HYPOTHESES 30R LA NATURE DE LA LUMIERE
vibrations à travers Téther» qai est pour ainsi dire dépourvu de gravité, mais dootTélasticité est infinie; rélectricité qui s*écouIe à travers un petit fil métallique est souvent considérée comme transmise aussi par des vibrations. On ne peut guères révoquer en doute que le transport électrique dépende des forces inhérentes à la matière du fil, quand on considère la conductibilité différente des différents corps métalliques ou autres, les moyens qu'on possède de modifier cette conductibilité par la chaleur ou le froid, la nouvelle raison d'être des corps conducteurs entrés en combinaison intime avec des substances non conductrices et réciproquement , l'existence enfin d'un corps élémentaire, le carbone, qui est tantôt conducteur, tantôt non-conducteur. La force de conduction électrique, qui est une force de transmission analogue à celle de la lumière, paraît donc se rattacher aux propriétés de la matière, être sous leur dépendance et exister en réalité par elles.
» Je suppose que nous pouvons établir une comparaison entre la matière de Téther et la matière ordinaire, par exemple, le cuivre du fil à travers lequel l'électricité est conduite, et les considérer comme
semblables dans leur constitution essentielle ^ c'est-à-dire comme
composées tontes deux de petits noyaux considérés abslractivement,
soit comme l'ensemble de petits solides associés à des forces, soit
comme consistant simplement en centres de force, suivant la théorie
de Boscovick et l'opinion mise en avant par moi; car il n'y a pas de
motifs pour admettre que les noyaux réels soient plus nécessaires
dans un cas que dans l'autre. Il est vrai que le cuivre gravite, et qu'il
n'en est pas de même de l'éther; et par conséquent que le cuivre est
pondérable, tandis que l'éther ne l'est pas ; mais la gravitation ne
saurait indiquer la présence de noyaux dans le cuivre, plutôt que
dans l'éther, car de toutes les propriétés de la matière, la gravité est
celle qui s'étend à la plus grande distance possible du noyau hypo*
thétique; sa sphère d'action est infinie, relativement aux dimensions
de celui-ci, et le réduit équivalemment au rôle de pur centre de
force. Le plus petit atoine de matière sur la terre réagit directement
sur l'atome le plus minime de la matière du soleil, quoiqu'ils soient
placés à une distance de 95,000,000 milles. De plus, les atomes que
nous savons être à une distance dix-neuf fois plus grande, et même
bien plus loip, sous forme de masses cométaires, sont de même liés
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entre tut par des lignes 'de force qui s'étendent des uns aui autres et leur sont propres. Qu'y a-t-il dans la condition des molécules du prétendu éther , s'il existe seulement une seule molécule semblable entre nous et le soleil, qu'on puisse leur comparer sous le rapport de la subtilité et de l'étendue?
» Ne nous en laissons pas imposer parla pondérabilité et la gravité de la matière , comme si elles démontraient la présence des noyaux abstraits ; ces propriétés sont dues, non pas aux noyaux, mais aux forces qui leur sont sur-ajoutées« si tant est que les noyaux existent : et si les particules d'éthersonl dépourvues de cette force, ce qui, suivant l'hypothèse, se trouve être le cas , dès lors , ils sont plus matériels, dans le sens abstrait, que la matière de notre globe ; car la matière , suivant cette hypothèse, étant composée de noyaux et de forces , les molécules d'éther ont , sous ce rapport , proportionnellement, plus de noyau et moins de force.
» D'un autre côté, l'élasticité infinie qu'on suppose appartenir aux particules de l'étherjest une foi ce aussi remarquable et positive pour elles que la gravité peut l'être pour les particules pondérables, et produit dans son genre des effets aussi grands ; c'est ainsi , pour preuve « que nous avons toutes les variétés de rayonnement dans les phénomènes lumineux , calorifiques et chimiques.
» Peut-être suis-je dans Terreur en pensant que l'idée générale qu'on se fait de l'étber est que ses noyaux sont infiniment petits, et que la force qu'il possède , à savoir» son élasticité , est presque infiniment intense. Mais si c'est là la notion reçue, que reste-^t-il dans l'étber, si ce n'est de la force ou des centres de force î Comme la gravité et la solidité ne lui appartiennent pas , peut être beaucoup de gens adopteront-ils cette conclusion. Mais qu'est-ce que c'est que là gravité et la solidité ? L'une est la conséquence d'une force attrae" tivc qui peut agir à des distances aussi grandes que celles que l'esprit de l'homme peut évaluer ou concevoir , et l'autre est la conséquence d'une force répulsive qui s'oppose à toujours au contact de deux noyaux quelconques ; de façon que ces forces ou propriétés ne pourraient conduire en aucune façon ceux qui conçoivent l'éther comme une chose consistant en une force seulement à penser à aucun autre ' genre de matière pondérable , excepté à celle qui a plus de forces et des forces autres associées avec^elle que n'en a l'étber.
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» Dans la physiqae expérimentale , on peut , par les phénomènes qui 8e présentent , reconnaître différents genres de force ; ainsi , il y a les lignes de force de la gravité , les lignes d'induction électrostatique, les lignes d'action magnétique, et peut- être pourrait-on y comprendre encore d'autres lignes possédant un caractère dynamique. Les lignes d'action électrique et magnétique sont considérées par beaucoup de physiciens comme s'exerçant h travers l'espace , de même que les lignes de force de la gravité. Quant à moi, je suis disposé à croire que s'il y a interposition de particules de matière ( particules qui ne sont elles-mêmes que des centres de forces ) , elles participent à la propagation de la force sur la ligne , mais que quand il n'y en a pas , la ligne marche dans l'espace. Quelie que soit l'opinion que l'on adopte h leur égard , nous pouvons, dans tous les cas , donner à ces lignes de force une constitution telle qu'on puisse concevoir qu'elle participe à la mesure d'un ébranlement ou d'une vibration latérale on transversale. Gar^ supposons deux corps À et B placés à distance l'un de l'autre et soumis à une action mutuelle, et par conséquent liés entre eux par d«s lignes de forces , et fixons notre attention sur une résultante de force ayant une direction invariable relativement h l'espace ; si l'un de ces corps se déplace d'une petite
quantité à droite ou à gauche , ou si la force qu'il exerce est modifiée ou changée pour un moment au sein de sa masse ( ni l'on ni l'antre de ces cas n'est difficile à réaliser, si A et fi sont des corps soit électriques, soit magnétiques) , alors il se produit un efl*et équivalent à une perturbation latérale pour la résultante sur laqudie nous fixons notre attention ; car , ou biea elle augmentera en force , tandis que les résultantes voisines diminueront, ou bien. sa 'force décroîtra à mesure que celle des autres augmentera.
» On peut demander quelles sont les lignes de force dans la nature qui sont disposées ponr transmettre une pareille action et pour suppléer à Téther dans la théorie des vibrations. Je ne prétends pas répondre à cette question avec une confiance absolue ; tout ce que je puis dire , c'est que je n'aperçois dans aucun lieu de l'espace ( soit vide, pour me servir de l'expression vulgaire, soit rempli de matière) rien que des tbrces et les lignes suivant lesquelles elles s'exercent. Les lignes de pesanteur ou de force de gravitation sont assurément assez étendues pour nous mettre h même de répondre b toutes les
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exigences des phénoiAènes de rayonnement ou radiation, et il en est probablement de même de la force magnétique. D'ailleurs, qui pourrait oublier que M. Mossotti a démontré que la gravilé, que la cohésion, la force électrique, Faction électro-chimique , peuvent avoir une liaison et une origine presque communes , et qu'il en est de même de leurs actions à distance , en ce sens qu'elles pourraient toutes avoir cette extension indéfinie que possèdent quelques-unes d'entre elles ?
» Dans l'hypothèse que je hasarde « on considère donc le rayonnement comme une espèce élevée de vibration suivant les lignes de force qui lient entre elles les molécules aussi bien que les masses de matière condensée. Elle tend à supprimer l'éther, mais non les vibrations. Le genre de vibration qui, je crois, peut rendre raison des phénomènes merveilleux , variés et magnifiques de la polarisation , n'est pas le même que celui qui se présente à la surface des eaux troublées, ou des ondes sonores dans les gaz ou les liquides, car les vibrations, dans ce cas, ont lieu en ligne droite, et partent du centre d'action pour y revenir, tandis que les premières sont latérales ou transversales. Il me semble que la résultante de deux ou d'un plus grand nombre de lignes de force est dans une condition plus en rapport avec le genre d'action équivalent à un système de vibration latérale, tandis qu'un milieu uniforme comme l'éther semble naturellement devoir se comporter dans ses ondulations comme le font naturellement l'air et l'eau.
9 Un changement qui survient à l'une des extrémités de la ligne de force fait aisément concevoir un changement consécutif dans l'antre extrémité. La propagation de la lumière , comme tous les effets pro* duits par une action rayonnante, exige du temps , et par conséquent, pour que les vibrations des lignes de force rendent compte des phénomènes de rayonnement , il est nécessaire que ces vibrations exigent elles-mêmes un certain temps. J'ignore s'il existe des données au moyen desquelles on pourrait s'assurer que les actions semblables à celle de la gravitation se produisent sans l'intermédiaire du temps, ou si les lignes de force étant déjà constituées , les perturbations latérales excitées à l'une de leurs extrémités , comme je l'ai indiqué ci-dessus, ne se feront sentir qu'après un certain temps, ou se manifesteront instantanément à l'autre extrémité.