H48 HYPOTHÈSES SUR LA NATURE DE LA LUMIERE
que je me suis hasardé à dire, le 10 avril, à Flnstitution royale de Londres ; mais en commençant, comme en finissant, je déclare que ce que j*ai avancé, je l'ai présenté comme de simples conjectures, comme les impressions vagues de mon esprit, et non comme le résultat d*un examen suflSsant, encore moins comme une conviction arrêtée ou môme probable à laquelle je serais arrivé.
» Le point précis sur lequel j'appelais Tattention des auditeurs consistait à savoir s'il ne serait pas possible d'admettre que les vibrations, qu'on suppose, dans une certaine théorie, rendre compte des radiations lumineuses et des phénomènes qui l'accompagnent, s'expliquent à l'aide des lignes de force qui relient les particules, et par conséquent les masses de matière ensemble» sans qu'on soit forcé de recourir à l'éther , que, dans une autre hypothèse, on suppose être le milieu au sein duquel ces vibrations ont lieu.
» Vous connaissez sans doute les considérations abstraites que j'ai développées, il y a quelques temps, sur l'idée que l'on doit se former de la nature intime de la matière, idées suivant lesquelles ses derniers atomes seraient des centres de force et non point de petits solides soumis à des forces d'attraction et de répulsion, réellement distincts, par conséquent, indépendants des forces, et capables d'exister sans elles. Sous ce dernier point de vue, ces petites particules ont une forme définie et une certaine dimension limitée ; sous le premier, il n'en est plus ainsi, car ce qui représente la dimension peut être considéré comme s'étendant à une distance quelconque à laquelle les lignes de force de la particule s'étendent elles-mêmes ; la particule est supposée exister seulement par ces forces et être présente là où elles existent. La considération de la matière dans ce mode d'envisager la question m'a conduit graduellement à regarder les lignes de force comme étant peut-être le siège des vibrations des phénomènes lumineux.
» Une autre considération s'appuyant simultanément sur l'idée hypothétique» tant de la matière que des radiations lumineuses, surgit de la comparaison des vitesses avec lesquelles l'action rayonnante et certaines forces de la matière sont transmises. La vitesse de la lumière à travers l'espace est d'environ 190 milles par seconde, celle de l'électricité est, d'après les expériences de M. ITVheatstone , aussi grande» sinon davantage ; on suppose que la lumière se transmet par