PHOTOGRAPHIE
DÉFINITION. — Ce mot, formé.'de deux racines grecques : f^ç, tu* mère^ et 7/>afft>, fécris^ je dessine, désigne l'art merveilleux né de nos jours et à l'aide duquel on obtient sur des plaques métalUqnes, svr le papier et diverses autres substances, la représentation fidèle el fixe d'un objet quelconque, sans autre agent que la lumière même éotise par l'objet Quand l'image est reçue sur des plaques méulliqoes, la
photographie s'appelle dafjtierréotyjne, du nom de son inrenteur, M. Daguérre.
Histoire de la photographie. —Vers le quinzième siècle, trois saYaots italiens, un bénédictin du nom de Gapnutîo, Léonard de Tinci, le doyen des peintres de la renaissance, et un physicien napolitain, Jean-Bapiiste Porta, reconnurent, chacun de leur côté, que si l'on perce un très petit trou dans le Tolet de la fenêtre d'une chambre bien close, ou mieux encore dans une plaque métallique mince appliquée à ce Tolet, tous les objets extérieurs dont les rayons peuYent atteindre le trou, vont se peindre sur le mur de la chambre qui lui fait face, avec des dimeuFions réduites ou agrandies, selon les distances ; avec des formes et des situations relatives exactes ; enfin, ivec les couleurs naturelles. Porta découvrit, peu de temps après, que le trou n*a nullement besoin d'être petit ; qu'il peut avoir une largeur quelconque, pourvu qu'on lui adapte une lentille. Les Images produites par l'intermédiaire du trou ont peu d'intensité ; les autres brilleot d'un éclat proportionnel à l'étendue superficielle de la len« tille qui les engendre. I^s premières ne sont jamais exemptes de confusion ; les images des lentilles, au contraire, quand on les reçoit exactement au foyer, ont des contours d'une grande netteté. Cette netteté est devenue vraiment étonnante depuis qu'aux lentilles simples, composées d'une seule espèce de verre et possédant dès lors autant de foyers distincts qu'il y a de couleurs différentes dans la lumière blanche, on a pu substituer des lentilles achromatiques qui réunissent tous les rayons possibles en un seul foyer, depui?» snrtoQt, que l'on a adopté la forme périscopique, inventée par Wollaston. La chambre obscure de Porta est comme un œil artificiel, où la rétine, sur laquelle viennent se peindre les images des objets, est remplacée par un fond mobile placé au foyer de la lentille : de même que l'œil s'accommode aux distances, de mémo aussi, à l'aide d'un mécanisme particulier, on rapproche ou on éloigne le fond mobile» jusqu'à ce que l'Image ait toute la netteté désirable : dans tout le champ que la vision embrasse, on n'aperçoit aucune aberration de sphéricité ; avec la chambre noire, pour arriver au même résultat, oa substitue à la lentille bi-convexe une lentille double-convexe con« cave et de forme périscopique : notre œil nous montre les images droites; renversées naturellement dans la chambre obscure, elles
604 NATURE INTIME DU 6PEGTRB 80LAIRB.
sont fiicilement redressées» soit ft Takle d'une glace parallèle, aok à i*aide d'an prisme qui les réfracte et les retourne à la fois : la pu* pille de Tccil s'épanouit ou se contracte en raison inverse de l'intén* site des rayons lumineux qui la frappent \ dans le mêitte bat« m place devant robjectif des diaphragmes qui loi servent de pupille» et qui» en modérant la clarté, empêchent le vague de l'Image rfisdltaiit d'une lumière trop abondante, etc.
Porta fit construire des chambres noires portatives ; chacune d'eUes était composée d'un tuyau plus ou moins longi armé d'une lenliUe; l'écran blancbitre, en papier ou en carton» sur lequd les imagea allaient se peindre» occupait le foyer : le physicien napoUtdndesânaît ses' petits appareils aux personnes qui ne savent pas deanner ; pour obtenir des vues parfaitement exactes des objets lea ploa taoh pliqués» il proposait de suivre avec la pointe do crayon lea contoon de l'image focale.
t II n'est personne^ dit M. Arago» qui» après avoir remarqué la netteté de contours» la vérité de formes et de couleur, la dégradatioB exacte de teintes qu'offrent les images engendrées par cet instrument, n'ait vivement regretté qu'elles ne se conservassent pas d'elles mêmes, et n'ait appelé de ses vœux la découverte d'un moyen eflScace de ks fixer sur l'écran focal. » Aux yeux de tous, il faut également le dire, c'était là un rêve destiné à prendre place parmi les conceptions extravagantes d'un Wilkins ou d'un Cyrano de Bergetaa Le rêve cependant s'est réalisé ; prenons rinvcntion dans son germe et marquons-en soigneusement les progrès.
Les alchimistes réussirent jadis à unir l'argent è l'acide extrait da sel marin ; le produit de la combinaison était un sel blanc, qu'ils appelèrent Utne ou argent corné ^ et qui n'était que du chlorure d'argent Ce sel jouit de la propriété remarquable de noircir à la lauriers d'autant plus vite que les rayons qui le frappent sont plus vifs. Couvrez une feuille de papier d'une couche de chlorure d'argent; projetez sur cette couche, à l'aide d'une lentille, l'image d'un objet: les parties obscures de l'image, les parties sur lesquelles ne frappe aucune lumière resteront blanches ; les parties fortement éclairées deviendront complètement noires; les demi^teintes seront tepréaen* tées par des gris plus ou moins foncés. Placez une gravure ftnr da papier enduit de chlorure d'argent, et exposes le tout I la lomlèn»
RATONS CHIMIQUES. — PlfOTOGRAPHIB. 69S
Solaire, la grarore en dessus : les tailles remplies de noir arrêteront les rayona; les parties de Pendait qne ces tailles totichent et recôntrent tonser ?eront leur blancheur prlmiiive ; dans les i'égloni eorrespondantes, ait contraire, k celles de la planche, où Tean-forte on le borin n'ont pas agi , là où le papier a consenré sa demi-dlaphanéité, la lumière solaire passera et ira noircir la couche saline : le résultat nécessaire de l'opération sera donc une image semblable i la gravure par la forme, mais inverse quant aux teintes : le blanc »'y troutera reproduit en noir, et réciproquement. Cette application ai corieuse de la propriété du chlorure d'argent, découverte en 1565, cette action bien constatée de la lumière laissant sur un fond préparé une coloration véritable, sont le premier élément de la photographie. Au commencement du dix-neuvième siècle, Charles, célèbre physicien français, se servait, dans ses cours, d*un papier enduit pour engendrer des silhouettes à l'aide do l'action lumineuse. Il mourut emportant son secret, et sans qu'aucun document authentique atteste sa découverte ; et l'on doit, par conséquent, affirmer que la gloire des premiers procédés photographiques appartient à M. Wedgevrood, qui, aidé de Tllluslre Davy, publia, eu 1802, une note curieuse, sous ce titre : Description d*un procédé pour copier des peintures sur verre et pour faire des silhouettes^ par l'action de la banière sur le nitrate d'argent. La justice nous fait un devoir de reproduire, avec quelques détails, ce document important
« Le papier blanc et la peau blanche, humectés d'une solution de nitrate d'argent, ne changent pas de teinte quand on les conserve dans robscurité ; mais exposés 5 hi lumière du jour, ils passent promptement an gris, puis au brun, puis, euRn, presque au noir.
9 Ces changements sont d^autant plus prompts que la lumière est plus intense. Dans les rayons directs du soleil, deux ou trois minutes sufBsent h produire l'efTet complet; à l'ombre, il faut plusieurs heures ; et la lumière, transmise par des verres diversement colorés, agit arec des degrés divers d'Intensité. Ainsi, les rayons rouges ont peu dVffet ; les jaunes et les verts sont plus efficaces; mais les bleus et les tiolets ont l'action la plus énergique.
• Ces faits conduisent il un procédé facile pour copier les contours et les ombres des peintures sur verre et se procurer des profils par l'ac- ^\o^ de la lumière. Lorsqu'on pla'-e une surface blanche, couverte
696 NATURK INTIME DU SPECTRE SOLAIUE.
d'une solution de nitrate d'argent, derrière une |>eiaiiiresor verre, el qu'on expose le tout aux rayons du soleiU les rayons traosoiîs pro* duisent des teintes très marquées de brun ou de noir, qui diffèrent sensiblement d'intensité, selon qu'elles correspondent aux parties da tableau plus ou moins ombrées ; et là où la lumière est transmise presque en sa totalité, là le nitrate prend sa teinte la {dus foncée. Lorsqu'on fait tomber sur la surface imprégnée de nitrate Tooibre d'une figure, la partie qu'elle cache demeure blanche ei le reste passe très promptement au brun foncé. Pour copier les peintures sor verre, il faut appliquer la solution sur de la peau blanche : Teflet est plus prompt que sur le papier. Celte teinte une fois produite est très permanente, et on ne peut la détruire ni à l'eau ni au savon.
» Après qu'on a ainsi obtenu un profil, il faut le tenir dansTobscorite : on peut l'exposer sans inconvénient pendant quelques minotcs à la lumière du jour ; et la lumière des lampes ne produit aocoiie altération sensible sur les teintes. On a vainement tenté d'empêcher la partie non colorée du profil d'être influencée par l'action de la la* mière. Une couche mince de vernis n'a pas détruit la susceptibilité de cette matière saline à recevoir une teinte par cette action, et des lavages répétés n'empêchent pas qu'il n'en reste assez dans une pcaa ou dans un papier imprégné, pour que ceux-ci se noircissent en re-* cevant les rayons solaires.
» Ce procédé a d'autres applications ; on peut s'en servir pour laîre des dessins de tous les objets qui ont un tissu en partie opaque et en partie transparent. Ainsi, les fibres ligneuses des feuilles et les ailes des insectes peuvent être assez exactement représentées parce procédé. Il sufiit, pour cela, de faire passer au travers la lumière so« laire directe et de recevoir l'ombre sur une peau préparée. On ne réussit que médiocrement, par ce procédé, à copier des estampes ordinaires ; la lumière qui traverse la partie légèrement ombrée n'agit que lentement , et celle que peuvent transmettre les parties ombrées est trop faible pour produire des teintes distindement terminées. Ou a essayé aussi sans succès de copier ainsi des paysages avec la lumière de la chambre obscure : elle est trop faible pour produire un efiet sensible sur le nitrate d'argent pendant la durée ordinaire de ces expériences. C'était cependant l'espérance de réussir dans cet essai, ca pariicu'icr, qui avait mis M. Wedgewood sur la voie de ces rcchcr-
RAYaNâ €HIMI<^UE8. *— PHOTOGRAPHIE. 697
cbes. Mais en peut, à Faide du microscope solaire, copier sans diffi-> collé, sur du papier préparé, les images des objets. Seulement, pour bien réussir, il faut que ce papier soit placé à peu de distance de la lentille. La solution se prépare en mêlant une partie de nitrate d'ar-* gant avec dix d'eau. Dans ces proportions, la quantité de sel dont le papier ou la peau se trouvoronl imprégnés suflBra à les rendre sos« ceptibles d'être affectés par la lumière, sans que leur composition ou leur tissu soit en rien altéré. En comparant les effets produits par la luoûère sur le nitrate et k muriate d'argent, il a paru évident que le muriate était le plus susceptible, et que l'un et Tautre étaient plus sensibles à l'action de la lumière lorsqu'ils étaient humides que lorqu'ils étaient secs. C'est là un fait connu depuis bngtemps. Même dans le crépuscule, la couleur d'une solution de muriate d'argent étendue sur du papier et demeurant humide a passé lentement du blanc au violet léger. Le nitrate, dans la même circonsiance, n'a pas changé sensiblement Cependant, la solubilité de ce dernier sel dans Teau lui donne un avantage sur le muriate: mais on peut néanmoins, sans difficulté, imprégner du papier ou de la peau d'une quantité suf* fisante de muriate, soit en délayant ce sel dans l'eau, soit en plongeant dans de Tacide muriatique étendu un papier humecté de solution de nitrate.
• II faut se rappeler que tous les sels qui contiennent l'oxyde d*ar« gent teignent la peau en noir d'une manière ineffaçable, jusqu'à ce. que l'épiderme se soit renouvelé. Il faut donc éviter d'en laisser tom* ber sur les doigts. On se sert commodément d'un pinceau ou d'une brosse.
1» La permanence des teintes ainsi produites sur le papier ou la peau fait présumer qu'une partie de l'oxyde métallique abandonne son acide pour s'unir à la substance végétale ou animale et former avec elle un composé insoluble. Et en supposant que cela arrive, il n'est pas improbable qu'on ne trouve des substances qui pourront détruire ce composé par des affinités ou simples ou composées. On a imaginé à cet égard quelques expériences dont il sera rendu compte pins tard. 11 ne manque qu'un moyen d'empêcher que les parties claires du dessin ne soient colorées par la lumière du jour, pour que ce procédé devienne aussi utile que Texéculion en est prompte et facile. »
Cette note, on le voit, posait nettement le problème de la photo»
698 NATURE INTIME DU 8PECTRR 80LAIRR.
griphte : H« Wedgewood aTah reconiiu la posBibilité de fixer lesfaniges formées au foyer de h chambre obscure i il met tout en ceom pour y perrcBir; mais il est arrêté par deox grandes diffieidlés qu'il ne peut pas surmonter t la lumière est trop bible ou la cooehe far* gent trop peu sensibloi et il ne peut pas enleter à la toile de m 11^ bleau la propriété de se noircir I la lumière.
Après ces essais Imparfaits^ mais non pal iusignlfiafits, eotume fa dit M. Arago, nous arri? oui, sans rencontrer sur notre route aucun intermédiaire, aux recherches de MM. Niepce et Daguerre.
Les essais photographlifues de M. Niepce^ propriétaire retiré des environs de CbUon-sur-SBAne, paraissent remonter jusqtt*)i Vannée 161 &; ses premières relations avec U. Daguerre sont du mois de Janvier 1826 : rindiscrétion d'un opticien de Paris avait rapproché ces dent expérimentateurs patients, qui poursuivaient séparément la solution du plus étrange des problèmes.
En 1827, M. Niopcese rendit en Angleterre, et présenta k la Société royale de Londres un mémoire sur ses traraux photographiques. Le mémoire était accompagné de plusieurs échantillons^ sortis depuis des collections de divers savants anglais, et qui prouvent sans réplique que pour la copie photographique des gravures, que pour la formation à l'usage des graveurs de planches à Tétat d*ébauchei avancées, M. Niepce connaissait, en 1827, le moyen défaire correspondre les ombres aux ombres, les demkeintes attx demiteintes, les clairs aux clairs; qu*il savait de plus, ses copies une fois engcndréesi les rendre insensibles I l'action ultérieure noircissante des rayons solaires.
Mais, ain^ès une multitude d'essais infructueux, H. Niepce aTSit. lui aussi, ï peu près renoncé I reproduire les images de la diambre obscure. Les préparations dont il faisait usage ne noireisstlent pas asses vite sous l'action lumineuse : il lui fallait dix h doute heures pour engendrer un dessin ; cette lenteur désespérante entraînait après elle mille inconvénients graves. Yoici quelle était la subatincc em« ployée par M» Niepce, A l'aide d'une molette. Il faisait dissoudre do bitume sec de Judée dans de l'huile de lavande : le résultat de cette évaporation était un vernis épais, que le physicien de Châlon appRquait par tamponnement sur une lame métallique polie, par exemple sur du cuivre plaqué ou recoutcrt d'une lame d'argent.
M. Dagaerre s'appliqua d'abord h perfectionner la méthode de Nîepcc, en substituant au bitume la distillation d'huile de lavande : le nouveau résidu, dissous dans Valcool et séché, donnait un enduit pins blanc et plus sensible : il obtint ainsi une plus grande variété de tons, plus d'éclat, plus de régularité, plus de certitude de réussir dans la manipulation.
Dire, k partir de ce point, comment M. Dagnerre, onjcberchant do nouvelles voies à la photographie, fut amené à essayer l'évaporation de l'iode sur le plaqué d'argent ; comment il est arrivé à reconnaître h teinte qui était la plus sensible à la lumière; comment il a près* senti que sous cette couche, retirée intacte do la chambre noire» l'image se trouvait déjà tracée dans une perfection de détails et d'en* semble qui n'avait jamais existé dans les méthodes antérieures; comment il a trouvé que la vapeur mercurielle était le réactif le plus puissant pour faire ressortir cette image, serait chose impossible, car ce serait faire, jour par jour, l'histoire de neuf années d'essais, encourageants quelquefois, infructueux souvent, pénibles et dispendieux toujours*
La correspondance do M. Niepce semble prouver suffisamment que IL Daguerre loi a indiqué les effets de la lumière sur l'iodo mis en contact avec l'argent , dans une lettre datée du 21 mai 18ftâ« 11 restait & cette époque deux grands problèmes à résoudre ; obtenir les clairs dans l'état naturel et fixer les images. Ces deux problèmes» &i . Daguerre les a complètement résolus. Dans une lettre écrite de Lux, 1*' novembre 1837, M. Miepce exprimait ainsi son admiration : • Quelle différence aussi entre le procédé que vous employez et celui avec leqoelj'ai travaillé.. .. Tandis qu'il me fallait presque une jour-* née pour faire une épreuve. Il vous faut quatre minutes : quel avantage énorme ! !!»
Du récit que nous venons défaire, il faut nécessairement conclure que la pensée do la photographie appartiotvtè M. IVcdgeWood; que les premiers succès dignes de fixer l'atlentioA furent obtenus par M. Niepce; mais que M. Daguerre, surmontant toutes les difficultés, a seul résolu, de la manière la plus parfaite, le problème merveilleux de la fixation des images formées au foyer des lentilles.
L'annonce de cette brillante découverte, dans les premiers jours de janvier 1839, fut un véritable événement. Je me rappellerai toujours
Goog^^fc.
reffct étonnant que produisît, au sein de J'Acadéraie d*abord et dans toute la France, la communication verbale faite par M. Arago dans la séance du 7 janvier. Nous en rappellerons quelques phrases : « Tout le monde a remarqué avec quelle netteté, avec quelle vérité de formes, de couleur et de ton, les objets extérieurs vont se reproduire sur Técran placé au foyer de la large lentille qui constitue la partie essentielle de la chambre obscure... . Qui donc, après avoir admiré ces délicieuses images, ne s'abandonnait pas an r^ct qu'elles ne pussent pas être conservées. Ce regret sera désormars sansobjet«... M. Daguerre a découvert des écrans particoiiers sur lesquels l'image optique se dessine avec les plus minutieux détails, avec une exactitude et une finesse incroyables... les couleurs seules manquent au tableau.... La lumière reproduit elle-même les formes et les proportions des objets extérieurs, avec une précision presque mathématique; les rapports photométriques des diverses parties blanches, noires, grises, sont exactement conservés ; mais des demiteintes représentent le rouge, le jaune, le vert... Tous ces tableaux supportent l'examen à la loupe^ sans rien perdre de leur pareté. .. Ce procédé n'a pas seulement exigé la découverte d'une substance plus sensible à i'aaion de la lumière; il a fallu trouver encore le moyen de lui enlever à volonté cette propriété. C'est ce que M. Da-* guerre a fait : les dessins, quand il les a terminés, peuvent être exposés en plein soleil sans en recevoir aucune altération.. .. Le temps nécessaire à l'exécution d'une vue, quand on veut arriver à de grandes vigueurs de ton, varie avec l'intensité de la lumière, et dès lors avec l'heure du jour et la saison ; en été et en plein midi, huit ï dix minutes suffisent. »
Quelques jours avant cette communication, un savant physicien anglais, M. Talbot, adressa à l'Acadcmie une réclamation formelle de priorité, et disputa à M. Daguerre la double gloire : 1® d'avoir fiié les images de la chambre obscure ; 2'* d'avoir rendu ces images inal* térables, de sorte qu'elles puissent soutenir l'éclat de la lumière solaire* Cette réclamation ne s'appuyait sur aucun fondement solide ; les droits de nos glorieux compatriotes étaient par trop évidents; M. Talbot eut le bon esprit de s'en consoler noblement : « Uncfoi.s dit-il dans une de ses lettres à M. Riot, qu'il est reconnu que mes recherches ont été parfaitement indépendantes, je ne me moiirai
BATONS GUlBflOUES* — PHOTOGRAPHIE. 701
pas trop en pciae qu'on soit arritéailleorsà de semblables résultats, b Le témoignage sniYant devait enleycr à M. Talbot jusqu'à l'ombre de ses prétentions à la décoatcrte de la photographie. M. BaCker, savant botaniste, dans une lettre écrite, en 1839, an rédacteur de Litterary Gazette, disait qu'il fit connaissance avec M. Niepce & Rew, en septembre 1827. Dans le mois de décembre suivant, M. Miepcc, sur l'invitation de M. Baiier, rédigea an mémoire relatif aux procédés qu'il avait découverts pour fixer les images de h chambre obscure et pour copier des gravures à l'aide des rayons solaires. €e mémoire, que M. Baûcr a fait imprimer, porte la date du 8 décembre 1827 ; il fut présenté à la Société royale de Londres dans ce ménae mois de décembre ; il resta plusieurs semaines aux mains de divers membres du comité de ce corps savant; le mémoire était accompagné de plusieurs échantillons très intéressants, produits de la découverte de Niepce ; s'il ne fat pas imprimé dans les Transactions philosophiques^ c'est que l'auteur n'y avait pas décrit ses procédés. M. fiaûer possède plusieurs échantillons du nouvel art, que M. Niepce lui remit en 1827 : il offre de les montrer à qui serait curieux do les étudier. Il résulte de celte lettre si loyale une preave irrécusable de la grande antériorité de notre compatriote sur les physiciens anglais; car d'après la propre déclaration de M. Talbot, ses premiers essais ne remontent, comme nous le verrons, qu'à 1835.
Il se passe dans le monde intellectuel des phénomènes semblables à ceux que Ton remarque dans le monde physique. A certaines époques, ane grande idée envahit tout à coup un certain nombre d'esprits .placés ordinairement à de grandes distances ; obscure d'abord et peu active, cette idée bientôt se développe et grandit, et on la voitéclore tout à coup sur plusieurs points à la fois.
Le fait est qa'avant que Daguerre eût fait connaître ses procédés, U. Talbotavait présenté à la Société royale de Londres une série nombreuse et variée de dessins photogéniques exécutés sur papier mais par une double opération. Dans la première image, les noirs correspondent aux parties éclairées, et réciproquement ; et c'est en copiant de nouveau cette image renversée que Ton revient à l'ordre naturel. L'ensemble des procédés de M. Talbot a reçu le nom de calotypiei Cet art diffère essentiellement de la daguerréotypie, d'abord par remploi du papier substitué au métal, puis par ce fait capital qu'on
70Q NATOM IKTIMB DU IPBeTM 8ÔUIM.
D*trrif» à l'image f iriubie oo positiva qa'an panant par mot teafa renvariée oa négaiiva, et que cet deos fanages tout olit«Mifla sur das ianilles dlfféreni^, tandis que dans la dagaerréoiypie Tiniage poaittve, sous r action des vapenrs da mercure, succède sur la mênia plaque métallique à l'Image négative presque insensible. M. Talbot avait été devancé par M. Niepce, même quant à la calotypie ^ ai aflet. M. Chartes Chevalier, optiden» avait reçu de lui, en 1939, mia pbqua métalliqae sur laquelle on voyait une figure de Christ traoaportie d'une gravure sur le méul à l'aide des rayons solaires; lea Uancseï les ombres s'y trouvaient reproduits comme dans Toriginal, sav inTcrsion. C'est, du reste, un inconTénient évident que d'être foreéde passer par l'image négative pour arrirer à la représentation fidèle dea objets qu'il s'agit de reproduire.
A peine H. Ârago avait-il annoncé les étonnants résultats oblenos par H. Daguerre, qu'un enthousiasme universel éclata partout Cette découverte si inattendue, ri magnifique, occupa les cent bouches delà renommée, et le nom de Daguerre devint le plus européen de T^Mque. Malheureusement pour les auteurs de cette magnifique inventioB, il leur était impossible d'en faire un objet d'industrie, et de s'indemniser des sacrifices que leur avaient imposés tant d'essais si longtemps infructueux. Leur art n'était pas susceptible d'être protégé par ua brevet. Dès qu'il aurait été connu, chacun eût pu l'exercer ; le plus maladroit devait presque, dès son début, arriver à faire des dessins aussi parfaits qu'un artiste exercé. Il fallait donc que le procédé appartint k tout le monde ou qu'il restât inconnu. Or, quels justes regrets n'auraient pu exprimé tous les amis de l'art ou de la sdeocet si un tel secret avait dû demeurer impénétrable au public, s'il avait dû se perdre et mourir avec ses inventeurs.
Pour ceux aussi qui ne sont pas insensibles è la gloire nationale, qui savent qu'un peuple ne brille d'un plus grand éclat an mîliav des autres peuples que par les progrès plus grands qu'il fait foire k h civilisation; pour ceux là, dlsons^nous, le procédé de M. Daguerre était une brillante découverte, pleine d'intérêt, riche d'avenir, qui fait ^M)qne et sera conservée comme un titre de gloire : il ne fallait pas qu'il allât à la postérité escorté d'ingratitudes; il devait Inlpai^ venir, au contraire, comme un éclatant témoignage de la protection que les chambres et le pays tout entier accordent aux œuvres du génie.
RATOm CHWraVJSi. ^^ PHOT0«R4Fmi. 708
Dani ces circoutaocen exc#ptioQQeUe«t le goaveniemiit iw^H donc iotervenir ; c'itiiit h lui k mettre la soçiéiâ en pornssioii de b dic(»oTerte doot ello demandait & joQir d»n« Tint^^ général, en donnani à ses glorieux auteurs la récompense de Icura traTam, Le goavemement ioicrvint en effet; il accorda à AUi. iSicpce ci Dagnerre despeosions Tîagires de &,000 et 6,000 francs, réversibles par moitié seulement sur leurs veuves. Libre alors ei chargé o(6ciclt lement d^une mission que la sympathie des inventeQi*s lui avait depuis longtemps confiée, U. Arago put publier, au sein de TAcadémio des Sciences, les ingénieux procédés qu*on ne connaissait encore que par quelques mystérieuses épreuves; cette commooication ^ennelle se fit dans la séance du 19 août I8â9. Ce fut poor les Académies réunies des Sciences et des Beaux-Arts un véritable jour de féie. Tout le monde comprenait la portée indéfinie de cette grande conquête* Par la découverte de (A, Dagnerre, le physique entre en possession d*an réactif extrêmement sensible aux lufluences Inmt* nenses, d*pn instrument nonveau, qui sera pour Tintensité de la lumière et les phénomènes optiques ce qne le microscope est pour les petits objetsii qui fournira l'occasion de nouvelles recherches et de nouveaux progrès, Les bas-reliefs, leastatnes, les monuments, en on mot la nature morte , sont rendus avec une perfection ioabor*' dable aux procédés ordinaires du dessin et de la peinture, et qui est égale i celle de la nature , puisque, en effet, les empreintes du daguerréotype ne sont que sa reproduction fidèle ; pour copier les millions d'hiéroglyphes qui couvrent, même à Tintérieur , les grands monuments de Thèbes» de Uempbis, de Karnak, etc. , U faudrait des vingtaines d'années et des légions de dessinateurs t avec le daguerréotype, un seul homme pourra mener à bonne fin cet immense tra* vail; de vastes étendues de caractères réels remplaceront des hiéroglyphes fictifs ou de pure convention s les dessins surpasseront en couleur locale les œuvres des plus habiles peintres t la perspective du paysage de chaqueolijet sera retracée avec une exactitude absolue ; aucun accident, aucun trait même inaperçu n'échappera à rœil et au pinceau du nouveau peintre. Les arts indostriels pomr la représea« tation des formes, le dessin pour des modèles parhiu de perspective et d'entente de la luo^e et des ombres, les sciences natnrelles pour rétude des espèces et de leur organiiaiion , Tanthropolngie pour la
704 NÀTtinfi ir^TiMC du spectre solaire.
reproduction des divers types, etc. , etc. , voient 8*oavrir une noinrelle carrière. Les épreuves daguerrienncs, disait M. Paul Delarocbe, portent si loin la perfeclion de certaines conditions essentielles, qu'elles deviendront pour les peintres même les pins habiles on sujet d'observations et d'études. La correction des lignes, la prédaion des formes est aussi complète que possible ; le fini, d*an précieux inimaginable, ne trouble en rien la tranquillité des masses, ne nuit en aucune manière à Teffet général; le modelé est large, éneiigiqne et d'un ensemble aussi riche de touque d'eflet En résamé, la'décoaverte nouvelle est un immense service rendu aux sciences , aux arts et è Tindustric.
Un vide, cependant, restait encore k combler : les objets colorés ne sont point reproduits avec leurs couleurs propres, et les divers rayons lumineux n'agissant pas de la même manière sur le réactif de M. Daguerre , l'harmonie des ombres et des clairs dans les objets colorés est nécessairement un peu altérée ; c'est là un point d'arrêt tracé par la nature même aux nouveaux procédés. Arrivera-t-on ^ leur faire reproduire des couleurs , à substituer les tableaux aux sortes de gravures à Catfuatinta qu'on engendre maintenant T Le problème sera résolu le jour où l'on aura découvert une seule et même substance que les rayons rouges coloreront en rouge , les rayons jaunes en jaune, les rayons bleus en bien, etc., etc. M. Niepce signalait déjà des effets de cette nature; peut-être en était-il de même du rouge et du violet, que M. Seebeck obtenait simulunémenC sur le chorure d'argent, aux deux extrémités du spectre; M. Herschel a annoncé que son papier sensible, exposé à un spectre solaire très vif, offrait ensuite toutes les couleurs prismatiques, le ronge excepté; M. Daguerre, pendant ses premières recherches sur la phosphorescence, avait découvert une poudre qui émettait une lumière rouge, après que la lumière rouge l'avait frappée, d'autres poudres auxquelles le bleu communiquait une phosphorescence bleue, le vert aoe phosphorescence verte, etc. ; en mêlant ces poudres mécaniquement, il obtint un composé unique qui devenait rouge dans le ronge, vert dans le vert, bien dans le bleu, etc. En présence de ces faits, il serait certainement téméraire d'affirmer que les couleurs naturelles des objets ne seront jamais reproduites dans les images photogéniques. Une fois tombé dans le domaine public, la daguerréotypie devait
RATONS CHIMIQUES. — PHOTOCnAPHrE. 705
f«ire des pas inimeoses etqac l'inventeur, laissé à lui-niôinc, n'dorait pas pu réaliser. Cette industrie occupe annueliemcnt à Paris plus de 300 ouvriers; il se vend, année commune, 2>000 appareils; il s'emploie plus de 500,000 plaques ; un nombre considérable d*ama« tetirs ardents et acharnés consacrent leur vie entière h la multiplîcatioii indéfinie d'épreuves variées sous toutes les formes: en présence de tant d'efforts, il était impossible que des perfectionnements réels se fissent longtemps attendre; avouons qu'ils ont dépassé toutes les espérances; nous indiquerons en quelques mots les plus importants de ces progrès.
Par Tadjimction des objectifs à double verre achromatique, les foyers ont été raccourcis sans que ce raccourcissement diminuât sensiblement le champ de l'image beaucoup plus nette et plus vivement éclairée. La première pensée et la première application de cette amélioration appartiennent à M. Charles Chevalier : ces objectiiEi, en Allemagne, ont reçu une forme nouvelle calculée d'abord par M. Petzvaid, exécutée par Yoigtiander, et leur emploi très avan* lagent a pris depuis une extension considérable.
Venant en aide aux opticiens, MM. Claudet et Fizeau trouvèrent daas l'emploi de deux substances analogues à l'iode, le chlore et le farfime, on moyen efficace de communiquer aux plaques iodées une sensibilité incomparablement plus grande, et d'accélérer tellement la production de l'image, que les minutes de M. Daguerre furent désor* nuds remplacées par des dixièmes de seconde*
Bl. Edmond Becquerel prit part à ce progrès, en mettant mieux eo évidence le mode d'action des rayons lumineux, qu'il divisa en deux groupes, les rayons excitateurs et les rayons continuateurs : il vit qo'oa papier photogénique exposé dans la chambre noire pendant one seule seconde, et soumis, sous un verre rouge, à l'action prolongée des rayons lumineux, donnait sans mercure des images parfaites. Appliquant celte remarque aux épreuves métalliques, AL Gaudinobtiot, après une dômi-seconde. d'exposition, jusqu'à des noages poussés par un grand vent.
Les premiers portraits faits au daguerréotype, et ceux que l'on fit longtemps après, furent presque désespérants. Il ne s'agissait de rien woftAms que de poser vingt-cinq minutes les yeux ouverts en plein soleil : qoelqaes adeptes eurent ce courage, hélas ! Au lieu de portraits, on
706 NATURB INTIME DU «PECTAB MiAllUK.
reiroQTaii sor la plaque des âgorea de sopplidéft. Uaîa et Ait iMl iulre chose quand le temps de ropération ne se compta ptas que par secondes; on obtint alors des portraits m^gaiâfoes» parfaiie—igi rtSKmbiaBts, qoelqoebis même, oiais trop nrematt pUms d'eqns-
Ce qot manquait encore an éprenvesde IL Ovgvemw €*élaiâ h Tigneor de ton et surtout la solidité : il iaUait encadrer Téptevret rinstaot mêrnet on craindre de la voir inentôt altérée par lei sottflle, par le frôlement si léger d'one aîle de annche. To«s les 1 essayés changeaient tellement i*effet général qu'il fallut f rsMmeer ; la dexlriae elle-même, emptoyée d'abord avec quelque wêuè^ adultérait rapidement ; il (allait la reaouTeler sans cease* m gâter l'épreuve» AL Fiaeau beureuaenent • cooroana rceune du maître en abritant ces épreuves mfinimeut déliralw nous l'égide briUante et ehaleurewe du plus inoiidable des arfsants refiet des dessins élaitaiasi doublé, en méOM tempe qu'île devuaaicut pfais inaltérablesL La Ciatiou des images par le cblerwe d'or est le perfectionnement le plus important dont la dagnerréotypie so unit enrichie depuis qu'eUe est sorlie des mains de Daguorre*
Toutes les fois que l'objet ou le groupe qui se desnuuit wm la plaque iodée avait quelque étendue, sou cemre éieit parfaitusneat ■et et tranché; mais les punies Uiérales étaient iu&ilUUenett mal temûoéea. Il semblait impossible 4s remédier à cet j grave; on se résignait l le subir» parce qu'on le croyait «mi queace nécessaire de l'emploi des objectifs d'asses court Isycr» lorsiqu'un perfectionneaient inattendii est venu réaliaer tout à coup des résultats qui dépaswnt toutes les espérances. L'on peut maintp—t, avec uu appareil très médiocre pour les dimeusious et las quulH^i, «bleuir des épreuves d'une immense étendue lougitodluale es d'uae
netteté exquise. Ainsi, avec un objectifs double ordinaire, on ob*
ticstt, sur des plsques de 38 centimètres de long» de 12 cealâuuètivu de large, des vues parfaitement nettes sur toute leur suriece, et qai embrassent l'angle visuel énorme de « 50 degrés. Le procédé pur lequel on arrive à ce résultat consiste esseiilJeUeflKttt : 1* daua «u fuouvement borisontal donné li (^objectif, et qui lui Cyi prr— rir aucoessifeNient tous les poiats de i'horiioo; S'' dans la comrbure cf<»
dterlU qat I'm dkppM à toloaléi m Hokm aiiti Jet êiferi dw
MqMt r dMM ««Ite ditpoAioDqni bit qp'uMiiNiie étroin imtefe «^igiapa fMd d'one tspàM ée belle uhviimiC «mr^'^tif w Jâkii agir nr U ModM atMifcie ijqff las rayMt ceoMN, t^aH^iiifir» mn «ai n*oal aoeosa akamtiatt aMMéefafala. BiMa MSMiMa raipivtJl paiorantoa d# il. MarjbNia^ ai fM^iHaaMC Mapiayiif«r M^ I4f4)aciifi MMia M fPifrta iM*
(to MU» vntrta fai AHMMa mkMit «a que l'âMimiaMi M fl«a«taiNia tM»it fiiiMMiae?9îr, e'M Ja rapr^éii^twi» a« nw|M lie Il tataMDflaitîa, à» éfranfaa ilagsamHiMiL II ^irail qaad^l, « Myapfcai 4M9« ladMaor Snasar tnktttfié 9vao aoa^àa isaito redanuWa ip<agrîaa : M. Cfaariaa ffhngajpcr aMma f«*att jawrîir 1AH« iMd^ 4a MM. KiMttT «t BiahaiN(« îi «^é«aait caMipiitaaMfit.: ce mc9k$ i$ avrprii vivaaMM; lia rj^ppo4«€lta éiaH « fidMe v^*m et^iiî, êu jwwâyr ahaN» iroir m^ ioiaee 4igmpriaa«e ablal¥l^ aor plaque de cuivre. AjaMwa» f9Wr fi^ 9m. qMI il W^i^ 9rémmkm uOm^qm 4'^eiire94a«#«eim foUWM^iN» Fiwce par M. Fimm^ki^mÊn i«41|Maaia 4a J^AfaMaiîa. CaaMvIi j»*ait fm été d4)^aaai8| car iaa «raftdaa plaMhaa ^imm d« k^ «îar jai ikt M. fUieiB éiMaaA rafanant «diPîraMca. i<a Jewa »- 'Vaut caaaiata m pa« féiaa laad ^'m^ ttmtàkr^ épiMwa qualMUne fiaprait a» dasamT ftaïaîeun autres aaiia aUMirar «majbkoiaat*
Oft ft aiMli itevi à damr at k ar^Miier iaa épowa ai dagaanteiaa fMT iaa fiiMsAdéa da M. teoli. On a fa oqiaiie iaa aaaoamr ^'Me faBicaibéa miira aan annce pour qa^if aaaaanât ;a fraaa|i|raoae Mmt aiariall aMaoa daa détaUa. L'jêfiraaffe alan narét i^ aaaa ai rîdkÊBH ai irarféa du cuivra roagp, 4^uia ie rasa k ftea fMa jaaiqa^aufaaayiC
L'idéa da araaafofiner ea piaodiaa gnwAes las faMges dagaarriaaBan, ida gaaièra à iaa laultiyHer par l^kapaariaii, éiait'iropaatanlle {Mpir qaTaile aa «enaftt pasdaas baaucaap^^-eapp^lila'faia. M. ladoaleiBrfioBBé jobUacle freQÙar^ oaaale fnofoaa 4u laailia, «a «taakac aatwfaisaat; ie 4oc|c«r fianros le aavvlt Je {Ntès €l t^éastlt «iaair M. ^Gaare^ 4a aav a6ti, «fadiat la «lêaie ^^aMène, mais par une méthode tout à fait différente, qnl consiste ca^aaiidleaieat ëaas
708 NATORB INTIME DU 8PEGTRB SOLAIRE.
une action électriqae exercée sor la plaque, devenae le pOle oégatif de la pile : qaand on imprime atcc la plaque ainsi modifiée, eDe donne une image positive parfaite, qui a ses lumières et ses ombref comme dans la nature. Quelle étonnante série de merreilles : ia plaque dessinée par la lumière solaire est maintenant gravée par rèlecUricité ! M. Fiseau, enfin, a rendu plus facile et phis sOreia transformation des épreuves en planches serrant à rimpressioa ea laille-douce. Cette opération, aujourd'hui, est toute simple et infinilible ; on retrouve dans la gravure toutes les finesses de T^preave •photographique. Disons, en terminant, que M. Georges Edwards est parvenu à décalquer sur papier des épreuves photographiques. Quoique les calques ainsi obtenus soient loin d'offrir la beanté de h plaque primitive, ils seront souvent très utiles aux peintres voyageors parce que ce simple croquis sufiira pour éveiller leurs souvenirs.
L'histoire de la daguerréotypie est maintenant complèie ; il nous reste à enseigner la pratique de cet art merveilleux et à donner, sTil se peut, la théorie des modifications successives qui conduisent ^ nne épreuve parfaite ; nous le ferons rapidement
Des appareils en général. — De l'objectif. -^ L'objectif est rime de ia photographie ; sans objectif parfait, il est aussi impossible ^ l'opérateur le mieux exercé d'obtenir de belles épreuves qo'an peintre le plus habile d'imiter convenablement son sujet sans palette et sans pinceaux. Les objectifs à verres combinés opèrent beaucoup plus vite : il importe grandement de ne les demander qu'aux opticiens dont la réputation est telle qu'elle leur impose l'obligation de ne livrer au commerce que des produits excellents. On les payera peolêtre plus cher ; mais, en photographie surtout, il n'y a rien de plus . ruineux que les bons marchés. Un bon objectif doit avoir au moiiis SS centimètres de foyer pour plaque entière , 1& è i5 pour quart de plaque : il doit être exempt de toute gerçure ou fils; quelques bulles rares ne produisent aucun mauvais effet. On doit le munir d'ane glace parallèle redressant les objets : si l'absolue nécessité de cette addition pour les vues est évidente d'elle-môme, die est plus grande encore pour les poriraiis, qui, sans cela, ne seraient point fidéics. Le diaphragme placé en avant de la première lentille a pour but d'arrêter les rayons égarés sur les bords: on perd en lumière, mais on gagne en pureté.
BATONS CH1MIQG£8. -^ PHOTOGBAPHIE. 709
Chambre noire. — Elle doit satisfiire aox conditions sninnles : i* ne laisser pénétrer la lumière que par l'objectif : tonte lumière itrangère à celle de l'objet à reproduire détruit en partie le dessin» \i Ton est tont étonné de retirer du mercure une épreuire Toilée \ V. ne laisser parrenir à la plaque que les rayons qui, dans leur ourse, n'ont pas rraconiré les parois de la boite : on y parvient par addition d'un diaphragme intérieur ; 3« substituer rigoureusement I plaque à la face dépolie de la glace; on peut vérifier qu'il en est iflsi en introduisant dans la chambre, par le trou de Tobjectif* un yUfldre en cuivre gravé sur une génératrice.
Des plaques, — Il (ant les prendre au moins au trentième pour n'elles puissent être repolies plusieurs fois ; le doublé au dixième conient mieux pour les essais. Les bonnes plaques doivent avoir un vif :lat métallique ; elles doivent être exemptes de piqûres et de pous* ère ; la moindre trace de cuivre doit les faire rejeter : il faut refuser
doublé d'un aspect laiteux ; exiger une épaisseur suffisante et les imensions précises, c'est-à-dire grande plaque, 8 pouces sur 6; nnie, 6 sur A ; quart, /!» sur 3 ; grande demie, 6 sur /» 1/2 : il faut lettre au rebut les phocbes qui ont éprouvé cinq ou six polissages, ) même que celles qui ont été fixées au chlorure d'or. BiÂte à iode» — Quel que soit le système que l'on adopte, cette >tt6doit toujoucs être garnie complètement en verre ou en porceioe à l'intérieur, pour que les vapeurs d'iode ne s'attachent pas à s parois.
JBofie à mercure. — Il faut donner la préférence & celles qui sont unies d'nn thermomètre et présentent une assez grande capacité. Dbscription des phogêi^s photographiques. — Les opéra* «s, au nombre de huit, doivent être exécutées dans Tordre suivant : 4écaper et polir la plaque avec le plus grand soin, de manière à tenir une surface d'argent aussi pure que possible ; 2*^ ioder cette u|oe bien également ; Z'* la soumettre à l'action des substances aclératrices, pour augmenter la sensibilité de la couche d'iodore d'arnt ; b? lui faire subir Timpression lumineuse dans la chambre oIh are ; 6« faire paraître l'image, en exposant la plaque impressionnée K vapeurs du mercure ; O** laver la plaque, pour enlever les parties la coQcbe sensible qui continueraient ë être modifiées par Ja luère, ce qui amènerait la destruction de l'épreuve; 7"* fixer rinoage
TiO MATum iHTin ra traonii bolaibb.
mnmjm da clibrared'or; •* iiclMr h phqee. A c» hsk «ptetfont fmdMMldfSi Uwtes nlcMNfrit à la fonnaitai d'oM éprcats IMrfiMt, on pOTt o tjMUar quttfe MMi : 9^ toMfonBcf l'épran» •n (ritttcbe gravée ; lO* rqmdatn l'éptatti p« la gabaMplMit o» la nootmir de ditera tamis aaétalUqiiaa i li* aolorw r«|vnve« ia^ tout ê'M fl*aglt d'an portrait ; 13» déaaiqaer naaaga.
N otia alkma déer ire tour l ttmr ehaeoMf de em opfratioaa, m ayant «oin, totrfoarB et d'abord, de reprodolft flièleaaeat Mm» ka preaeripfkma de M. Dagoêrre« Même aprèi ttmt de ments, la médiode premièf e da eéWira idf enleer dok eerrir d« i ei-dé règle fondamestale : en rêaialra teojetra en a*f i pMnement ; si l*on s'en icarte^ on a grandement I craindre da irlatee insaeeès. Tene eenz qnt ent «erk aor la dagnarréotyph, low oem qnl, dans la pmtique de cet art merreUtent» maie diBelle, mi o^ tenn de la célébrité, reeonnaiasent unanimement que les tnstiiMitaa données par H. Dâgaerre sont on ebeM'œntrs de prédaiM et de ▼érité.
PneiffiÈRË ovttiàXiOti.-^DéeApêr et mîttfj^ ta p^d^nes.— • Fonr cette opération H fant : un petit flacon d^bnUed^elve \ dn < très iin ; de Is pondre broyée exeessiTement fine, eniemiée < M nooet de moossellne asses daire ponr que la ponee passer fseilenient en seoooant le nonet } an flacon d'acMe iritriqne éleddtt d'eau dans la proportion d'one partie en voimne d*a contre seize parties, également en volnme, d'eau distillée ; un en fil de fer, sur lequel on pose les plaques pour les dunrfkr H l'aide d'une lampe I esprit^de^tin. Gomme nous l'sfons dit plus liant, ka épreuires se font sur argent plaqué. La grandeur de la plaque est limitée par la dimension des appareils. Il Ikut commencer par kUen polir. A cet eflTet, on la saupoudre de ponce (en secouant aana ten« cber la plaque), et, avec du coton Imbibé d'un peu d'huHe d'olbe, on la frotte légèrement en arrondlasaot II but, pour cette opératfan^ poser la plaque sur une femlle de papier, qu'on aura soin de renon* teler de temps en temps. Il faut mettre de la ponce I pluaiettra reprises et changer plusieurs fois de coton. Le mortier t|a^ mh ploiera pour polf ériser Is ponce ne de?ra être ni en fMte ni en cuivre, mais en porphyre. On la broiera ensuite snr une glaee dépolie stec une niolelie en verre, en se servant d'eau bien pure. On
RATONS CHIMIQUES. PHOTOGRAPHIB. 711
né devra Moplefer fai ponce qve hntqii'elle sera parbitemeal sMw. Qa eeo(oit combien il eBt knpunant qae h ponee «Ht aasea fine pour m pm nyer» pnhqiie c'est do poli parfait de la plaqoe q«e dépend In bcnnlé de l'épreota Qnand la pbqne eat bien poNe, il s^git de la dégraiaMP, ce qid se liilc «i la saupoudrant de ponce, et en la frottant I sec avec dn colon, toujonrs en arrondissant : 11 est impossible d*obienlr nn bon résnittt en frottant antrement On fSrit ensuite un petit tampon de coton ^'il bat imbiber d'on pen d'acide étendtt d'eao, comme il est ci-desans désigné; ponrcèla, on applique le tampon de coton sur le goulot du flacon, et on le reuTerse sens dessus dessous, en appuyant légèrement, de manière que le centre neol du tampon soit imbibé diacide, sans en être profondément im« prégné; il en liint très peu, et il faut éfiter que les d<rfgts en soient moufllés. Alors, on firotte la plaque avec le tampon, en ayant soin d'étendre parfaitement l*acide sur toute la surface de ta plaque. On change le coton et on frotte en arrondissant, afin de bien étendre la couche d'acide, qui ne doit cependant qu'effleurer, pour ainsi dire, la surfiice de la plaque. II arri? era que l'acide appliqué sur la surhce de la plaque se ditisera en globules, qu'on ne détruira qu'en cban-* géant de coton et en frottant de manière I étendre bien également l*acide, car les endroits où II n'aurait pas pris feraient des taches. On s'aperçoit que Tacide est bien également étendu lorsque la surface de la plaque est couverte d'un voile bien régulier sur toute son étendue. Ensuite, on saupoudre la plaque de ponce, et avec do coton qui n'a pas servi on la frotte très légèrement.
9 Alors, la plaque doit être soomise à une forte chaleur. A cet ellet, on la place sur le châssis de fil de fer, l'argent en dessus, et on pro« mène sous la plaque la lampe h l'esprit-de-vin, de manière que la flamme vienne s*y briser. Après avoir fait parcourir a la hmpc, pendant an moins cinq minutes, tontes les parties de la plaque, il se forme krla surface de l'argent une légère couche blanchâtre; alors, H fant cesser l'action du feu. La chaleur de la lampe peut être remplacée par celle d'un feu de charbon, qui est même préférable, parce <(ue ropération est plus têt terminée. Dans ce cas, le châssis en fll de fer est inutile ; car on pose la plaque sur des pincettes, l'argent en dessus, et on la fait aller et venir sur le fourneau, de manière qu'elle soit également échauffée, et jusqu'à ce que l'argent se couvre d'une
7 12 IS.\TJUiiK iiNTlMti DU SP£CTfiB SOLAIRE.
légère couche blanchâtre, comme il a été dit ci-des8ii& On fut en* suite refroidir prompteiuent la plaque en la plaçant sur aa owitt froid, tel qu'une table de marbre. Lorsqu'elle e$t refroidie, il bol b polir de nouveau ; ce qui se bit assez promptement, pnisqu'il ne s'agit que d*enle?er cette légère couche Mancbâtre qui s'est formée sur l'argent A cet effet, on saupoudre la phqae de ponce et on frotte à sec avec un tampon de coton ; on remet de la ponce à pinsîeiirs reprises, en ayant soin de dianger souvent de coton. Lorsque l'argent est bien bruni, on le frotte, comme il a été dit ci-dessus, avec de l'acide étendu d'eau, et on le saupoudre d'un peu de ponce en frottant très légèrement avec un tampon de coton. U faut remettre de l'acide à trois reprises différentes, en ayant soin chaque fois de sanpoudrer la plaque de ponce et de la frotter à sec très légèrement avec du coton bien propre, en évitant que les parties du coton qui ont été touchées par les doigts frottent sur la plaque, parce que h transpiration ferait des taches sur l'épreuve. Il faut éviter la vapenr humide de l'haleine, ainsi que les taches de salive. . • Quand on n'a pas l'intention d'opérer immédiatement » on ne met que deux fois de l'acide après l'opération du feu, ce qui permet de préparer ce travail d'avance ; mais il faut, et c'est indiensable, au moment de faire une éprenve, remettre eu moins une fois de l'acide et poncer légèrement, comme il a été dit d-dessos. Ensuite, on enlève avec du coton bien propre tonte la poussière de ponce qui se trouve à la surface de la plaque, ainsi que sur ses épaisseurs. »
Ai. Daguerre avait reconnu lui-mémo que la couche d'iode était trop mince pour qu'elle pût fournir toute la d^adaiion de teintes nécessaire à la reproduction de la nature avec relief et fermeté; les épreuves obtenues d'abord par lui laissaient à désirer sous le rapport de l'effet général et du modelé. Il eut alors la pensée de superposer sur la plaque plusieurs métaux en recourant au procédé suivant, qne nous transcrivons exactement, mais qui n'a pas toujours réussi.
« Première préparation de la plaque. -* Nota. — Pour être plus court dans la description qui va suivre, nous indiquerons cbaqne substance en abrégé : nous dirons, pour désigner la solution aqncQsc de bichlorure de mercure, sublimé; pour la solution de cyanure de mercure, cjjanwe; pour l'hullcdo pcirole acidulée par un dixième
RAYONS CHIMIQCE8. — PHOTOGRAPHIE. 7i3
d'acide oitrique pur» huile; pour la dissolotion de chlorure d'or et de piattae, or et plaiine; et pour l'oxide de fer, rouge seulement. » On polit la plaque atec du sublimé et du tripoli d'abord, et ensuite avec du rouge, {nsqu'l ce qu'on arrive k un beau noir. Puis/ on pose la plaque sur le plan horizontal, et on y verse la soiotien de cfannre, qae l'on chauflè avec la lampe, abmlnment comme si l'on Cxait une épreuve au chlorure d'or. Le mercure se dépose et forme une couche blanchâtre. On laisse on peu refroidir la plaque, et, après avoir renversé le liquide, on la sèche, en la frottaat avec du coton et en b saupoudrant de rouge.
• Il s'agit maintenant de polir la couche blanchâtre déposée par le mercure. Avec un tampon de coton imbibé d'huile et de rouge, on frotte cette couche juste assez pour qu'elle devienne d'un beau noir. On ponrra, en dernier lieu, frotter assez fortement, mais avec du coton seul, pour amincir le plus possible b couche acidulée.
» Ensuite, on place b plaque sur le pbn horizontal, et on y verse la dissolution d'or et de platine. On chauffe comme à l'ordinaire, on laisse refroidir* et puis on renverse le liquide, que l'on sèche en fret* tant légèrement arec du coton et du rouge.
» Il faut faire cette opération avec*soin, surtout lorsqu'on no doit pas coDtinner immédbtemeot réprouve; car auti'emént on laisse* rait sur la plaque des lignes de liquide qu'il est toujours difficile de faire disparatlre. Par ce dernier frottage, la plaque ne doit être que séchée et non pas polie.
»Ici se borne la première préparation de la plaque, ceHe qui peut être faite longtemps li l'avance.
» Seconde préparation. — Nota. ^ Je ne crois pas convenable de mettre entre cette opérittion et l'iodage de la pbque un intervalle de phtt de douze heures.
> Noua avons laissé la pbque avec un dépôt d'or et de platine. Pour polir cette couche métallique, il faut prendre avec m tampon de l'huile et du rouge, et frotter jusqu'à ce que la plaque redevienne noire; et puis, avec de l'alcool et du coton seulement, on enlève le plus possible cette couche d'huile et de rouge.
• Alors, on frotte assez fortement, et en repassant plusieurs fois aux mènes eudroits, la plaque avec du coton imprégné de cyanure. Comme cette couche sèche très promptement, elb pourrait labser
714 NATURE INTIMB DU fTECTM SOLAIRC.
aarUpkqiM des traces d*iiiégilité; poar Micr cela, y finit i le eyasore, et pendant que la plaqttt est eiisore hoinide, tf«e ml tampon imbibé d^mi pen d'boilei on s'empresse de fratler spr IVMte la Borfaoe de la plaque et de mêler ainsi ces deux sahstanoes i pais, aveo an tampon de cou» ssc, on frotte ponr onîr et m i pour dessécber ia plaqnoi en ijintsein d'enkHr du umpon de i les parties qoi s'homectent de cyanure et dHiuile. HnSa^ eemmo h eotoo laisse encore des traces, on saupoudre également la plaque d*an peu do rooge, que Ton fait tomber en bottant Ugèramcol ei en rond.
• Bosoite, avec u tampon imprégné d*hnile senlemeni, on ftMe b plaqne paiement et de manière à frire retenir le bruni du ladial} et puis, on saupoudre avec do rouge et Ton frotte tris MgèraaoBl eu rond» de manière à frire tomber tout le rouge, qui entraîne afuc M la surabondance de la couche aolduKo.
a fiofin, avee nn tampon de coton nu peu ferme, ou (rslte sevdemeat pour donner le dernier polL
t U D*est pas nécessaire de renouveler soufent les tampons imhiMs d*huile et de rouge ; il faut seukraent ice garantir de la poussière.
« J'ai dit plus haut que la première préparation de la plaque pent servir indéfiniment t mais on comprend que la seconde doit être m»* difiéc, selon qu'on opère sur une plaque qui a reçue une épreuve iiaée ou une non fixée.
n Sur Céprettve fixée. — Il faut enlever les tadM latasèes par roua du lavage, aveeroxyde rouge et de l'eau friblenient aeiduléa d'neîde nitrique (à 2 degrés au printemps, et moins dans l'été)«
• Ensuite, il faut poUr la plaque avec de l'buileeldu rouge, fkour enlever toutes les traces de l'imago qu'on efface.^
» On continue alors ropéraiion, comme je viensdele dire pins hait, pour la seconde préparation de la plaque aeove, et à partir do Temfrioi de i'alcoei.
« «Sur rifpreiieeiioit/Me(mais dont la coucbe sensible a été caievèe, comme k Tordinaire, dans rhypoeolftte de soude). «^ D'abord, il faut frotter la plaque avec de l'alcool et du rouge, pour enluvur ks traces de l'buile qoi a servi à faire l'épreuve précédente.
» On continue ensuite comme il est indiqué plus haut pour In pli<que neuve, et k partir de l'emploi de TalcooL •
RATOm CBIMIQOlft. -^ raOTOftRAFHlB^ Yl S
It Mideflrifaiit de poiisiiBe art rMNDmwdA, eooii&e très eicei« lMt« f9t MM. Bdfidd et Itaouk^ qol l'ont décrit dit» lefcoisirtetf rendus de l' Aoadtoie des idences.
« La plaque tom isée «or le planehetie à polir^ en y irenc deot 00 trob goQltes d'essence de térébenthine ordinaire t on ajoute nn pca de pooca an de tripoii» et a? ee un tampon de eotoo, qui n*a paa besoin d'#ti« oeaf, on frotte en arroadiesant et en décritânt nne muhitade de periiioandes trèi rapprechéSi mais tout exeentriqnes les nn»
D Oftanra soin de ptreourlr égftlement toos les points de la super* fieie da la ptaHjpie. Au bout d'une minute cOTirou, il se formera sur Targaat ua canbooia noir dont on enlèvera la plus grande partie en cMtîMaat de frotter en rond avec le m(!nie coton ; on mettra alors sur la plaqua nn peu de ponce ou de Iripoli sec, et, arec un umpofl neuf, on frottera» toujours en arrondissant, jusqu'h ee que la surface de la plaque prenne an éclat vif et un bruni parfait Voift pour le premier temps de ropératlon«
» Arrifé à oe point, on feiaera sur la pUqoe trois on quatre gouttes d'un mélange d*essence de térébenthine et d*âleooI absolu, dans la pMpartlaadai partie d'alcool pour 1 4/2 de térébenthine; on ajontara an peu de ponce oo de tripoli, que l'on étendra légèrement sur umta la surface de la plaqae arec le même umpon qui a servi à l'o* pération précédente. Lorsque le tripoli sera étendu régulièrement sur la eaoeha d'argent, on l'y laissera sécher i il formera alors sur b plaqua une croûte épaiase d'un blanc mat. En moins d'une minute la dessication Mt complète i et, pour terminer le poli, Il ne restera plus qa'è enlever la couche de tripoli* On prendra ft ect efltet un tampon neuf, et on frottera cette fois la plaque dans une direction transversale li l'ioiaga qu'on vent obtenir. En très peu do temps le bruni sera parfiit, et la plaqae sera prête à être soumise à l'iodage. •
Le polissage remplli mieux toutes les conditions voulues; quand on l'adiève avec le velours de M. Claudet, qui donne à la plaque un bruni magnifique. Pour faire ce poliSM>ir, on prend un morcean de vdonrs de colon blanc, qu'on a préalablement dégraissé en le faisant tremper, pendant une heure, dans nn vase neuf contenant de l'eau en ébolUtion : on fah sécher ce veloun, sans le toucher du doigt, on le coupe de la dimension nécessaire , et on le flie avec des clous sur
716 NATURE INTIMB DU SPCCTRB SOLAIRE.
un manche en bois recouvert d^abord de deux ou trois couches de drap» ce qui donne plus de souplesse. Pour polir« on saupoudre très. légèrement la plaque de rouge, et l'on frotte doucement avec lefelours, en rond d'abord, puis vivement en long, dans le sens du poli qu'on veut obtenir.
M. Thierry préfère le coton, qu'on rcmi^ace dès qu'il est impur, aa polissoir à velours qui se salit rapidement. Le même amateur doaae,. sur toutes les poudres, la préférence au tripoU et au.rooge d'Angleterre. Il importe grandement que ces poudres soient bien sèches et libres des gaz qu'elles auraient absorbés ; U réussite de l'épreoTe repose presque uniquement sur celte précaution : pour la réaliserpki* nement, on met la poudre dans un vase de porcdalne^ on l'anose d'csprit-de vin concentré du commerce ; eu mélangeant, bien ooiait du tout une pâte liquide à laquelle on met le feu et que l'on agite doucement avec une spatule poiur rendre la combustion complète. L'opération terminée, la poudre étant bien sèche, on la verse <bos le vase qu'on recouvre de la gaze. Quand le ronge d'Angleterre n'est pas suflisamment purifié et séché, il communique à la phqoe qdc teinte rouge qui produit de très mauvais effets.
Un mot, enfin, sur le polisseur de M. Levret. Cet instrument est formé d'un plateau de glace et de trois boutons d'ivoire fisés par des écrous. Ces boutons correspondent aux trois angles d'un triangle, l'un d'eux se meut dans une rainure. Lorsqu'on veut placer use plaque sur ce polissoir, on la glibse sous les deux boutons Gies; puis, faisant avancer le bouton mobile, on la saisit par son aau« bord, en serrant l'écroo placé sous la tablette : on comprend que le bouton mobile permet de polir sur la même tablette des plaques de différentes dimensions. Le plateau de glace est assez large pour déborder le métal de tous côtés, on peut donc le polir aussi bien sur les bords qu'au centre; et si l'on a soki de nettoyer la tablette do temps en temps, on ne risquera jamais de salir une plaque au moment où elle est presque entièrement polie, accident qui arrive trop souieat, quand on fait usage de la planchette.
Deuxième opêbation. — loder la plaque.--^ « Pour cette opéra* tion, il faut : la botte, la planchette, quatre petites bandes métalliques de môme nature que les plaques, un petit manche, une botte de petits clous et un Oacon d'iode.
RAT0!IS CmilIQUES. — photogbaphib. 717
Après ifoir Aie la pkqoe sur la plaiichette, ati moyen debaàdes nièUliUciiras et de petits cloas que Von enfonce avec le manche destiné à cet usage, il faut mettre de Tiode dans la capsule qui se trouve au fond de la boite. U est nécessaire de diviser i*iode dans la capsule, afin que le foyer de Téuianation soit plus grand ; aotrcmenr, il se fermerait au milieu de la plaque des iris qui empêcheraient d'obtenir une couche égale. On place alors la planchette, le métal en dessous, sur les petits goussets placés aux quatre angles de la botte, dont on ferme le couvercle. Dans celte position, il faut la laisser jusqu'à ce que la surface de l'argent soit couverte d'une belle couche jaune d'or. Si on l'y laissait trop longtemps, cette couche jaune d'or passe* rait à une couleur violltre, qu'il faut éviter, parce qu'alors la couche n'est pas aussi sensible à la lumière. SI; au contraire, celte couche D^était pas assez jaune, Timage de- la nature ne se reproduirait que très difficilement. Ainsi, la couche jaune d'or a sa nuance bien déterminée» parce qu'elle est la seule bien favorable à la production de l'effet. Le temps nécessaire pour cette opération ne peut pas être déterminé, parce qu'il dépend de plusieurs ch-constances : premièrement de la température de la pièce où l'on se trouve, car cette opération doit toujours être livrée à elie^même, c*est-à-dire qu'elle doit avoir lien sans addition d'autre chaleur que celle qu'on pourrait donner à là température de la pièce dans laquelle on opère, s'il y faisait trop froid ; ce qui est très important dans celte opération, c'est que la température de l'intérieur de la botte soit égale à celle de l'extérieur ; s'il en était autrem^*nt, il arriverait que la plaque passant du froid au ' chaud se couvrirait d'une petite couche d'humidité qui est très nui- BjUe à l'effet. La seconde circonstance, c'est que plus on fait usage de la boite, moins il faut de temps, parce que le bois est à l'intérieur pénétré de la vapeur de l'iode, et que cette vapeur tend toujouri à se dégager, et qu'en se dégageant de toutes les parties de l'intérieur, cette ▼apear se répand bien plus également et plus promptement sur toute ia sorface de la plaque, ce qui est très important. C'est pour cela qu'il est bon de laisser toujours un peu d'iode dans la capsule qui se trouve au fond de la botte, et de conserver cette dernière ï l'abri de rhumidité ; il est donc évident que la boite est préférable lorsqu'elle a servi quelque temps, puisque l'opération est alors plus prompte. n Pnîsqne, en raison des causes désignées ci-dessus, ou ne peut
7i9 H4TPIUI wfiifi Ml tnmu i«ft*iu. Smtm jortsld inMM Aiiiiiiifii pMf fibiMfr b^
lafr,&nois8 qu'il «i Am Mpfoié)« « MMçiit«i'îl Mii
fi «ne aatiiîAtb dq^ri 4f jimt éUsué 1 «util qga h kuniàre ne Tienne in» fapper éiwciiwgit d«MK. B put «rrifcr que la plaque ae coloro plva d'tm cM qne dh riii^dMi ce ai# popf égaliser la couche» aa tan aeia, « reseum la |tecbeue aor b b^ie, de h retoafftar, non paaaanséeaaBt deaaein» aab bout poar bout M faut doue wMtû b holu dana aie fiiu ulfawa, oàlejoiirn*am?eqiia trdabîMeflMBiparb parte» q«*a»biaia«a peu cotr'ourerte; ei bnqa'oi mil raprdar b plant, aprèaaaair eubvé b couvercb de b botta» m Npread b pbnchatte par hi extrémMéa, afec badeui auîaa» al an b reianiM pwipienMl; il suffit abm que la pbq«e réflédiîsaa «a aadrail au pa» MaMaïaa- Jaat que peaiiUe ti$igiéf pour qa'oa a'apaifaba aï b tfaobv jaaaa en aasex foucée. Il but renaître 4r^ proaipiaaMM b ptefse «r k bolte^ ai b «oucba u*a paa attaini b ion jawa d'artai, m i cette leiote émk d^paaiBéa» b aovoba aa poonrak psa mnm. U 1 drait reeoaMiencar aatiènMBeut bpreaibneapénitba
■ AU dâicrioâioo. catta oadcatioa flanc iisfalha ûHÊMt t anb 1 im peu d'faabHude» oa parnaat i aiaafr i peu pràa b i aaire pour arritar à b coubor jauaes ateai qii> lagaidiar b ; ueo w^ graada prompiiiivb^ de «pbreA i^ipai dÉnaf > bbmira bleaipa d'agir:*
;» Xféuraquebpbquaait anrbde «udv^de jawoffi^^ amboiter b nUiu»-Kotio jbaa b chaisb nui a'adaata k b noire. UbntériiergoebjowrCrapppavrbpbnaliaipopri peut réctajrar arec une baiw»e» doat b JtnMira abawaoaqpi
trop bflgteaips aujr bpbqae, ear i^ybifliaiaildaaiiaae^ On) aaaoib i biioi6ii««e opérnjbPf qui eat«elbda b elu^^ Il bia» autant que posfîbb, passer ima^é^êÊamm da fa i opération à biroiaiiiaM» m aapaa bj^affraniaeaibapbad'aunil d'jnbnraUe; ainblà de celU^am» b jasmWnaîsaa i» l'&ade atds Taiynit n>pbnb Drtwopitapri^i.
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riitMiWP tt la^ fwvmer, poor tm fén toaètr lonki Iti petites fÊÊCflkê éê Vidée qui ptirrient i'éttv éctoppte dt h ctpMik, «a éfiUM éi iMchsr TMe, qsi uehenil kt doigu. La ««idediic tes nuwmîé d'aoe gise iMidiit rar im anucMi eautgv» i pour tal da lédriaiiMr riftparaiioa de J'iade el ea ailfiie ter. pe$ dVmplW dMr^qnasd ott Cemie kcMMrda d« k bate^ qaaia aoaiprieaMnida Faiffoiaii fénriia ne bM lehiger lea partienlas d'iedi, qai arrinn* raioÉ joBfa'à la plifie at ytenimt àt Curtoa tadies. C'ealpavcate cause qu'il faut toajonrs fermer la txAa très dboeeaaeott fom m pas laina «aitiesr dans rîBtériaar ie ia poMsièra «pi paotfait dira ctargée de yapeur de Tiode.
TÊMÊOamwÈÊumùti. -^ tmtmeare la ft(MfÊie à Cinfimm des mibÊtâtiUê4KeiUratne9s. ^ il iaiporte» afaM loor, de racaar^|9er qoa rcvpM daa sidwisarM aerfléfatricai esc ntm apportai* de nacTéHsa latdaairieaasadiflficdséaaiiproGédési délicat daU. te-
I M aarts qtite fMl dira qs^acSBeHanaiit sor (raDta tprcawfi» manqDées, il yaaaao maias viaf^clAqdaat rJMKclaasc dAà fan» plai de h aahsiaaw seeéUfatrice. La prtparatss» da cas aahstancaa est tièsdigaila^ et flastplaa diBicaaeaaaitda lesappUt|»eraa iiaartitfi I «tdaoaéalMas pinpartisK Oft aa«0îwdtipiiélil'kiiirf ( piMaandast ilast iaeik d'abwer s al «tsa iMdtiptta»* isDo wdfifcrie jalla kpaatarfaatiaQ et rineertîtada daaa i'aspfit daa «pénteorsb iiaaaiéegaMtieasasMialia de ascols, c'est des'ufdiar ae aa procédé et aoi saliaïaMea ame laïqQsIks aa a
. Lasdesn assdaagsataqni, jastpi'iei, aient été MeottttusprapM è ariasolsr laleMaarde noda^ aani te diiareet le bi^mat ii> fteeent paiat phaasjétiicpios par oMt^aiéaMs, e^est-l«-dfi«qu*eni|^yésaeiib, #a u éHnaenaent paiat aiae l'argeat twa eomMaaismi capdde dis Fiopmasioa taniMoas, «abtts daoïiaiit k laplaqaa Mia i sraiihilité aiqaise. Il ast iaparunt qoa diacM sache préparar les mfihaps ^o^ii aa^Ma; ea «Test qa'àaana eaaditiaD qa^on pavt aispérardattioa^bar de tooska obstacles. Lseklore alla brtiwi sont ^ fiakats camMiii s il Init dose prendre prde d'M répaiMire Mf sel sains «t aas yjtanuntsî ibaont esirtaieaient Petits, répandent des éaaantf ian»<Wdefc at4éM<lres^ H fant dene enter de les re^er tetp tnaigunipi, Ciiaqneanhstanee exige, povr son appticstliMi, des^sotas particuliers : on peut cependant établir les règles générales Mitantes :
790 IfÀT0RB IlfTIHE WJ SPECME SOLAIRE.
i • L'onibrinité de la coocbe sensible est toojoors one coinBttpmia de celle de Fiodage; 2* la quantité de sobsUiice accâératike doit être propertionaëe à Tiatensité de Tiodage préalaUe ; en deçà oa ai delà d'une juste mesnre» on n'obtient rien de bon ; réciproqnemcat, riqdage doit toojonrs être réglé sur h proportion de chlore onde brame contenue dans la liqueur accélératrice; &** plus la plaque est sensible, plus il est facile de se tromper sur la durée de rexpeàtioa à la lumière ; 5* plus la couche sensîUe est épaisse, plus l'épreufs offrira de douceur et de modelé.
Entrons dans quelques détails.sur la nature des liqaem accélératrices les plus renommées.
ChlorureiFiode. —C'est à M. Glaudet, Ftançate, domicilié II Londres, qu'on doit la découverte du chlorure d'iode, la premièie en date de toutes les subetances accâératrices employées eo photographie. La France peut donc» conune nous l'ayons dit, reyendiquer pour un de ses enfants h priorité de ce remarquable perfectionnement, qui semble a? oir ouvert la voie à tous les autres.
Le chlorure d'iode se prépare en foisant aniTer da cfakre gazeux sur de l'iode; aussitôt que le liquide résullâiit de ce mélange à obtenu la conleor rouge vif^ l'opération est terminée. Le lacon doit être immédiatement fermé avec beaucoup de soin ; peor cela, on mettra un peu de suif autour du bouchon usé à l'émerL Le chlorure d'iode peut être employé de deux manières : i" en en verse deux ou trois gouttes dans un vase ; on met dessus nue pincée de coton pour ralentir et régulariser l'évaporation ; la |daqae ayant été iodée jaune d'or, on l'expose au-dessus du chlorure d'iode, et lorsqu'elle a atteint la couleur rose, on la place dans la chambre noire. La seconde méthode présente de grands avantages : oa verse qnelques gouttes de chlorure dans un flacon d'eau pure, de manière li lui donner la coloration de l'eao-de-vie, et Ton s'en sert avec les cuvettes, de la même manière que toutes les autres substances.
Une fois obtenu, le chlorure d'iode se conserve, à l'abride la lomièft, dans un flacon bouché à Témeri. Il est rare que son emploi ne doMK pas d'excellentes épreuves; il vaut mieux, cependant, recourir an préparations où il entre du brome, substance plus toer(^e et plus pronq^ que le chlore, et qui fut employée pour la première fois par M. Fizeau.
RATONS GBIHIQUES.— PHOTOGRAPHIE. 721
Emploi du brome par M. Pizeau, — « Lorsqu'on expose la plaqae iodnrée de M. Daguerre à la vapeur da brome, celle-ci est absorbée, et il se forme une couche dont la sensibilité s'accroît avec la quantité de brome absorbée jusqu'à une certaine limite à laqueDe Timage ne se forme plus sous Finfluence du mercure. Le point favo* rable pour opérer est près de cette fa'mite; trop près, l'éprenye commence à se voiler; trop loin, la sensibilité diminue; il fisdiait déterminer ce point avec précision et Tobtenir avec régularité, ce qui a présenté quelque difficulté.
» En effet, on ne peut plus avoir recours ici è la couleur de la couche sensible, qui change peu sous Finfluence du brome ^ le ton jaune orangé de la plaque se charge bien un peu parla formation du bromure ; mais la couleur d'une plaque brômurée & points et celle d*une plaque qui a dépassé la limite dont j'ai parlé, diffèrent si peu que, par ce moyen, on ne peut apprécier que d'une manière très incertaine la quantité de brome absorbée, et, par suite» la sensibilité de la plaque.
» La méthode que j'ai proposée est exempte de cette cause d'incertitude : elle consiste à exposer la plaque à la vapeur d'une dissolution aqueuse de brome d'un titre déterminé, pendant un temps déterminé. Je vais tâcher de Texpliquer en détail. Pour préparer une dissolution de brome d'un titre déterminé et d'une force convenable aux opérations qui nous occupent, on prend pour point de départ la dissolution saturée de brome dans l'eau ; on prépare cette eau saturée en mettant dans un flacon de Peati pure et un grand excès de brome ; on agite fortement pendant quelques minutes, et, avant de s'en servir, on laisse bien déposer tout le brome. Maintenant un volume fixe de cette eau saturée est étendu dans un volume fixe d'eau pure, qui donne une dissolution 3e brome toujours identique ; ce dosage se feit très simplement de a manière suivante : une pipette, qui aura encore un autre usage, x>rte on trait limitant une petite capacité ; un flacon porte aussi un rait qui limite une capacité égale à trente fois celle de la pipette ; on -emplit le flacon d'eau pure jusqu'à la marque; on remplit la pipette iMqa*à la marque de la dissolution saturée de brOme i enfin, on ene la petite mesure dans le flacon.
9 La nature de l'eau n'est pas ici sans importance; ces proportions
798 Nature intima pu 8B6ctbs squiu.
?• rfippgricnt à IVau pure, et Tpn sait qgp Tçau de9 rifîèrçfc da (K>\irce9, p*e$t pas pqre ; niais cçs 0îfTéreQti^ eaux peqveM oins epi: pipyées a|)solament comme Tçaa pqre, en y ajppiîint qatlqofi goqt(P9 d'acidfi iii(riqiic, jusqu'à ce qu'ell<îs présentept iiae Uisiè* gère saveur acide ; cioq op six goulles par litre suffisent poqr U plji* p^rl àf^ eaux. Ou a aiqsi un liqnifie d*u{i jdqae vif qu'il Unixm exactement bouché ; c*est la (iis$o|utipn normale que j>ppdieni simplement Teau brômi^e pour U distinguer de Yeif^ satura
» La botte destinée à exposer la plaquii ï t^ vap^or f|e ïm brôri(ée peut être 4*une cpqstrqctjon très yariible; celli cpnj'ai employée dans le principe est disposée de la manierai satTaotfi ; de est en bois et se plie aGn d'occuper mQiq9 4'^P9Pe ; il est hoP dPb noirpir intérieurement avec une couleur inattaquable au brome; a baqtepr est d'environ 15 çentiiuètres ; les autres dimeosJQnsdoiTeit être telles que la plaque se trouve dans tous les sen3 k 3 oeMiiD^ environ des parois ; elle $e compose de trois parties miéfeoéÊm l'une de l'autre: le couvercle qui est la planchette ellernidDeili corps de la botte; enfip, k fopd sur lequel eslpjapé lacspiole) évaporaiion ; ce fond mobile a son milieu légèrement creusé, ce qii sert il phcer la capsule exactement k la m^e place dans les tf icw expériences.
• U capsule à évaporation doit être i fond plat, peq profonde, et avQir une dimension à peu près ^|e k la moitié de la plaque; ^^ recouverte d'un plap de verre, de maniérée être fermée e^act^iMl
» I«a pipette dquf j'ai parlé va servir ici à mettre d^ma la c^mI^ une quantité constante d'eau brofUjie, elle doit dope avoir w dimension suffisante, ppurqucla quantité de liquide qn'ejlecontieat cpuvre tout le fon4 de |a capsule. J'ai dit qu'il bllaii exposer la plaque à L» vapeur d'une dissolution de brème d'nn titre détersiai pepdant un temps déterminé ; or, pour que reaq bromiée aopt M même titre dans les expériences successives , il est évidept qu'il fiat là renouveler à chaque épreuye ; c*est Ip seul moyes d'avoir wnt éyaporation constante, et Je n'ai cru l'emploi dp lirôme piaticahie que du moment où j'ai eu la pensée d'euiployer ce moyen bien siapk.
» Quant au temps pendant l,equel la plaque doit rester k b vapcv du brome, on comprend qu'il doive varier suivant la dimepsioo de la boîte, la surface d'éyaporatlon, etc.; mais, pour unmémeappareili
il |B8| coatt^pt; iiT^c Teaa bromée an litre iadiqué, ce ten|M doit <urp GQtqpris eatre |U> et 60 secondea, saifint les ep|>areî|8 ; quelques e^f^û déterminent ^e lemps upe feûi pqur tontes PQOP la ly^te doM} oa ?e sert. Je vais indiquer eo pey de mots comment tpqt cela ^ fait ; m place s^r pq^ if|]))^ le fpod seul de la boite ayeo sif capsule ; oi^ re^gljl l^ pipette d'eau brôoiée, que l'oa fait CQuIer dans un aoglq de la c^psple, apfèi avoir fait glisser le ferre déppli sqffliaBioient poi» introduire la pointe de la pipette i et Tqn remet le Torre en pbcea alors ai l>pp9reil n'est pas sur un plei) (lorizontal, on )e met da niveau en se guidant sur la couleur de l'eau brômie à travers Ip pkM de ve^re; lorsque la papsnle ^ (lorizontale et que le liquide e§ CQpfre npilorm^inept tpute la^nrfac^^, pu coipplÈte la bpite ep ppjsapt la secopde pite^ sur le foi^d, Toof pela éijipt 4i8pps6 et b| pMquo étant iodée , d'pne mm on décopyre b capsule, de l'entre on plac^ avec prépaptiop la pl^cbetie smr lu botte, et piissitAl pp compte e:i^^ctemcnt le? sepoqdes ; il est bop ^ retourner la plancbette vers la mpjtié dp \fsaïfs d'exposition, afin d'égaliser l>çyoa du bçfime. Poi|r pm» féconde expérience il faudra jeter le petite dose d-ea» I^rdiQëe et la remphper par une seml^abUa; le tempe reste atov bl mêpie et le§ pl^qpef ftuccessiYes préeeotent absolument la mtoift
BfmUd de ia Um$wr ùwwiabU 4^ If. TH^terey» r^ IM procédés do pélëbre amateur lyonnais ont en trop de retenti«iement| pour qoe nous puissions hésiter un instant k les faire eonnalirei M. Tbierry 9 UMyqurs obipnn des épreuyes daguerriennes vraiment magnifiques, çt il affirme que l'emploi de s| liqueur invariable fan prpeqne disparaître toiifes les phanoes d'insuccte.
9 L'emploi do nu^ liqueur est» dit-il, d'une ^nde simplicité : sprte en avoir versédans une capaulede manièreà en couvrir le fond, il suiBra d'eiposer I9 plaque polie à son évaporation, après Tavoir préalable* ment essayée avec quelques brins de coton poar faire tomber h poassiire, jusqu'à ce qu'elle ait atteini la couleur vio/er pensée qui est non-seulement oelle qui produire |es plus beaux réeullats, maie epMore celle qui formera l'image avec la plus grande vitesse. Si la teittle se formait ée préférence dans le milieu de la plaque, c*est qv*6tte serait trop âoîgnéo du liquide ; dans le cas contraire, si elle se portait anr les borde* c'est qu'elle en serait trop rapprochée ; Il
724 nàtdrb intime du spectre solaire.
sera ainsi bcile de régniariser l'é? aporstion. En iSusaiit usage de m ODmpositioiiy il serait très naisible de s'écarter de la coolear iDdiquée, car la sensibilité, bien loin d'augmenter, diminuerait énwménwnt Toot en étant très impressionnable dans les diverses condîtioDs qne je Tiens d'exposer, il est toutefois des circonstances oà il est indispensable d'opérer avec une grande rapidité ; d'antres où la lamière est disposée si peo fa? oraUement , qn'il est difficile d'obtenir ca moinsdeqnelques minutes des résultats même imparfaits. J'indiqoeni donc un moyen pour suppléer h ces cas divers, en accéléraot eocore ma liqueur; je suis d'avis que lorsqu'il s'agit de reproduire des groupes ou des portraits, il faut que l'exposition ne se proloDge pas au-delà de vingt-cinq secondes. Or, dans les cas d'empêchements que je viens de citer , j'emploie le procédé accélérateur que Toid; sa simplicité le rendra praticable h tous les opérateurs.
» Dans un flacon de la contenance d'un quart de litre que je remplis d*eau ordinaire, et dont je retire un tiers pour le verser dans un deuxième flacon, je laisse tomber vingt grammes de brome pnr. J*T introduis ensuite, grains à grains , autant d'iode que le br5me peot en résoudre. Dans le deuxième flacon, je verse buit à dix grammes de chlorure d'iode ronge; 0 se forme aussitôt une boue noirâtre; j'ajoute alors vingt-cinq à trente gouttes d'éther tolfnrique^ je secoue vivement le mélange h plusieurs reprises et le laisse reposer pendiat vingt-quatre heures. Lorsque le dépôt est parfaitement formé et que le liquide est devenu très limpide, je le décante avec précaution dans le premier flacon contenant le bromure d'iode, avec M soin de se pas y laisser introduire de précipité, lequel serait très nubible. Ce liquide, ainsi préparé, est infiniment trop concentré, il ne doit s'employer qu'après l'avoir étendu d'eau à une nuance à peu près semblable à ma composition d'iode. Quelques gouttes versées dans an flacon d'eau ordinaire suffiront pour former cette teinture que l'w versera ensuite dans une capsule très plate, afin que la plaque s'ea trouve le plus rapprochée possible. Il est inutile de faire remarquer que l'on devra renverser le liquide dans le flacon après deux opérations, afin de lui rendre sa sensibilité primitive ; de même que chaqae jour on ajoutera quelques goutta du liquide concentré dans ledit flacon. Gomme on le voit, la plaque polie devra être exposée d'aiwrd aor ma liqueur, dite iniHxriable, jusqu'à ce qu'eOe ait atteint b
munce qae je vais indiquer ci-après; elle sera ensuite transportée snr la seconde capsule contenant le liquide accélérateur destiné à compléter la teinte, et procurer par ce moyen à la couche d'iode d'argent l'extrême sensibilité demandé; mais il faudra épier avec soin ce complément, car cette dernière teinte se forme avec une extrême promptitude. Voici les nuances d'iodage que je conseille comme les pins favorables à ta liqueur invariable : jaune foncé ou orange, transition au rose sur la dernière ; rose foncé, transition au violet ; et enfin violet, transition au violet pensée.
Gomme ces substances accélératrices jouent un grand rôle dans k production d'épeuves parfaites, nous indiquerons encore les préparations suivantes.
Bromure ftiode à effets constatas de M. de FaUicimrt* Dans un flacon d'une contenance d'environ 5 centilitres, on verse 30 à &0 gOQttes de brome : la quantité n'a aucune espèce d'importance : on y ajoute ensuite, grain à grain, autant d'iode que le brome en voudra dissoudre jusqu'à parfaite saturation; on sera assuré d'être arrivé à cette saturation, dès qu'il restera dans le brome quelques grains d'iode non dissons : on peut les laisser impunément dans le flacon. Le bromure d*iode, ainsi préparé, tient fort peu de placée et peut se transporter facilement ; mais il serait beaucoup trop concentré poiur être employé dans cet état, à moins que l'on s'en serve sous forme de vapeur, suivant la méthode de MM. Choiselat et Ratel. Lors donc qu'on voudra s'en servir, on en versera une petite quantité, par exemple, 1 gramme dans un flacon, et on y ajoutera 200 à 250 grammes d'eau. La nuance d'iodage la plus convenable est le jaune aussi foncé que possible, transition du jaune au rose, le rose clair ou le rose rouge ou violâtre. La plaque étant iodée également à Tune de ces couleurs, on verse dans la cuvette à brome une quantité de bromure strictement su£Bsante pour couvrir tout le fond , on laisse reposer environ une minute» puis on expose la plaque au-dessus de la cuvette, jusqu'à ce qu'on juge, au moyen d'an compteur on à la couleur, qu'elle a absorbé assez de brome.
Mous indiquerons enfin par leur nom, d'autres liqueurs accélératrices, dont on a obtenu d'excellents résultats : le Brômoforme de MM. Choiselat et Ratel, que nous retrouverons plus lard; la liqueur hongroise, la liqueur allemande ou de Reiser.
NATURB IKTim: DU SPfeCtttta SOLAtAB.
Chiûrufe de soufre. Les frèlres Nattirer ont fait tme ezpérfence |»leine d'intérêt, en faisant arriver da chlm'esur de la fletir de soufre ; fis obtenaient ttn liquide ronge Jaune ; ils en projetaient qnelqnes gomtes dans nn rase suffisamment piroibndi puis, an-dessus de ce tase^ I une distance de 6 1 8 pouces ils plaçaient la plaqne iodée jaune, et lalaissaient j osqu'à ce qu'elle devint rouge, brune ou tidette. Quand at^rôs 15 On 20 secondés, on rétirait h plaque de la chambre obscare, bki é'y appercevait ordinairement à la lumière de la bougie aitcuné trace d'image; mais si on cbâuffidtla plaque avec précaution, od ^u'ttii l';e!fctK>sdt ë là lumière diflbse ou même qci'on làMssâtqaelifae tiempsdanàrobscdrité, l'image épt^araissait parfaitement distincte. Si laplaqueétait restée 2 ou 3 minutes dans la chambre obscnre, Timage tM)s!tiVe aurait été immédiatetnent terminée, et on l'aurait liVée tortdie à l'ordinaire.
M. Charles Chevalier a résumé, dans le xàMm suivant, les préftiéfM relatifs & la teinte à la quelle il faut s'arrêter dans remploi del âiver^es substances accélératrices.