours en tont semblables à celles des premières images daguerriennes et des copies par le chlorure d'argent.

» Voici le procédé dont je me sers actuellement, et que je ne regarde pourtant pas comme le meilleur, bien qu'il m'ait donné des images d'une grande délicatesse.

» On prend une plaque de cuivre bien polie, on la frotte avec du nitrate de mercure, puis on la lave avec soin pour faire disparaître tout le nitrate de cuivre qui s'est formé. Quand elle est bien sèche on prend un peu de mercure sur du cuir mou ou sur de la toile, on frotte bien la plaque et on donne à sa surface tout le poli d'un miroir. On étale doucement sur la surface amalgamée la feuille dont on veut la copie, et après l'avoir recouverte d'un ou deux morceaux d'un papier fin et mou, on la serre contre la plaque au moyen d'un morceau de verre ou d'une planche bien dressée, et quand elle touche partout également le métal, on la laisse uoe ou deux heures sous presse ; on peut abréger ce temps de beaucoup en chauffant très-doucement pendant quelques minutes le dessous de la plaque; il ne faut en aucun cas que la chaleur soit assez grande pour que le mercure se vaporise; ce qu'il y a à faire ensuite, c'est de mettre la plaque dans une boite fermée, disposée de manière à produire des vapeurs mercurielles; il faut que les vapeurs se dégagent lentement.

» Au bout de quelques secondes Fimage commence à paraître ; la vapeur attaque les parties qui, dans l'empreinte ou la gravure, correspondent aux blancs, et produit une image très-fidèle, mais peu prononcée ; alors la plaque est transportée de la boite à mercure dans une autre contenant de l'iode dont la vapeur ne doit agir sur la plaque que peu de temps. On voit bientôt que cette vapeur attaque et noircit les parties laissées libres par celle du mercure. Il en resuite consé* quemment un dessin parfaitement noir sur un fonds gris de mercure. Ce dessin étant formé par les vapeurs du mercure et de l'iode, il se trouve naturellement dans le même état qu'une image de Daguerre, et ne résiste pas au frottement. La profondeur à laquelle l'empreinte pénètre le métal me donne lieu d'espérer que je pourrai donner à ces singulières et belles productions un degré de perfection assez avancé pour qu'elles puissent être utiles aux graveurs. » C'est un fait assez remarquable que les vapeurs du mercure et

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«riie» de riodB «ttiqiittit tUflMranmeDl te pla^afti et jt orrii qfi'#a posrra m déchiira qu'il Hiisto aii oeitliin nippCM*! élitre oeé Vi{ie«ri et Fétat chimique ou thermo-électrique des cor|M qui ks ffiçoiveat» M* MoMtt' l'a ébeané et l'attribut a«x oQuIaotv dtea rafona^ qui, à ce qu'il pmaef eiciiteAt latents dani la Tapeur k mm pamaga à u&e foraie plus déliée. Je ne tiens pas cette explioation pdur oooiorma aux don* né^ de l'expérience. Je iuis pereuadé qtie noUa avona affaire h une action thermale, et qu'on finira par trouver qu'un mouvement puremeut thermal produit une altération moléculaire» ou qu'il y ■ induction d'une action tbermo-^électrique qtii donne lieu à un changenaentdaas k polarité des derniers atomes du corps solide» Ce sont là des quei^ ttoAs qiii ne peuvent ôtre résolues que par une série d'expériences bien conduites. Je ne renonce pas à toute rech^the ultérieure i j'eë* père néanmoins que les quelques laits singuliers et imporfams que J*al signalés exdteront l'attention du ceux que leur loi»r et leur talent bien connu pour l'expérimentation mettent si éminemment à même de faire des recherches intéressantes sur l'aetion de ces ageuls fitysi^ieux qui exercent une si puissante influence sur ks lois de k Création matérielle. »

Sur kê pfétenduiâ images de êkaleur^ pur M. Moser. "^ M« Moser s*ét0!lne de voir MMé Knorr et llunt présenter comme bii# découverte nouvelle, et sous des noms nouveaux, des faits qu'il a kngnemeni décrits dans ses premiers mémoures^ et daua k note sur la différence entre la lumière et la cfaakur. A propos de cette différence, M. Moser cite un fait nouveau qui lui parait tottl-l^âiil concluant La chaleur, dit-il , rayonne dé nouveau dd sein deuf corps qui l'ont reçue , efl supposiànt qu'elle fié S'y est pas combinée pour produire tin changement ôhiniîquè. La lumière ^ ati contraire, qui a opéré à la surface des corps cette modification spéciale qui se manifeste par la condensatioti des vapeurs , ne rayonne pitis ad dehoM , et l'on doit admettre qu'elle s'est éteinte après avoir prodtiit Son effet. M. Moser a très-^ôuvint essayé de transporter d'dne plaque h Tautre l'effet produit par la lumière t en employant tantôt des plaques impressionnées, mais sans image visible î tftntôt des plaqdès métslUqties sur lesquelles la lumière invisible avait imprimé une image très^distincte. Il n'a jamais rien obtenu. J'avoue franchement qné ce raisonnement de M. Slosér n'est an fodd qu'un edfamillage. La chaleur, ed t)éné-

tnat un corps» y etdte un mo«¥«aiQiit vibraoira plus ou moins intense, plus ou moins durable, et qui réagit nécessairement au dehors. Dans les phénomènes de la photographie , la lumière exerce seolement à la surface un effet mécanique et de transmission , sans mettre en général en vibrations persistantes Tétber de la plaquoi qui akm ne réagit plus. Mais il est des circonstances oubliées par M. Uoser^ celles, par exemple, qui dét^minent la phosphorescencoi et dans lesquelles la lumière absorbée par le corps rayonne au dehors absolument comme dans la chaleur. Le moins qu'on puisse attendre de celui qui établit une oomparaison , c'est qu'il rapproche les ana* logues. Mais c'est assez nous arrêter à une note sans intérêt»

images èlegtrograpfliques , ou obtenues par t*actlon dé

l'Électricité.

Pour donner nne idée plus exacte de ce genre de phénomènes et mettre mieux en évidence les droits de chacun, nous avons cru de* voir remonter jusqu'au mémoire si remarquable et si peu connu de M* Riess. La découverte des images atmo-électriques appartient surtoot à rillustre physicien de Berlin. MM. Karsten , Masson , MiHTen, ont suivi avec plus ou ni<Hns de bonheur la route qu'il avait ouverte devant eux.

Note sur les modificatioMdela surface du verre ^ du mica et d'aur très substances par la décharge électrique, figures atnuhélectrtques; par Pierre Biesss (Annales de Poggendorf, v(^. XLVI, p. 489») — » Une glace ou miroir de verre nettoyée avec soin et chauffée , de telle sorte qu'^rouvée au moyen de rélectromètrei elle se montrait parfaitement iBolante dans toutes les directions, fut placée entre les deux extrémités des fils conducteurs fixés aux pôles d'une batterie. Quand, dans la décharge, une étincelle vint frapper chacune des deux foees de la glace pour serpenter ensuite jusqu'aux bords, on aperçut ces traces bien connues dont l'aspect mat annonce suffisamment une décomposition du verre. Essayées à TélectronAètre, ces parties mates se trouvèrent conductrices» ainsi que d'autres qui cependant étaient parfaitement miroitantes et n'avaient subi dans leur aspect extérieur aucune modification sensible. Toutes ces portions conductrices devenaient fort visibles quand on couvrait la plaque de l'hsleine, en ce sens qu'elle ne condensait pas Thumidilé $ on voyait sor un fond

912 IMAGES ÉLGCTROGRAPHIQUES.

mouillé des dessins secs et non hamides formés de lignes serpei^ntes de diverses formes, et que je désignerai sous le nom de figures atmoélectriques. Elles se montrent plus faciles à obtenir et généralement plus belles sur des lames minces de mica ; souvent alors il n'est pas nécessaire de recourir à Tétincelle résultant d'une décharge complète, c'est assez des houppes de lumière bleue qui s'échappent de Textré* mité des pointes. On obtient ainsi des ramifications élégantes imitant le bois des cerfs, et qui, quelquefois, sont distribuées régulièrement à partir de la circonférence d'un cercle unique. Même après la décharge électrique la lame de mica isole dans toutes les directions. .

» On serait tenté d'attribuer ces figures atmo-électriques à l'électricité apportée sur le verre ou le mica par la décharge, et qui y serait restée adhérente ; mais cette explication est repoussée par ce fait, que les figures sur les deux faces de la lame sont parfaitement identiques ; qu'elles se montrent essentiellement les mêmes, soit que la batterie fût chargée d'électricité positive, soit qu'elle fût chargée d'électricité négative; et qu'enfin elles la conservent très- longtemps. J'ai comprimé des heures entières les lames de mica entre des feuilles d'étain , sans pouvoir faire disparaître ces figures. Il est certain qu'elles apparaissent plus belles dans les courts instants qui suivent la décharge électrique ; le dessin alors tranche par son aspect miroitant sur un fond mouillé ; après quelques jours, la figure est ordinairement humectée elle-même^ mais beaucoup moins que le fond, et elle reste telle pendant de longues années. Je possède des lamelles de mica qui , aujourd'hui , plus de quatre ans après la décharge électrique, montrent encore des figures à contours déterminés. On pourrait penser que ces figures sont formées par des particules métalliques que le courant électrique aurait arrachées aux pointes de laiton et disséminées sur le mica , si l'aspect de la plaque n'était pas resté tout-à-fait le même , si la faculté qu'elle possède encore d'isoler parfaitement ne rendait pas tout-à-fait invraisemblable la présence d'un dépôt métallique. Ces deux explications sont combattues plus efficacement par cette circonstance , que les figures atmo-électriques se reproduisent , quoique avec des formes un peu différentes» sur des surfaces métalliques polies et brillantes. Au moyen d'une pointe j'ai fait arriver des étincelles électriques sur des lames de cuivre plaquées d'or ou d'argent , et je voyais apparaître

IMAGES ÉLECTROGRAPHIQUES. 913

aossitôl ooe tache noire. Sous l'influence de l'haleine, cette tache se montrait sous la forme d'un cercle large de quelques lignes , qui n'était recouvert d'aucune humidité, et qui était entouré d'un plus ou moins grand nombre d'autres cercles humides ou mouillés.

» D'après tout ce que nous venons de dire, il esl probable que l'électricité, en frappant la surface des corps, la modifie de telle sorte* qu'elle a perdu la propriété d'être mouillée au contact des vapeurs ou de les condenser. J'espère que j'aurai l'occasion plus tard de faire, à ce sujet, des recherches plus approfondies. Il est à remarquer que, suivant Degen, les tubes de verre qui ne peuvent pas être mouillés par l'eau conduisent bien l'électricité, taudis qu'ils isolent quand, en les chauffant, on leur a rendu la faculté d'être mouillés. Il est encore une expérience remarquable, mais dont je ne connais point l'auteur. On dessine, dans un jour froid d'hiver, sur un carreau de fenêtre bien séché par la chaleur de la chambre, avec la boule d'une bouteille de Leyde chargée d'électricité , puis on fait arriver sur le carreau la vapeur d'eau bouillante : aussitôt qu'il est refroidi , la figure se montre au sein des vapeurs condensées, et elle est différente suivant qu'on a employé l'électricité positive ou l'électricité négative* »

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