CLASSIFICATION DES COULEURS
et k bleu, et disait que le mélange de ce^ couleurs, soit entre eUes, soit a?ec du noir et du blanc, devait donner toutes les teintes imaginaUes.
Waller aussi, dans les Transactions philosophiques, pour 1686, a essayé une classification des couleurs et des matières colorantes, fondée sur ce même bit, alors universellement admis, que les. seules couleurs primitives sont le rouge, le jaure et le bleu.
La découverte de la composition de la lumière blanche par Newton fit faire un gran.l pas à^ la théorie des couleurs. Il faut regretter cependant que NeviFton, entraîné par un certain amour pour le chiffre sept, et séduit par r«inalogie qu'il croyait pouvoir établir entre les intervalles musicaux, et les intervalles de la gamme des couleurs, ait distingué Tindigo du bleu ; son spectre n'aurait dû comprendre que six couleurs : trois principales ou primitives, le rouge, le jaune et le bleu ; trois couleurs secondaires, Torangé, le vert et le violet. Quoique Newton sût très-bien qu'en combinant deux ou plusieurs rayons colorés, on obtient des couleurs qui ne diffèrent de celles du spectre que par la réfrangibiliié, il ne semble pas qu'il ait essayé de former de la lumière blanche par la combinaison d'un certain nombre de rayons du spectre.
Aucun opticien n'ignore la règle empirique, posée par Newton» pour l'estimation de la couleur produite par l'ensemble d'un nombre quelconque de couleurs élémentaires du spectre, mêlées dans des proportions quelconques. Il part d'un cercle dont le centre est blanc, et dont la circonférence présente toutes les couleurs successives du spectre, et chacune de ces couleurs occupe un arc proportionnel à sa longueur dans le spectre. Si le rouge commence au point 0"", Torangé commencera à OO"" 4\ le jaune à O/i^" Ô7\ le vert à IdO* 38', le bleu à 210* 2^' ; l'indigo à 265<' W, le violet à 299*' 15' jusqu'au contact du rouge. On fait ensuite passer chacune de ces couleurs par Tadditiott successive de blanc, de son développement le plus intense, vers la circonférence, à son maximum de lavage au centre, où elle n'est plus que du blanc. Quand ce cercle est construit et qu'on veut, par exemple, trouver l'effet produit par uu mélange de deux parties de vert, «d'une partie de rouge et d'une partie de violet , des points milieux des espaces vert, rouge, violet, pris sur la circonférence, on décrit
1274 DISPERSION «t WFRACVIOr^ QS tA ^'I^MlÈRB.
trois cercks dont le» surlac^s soieat eptre elles dan^ les ra^Muvts 2, 1 et 1, puis on cherche le centre de gravité commua de ces troùi cercles; ce centre de gravité, par le point avec lequel il coîndd^rat indiquera la couleur résultant du mélange^
Cette construction n'est qu'une représentation grossière du phénomène ; l'adjonction de l'indigo la complique et la vicie même; ainsi, par exemple, on devrait conclure de la règle donnée par Newton que le mélange de deux couleurs ne donnerait jamais du blanc pur. Newton, il est vrai, aflSrme quelque part que, môme en emplojanl deux couleurs empruntées au speoire solaire, il ne reproduisait pas du blanc ; mais ces expériences auraient besoin d'être répétées.
Newton encore essaya de reproduire le blanc et les autrtis cou* leurs avec des mélanges de poudres colorées; mais le blanc obtenu se montra toujours gris, et le grand physicien rendit parfaitement compte de ce résultat en remarquant que les poudres colorées absorbent, dans sa théorie, une grande quantité de la lumière qui les éclaire. M. Forbes explique mieux encore la différence entre la couleur résultant du mélange des rayons pris dans le spectre et les couleurs résultant des mélanges des matières colorantes. Dans le premier cas, quand on projette sur un écran blanc toutes les couleurs du spectre, chacune de ces couleurs est réfléchie avec une égale vivacité, l'éclat de l'écran est bien la somme des éclats dus aux différents rayons : quand on opère, au contraire, sur des matières colorantes combinées, ce ne sont plus des lumières qui s'ajoutent ; il s'agit plutôt de constituer un fond ou écran multiple capable de disperser en nombre convenable et suflBsant les parties constituantes du rayon de lumière blanche qui l'éclairé, en absorbant les antres. N'est- il pas évident que dans ce dernier cas H doit y avoir un certain degré d'assombrissement ou une transformation du blanc en gris 7
Ajoutons encore à cette première observation le fait découvert par Lambert, que le pouvoir réfléchissant des diverses matières colorantes est loin d'être le miême. La surface bls^nche la plus brillante et le jaune de roi réfléchissent quatre dixièmes au plus de la lumière qni les éclaire ; le plus beau rouge, le cinabre, un tiers ; le
IkieQ de Berlin, on aepUème seulement. Popr obtenir donc dn cerde de l^ewton des résiiltats exacts, il faudrait donner aux espaces coloré» des étendues en raison inverse des nombres qui expriment leur pau* ¥oir réfléchissant. En supposant ce pouvoir égal, il £iudr«it, pour prot Aiire du blanc, (^,S86 de rouge, 0,418 de jaune, 0,418 de Ueu; et en tenant compte de rinégalité signalée par Lambert, il faudrait 1,157 de rouge, 490 de jaune, et 2,2^7 de bleu. M. Forbes en conclut que ^a lumière blanche obtenue par la réflexion des trois espaces colorés est de la lumière blanche dont l'intensité est diminuée dafts le rapport de 1 à 4,57, tandis que la lumière blanche, réfléchie par le papier blanc, n'est aflaiblie que dans le rapport de 1 à 2,50. Ce simple calcul rend parfaitement compte de la teinte grise résultant de la rè^ gle de Newton. Pour obtenir réellement du blanc, il faudrait, comme Field Ta reconnu, que les surfaces du rouge, du jaune et du bleu» fussent dans les rapports de 5 à 3 et à S.
Le célèbre mathématicien Mayer a le premier construit un diagramme complet et aussi parfait que possible des couleurs mélangées, en les coniûdérant comme formées de rouge, de jaune et de bleu. Il I^ace ces couleurs primitives aux angles de son triangle, en leur donaant une intensité commijine représentée par 8 ; le jaune occupe le sonamet, le rouge l'angle de gauche, et le bleu l'angle de droite. Le triangle est partagé en & bandes ; chaque bande confient tm nombre de divisions qui va en augmentant de 1 jusqu'à 9 : 1'* bande, jaune; 2* bande, 7 J. 1 R., 7 J. 1 fi. ; 3* bande, 6 J. 2R., 6 J. t R. 1 B., 6 J. 2 B. ; 4^ bande, & J. 3 R. , 5 J. 2 R. 1 B., 5 Jw
1 R.3B., 5 J., 3B; &' bande, U5. 4R., &J. 3R. i B.,iiJ.2R. S B., & J. 1 R. 3 B., 4 J. 4 B. ; ^ bande, 3 J. 5 R., 3 J. 4 R. i B., 3J. 3R. 2 B., 3 J. 2 R. 3 B., 3 J. 1 R. 4 B., 3 J. 5B; ?• bande,2 J. 6 R., 2 J. 5 R. 1 B., 2 J. 4 R. 2 B., 2 J. 3 R. 3 B.,
2 J. 2 R. 4 B., 2 J. 1 R. 5 B., 2 J. 6 B. ; 8* bande, 1 J. 7 R.^ IJ. 6 R. 1 B., 1 J. 5 R. 2 B., 1 J. 4 R. 3 B., 1 J. 3 R. 4 B.„ 1 J. 2 R. 5 B., 1 J. 1 R. 6 B., IJ. 7 B. ; 9« bande, enfin, 8 R., I R. 1 B,, 6 R. 2 B., 5 R. 3 B., 4 R. 4 B., 3 R, 5 B., 2 R. 6 B.^ IR. 7B, 8R.
L^uoité de masse pour chaqpe cpiMeur primitive au «haque mar
1276 DISPERSION ET REFRACTIOfi DE LA LUMIERE.
fière coforante est la proportion dans laquelle cbacDnedoît être, mélangée aux deux aulres couleurs primîtifes ; pour donner on gris parfaitement neutre, il faut déterminer ces proportions par expérience« I^mbert trouva que pour réussir, il fallait employer en poids i de carmin, 10 de janne de Camboge, 3 de bleu de Berlin.
M. Forbes démontre facilement que le triangle de IViayer est loin de former une échelle complète de couleurs; Mayer n*avait tenu aucun compte des pouvoirs réfléchissants, très-inégaux, des diverses couleurs; et par conséquent, suivant que son triangle sera éclairé par une lumière trop vive ou trop faible, les proportions des couleurs seront changées, quelques-unes se perdront noyées dans un, flot de lumière blanche, ou par trop assombries.
Abordons maintenant une autre question. Ck)mbien peut-on intercaler de nuances composées ou mélangées entre deux-couleurs sim* pies ou primitives, sans que Tœil cesse de les distinguer Tune de l'autre par une simple comparaison ? Le nombre est beaucoup pins petit qu'on ne le suppose. Lambert a£Bruie que du noir absolu au blanc parfait on ne peut tracer que trente teintes intermédiaires (|ue Toeil puisse distinguer dans les circonstances les plus favorables possible. Le nombre des gradations de teintes visibles pour les couleurs les plus simples et les plus posit?ves est probablement beaucoup moindre,, et celui des couleurs neutres encore plus petit.
Mayer afiirme que la distinction des couleurs mélangées est facile tant que la somme des parties composantes en chaque point ne surpasse pas i 2 ; ce qui le conduisait à composer son échelle de 819 couleurs ; mais ce nombre paraîtra réellement trop petit, si l'on fait attention au nombre infini de teintes et d'ombres que l'on rencontre dans la nature. Lambert a modifié les triangles superposés de Mayer, en diminuant leur surface à mesure que les couleurs principales sont plus lavées de blanc ou assombries de noir. 11 a obtenu ainsi une double pyramide dont la base commune est le triangle de Mayer ; les couleurs, d'un côté, vont se perdre dans le blanc, de l'autre, dans le noir. En donnant treize éléments à chaque côté de la base, la double pyramide offrirait neuf cent dix éléments constituant l'échelle chromatique de Lambert.
M. Forbes arrive ensuite aux travaux plus récents, et entre dans Tassez longs détails sur la nomenclature des couleurs, par M. Hay ,