‹ Répertoire d'optiquemoderne, ou analyse complète des travaux modernes relatifs aux phénomènes de la lumière (volume 3)Chapitre 31 sur 31 · EXPÉRIENCES ET OBSERVATIONS SUR LA LUMIÈRE INVISIBLE DC · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES ET OBSERVATIONS SUR LA LUMIÈRE INVISIBLE DC

PROFESSEUR MosER ; par le docteur Erwin T¥aidelc , de Vienne, [Âttnales de physique et de chimie de Poggendorff, t. LIX , p. 2d5. ) — « Si les découvertes de M. Moser excitent actuellement dans le monde scientifique une surprise et un intérêt universeb , elles doi« vent avoir un intérêt et une importance encore bien plus grande pour ceux qui , depuis longtemps , s'occupaient du même objet Si, pour cette raison , les expériences de Moser parurent très-surprenantes et presque incroyables à un grand nombre de personnes, elles produisirent en moi ces effets à un degré bien moindre , parce que le fondement théorique dés procédés de Daguerre formait depuis longtemps le sujet de mes investigations , et que, partant, un grand nombre de phénomènes que M. Moser mentionna dans la série de ses expériences m'étaient déjà connus par mes propres recherches , bien que sous une autre forme, et souvent avec une explication toutà-fait différente.

» Je n'ai nullement riotention d'essayer dans les lignes qni Yo^t saivre une critiqae des expériences de M. Moeer ; au contraire , je me bornerai à expliquer les phénomènes qne M. IVloser présente comme des effets d'une lumière invisible « à l'aide de quelques lois depuis longtemps connues, et qui rendent tout-à-(ait superflu de recourir à rhypdtbése d'une lumière invisible et de rayons latents.

» La théorie desefl^ts de la lumière, telle que M. Moser la pi-ésente^ repose sur les assertions suivantes :

» 1° Le contact des corps, la condensation des vapeurs et la lumière produisent dans tous les corps une même modification ; la modiiitatibn qdi est produite par le contact , ou par la condensation des vapeur^, n'est donc aussi qn'un effet de la lumière, alors même que cëlle-ci tië serait pas perceptible pour notre ceil.

» 2*»0è même qii'un effet (an dégagement) de lumière a lien dans h condensation des vapeurs , on peut semblablement mettre en évidence daris Févapdration un effet (une absorption) de fomièrè: Les vapeurs retiennent donc de la lumièi^e à l'état latent, et il y a par conséquent une lumière latente , comme il y a un calorique latent;

» Je me propose maintenant d'établir dans les hgnes suivantes que :

*• 1<» L'altération qui e^^t produite sur les col-ps par leu^ contact, bien qu'elle ait dans quelque cas, avec l'effet de la lumière , une ressem* blânce trompeuse; s'explique cependant d'une manière beaucoup phis simple par des lois de la nature tout-à-fdit différentes ; ensuite :

d 2* Que la condensation des vapeurs produit essentiellement les moines altérations ^ur lès corps que le contact , et que, partant; ces ahérations aussi sont distinctes des effets de lumière, et enfin :

« S"* Onè le passage de la lumière à l'état latent ne peut tiullement être établi , si lés altérations produites par le contact et la condensa* tion des vapeurs ne sont point des effets de la lumière.

» 11 me semble que je ne puis suivre de meilleure méthode pour dé* velopiier riiôn opinion que de procéder par voie historique ; j'arriverai pins infailliblement à faire partager au lecteur ma conviction, en suivant lâ marche même qui m'y a conduit.

» Lorsque, il ^ a environ un an, je m'occupais d'une appréciation plus exacte des diverses méthodes qni avaient été proposées par différentes [^rsbnhes pdur la pi*éparation la plus parfaite des plàqdes de Dagocrre , je Os robservation qiîc la prépanliion achevée , ceê pla-

Goog^p^

850 NATOnS INTIME DU SPECTRE SOLAIRE.

qaes , également polies et également nettes . se trooTaient souvent dans des états très différents, et que ces états exerçaient nne inflaence très-essentielle sur les opérations auxquelles on devait les souoieitre encore dans le procédé de M. Daguerre.

» La cause de ces états des plaques se troure principalement dans la qualité des matières employées an nettoyage ; car une pureté et une sécheresse parfaites, un certain degré de ténacité et une grossenr uniforme dans les grains ne sont pas les seules qualités qu*oo doîfe exiger d'nne bonne poudre à nettoyer. Bornons-nous, par exemple, ï observer certains phénomènes que nous présente le tripolL II attire avec une grande avidité l'humidité de l'atmosphère , et il faut, par conséquent, le faire sécher à plusieurs reprises s'il doit ixmvoir servir avec avantage à la préparation des plaques de Daguerre. Oo y réussit le mieux par une légère calcination. Le tripoli récemment calciné est alors une excellente poudre à nettoyer ; car, si la plaque , après avoir été polie et nettoyée, est frottée de nouveau avec du tripdl parfaitement sec, celui-ci lui enlève toute humidité, et loi donne en même temps un beau poli.

9 Mais si on laisse séjourner à Tair, pendant quelques jours seulement, le tripoli calciné, la plaque qu'il aura servi à polir sera constituée dans un état tout autre que si l'on avait fait usage de tripoli récemment calciné. On s'expliquait cette circonstance en admettant que le tripoli était devenu humide à Tair ; mais la même altératioase manifestait aussi après l'emploi du tripoli qui avait été conservé dans un air préalablement desséché : Ihumidité ne pouvait dooc pas en être la cause unique.

» Ces différents états dans lesquels une plaque, préparée d'abord de la même manière, se trouve constituée par les différentes espèces de tripoli , ne peuvent cependant s'apercevoir qu'après une insufflatioa faite sur la plaque.

» Et, en effet, la plaque qui a été polie avec du tripoli récemment calciné montrait, après l'insufflation, une belle coloration bleue de la vapeur d'eau condensée, tandis que celle qui avait été polie pendant quelque temps avec du tripoli exposé d'abord à l'air, montrait, après l'insufflation, une coloration brunâtre due à la vapeur.

» Mais ce phénomène énigmatique s'explique si l'on se souvient que le tripoli absorbe les gaz avec beaucoup d'avidité.

» Od a déjà démontré cette propriété pour presque tous les. corps solides et liquides. Non-seulement les métaux et le charbon, à l'état de division extrême de leurs particules, le possèdent au degré le plus remarquable, mais on démontre encore assez clairement qu'elle existe pour des métaux solides, ou dans lesquels la cohésion s'exerce encore à un assez haut degré, comme, par exemple, pour des plaques polies.

« Cependant, avant d'employer cette propriété des corps pour l'explication des différences ci -dessus mentionnées, qu'il me soit permis de rappeler quelques propositions sur l'absorption des gaz, afin d'en déduire pour l'examen ultérieur de ces phénomènes une manière plus facile de se les représenter.

» On a trouvé, comme on sait, par l'expérience que chaque corps possède un pouvoir absorbant différent pour différents gaz. Gomme ce pouvoir diminue la force élastique des gaz, un gaz possède une densité d'autant plus grande que le pouvoir absorbant du corps qui y est plongé est plus considérable, et qu'il en a déjà absorbé en plus grande proportion.

• Mais les gaz absorbés sont aussi constamment en équilibre avec Tespècc d'air qui entoure le corps absorbant, et un corps absorbe d'autant plus vite une quantité donnée de gaz que le milieu ambiant est plus dense et plus chargé de ce gaz.

» La condensation des gaz absorbés par les corps solides ne se fait cependant toujours qu'à leur surface; plus, par conséquent, la surface d'un corps est graudc, plus il peut absorber de gaz.

• Pour donner à ces propositions une forme sensible, on peut se représenter un corps solide qui a absorbé une espèce de gaz, comme s*il était entouré d'une couche de gaz condensé , couche qui devient d'autant plus dense qu'elle s'approche davantage de la surface du corps, ou, en d'autres ternies , le gaz absorbé forme autour de la surface du corps une atmosphère, comme l'air atmosphérique autour du glolK! terrestre

» Qu'on veuille donc, si je parle plus loin de l'atmosphère d'un corps, ne donner à celte expression qu'un sens conforme à la manière de se représenter les faits que je viens d'indiquer.

» Nous avons vu précédemment que, dans la préparation des plaques de Daguerrc, les vapeurs d'eau se condensent sur une plaque

$58 NATURE INTIME DU SPECtRE SOLAIRE.

bien préparée avec une coloration autre que sur une plaque qai a été polie avec des matériaux impurs , comme, par exemple , avec de la poudre de tripoli humide ou chargée de gaz absorbé. La coloration des vapeurs d*eau condensées nous sert donc de critéritim ponr la pureté des plaques de Dagucrre, et qu'il me suffise de faire observer que si, dans la suite, je parle de plaques préparées^ j'entends toujours désigner des plaques préparées avec tous les soins possibles, et qui présentent le critérium de pureté mentionné.

» Les divers états dans lesquels les plaques de Daguerre peuvent être côiistituécs par la qualité différente des poudres à nettoyer n'ont essentiellement leur cause que dans l'absorption des gaz. Cestce que les expériences suivantes ont pour but d'établir.

» a. Une plaque préparée avec du tripoli récemment calciné, et qui, après rinsiifllâlion, montre une coloration bleue au souffle, est coaservée pendant quelques heures sous une cloche de verre préalablement desséchée. Cttté plaque ne montre plus alors, après l'insufflation, comme précédemment, la coloration bleue ; mais elle tire déjà sur le brun , et , après un temps plus long, elle montre enfin nne couleur tout-à-fait brune de la vapeur d*eau condensée.

• b. Si 1*011 prépare ùiie seconde plaque aussi parfaitement qnè la première, et qu'on là saupoudre fortement de poudre de tripoli , d cette poudre de tripoli a été longtemps exposée au contact de Taîr sans avoir été récemment calcinée, la plaque sera, après peo de minutes, sous l'action du tripoli, précisément dans lé même état oft la plaque précédente avait été amenée par l'action de l'air atmosphérique prolongée pendant plusieurs heures ; car elle ne tnontre pins, après l'insufflation, la couleur bleue, mais déjà la couleur brune dont j'ai parlé tout à l'heure.

» Ce phénomène s'explique très- facilement si l'on songe que chaque grain de poussière de tripoli est entouré d'une atmosphère de gaz absorbé, et que, partant, ta plaque ne se trouvait plus dans l'air atmosphérique, mais dans l'atmosphère de la poudre de tripoli, c'est* S-diredans un milieu beaucoup plus dense; d*oà il résnlte qu'elle absorbait dans queUities minutes autant et plus de gaz que dans PaiÉ* atmosphérique pendant quelques heures.

» Les diverses colorations dti souffle sûr les plaqnes préparées apparaissent bien piusYapidement et d'une dianiôre plus prononcée^ si.

au lieu du tripoli , on choisit des substaaces qui possèdent an plus haut degré le pouvoir d'absorber les gaz , comme , par exemple , le charbon et les métaux à Tétat de division extrême.

9 Un moyen très-commode de délivrer ces substances du gaz déjà absorbé, c'est la calcinatlon.

» Première expérience, — On calcine fortement une petite quantité de poudre de charbon dans un creuset de platine fermé, et on la dépose ensuite sur une plaque froide de fer, pour bâter le refroidissement Une seconde portion de la poudre de charbon a déjà été calcinée une heure auparavant, et, immédiatement après, on y a fait passer un courant d'acide carbonique desséché. Aussitôt que la première portion est refroidie, la moitié d'une plaque préparée est fortement saupoudrée avec la poudre de charbon récemment calcinée » tandis qu'on recouvre l'autre ropitié d'une feuille de papier. On recouvre ensuite de cette feuille de papier la moitié déjà saupoudrée le la plaque , et on répand sur l'autre moitié la poudre de charbon saturée d'acide carbonique. Après une on deux minutes , on balaie rapidement de la plaque, avec du coton pur, toute la poudre de charbon , et , après l'insuflQation , la plaque présente encore , sur la noitié qui avait été recouverte de la poudra de charbon pure , une coloration bleue ; tandis que la moitié qui avait été couverte de la >oudre de charbon chargée d'acide carbonique fait paraître une cooration brune de la vapeur d'eau. Comme les deux états se préentent l'un à côté de l'autre sur la même plaque, les diverses mances se délimitent Tune l'autre, et ressortent ainsi d'une manière (lus distincte.

» Si l'on expose cette plaque aux vapeurs du mercure, elles ne se ondensent d'une manière appréciable que sur la moitié où s'était rouvée la poudre de charbon récemment calciné.

9 Nous voyons par là que les plaques préparées coi)densent les va ^ eurs en moindre proportion dans les endroits où elles ont absorbé es gaz que là où elles sont parfaitement pures, et par là s'explique iissi la diverse coloration de la vapeur d'eau condensée après l'injfflation.

» Nous avons aussi appris à connaître par cette expérience un moyen e pourvoir en peu de temps, et par un procédé simple, des pla((ues iétalliques pures (l'une atmosphère de gaz absorbé. £t, en effet,

860 nâtuhe intime du spectre solaire.

si Ton fait absorber une espèce de gaz par de la poudre de charbon récemment calcinée, et qu*on en saupoudre une plaque métallique pure , celle-ci absorbera une partie du gaz renfermé dans la poudre de charbon. Cette absorption se fera pendant un temps plus ou moins court, suivant que la métal possède pour le gaz employé on pouToir absorbant plus ou moins grand.

» Deuxième expérience. — Si , par le procédé qu'on vient d'indiquer, on donne à une plaque une atmosphère d*acide carbonique oo de gaz ammoniac, et qu*on souffle sur la plaque après aToir enleré le charbon, elle montre une coloration brunâtre bien marquée. Si maintenant on pose sur cette plaque un petit disque, mince, de charbon de buis qu'on a d*abord fortement calciné (mais ensuite laissé refroidir), et qu'après quelques secondes on enlève le disque de la plaque, l'insufflation fera paraître l'image du disque, et. si le disque a séjourné sur la plaque pendant un temps suffisant , le souffle produira à cet endroit une belle coloration bleue, comme sur une flaque récemment préparée.

» Troisième expérience, — Si Ton pourvoit une plaque d'une atmosphère d'hydrogène , et qu'avec un morceau d'épongé de platine qu'on y promène légèrement on y dessine différents traits , toute la trace qui aura été parcourue par l'éponge de platine se présentera , après l'insufflation , avec une coloration bleue sur un fond brun ; et , en exposant la plaque aux vapeurs de mercure , elles ne se condenseront aussi que sur la trace laissée par l'éponge de platine.

» Ces expériences font voir bien nettement comment on peut enlever à une plaque son atmosphère de gaz absorbé en appelant un corps qui absorbe les gaz avec beaucoup d'avidité, et comment la condensation des vapeurs est modifiée d'une manière correspondante par l'absorption des gaz.

» Les lecteurs qui sont déjà familiarisés avec les expériences de M. Moser auront déjà remarqué que les expériences qu'on vient de mentionner ne sont que des modifications de celles de Moscr, maïs que ces modifications se présentent avec d'autant plus de netteté et d'énergie que les corps choisis pour les produire possèdent d'une manière plus marquée le pouvoir d'absorber les gaz. Si, parunt, on voulait expliquer toutes les expériences, non par les lois de l'ab-

sorpiion, mais par les effets d*une lumière invisible, il n'en faudrait pas moins accorder que tous les moyens par lesquels l'absorption des gaz est facilitée ou empêchée exercent sur les effets de la lumière invisible une influence très-essentielle. M. Moser dit expressément qu'il ne pouvait jamais découvrir une loi certaine qui réglât les modifications produites par la lumière Invisible dans la condensation des vapeurs, par la raison que cette condensation était plus forte^ tantôt aux endroits où le contact des corps avait eu lieu, et tantôt aux endroits opposés.

» Il ressort déjà très-clairement de mes expériences précédentes, et j'espère pouvoir le confirmer d'une manière encore plus frappante dans les lignes qui vont suivre, que cette irrégularité apparente peut être ramenée à une loi complètement définie si l'on essaye d'expliquer les expériences de Moser, non, par les effets d'une lumière invisible, mais par l'action des atmosphères des corps et r absorption des gaz. Les expériences suivantes feront voir en même temps de combien d'hypothèses auxiliaires on a besoin, pour peu qu'on poursuive dans leurs détails les expériences sur la lumière invisible; tandis qu'au contraire les modifications qu'elles présentent peuvent déjà se préciser d'avance dans ma manière de voir. L'une des expériences les plus simples que M. Moser fasse avec la lumière Invisible est la suivante.

» Sur une plaque d'argent nettement polie, on place, pendant quelques minutes, un poinçon d'acier gravé ; puis on l'enlève et on expose la plaque aux effets des vapeurs. Celles-ci font apparaître l'image du poinçon en se condensant plus fortement sur les endroits de la plaque touchés par le poinçon que partout ailleurs, ou réciproquement.

» D'après les observations précédentes sur les diverses modifications que les plaques présentent dans leur préparation, on peut admettre que la plaque préparée pour cette expérience peut-être on parfaitement pure, ou chargée d'une atmosphère de gaz absorbé ; bien plus, si l'on n'apporte pas un grand soin dans la préparation des plaques, ce n'est qu'un hasard si, avec des matériaux de nettoyage qui ne sont pas tout-à-fait excellents, on obtient une plaque pure de gaz absorbé ; circonstance dont malheureusement je n'ai que trop souvent fait l'expérience dans mes premiers essais de da-

gucrréotypie. De même aussi le poinçon dont oa Teot obtenir l'image pourra être pur de gaz absorbé on ne pas Tétre.

» Or, j*ai expliqué dans ce qui précède par quels procédés on peot délivrer une plaque métallique de gaz absorbés, et comment, aa contraire, on peut la pourvoir d*uue atmosphère d'un gaz choisi à vdonté.

9 On peut faire h volonté la même chose sur le poinçon d'acier ; oo peut, en le chauffant ou en le nettoyant avec une poudre et de l'alcool à l'aide d'une brosse, le délivrer des gaz absorbés, mais oq peut aussi, en le laissant séjourner longtemps à l'air, on dans de Ut poudre de charbon .qui a absorbé un gaz quelconque, le pouviMr d'une atmosphère de gaz absorbés.

« Les expériences suivantes pourront montrer quels sont les résultats que, dans l'expérience fondamentale de M. Moser, on obtient i l'aide de ces modifications.

>• Quatrième expérience. — Sur une plaque préparée on posa un poinçon d'acier aplati qui avait séjourné pendant longtemps dans de la poudre de charbon saturée d'acide carbonique. Après dix minutes, le poinçon fut enlevé et la plaque exposée aux vapenrs de mercure. Le mercure ne se condensa qu'aux endroits qui n'avaient pas été en contact immédiat avec le poinçon, c'est-à-dire aux endroits de la plaque qui se trouvaient vis-à-vis des parties gra?é€s du poinçon.

» Cinquième expérience. — Une plaque fut polie avec du tripoli qui avait séjourné à l'air, jusqu'à ce qu'elle présentât, après l'insufflation, une coloration brunftlre. Le poinçon d'acier fut purifié de tous les gaz absorbés en le chauffant, en le nettoyant avec du tripoli et de l'alcool à l'aide d'une brosse, et en le desséchant ensuite avec du tripoli récemment calciné ; puis, on le plaça à l'instant même sur la plaque. Il en fut enlevé après une demi-heure, et la plaque exposée aux vapeurs de mercure. Il se forma, par leur actioii, une image du poinçon. Mais cet image présentait une disposition inverse de celle qui avait eu lieu dans la première expérience ; les vapeurs s'étant condensées maintenant plus fortement aux endroits où le contact avait eu lieu qu'à ceux qui correspondaient aux creux de la gravure. » La réussite de cette expérience est encore beaucoup plus frappante, si, au lien de préparer la plaque pufe avec du tripoli qui a

RATOK« PHIIffQUp^.— IMA^fili PB MQSER. ^^

B^ooné à Tair» w )a cpavrie d'pnp co^icl^e de poudre dje cbarb9n qui a absorbé un gaz qi)e|ponque, si on la laissiî pen,dant qi^ielquef minutes dans /cet état, qu'on en balaye ensuite |a pififdfe jdiB ci^arT bon avec du c^Hon» ef qu'on y pose à I*in^ant mCn^ele poinçon net^ toyé.

» Sixièms expérience. — Sur UI1^ plaque pfj^parée bie^ pnrç, f^^ posa un poinçon nettoyé avec !c même soin ; après avoir laiss^ pa^; ser une heure, nn e3:p()«a la plaqiiie 9t?f vapeiir? |ie jipercur/;. ^cs vapeurs se (CQAdeDsèreu^ sgr cette pl^fi^^ ^y^^^ ^^t^t d*^i^if9''^^^j qu'on ne vii apparaître qu/9 très-fi^ib!einei)^, en fprnie de disqij^i l'espace que ]^ poinçDn d'aci/sr avai^ Q^i&upé, ipai? 3ans que ^ grar vure du poînçan se fût d^ssinée )|3 n]yQJP9 du fppnde.

• Septième e:fpérience.^ljae plaqua préparé/; fgi ppuryue 4'pd® atmosphère d'acide carboniqws i l'aide 4' une poussière jdo p|i.9rb09 chargée d^ ce gaz, et qu'on y avait répandue ; le ppinçpn fi^t ^^ même placé dans de la poussière de jcbarbon pareille ; ensuite 1/^ deux pièces furent soigneusement nettoyées de la poussière de cfiarbon adhérente, à l'aide du coton pur, et te PQinç.Qn fu( plaçai 9^ la plaque. Après une action d'une heure» i9 pl^flue. /pprès «fypir i^ exposée aux vapei^rs du mercure, ne n^tfa aucune ^^e d'ifs^g^.

> De ces expériences, il rés|jl(e clairement qjie, dan^ le cas o|^ If plaque et le poinçon se trouvaient, par rapport anx ga^ a^^or|}é^; dans des états opposés, l'influence réciproque fut la plus rapide pf ia plus énergique ; tandis que lorsque tes deg^ cprps ^ f roif va jent dans le même état, leur influencia mutuelfja .était pre^q^ nulle. V^lr tération visibicmcpt très- faible, si par hasard e)le e:Kistait /jap^ cça conditions, comme dan^ la uroisième expérience (1), doit plnt6t étr.e attribuée à l'influence de l'air atmo^phiériquet v|] qu'ell/e n'avfit )feu que là où la plaque, non entièreuient couverte par te RQinçoi^, pouvait se procurer dans l'air atmosphérique une aifOO^phAre^ QiVQigu^ très-fatbie, de gaz absorbés.

8 Si, dans ces expériences, on vpulait regarder pojnmf^ ^ffifi^f^ If « lumière invisible •, on tomberait dans un embarras PJ(>.i^i#raMPf puisqu'il faudrait lui attribuer, pour Teriplicatjon s^$^n{i.e /jp ces

(i) Il est question de rexpériencc qui , dans la série complète , est tetMulèe : « Sixième expérience. » ,

eipérieDces, une foule de propriétés. Il faudrait admettre* parexeniple, que 1*00 peut Ôter à un corps son poQYoir lumineux à l'aide de poussière de charbon récemment calcinée ; et que l'on peut augmenter la lumière invisible d'un corps & l'aide de poussière de cbarboa qui a absorbé quelque gaz, ou réciproquement ; puis, qu'en nettoyaat les corps avec une poudre propre à cet usage» leur pouvoir lamineux change, etc.

» Que si, au contraire, on regarde l'influence réciproque des gas absorbés comme la cause fondamentale des phénomènes ci-dessus mentionnés, tous les changements qui avaient Ueu dans ces expériences s'expliquent non-seulement avec une très-grande bciUtè, mais peuvent même, dans beaucoup de cas» se déterminer d'avance. fT • L'expérience suivante confirme encore davantage cette opinion. Un poinçon d'acier qui avait déjà séjourné pendant quelques henres dans de la poussière de charbon saturée d'acide carbonique , fat rapidement placé sur une plaque fraîchement préparée, et fut transporté après une demi-heure sur une seconde plaque qui avait été préparée pendant ce temps, en même temps que la première plaque était exposée aux vapeurs de mercure. De cette manière, le même poinçon fut posé sur six plaques, et on le laissa séjourner ane demiheure sur les deux premières plaques, une heure sur la troisième et la quatrième, et deux heures complètes sur la cinquième et la sixième.

9 Les trois premières plaques seulement montrèrent, à l'aide des vapeurs de mercure, Timage du poinçon d'acier, et cela arec une intensité décroissante ; car la première image était la plus forte de tontes» et, sur la quatrième plaque, on ne pouvait plus apercevoir ane faihle trace d'image qu'à l'aide de l'insufflation.

» Or, celte expérience s'explique facilement d'après les lois de Tabsorption ; cela n'a plus lieu si Ton veut attribuer cet effet à la iumière invisible ; car il faudrait alors admettre, ensuite de celte expérience, que chaque corps ne possède qu'une certaine quantité de pouvoir lumineux invisible.

0 Jusqu'ici je me suis borné à expliquer les^expériences de M. Hoser sur la lumière invisible, dans leur forme la plus simple, par l'action des atmosphères des corps ; mais les expériences plus compliquées avec des plaques d'argent iodurées s'expliquent avec la même facilité.

ponria qa*OD observe, comme je vais bientôt le montrer, quel est l'effet que les vapeurs d*iode exercent dans dos circonstances diffé* rentes sur des plaques d'argent

» Mais avant tout, je tracerai encore, entre l'effet delà lumière visible et de Tinvisible, un court parallèle, duquel il ressort clairement que les altérations produites par le contact d'un objet avec une plaque d'argent iodurée diffèrent essentiellement de celles que produit sur la plaque iodurée l'effet de la lumière, dans la chambre obscure.

» Une plaque d'argent iodurée est exposée aux effets de la lumière invisible ; on y place, par exemple, un poinçon, une pièce de monnaie ; l'image du poinçon d'acier s'y forme après quelque temps, et elle peut être produite par les vapeur de l'eau , de Tiode et du mercure.

» Une autre plaque d'argent iodurée est exposée, dans la chambre obscure, à l'influence de la lumière pendant le temps nécessaire à la production d'une image daguerrienne. Mais cette image n'apparaît que par les vapeurs de mercure; car, par la condensation de la vapeur d'eau, il ne se montre aucune trace d'image ; et par les vapeurs d'iode, l'effet de la lumière est même détruit entièrement.

» Que si, en poursuivant Tanalc^e, on attribue à la lumière une action chimique, de telle sorte qu'elle opère une décomposition réelle de l'iodure d'argent, la manière dont se comporte, en présence des vapeurs d'eau, d'iode et de mercure, une plaque d'argent qui a subi l'influence de la lumière , s'explique très-facilement ainsi qu'il suit :

» La combinaison de l'argent avec les vapeurs d'iode, qui s'est pro« dnite en iodurant la plaque, ne peut pas subsister sous l'influence de la lumière, et se décompose de façon que de l'argent métallique est séparé à l'état de poudre très-fine, et que l'iode forme avec l'argent restant une combinaison supérieure.

» Telle serait l'action de la lumière sur une plaque iodurée pendant la période daguerrienne; une action prolongée de la lumière occasionnera, en conséquence^ une toute autre décomposition de l'iodure d*argent, parce qu'il se trouve à un état de combinaison tout autre que précédemment.

» La poussière séparée par le premier degré de l'influence de la lumière est de l'argent métallique; c'est ce qu'établit la manière dont elle se comporte avec la vapeur d'iode; car, si l'on expose derechef à la vapeur d'iode une plaque d'argent iodurée qui a subi l'action de

CooaJ^

866 NATUnE INTIME DU SPECTRE SOLAinE.

la lamière pendant la pCriode daguerriennc, il se forme précisément la même combinaison que si l'on expose aux vapeurs d*iode une plaque d'argent pur« c'est-à-dire que la plaqne iodurée derechef possède, pourrinfluencc de la lumière, la même sensibilité qu'elle possédait après la première ioduration.

n L*argent métallique réduit sur la plaque d'argent ioddrée, par l'action de la lumière, se trouve 5 un état de division extrême, et possède, par conséquent, un grand pouvtur d*absorber les gaz. L'argent métalUqute, à l'état de division extrême, se compot-te avec la npenr d'eau de mercure comme beaucoup de sels avec la tapeur pour laquelle ils ont ub grand pouvoir d'absorption.

A 5Iais on peut aiTaiblir et même anéantir ce pouvoir absorbant dé Targent métallique, à l'état de division extrême, en lui bisânt absorber d'autres gaz. Lorsqu'il en est saturé, il possède, dans lëd mêmes circonstances, un pouvoir bien moindre d'absorber h vapeur de mercure, au point que celle-ci ne peut plus Se condenser, de manière que cette condensation devienne visible sur la plaque.

» C'est par lii que s'explique le phénomène pat leqoéi H. Rtosdinontre comment la lumière invisible peut annuler l'effet de ia lumière visible ; car si l'on expose à Tacliôn de la « tumîère ùwùibte i nue plaque d'argent iodurée qui a éprouvé daiis la cfaanibre obscure l'action de la lumière autant que cela est nécessaire pour qu'il y tàl production d'une image daguerrienne ; ou, en d'autres termes, st l'on pose sur cette plaque plusieurs objets qui doivent s'^ dessider. il arrive que dans les endroits où le contact a lieu, l'argent réduit se trouve dans l'atmosphère des gaz absorbés par ces objets, et qu*il y sera bientôt pourvu d'une atmosphère propre des gaz absorbés ; )ct û ensuite la plaque est exposée aut vapeurs de mercure, on apetçoft que l'argent réduit par la lumière, dans les endroits cû il pbssèd^ nne atmosphère de gaz absorbés, a pcrdb en grande partie le pbnvbit d'absorber la vapeur de mercure.

» Mais la même chose arrive aussi, quoique bien plus lentement, &î, après l'action de la lumière, on conserve une plaque de bàgncrre pendant plusieurs heures dans un endroit obscur, sans en approcher nn objet quelconque ; car l'argeht réduit absorbe dans l'air du gai en proportion telle, que son pouvoir de condenser les Vapeurs de mercure en est très-affaibli. Voilà pourquoi déj^ Daguerrè avait fait

RATONS CHIMIQUES, — IMAfiES DE MOSER. 867

robsenration qu'entre Taction de la lumière et celle du mercure il ne devait s'écouler que quatre heures au plus si l'on voulait encore obtenir une image distincte.

» Si Ton recouvre de poussière de charbon saturée d'acide carbonique ou d'ammoniaque une plaque iodurée qui a été exposée dans la chambre obscure à l'action de la lumière pendant le temps convenable, l'effet de la lumière est détruit presque instantanément , parce que l'argent réduit se pourvoit très-rapidement d'une atmosphère de gaz absorbés, et perd ainsi, avec une vitesse parallèle, le pouvoir de condenser des vapeurs de mercure. On voit par là que l'action de la lumière sur l'iodure d'argent est contrebalancée, ou plutôt détruite (nivelée d'après Moser) par des objets superposés (c'est-à-dire par la lumière invisible de Moser), d'autant plus vite que ces objets ont absorbé plus de gaz, et que le pouvoir absorbant de l'argent réduit par la lumière est plus grand selon l'espèce de gaz.

» Ceci est une nouvelle preuve de la justesse de l'opinion par laquelle j'ai montré comment tous les effets de la lumière invisible peuvent se ramener aux lois de l'absorption, lorsque l'on apprécie, sans opinion préconçue, les phénomènes qui sont attribués à celte cause cachée.

B Je crois avoir ainsi montré assez clairement que les modifications qui sont produites par le contact des corps ne sont aucunement identiques avec les modifications produites par l'action de la lumière , et que les premières s'expliquent bien mieux par les lois de l'absorption que par l'hypothèse de l'existence d'une lumière invisible admise par suite d'une analogie trompeuse ; mais la preuve la plus concluante en faveur de mon point de vue ne se trouverait-elle pas dans l'accord que les lois de l'absorption établissent entre les phénomènes de la condensation des vapeurs et ceux qui ont lieu dans le contact des corps 7 Ce sujet formera la deuxième partie de mes recherches.

■ II. Dans son premier mémoire, M. Moser montre avec beaucoup de sagacité comment l'effet de la lumière peut être imité par un emploi judicieux des vapeurs d'iode et de mercure. Mais, si l'on poursuit avec attention ces expériences, et si l'on se forme par son propre eîcamen une convîclion sur les phénomènes qui s'y passent, on verra certainement bientôt que la lumière cl les vapeurs d'iode et de mercure produisent bien sur les plaques de Dagucrre des phénomènes

Googi^

très-semblables» mais que ces phénomènes se dîslingnent dtns leur essence sous bien des rapports, et sont tont-à-fait insuflBsants s'il s*agit de déduire de leur ressemblance une preuve de l'identité des effets de la ?apeur et des effets de la lumière.

» Toutefois, si cette ressemblance n'a aucune ?alenr probante, elle n'en a pas moins été la base des expériences suivantes de H. Moser sur les phénomènes qui accompagnent la formation et la condensation des vapeurs ; et elle le conduisit à la conclusion suivante :

« Si les vapeurs agissent de la même manière que la loroîèrp, U faudra, dans le cas où aucun effet de lumière n'a été visible, attribuer cependant à un effet de lumière, quoique invisible, les modifications qui ont accompagné la condensation des vapeurs.

« Cette lumière invisible se trouve» par conséquent, dans les vapeurs, dans un état combiné, comme lumière latente; elle ne devient libre qu'an moment de la condensation des vapeurs, et elle produit alors les modifications qui peuvent aussi être produites par l'action de la lumière ordinaire. »

» Si cependant il se trouve dans les vapeurs une lumière latente qui, dans le passage des vapeurs de l'état gazeux h l'état d'agrégation liquide, se sépare de la même manière que cela a lieu pour la chaleur latente des vapeurs , il faut aussi que la lumière entre en combinaison dans la formation des vapeurs.

» C'est là ce que M. Moser fait voir également par quelques expériences (Annales de Poggendorff^ u LVi) , et il croit avoir démontré suffisamment, avec leur aide, l'existence de la lumière latente. Mais si l'on considère ces expériences du point de vue qui forme le fondement de mon opinion sur l'essence de la lumière invisible, on reconnait à l'instant même que, par ces expériences» on ne peut pas plus établir la production de la lumière latente qu'on ne peut démontrer d'une manière semblable le dégagement de cette lumière dans la condensation des vapeurs.

» Au contraire, ces expériences ne font que donner un nouvel appui à mon opinion, vu que les phénomènes qui s'y produisent ne servent qu'à montrer avec quelle généralité et quelle rigueur les lois de l'absorption de gaz peuvent être constatées par des expériences semblables modifiées à l'infini.

» L'expérience la plus simple par laquelle on peut, d'après

M. Moser, démontrer qae la lamière devient latente, est la suivante :

» Sur une plaque d'argent polie, une goutte d'eau, attachée à l'cxtr^mité d'une baguette de verre, est promenée en différents sens, de telle façon que la goutte ne se répande pas sur la plaque, mais suive toujours la baguette de verre. D'après la manière de voir de M. Moser, cette goutte d'eau qui s'évapore continuellement aurait enlevé à' la lumière invisible de la plaque la quantité nécessaire pour la formation des vapeurs qu'elle produit.

» Si maintenant on expose cette plaque aux actions des vapeurs, leur condensation différente fait apparaître tout le chemin suivi par la goutte d'eau ; et par là se trouverait démontré l'effet de lumière qui aurait eu lieu dans cette circonstance.

» Avant d'essayer une interprétation de cette expérience d'après ma théorie, qu'on veuille , avant toutes choses, réfléchir sur l'état dans lequel il faut constituer la plaque pour que la goutte d'eau qui s'évapore n'adhère pas sur la plaque métallique pure, au point qu'elle ne se laisse plus du tout traîner à travers la plaque sans y laisser derrière elle une trace mouillée.

» On trouve , alors , qu'une plaque tout-à-fait nette de gaz absorbés est la plus favorable à TadhésioD de l'eau ; la goutte s'étendra avec d'aulant plus de facilité sur une pareille plaque qu'elle est plus pure sous ce rapport, tandis qu'une plaque qui possède une atmosphère de gaz absorbés ne manifeste qu'une très-faible attraction pour les gouttes d'eau qui s'y trouvent ; car on peut les y traîner comme une surface grasse sans qu'elles y laissent aucune trace.

j» Cependant il se montre encore ici une différence remarquable qui dépend de la nature des gaz absorbés. El, en effet, les gaz qui sont absorbés par l'eau en quantité considérable possèdent pour elle plus d'affinité, et la goutte d'eau forme sur une surface métallique saturée de pareils gaz un segment sphérique plus aplati que si le gaz n'est absorbable par l'eau qu'en petite quantité,

s Si , par conséquent , on polit et on nettoyé une plaque d'argent avec une poudre à frotter tout-à-fait ordinaire, et qui n'a pas été calcinée précédemment , on remplit le mieux les conditions favorables à la réussite de l'expérience ; car alors la poudre à nettoyer communique à la plaque une atmosphère de gaz absorbés , tandis que si l'on préparait une plaque avec une poudre à nettoyer complètement pur-

gée par la calcination des gaz absorbés , la plaque deviendrait ainsi tellement nette que Tadhcsion de la goutte d'eau y serait forte au point qu'on ne pourrait faire Texpérieuce qu'avec difiiculté.

» Si maintenant une goutte d'eau pure est promenée suivant différentes lignes sur une plaque pourvue d'une atmosphère de gaz absorbés, un échange des atmosphères a lieu tout aussi bien que dans le contact avec un corps solide. La goutte d*eau communique à h plaque, là où elle la touche, un peu de vapeur d'eau, de même que l'atmosphère de la plaque est en grande partie absorbée par k goutte d'eau. On peut maintenant apercevoir sans peine qu'il en résulte un changement dans la condensation des vapeurs, produites, par exemple, par l'InsufQation , et qu'alors le chemin parcouru par h goutte d'eau peut apparaître.

» Cette expérience ne pourrait servir à expliquer t le passage de h lumière à l'état latent » que si l'on pouvait déjà citer pour ce fait une autre preuve fondamentale. Mais pour en conclure que les phénomènes qui l'accompagnent ne peuvent être attribués qu'au passage de la lumière à l'état latent, cette expérience manque de toute valeur probante, indépendamment même de l'objection qu'on pourrait tirer de sa ressemblance avec les autres phénomènes de Tabsorption des gaz. Il en est de même des phénomènes qui , dans la coadeiisatioo des vapeurs, doivent accompagner, dans l'opinion de M. Moser, k dégagement de la lumière latente. Ces expériences, aussi bien que les précédentes, peuvent se ramener aux lois de l'absorption. Il e» résulte qu'il n'est pas permis de regarder ces phénomènes comme des effets de la lumière invisible et latente, tant qu'on ne rencontrera point dans ces expériences des effets qui ne puissent plus s'expliquer par l'absorption des gaz , mais uniquement par un effei de lumière.

» J'almentionné au commencement de ce mémoire qu*on pouTait reconnaître par la couleur du souffle l'état de pureté d'une plaque. Cette couleur bleue, de laquelle je disais qu'elle pourrait servir de critérium pour la pureté d'une plaque, ne peut être obtenue ^»^ toute sa beauté que par le traitement le plus soigné de la plaque, et par la pureté la plus scrupuleuse des matériaux employés pour la nettoyer.

M. Martin nous a appris comment on opère pour amener

?ite qae possible ane plaqae à cet état de pureté et de perfection, «t soa procédé de nettoyage est sans contredit le plus parfait de tous (l), La meilleure preuve en est fournie par les images qu'il a obtenues parce moyen, et qui doivent leur supériorité sur toutes celles qu'on 9 vues jusqu'ici uniquement à la perfection de son procédé de nettoyage.

» C'est une chose singulière que M. Martin, sans en soupçonner la Téritable raison , se soit principalement appliqué, dans la préparalion et la purification des matières employées au nettoyage , à les obtenir, non-seulement parfaitement pures, mais aussi débarrassées de gaz absorbés.

» Cependant, il faut que je fasse observer que, dans l'état humide, les plaques de Daguerre font aussi quelquefois apparaître une coloration blenâlre par suite de Finsufflatiou ; mais si ensuite on les traite encore avec une poudre à nettoyer sèche , la belle coloration )>Ieoâtre du souffle ne se montre que sur les plaques nettoyées avec des matériaux qui ont été d'abord purgés de gaz absorbés.

» Ainsi, si l'on prépare sans grands soins une plaque de Daguerre, elle sera finalement encore humide, ou bien elle possédera d^à une atmosphère de gaz absorbés.

» Ce dernier cas se rencontre le plus fréquemment ; car, en enlevant les dernières traces d'humidité, la poudre à nettoyer lui communique toujours les gaz qu'elle a absorbés.

» Comme je l'ai déjà mentionné , la coloration du souffle indique seule l'état de la plaque ; mais il reste encore quelques difficultés dans l'explication de celte coloration diverse. Quoi qu'il en soit, il nous sqffit de connaître ce fait, que la vapeur d'eau ne se condense sur une plaque pure avec une autre couleur que sur une plaque couverte d'une atmosphère de gaz condensés.

» Si maintenant, par le contact avec un corps, une atmosphère est communiquée à une plaque pure dans les endroits où le contact a eu lieu ; ou si, par l'approche ou le contact d'un corps solide ou liquide , on a enlevé dans les endroits touchés l'atmosphère d'une

(i) M. Martin nettoyé avec de Talcool, de l'eau distillée, des os de mouton préparés et une peau de clievreuil teudre» purifiée d'abord avec de Tétlier sulfurique.

plaque qui en est ponrTue, les Tapeurs d'eau, dans l'insnflQation de la plaque , se condenseront avec une autre coloration dans les endroits qui ont été touchés et dans ceux qui ne l'ont pas été, et oeh fera apparaître l'image de l'objet.

» La même modification que l'on produit dans l'atmosphère d'ooe plaque en approchant un corps solide ou liquide , peut se prodoire tout aussi bien par un corps gazeux.

» L'expérience suivante de M. Moser le montre de la manière la plus simple. Sur une plaque préparée sans soin particulier , on place une feuille de papier avec une figure découpée, une étoile par exemple, puis on insuffle la plaque avec précaution , de manière que la vapenr d'eau ne puisse l'atteindre qu^aux endroits où le papier est découpé.

» Si , maintenant , on laisse le souffle s'évaporer, qu'on enlève le papier de la plaque et qu'on insuffle de nouveau toute la plaque , Ton produit par là Timage de l'étoile , parce que là où la vapeur d'eau a frappé deux fois la plaque , la vapeur d'eau condensée possède une autre coloration qu'aux autres endroits. D'après M. Moser, on aurait imité , par la première insufflation , l'effet de la lumière » et, par la seconde, l'effet des vapeurs du mercure.

» Mais il est réellement remarquable que ces expériences ne réossissent jamais dans leur perfection sur une plaque parfaitement pnre, préparée avec beaucoup de soin d'après la méthode de M. Martin, tandis qu'elles se présentent le mieux sur une plaque qui a d'abord été pourvue d'une atmosphère de gaz acide carbonique ou ammoniac.

» Cette circonstance seule nous conduit déjà à admettre que tes effets de l'absorption des gaz jouent un rôle principal dans ces phénomènes , et que , partant , ces modifications n'ont rien antre de commun avec les effets de la lumière, si ce n'est que les unes et les autres sont produites par des vapeurs sur des plaques polies.

» On a appris , par des expériences multipliées , que dans les corps qui absorbent une grande quantité de vapeur, comme, par exem* pie, le charbon, la vapeur d*eau déplace la plus grande partie des gaz absorbés. La même chose a lieu aussi dans l'expérience précédente. Dans la première insufflation , la vapeur d'^au chasse des endroits où elle pouvait rencontrer la plaque la plus grande partie des gaz absorbés, pour rester elle-même sur la plaque à l'état gazeux.

Dans la seconde insnfQation, la vapeur d'eau rencontre dans les endroits qui n'ont pas été encore modifiés l'atmosphère des gaz absorbés, et, dans les autres endroits, l'atmosphère de la vapeur d'eau combinée avec une petite quantité de gaz absorbés. Par ces états différents de l'atmosphère de la plaque, il se produit aussi une modification dans la condensation de la vapeur, vu que la vapeur d'eau se condense subitement par le refroidissement rapide.

» Mais si , au lieu de la seconde insufilation , on expose pendant un temps plus long la plaque à des vapeurs d'eau d'une très-faible tension , l'effet de la première msufilation est peu à peu contrebalancé , et , par la plus forte insufflation , on ne peut plus produire aucune trace d'image.

B Les vapeurs de mercure agissent comme les vapeurs d'eau. Mais les vapeurs d'iode obéissent à une loi différente, comme on peut le prévoir déjà par la circonstance que l'iode entre immédiatement en combinaison chimique avec l'argent ; car, si l'on expose pendant quelque temps aux \apeurs d'iode une partie d'une plaque , et puis la plaque entière , au moment où la plaque entière sera colorée en jaune , la partie exposée plus tôt aux vapeurs sera déjà devenue rouge ou bleue.

» Par conséquent, si l'on expose des plaques à des vapeurs d'iode d'une tension uniforme , le temps fournira la mesure de la quantité d'iodure d'argent qui se sera formée. On peut prouver de cette manière que l'atmosphère de gaz absorbés oppose un obstacle à l'action des vapeurs d*iode.

• Car si l'on pourvoit d'une atmosphère d'un gaz quelconque l'une des moitiés.d'une plaque préparée parfaitement pure, et qu'on expose ensuite toute la plaque à l'action uniforme des vapeurs d'iode , la partie pure de la plaque se recouvrira beaucoup plus fortement d'iodure d'argent que la partie pourvue d'atmosphère.

» Il y a plus, la sensibilité de l'iodure d'argent formé est aussi modifiée , à égale coloration de la plaque , par l'atmosphère des gaz absorbés. On pourra l'observer facilement dans l'expérience suivante.

9 Si l'on prépare avec le même soin trois plaques , et que l'on pourvoie l'une d'une atmosphère d'acide carbonique 9 l'autre d'une atmosphère d'hydrogène, en laissant parfaitement pure la troisième, qu'on iodurc ensuite toutes trois jusqu'à une coloration égale jaune

874 NATORe INTIMC: DU SPKGTRB SOLAIRE.

d'or, et qu'on les expose à la même lumière Tune après l'aolre dans la chambre obscure , il faudra laisser agir la lumière pendant des temps inégaux, si toutes les trois plaques doi?ent recevoir une image également bien marquée. Si, par exemple, dix minutes sufliseot pour produire une image bien marquée sur la plaque pure, la plaque pourvue d*une atmosphère d'acide carbonique exigera vingt minutes, et, au contraire, la plaque pourvue d'hydrogène n'exigera que cinq minutes pour la production d'une image égale à la première.

» L'influence des gaz absorbés se montre aussi au même degré pondant l'action du mercure. Et, en effet, la vapeur de mercure, sans nuire à la beauté de Timage , agira avec d'autant plus d'énergie qu'une plaque préparée aura été plus pure. Au contraire , les plaques pourvues de gaz ne peuvent jamais recevoir dans la boîte à mercure la même énergie d'impression qu'une plaque pure.

» Que si, partaut, la sensibilité de l'iodure d'argent est rehaussée par ^hydrogène, Phuile de térébenthine, Thuile de naphte ou la vapeur d'éther, on ne peut jamais employer ces moyens avec un grand succès, 8^1 s*agit en même temps d'obtenir des Images d*une beauté supérieure.

» Diaprés cela , les gaz absorbés contrarient fortement toutes les opérations du daguerréotype, et je pense que, quand même je n*aurais pas réussi à ramener à l'absorption dû gaz les phénomènes de la lumière invisible de M. Mosèr, la daguerréoiypie n*en pourra pas moins retirer des résultats de mes expériences une Utilité de quelque importance ; car, puisqu'elles ont fourni l'explication de tant d'obstacles, jusqu'ici inconnus, au procédé de Daguerre; ces obstacles, leur cause étant enfin connue, pourront être levés plus facilement. Comme je me réserve de développer dans une' autre occasion , avec plus de détail , cette influence des gaz absorbés sur les procédés de Daguerre, je passe maintenant ati résumé des résultats auxquels m'ont conduit mes expériences sur la lumière invisible, et à leur comparaison avec les faits découverts par Kl. Mosef.

» Si l'on approche un corps d'une plaque polie, la modification qui est ainsi produite dépend dés états différents dans lesquels se troavënt et le corps et la plaque par rapport aux gaz absorbés. Ce n'est que lorsqu'il existe entre les deux une différence sous ce rapport qu'il se produit une influencée réciproque; car il arrive, ou bien

BAYONS CHIMIQUES. — IMAGES DE HOSER. ^^5

qa*ane atmosphère de gaz absorbés est communiquée i la plaque, ou bien qu'une partie de Tatmosphère déjà adhérente à la plaque est enlevée par le corps qui la touche, ou bien qu'il ne se fasse aux endroits du contact qu'un échange des différents gaz absorbés.

» Le même effet est produit par un liquide approché de la plaque, ou même par un corps gazeux qui rencontre la plaque en quelques endroits ; il en résulte toujours une modiCcation dans l'atmosphère de la plaque.

» Mais cette modification ne devient visible que lorsque des vapeurs se condensent sur la plaque, la coloration des vapeurs Condensées Tariant d'après l'état de son atmosphère.

• Gomme c'est uniquement sur la ressemblance des effets produits par la lumière sur une plaque d'argent iodurée et la manière dont elle se comporte en présence des vapeurs de mercure avec les phénomènes qui se produisent par le contact d'une plaque avec un corps solide^ liquide ou gazeux, que M. Moser a fondé sa conclusion : que ces derniers phénomènes devaient aussi être attribués à l'action d'une lumière, quoique invisible ; on est plus fondé à attribuer ces effets « de la lumière invisible » aux lois de l'équilibre des gaz absorbés, aussi longtemps du moins que tous les phénomènes de la « Inmière invisible » trouveront leur explication dans ces lois, et que le lien de causalité entre les effets de la lumière visible et invisible se trouve expliqué et mis en harmonie avec ces lois.

» Maintenant M. Moser a trouvé lui-même que les rayons de lumière invisible ne se rencontrent ni dans la lumière directe du soleil , ni dans la lumière diffuse. Ensuite, on ne peut jamais opérer par les rayons invisibles une décomposition chimique analogue aux effets des rayons de lumière visibles , et quand même on effet semblable paraîtrait avoir lieu, on peut toujours le déduire plus aisément d'autres causes que d'une décomposition chimique.

9 D'où il résulte aussi que M. Moser refuse aux effets delà lumière toute décomposition chimique , et cela dans le seul but de pouvoir mettre en harmonie la lumière visible avec l'invisible. Les modificailons qui sont produites par la lumière invisible sur la plaque d'argent ressemblent bien à celles de la lumière visible; mais il n'y a aucunement identité comme je l'ai montré précédemment.

« Enfin , la décomposition chimique par la lumière de Tiodnre

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d*argeat est le seul cas dans lequel Taction de la lumière visible montre une ressemblance avec l'action de la lumière invisible, et cela n'a lieu que parce que l'aident métallique séparé de Tiodure d'argent a un pouvoir de condensation très-grand sur les vapeurs de mercure, tandis que tous les effets de la lumière invisible sont déterminés par les lois d'absorption des gaz.

» Enfin, tous les phénomènes de la lumière latente peuvent s'expliquer par les lois de l'équilibre des gaz absorbés, et quoique BL Moser ait brisé, par la force de son génie, les chaînes du préjugé pour faire concevoir Texistence de la lumière latente, la réalité de celte existence ne saurait être démontrée aussi longtemps que toutes les expériences destinées à la démontrer s'expliqueront suffisamment par la manière dont se comportent les gaz absorbés^ ou par d'antres lois de la nature déjà connues.

» J'ai montré plus haut quelle est l'influence qu'exercent sur tontes les opérations du procédé de Daguerre les phénomènes de l'absorption des gaz , et comment elle sert & expliquer la liaison entre l'action de la lumière et la manière dont se comportent les gaz absorbés, et je crois avoir ainsi suffisamment indiqué le chemin qui pourra conduire à expliquer les expériences de M. Moser sur la lumière invisible par quelques lois déjà connues de la nature.

» Quoique j'aie bien des fois répété presque toutes les expériences de M. Moser, et qu'elles n'aient contribué qu'à me convaincre de plus en plus de la vraisemblance de mon opinion, je crois cependant devoir recommander les expériences de M. Moser, conjointement avec mon explication , comme méritant d'être reprises et répétées sans idées préconçues.

» Je le fais par la raison qu'en répétant les expériences de M. Moser, j'étais constammeat dirigé par une même opinion fondamentale , et que» partant, je ne puis prétendre, pas plus que M. Moser, avoir observé sans opinion préconçue.

» En livrant ainsi à la publicité mon avis sur l'essence de la « lomière invisible , o je ne saurais mieux faire que d'abandonner la solution de cette question à une critique faite sans arrière-pensée , et au temps qui mûrit toutes choses. »

Ce mémoire est daté de Vienne, 22 novembre 18!i2 : déjà, le 7 de ce même mois , M. Fizeau combattait , dans une lettre écrite à

l'Académie, l'hypothèse de la lainière latente si légèrement énoncée par M. Moser. Notre jeune physicien était bien près de la vérité : it avait entrevu que la production des images supposait la présence d'une substance intermédiaire; et si sa mauvaise santé lui avait permis de continuer ses recherches, nous aimons à croire que, comme M. Waidele, il aurait découvert le rôle important des atmos^ pbères gazeuses. Nous analyserons les deux notes de AI. Fizeau, après que nous aurons rappelé quelques faits curieux anciennement observés, mais qui ne furent compris qu'après la découverte de M. Moser.

Confirmation de la découverte de M, Moser. — Les curieuses expériences de M. Moser étaient à peine connues en France , que déjà M. Bréguet les rattachait à un phénomène du même genre observé longtemps auparavant Tout le monde sait que lorsqu'on ouvre le fond d'une montre, on aperçoit un second fond appelé la cuvette, sur laquelle est gravé le nom du fabricant : le second fond est très« près du premier : il y a entre eux l'épaisseur d'un dixième de millimètre tout au plus : or, M. Bréguet avait eu souvent l'occasion de voir sur le fond l'image renversée et trè^-distincte du nom gravé sur la cuvette. Dans des machines où des pièces se trouvaient être ainsi placées à de très-petites distances, il avait vu aussi quelquefois sur Tune d'elles la représentation de signes plus ou moins remarquables.

M. Bréguet avait trouvé ces faits fort curieux , il les avait même, dit-il, communiqués à quelques personnes ; mais n'ayant pas eu le temps d'observer toutes les particularités du phénomène, il s'abstint de le publier, une brillante découverte lui a ainsi échappé.

Longtemps avant aussi, le célèbre mécanicien Oertling avait observé un fait analogue dans le travail du polissage des verres parallèles. La plaque supérieure en laiton, à laquelle on fixait les verres qu'il s'agissait de polir, au moyen d'une couche de ciment fondu, était sillonnée de creux annulaires. £h bien , chose singulière , les verres ainsi travaillés se distinguaient quelquefois d'eux-mêmes par la pré* sence de ces sillons circulaires : sur le plus grand nombre cependant, l'image des sillons n'apparaissait très-visible que lorsqu'on insu£9ait sur eux l'haleine, et alors les parties mises en contact avec le laiton apparaissaient obscures, les portions correspondantes aux creux étaient plus claires. En frottant ces verres ou les lavant avec de

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t'alcool on Tesseoce de térébenthine , on ne leur faisait pas perdre cette curieuse propriété , il fallait pour cela recourir i un nouYcao polissage.

Toici quelque chose de plus étonnant encore. Le célèbre sculpteur, M. Rauch, a tu naître, sur Tintérieur d'une glace placée, pendant un grand nombre d'années, au devant d'une gravure de Raphaël, sans être cependant en contact avec elle , une représentation fidèle du dessin reproduit par la gravure. M. Moser s'est souvenu depuis d^avoir vu des images semblables sur de la porcelaine , mais ef/es n'avaient pas fixé son attention. Une série d'expériences et d'obser* vations directes l^ont mis sur la voie du phénomène , qui est tellement connu des personnes qui encadrent les gravures, que toutes, i Kœnigsber^, en parlent comme d'une chose très-commune. Il trouva d'abord, dans ses premiers essais, qu'il ne faut pas heureusement un temps très-long pour produire ces images : elles se formaient sur une glace après deux jours, sans l'emploi d'aucune vapeur. La glace avait une teinte plus blanche dans la partie altérée par la radiation. L'image était assez distincte et facile à détruire par le frottement. Dans ces premières expériences, il y avait eu contact , il fallait opérer à distance. Unie planche gravée fut placée neuf jours à 2 ou 3 dixièmes de ligne de la glace polie ; Timage fut aussi distincte qu'au contact immédiat. M. Moser a obtenu ces mêmes impressions sur le cuivré, le laiton, et même Tor, et cela en cinq jours. Elles étaient d'une grande finesse, mais faciles à détruire par le frottement. Ayant constaté déjà qu'il n'existe pas d'effets d'une certaine radiation qui ne puissent être produits par toutes les autres, M. Moser devait prévoir que les phénomènes seraient les mêmes s'il employait la lumière visible dans bne intensité convenable : et il a réellement obtenu ces images , qu'il appelle images de llauch , au moyen de la lumière solaire, sur cuivre, zinc, argent et laiton. ï\ fallait conclure aussi de U que si une plaque restait longtemps exposée au soleil, elle se couvrirait de rosée. M. Moser a donc exposé, pendant Tété, aux rayons 3u soleil, des plaques de métal et de verre couvertes d'écrans dans lesquels il avait fait des découpures ; et il a obtenu des images trèsnettes représentant les découpures ou les parties enlevées de l'écran : ces louages étaient entièrement semblables à celles qui s'étaient formées au devant des gravures. Dans celte expérience directe, la vapeur

RAtONâ CHlMTQÙËâ. — tMÀGEg bÉ litOSfen. S79

de Tatmosphère s'était précipitée sur les plaques» ({ùolqu^ellès ne fussent aucunement ilb-desso'us de la lempératbre de l^air, condition requise pour la ros^é ordinaire. Là théorie ie lé rosée n*était donc pas complète; on avait ignoré jusqu'ici le rôle que joiie la lumière dans be phénomène. La chaleur aussi favorise la formation des images et Tadhérence de Thumidité , et Kl. Mosér a prouvé que rélévatioti de température d*ùrië plaqué dé laiton gravée au burin hâtait la pro^ duction des images : la vapeur se condense très-rapidement sur là plaque polie, qui est en contact avec la plaque gravée, quoique cette dernière soit fortement échaulTée. Le contact immédiat n*est, d'ailleurs, aucunement nécessaire, on peut séparer les deux plaques, celle qui donné de celle qui reçoit par Tinterposition de lames de mica : ràctioh seulement sera plus lehté et plus faible, la chàtëur là favorisera : lorsqu'on èchaùlfe trop après que Tiniage est déjà formée, là vapeur condensée se dissipe de nouveau.

Voici ehnii un dernier effet dé ce genre. Des poutres placées dàhs ûii gretiier au dessus d'un plarorid avaient tellement îDodifié à distance la surface unie du plafond, que les poiissiëres et lés vapeurs Aè t'appartenient, cii s^y attachant, dessiriaieilt pàrfâitenietil Timàge des poutres. Ce fait est trës-impbrtànt, et il suffirait i lui seul pour renverser de fond en coilible tes idées théoriques 3e H. Mosér.

CIN'QUlÈiiiÊ NOTÉ bE tf. MOSER. — Réponse à MU. fîzeaû et Hagûérre. — Û. Hzcâu disait, dansuhé première lettre ^ M. Aragô:

« Depuis moiî retour, je nîe suis aclivemeîit occupé des singuliers phénomènes observés par il. Moser, et j'espère avoir l'honneur de présenter prochainement à l'Académie un travail sur ce sujet Je me bornerai donc ici à vous parler des résultats généraux auxquels je suis parvenu.

» Les expériences que j'ai iîaîles jusqu'ici ont pour h plupart conllrnié lés faits énoncés ; mais je dois dire qûé toutes nront côiid'ult i envisager ce sujet sous un antre point de vue que celui de M. Môseh

n Lbin 'â)e penser qu'il faille aduîettré de nouvelles radiations sVchappant de tous les corps, même dans une obscurité complété , et soumises dans îeur émission à des lois tontes spéciales, je suis convaincu qu'aucune espèce de radiation ne peut être invoquée dans l'exph'catîôn de ces phénomènes, mais qu*il laût plutôt les rattacher aux faits connus que je vais rappeler.

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880 NATURE IirriMB DU SPECTRE SOLAIRE.

» 1* La plupart des corps sar lesquels nous opérons ont leur surface revêtue d'une légère couche de matière organique, analogue aux corps gras et volatils, ou au moins susceptible d*étre entraînée par la vapeur d'eau.

» 2<* Lorsque l'on fait condenser une vapeur sur une surface polie, si les différentes parties de cette surface sont inégalement souillées par des corps étrangers , même en quantité extrêmement petite , la condensation se fait d'une manière visiblement différente sur les différentes parties de cette surface.

9 Lors donc que l'on exposera une surface polie et pure au contact ou à une petite distance d'un corps quelconque à surface inégale, il arrivera qu'une partie de la matière organique volatile dont cette dernière surface est revêtue sera condensée par la surface polie en présence de laquelle elle se trouve ; et, comme j'ai supposé que le corps présentait des inégalités ou des saillies et des creux , c'est-^dire que ses différents points étaient inégalement distants de la surface polie, il en résultera un transport inégal de la matière organique sur les différents points de cette surface; aux points correspondants aux saillies du corps, la surface polie aura reçu plus, et aux points correspondants aux creux , elle aura reçu moins ; il en résultera donc une sorte d'image , mais ordinairement invisible. Si l'on fait condenser alors une vapeur sur cette surface polie, on voit qu'elle se trouve dans les conditions que je rappelais tout à l'heure, et que la condensation va se faire d'une manière visiblement différente sur les différents points , c'est-à-dire que l'image invi»ble deviendra visible. »

Dans une seconde lettre écrite en février i8&3, M. Fizean énonçait encore les propositions suivantes :

« 1** La propriété de former des images sur une surface polie n'est pas permanente dans les corps; mais si, avec un même corps, oo cherche à obtenir successivement un grand nombre d'images , on voit que son pouvoir s'affaiblit peu à peu , et devient presque nul après un certain nombre d'épreuves , nombre variable avec la nature, mais surtout avec la texture des corps : les corps compactes comme les métaux perdent rapidement cette propriété, les corps poreux la conservant, au contraire, d'une manière remarquable.

» 2** Lorsque la propriété de produire des images s'est perdue ou

affiûblie dans un corps , on la lui rend instantanément en promenant les doigts à sa surface, ou on frottant cette môme surface avec les poils d*un animal vivant , qui , comme on le sait , sont toujours imprégnés de matières organiques connues soos le nom de suint

• 3® Lorsqu'on élève la température du corps formant image, celle de la surface polie restant la môme , l'image se forme dans un temps trè»<x>nrt

V h^ Lorsqu'une surface polie a reçu l'image d'un corps, cette même surface, placée très-près d'une seconde surface poUe, est susceptible de former à son tour une image que l'on peut appeler secondaire, et qui elle-même pourrait former des images tertiaires , si la netteté de l'impression ne diminuait pas très-rapidement par ces transports snccessife.

» 5* En interposant une lame très-mince de mica enfrre les corps formant image et la surface polie, j'ai constamment trouvé que l'ac* tion était nulle. Cependant, dans certaines circonstances, ou obtient ainsi des images qu'il est important de ne pas confondre avec celles qu'aurait produites le corps lui-même ; c'est le cas dans lequel une même lame de mica , servant à deux expériences consécutives , sera placée , dans la seconde expérience , dans une position inverse de celle qu'elle aura occupée dans la première ; alors la surface de mica qui, pendant la première expérience, aura été en contact avec le corps formant image et aura ainsi été impressionnée , se trouvera en contact avec la surface polie pendant la seconde , et devra dès lors donner lieu è une image secondaire. Cette image pourra toujours être distinguée de l'image directe, en ce que celle-ci est évidemment une représentation symétrique de la surface du corps, tandis que l'image secondaire étant symétrique par rapport à la précédente, se trouve une représentation identique du corps.

» 6^ Enfin, les diverses expériences relatives à ces images ont absolument les mêmes résultats, soit que l'on opère sous l'influence de la lumière, soit que l'on opère dans une obscurité complète. <»

M. Daguerre aussi, dans une note insérée aux comptes rendus de l'Académie, avait attribué la formation des images de Moser à l'intervention d'une certaine substance qu'il désignait sous le nom de limon atmosphérique.

L'eau, disait-il, qui se condense, même Si la plus légère différence

Goo

8tS NATOAE INTIMB DU fl^BCTM aOLàIRB.

de iempiratyre entre la surface d'an corps et l'aûr Gonlieat en dissolution on en suspension une matière non lolaiite. qu'on pourrait appeler limon aimosphériqoe ; et dès qne i'éqnilihre de températore s'établit entre l'air et la surface eu oarps, b rapaar tannide qui s'y était condensée se ?oIattliae, et, 7 dépoant le limoa qu'elle contient » u se saturer dans l'air d'une nonveUe quantité de cette substance impure. Le procédé le plus efficace pour éttmioer ce limon consiste ^ couvrir la plaque, après qu'elle a été poUe, d'une ooncbe d*eau très*pure< k la cfaauffer trè^forteutent avec nna J à esprit de vin» comme on fait dans l'opération dn fixage, eià y fASoite cette concbe d'eau, de manière que sa partie supérieareqi surnage le limon qu'elle a souleié ne touclie pas la plaqmu On ne doit soumettre ainsi la plaque à l'action de Teau booillanle* qo'aa moment de l'ioder : pendant qu'elle est encore cbaiide, on la pose de Sttile dans la boite à iode, et sans la bisser refroidir on b sonmec h h vapenr des substances accélératricea.

U' Daguerre disait encore : « Ce limon atmospbériqne, qni est le fléau des images photogéniques, est, an contraire, l'Ime dee images qu'on obtient au contaa ou à Urès-conrte distanoa Pour s'en convaincre, on n'a qu'à décaper les deux corps qn'on ?ent meure en Qontactt avec l'eau bouillante, comme nous venons de l'indiquer, et \ les tenir tous deux à la même température qne Taîr; on n'a alors aucune impression, ce qui prouve évidemment que cet i n'ont aucun rapport avec b radiation qui donne les images photogéniques. Du reste^ ajoutait-il, j'avais remarqué depuis fort 1 la diOéreoce qui existe entre ces images, puisque je l'ai i b note que j*ai ajoutée au procédé de M. Niepce , page hhétwM brochure publiée en 1839. •

Cette dernière aas^tion nous a fort intrigué ; il nous répugnait vivement de croire que AL Daguerre eût depuis bngtrmfis déoonveri les intageade Hoser ; nous nous sonunes donc mis en campagne pour retrouver cette bienheureuse brochure de ig39i. Après trois joon de recherches, nous avons enfin réussi, et expkré avec la pins vive impatience la fameuse page 4& : or. voie) ce que nous avons trouvé en note ; Les observaiùm» que l'on peui faire par ces essais ne peu9em pas s'appliquer aux résultais que Con obtient dms la ckamke noire. Les effets de la \fmiéte traverÊOsa wte gravure, surtout ver-

nisiie^ mis€ en contact anec le carps sensible, diffèrent 4e ceux qui dament lieu à la reproduction de dmfl^e dems la ckomire obscure.

Quoi! H* Dagoerre a osé dire, en parlant de ces lignes» qu'il y a signalé la différence entre les images photographiques et les imagqs de Moser : c'est yraiment, poar ne rien dire de plus» un excès d'audace tout-à-fait incroyable. Comparer le dessin produit par l'action de la lumière à travers une gravure rendue transparente au moyen d'un vernis » à celle qu'imprime un corps quelconque sur la plaque avec laquelle il est mis en contact ou dont il n'est séparé que par une petite distance, dans l'obscurité; cola dépasse toute permission. Après avoir refoulé au second plan l'incomparable Miepce, et s'être enrichi de ses gkrieuses dépouilles, M. Oagnerre voulait-il donc aussi disputer à H. Moser, qu'il n*a pas mémo daigné nommer, la gloire de sa brillante déoouverte? On nous pardonnera cette expression trop vive d'un sentiment de justice el de frobité littéraire qui a éclaté malgré nous.

M« Moser n'a pas voulu laisser sans réponse les ot^eetions de MM. Fizeau et Daguerre; il les réfute, et, nous devons le dire, avec succès, dans une note insérée dans les Annales de Poggendorff. Le triomphe, du reste, ne pouvait pas être douteux ; les deux pbysiiyeiis français n'avaient entrevu que la moitié de la vérité ; en s'arrétant à l'idée de limon organique ou atmosphérique» ils restaient dans le vague. Si, pénétrant plus avant, ils avaient deviné le rôle des atmosphères gazeuses, M. Moser^ qui s'est bien gardé de relever le gant )ui lui était Jeté par M. Waidele, n'aurait pas trouvé un nouvel ippui dans les. faits même qu'il lui opposait. « Les noies de IIM. Fizeau et Daguerre, disaihil, prouvent surabondamment qu'ils sonnaissent très-imparfaitement les phénomènes que j'ai décrits : ils les ont h peine entrevus k travers des extraits informes et incomplets le mes mémoires. Que M« Fizeau purifie b plaque et le corpa qui loit former sur elle.son image avec tout le soin imaginable; mieux il lura réussi à les défendre de tout limon organique» et plus l'image ;era parfaite , au contact , à distance, à travers une couche d'eau , l'huile, etc. J'ai fait bouillir, comme M. Daguerre, la plaqvie et le ;orps, le limon atmosphérique avait certainement dispai*u , et j'ai ^btena cependant d'aussi belles images que si je n'avais pas soumis à 'ébttllitioo les corps sur lesquels j'opérais^ L'ébuUition de la idaque

ne joue pas le rôle si important, que M. Daguerre lui assigne, d'accroître la sensibilité. Si, en effet, quand la plaque qui a bouilli est encore chaude , on la soumet à la vapeur dn chlorure d'iode , au lien d'augmenter, sa sensibilité a réellement diminué, et cependant le limon atmosphérique a été enlevé.

Après avoir réfuté ses adversaires, M. Moser, dans la seconde partie de la note que nous analysons, revient sur quelques propriétés remarquables des vapeurs.

Les vapeurs d'iode, de chlore, de brome, n*ont pas seulement la propriété de rendre les plaques d'argent plus sensibles à Taction de la lumière; elles jouissent d'une bculté plus extraordinaire, celle de détruire peu à peu l'action déjà produite par la lumière sur une plaque préparée à l'ordinaire , et de la ramener à son état primitif, on du moins à une phase antérieure. M. Moser s'est assuré, par de longues séries d'expériences, de la vérité d'une proportion plus générale encore : tonte substance, vapeur ou gaz, qui, en se combinant avec l'argent, lui communique une plus grande sensibilité pour la lumière, possède aussi la propriété de détruire peu à peu l'effet déjà produit et réciproquement. L'oxigène, par exemple, est dans ce cas : l'oxide d'argent est très-sensible à la lumière , et l'image produite sur une plaque sensible s'efface peu à peu par son contact avec i'oxigène : il en est encore de même du gaz flnorhydrique. 11 faut observer seulement que la propriété de ramener la plaque à une phase antérieure est plus ou moins intense : si le temps d'exposition a dépassé quatre ou cinq fois celui qui était nécessaire pour donner une image ordinaire, l'oxigène et l'acide flnorhydrique ne ramèneront plus la plaque, tandis que l'iode produira cet effet, même après une exposition d'un jour entier.

La vaporisation de l'eau produit un effet analogue : on laisse la plaque Iodée dans la chambre obscure cinq ou six fois le temps nécessaire, on verse sur elle de l'eau chaude qu'on laisse s'écouler, et quand elle est sèche on l'expose à l'action des vapeurs du mercure : l'image obtenue est précisément ce qu'elle aurait été si la plaque était restée dans la chambre obscure pendant le temps ordinaire. On devait en conclure, en vertu de la proposition générale ci-de^os énoncée, que la vaporisation de l'eau rendrait la plaque plus sensibie à l'action de la lumière, et c'est ce que prouve, en effet, l'expérience

RAYONS CHIMIQUES. — IMAGES DE MOSëR. S85

de iVl. Dagucrrc si mal interprétée par lui. Lesiukple comactdereau produit d'ailleurs le même effet que la vaporisation.

M. Moser énonce encore un autre théorème digne d'attention : si deux Tapeurs ou deux gaz, A et B, possédant séparément la faculté de rendre l'argent plus sensible à l'action de la lumière, agissent sur lui l'un après l'autre, la sensibilité dé(initi?e sera toujours différente de ce qu'elle aurait été, si une seule des substances A pu B avait exercé son action. Il peut se présenter trois cas : V la sensibi* lité de la plaque peut être accrue par l'emploi successif de A et B^ dans quelque ordre qu'on les fasse agir ; le chlore et l'iode sont dans ce cas : 2** la sensibilité de la plaque peut être accrue, mais suivant l'ordre dans lequel les substances agissent ; si, par exemple, on fait agir d'abord l'iode, puis le chlorure d'iode, la plaque sera un peu plus sensible que si l'on avait employé le chlorure d'iode tout seul, et beaucoup plus sensible que si l'on n'avait fait usage que des vapeurs d'iode ; si, au contraire, le chlorure d'iode agit avant l'iode, la sensibilité est moindre que si le chlorure d'iode avait seul agi : 3"* la sensibilité delà plaque peut être diminuée par Tiulerveniion de la vapeur ou du gaz B, qu'on l'applique avant ou après la substance A ; les vapeurs de chlore, appliquées avant ou après le chlorure d'iode, rendent la plaque moins sensible.

Sixième Note. — Expérience tendant à prouver que la «apeur de mercure renferme de la lumière latente. — On iodure une plaque d'argent au point de lui donner une belle teinte jaune, et on la chauffe en la plaçant sur une lampe à esprit de vin, pendant à peu près une minute; l'iodure d'iode devient d'abord plus sombre, et passe plus tard à une couleur blanc de laiL La nouvelle substance blanche est très-impressionnable à la lumière,, et toutes les couleurs du spectre lui communiquent une teinte gris d'acier. Si, après qu'elle a été refroidie, on la place sous un écran découpé, séparé d'elle par une distance d'une ligne environ, et qu'on la porte dans la boîte à mercure chauffée h 60% puis ramenée à la température de 30«, on trouvera que, partout où la vapeur de mercure a agi, la plaque est devenue gris d'acier, et qu'on a obtenu une image do l'écran absolument semblable à celle qu'aurait donné l'action de la lumière ordinaire. La vapeur de mercure condensée est cependant blanche, et il faut admettre, ce semble, que la couleur gris d'acier

Googl^

886 NATURB INTIMB DU SPECTRE 0OLAIRB.

est due à Taetion prêdomiDantc de la lumière latente. La efaaleur ne peut ici jouer aucun r6le, car elle est impuissante à corattianiq|iicr à la substance blanche h nuance grise d*acier. Pour cette même substance aussi, il n'existe pas de rayons chimiques, car tons lesrapns du spectre le colorent également.

SeptIèhb BOTB. ^ Réponse à M. Edmond BecquereL — Dans son mémmre sur les effets produits sur les corps par les rayons solaires^ H. Becquerel avait dit : « un faisceau de rayons solaires, contenant une inflnité de rayons de réfrangibilités diverses, on doit nécessairement étudier sur dsaque substance Taction de ces différents rayons ; t'est-à-dire du spectre solaire. Je ne reviendrai sur ce sujet que parce que quelques physiciens, et particulièrement M. Moser, ayant négligé l'étude du spectre et des substances qui changent chimfquement d'état k la lumière, et, s^étant borné à examiner l'action des terres colorés, a voulu généraliser les résultats obtenus à l'aide de ces écrans, de sorte qu'il est arrivé à des condnsions inexactes, comme Je le démontrerai dans le cours de ce mémoire. • €e mot, conelusùms inexactes^ indigne d'autant plus M. Hoser, qu'il a vainement cherché dans le mémoire la démonstration promise. Partout, au contraire, à son grand étonnement» il a vu que M. Edmond Becquerel avait observé les mêmes faits que lui. M. Moser avait dit que les rayons transmis par des verres rouges, penrent, quoique difficilement, commencer raction sur Tiodure d'argent : M. Becquerel opère tour k tour et avec les rayons rouges du spectre, et avec divers milieux colorés en rouge, et il arrive exactement au même résultat que M. Moser; l'iodure d'argent était coloré après un temps sufl»samment long : M. Moser en concluait que la lumière rouge était k sa manière excitatrice. Désireux de maintenir la distinction au jourd'hui insoutenable de rayons excitateurs et de rayons continuateurs, M. Becquerel veut : 1** que l'impression produite k travers ks milieux colorés, soit due k la présence d'autres rayons qui accompagnent la lumière rouge, transmise non-homogène ; 2* que l'impression manifeste de la portion rouge, prise dans le spectre lui-même, soit attribuée k ce fait, que le spectre, même le mieux épuré que Ton puisse avoir, est toujours accompagné d'un peu de lumière diffuse. MM. Moser et Becquerel ont donc observé réellement le même fait; ils diffèrent seulement dans l'interprétation ; or, dit M. Moser, il y a

Bâtons chimiquiss. — tuàêBs m mosbr. S6>7

loia d*Qne interfirétatioii diflérentê à des coBcliisioDa inexactes» et M* Becqnerei n'avait pas le droit de s'exprimer si durement à mon égard : et cela, d'autant moins, qn'en attaquant ma méthode d'expérimentation, M. Becquerel prend le soin très-singulier de reuTeraer de fond en comble la sienne. Il avait à peine dit que les expériences faites avec les verres colorés dans le but de reconnaître les réfirangibîlités des rayons actib n'ont aucune valeur, qu'il ajoute : • En agissant avec les rayons du speare, on a des résultats plus exacts; mais, Qusir QDEFOIS, il se mêle à eux un peu de lumière diffuse, ce qui complique les effets produits, surtout, si l'exposition de la matière sensl^ ble est de longue durée. » Quand il se servait de cette expression par trop radoucie, quelquefois, M. Becquerel, par une de ses inadvertances trop peu rares dans ses mémoires, oubliait qu'il aiait dit, quelques pages auparavant : le spectre, biëhe le mieux ëpubA, est TOUJOURS ACCOMPAGNfi D'UN PEU DE LUUifcBE DIFFUSE. Si, partageant le mécontentement de U. Moser, nous nous montrons un pea sévère envers M. Edmond Becquerel, dont, plus que tout autre» nous apprécions le talent et l'ardeur, c'est qu'il loi arrive trop sonvent de traiter cavalièrement les physiciens, même célèbres, qu{ étudient les mêmes sujets que lipi. La critique qu'il bit, par exempK du bon mémoire de AL MalagMtti» est d'une subtilité excessive: M qui ne tient pas asses compte de l'action réelle exercée par la matière du prisme et la présence inévitable de la lumière diBîise ; il s'appe^. santit longuement sur la prétendue inl^nence d'un déplacement de l'image, et de réflexions secondaires tout à-fait insensibles ; il oubKe que Tactinomètre électro-cbimique n'est pas un instrument compann ble, etc., etc. Après avoir tout pesé mArement nous ne craignons pas de dire que les résultats obtenus par M. Mabgutti noua inspireil une entière confiance; et que nous préférons sa méthode d'expéri* mentatioUt quoique ftt. Becquerel dise imperturbablement, en par« lant delà sienne, queUe est la seule manière.d'arriver à des résultat* exacts. N'oublions pas, d'ailleurs, que le mémoire de H. Malagntti M précédé de quatre années celui de M. Becquerel, et qu'il constatait un fait mportant, celui du pouvoir accélérateur de l'eau distillée» , HurnftUE NOTE. — De Vactim des r^mu colorés mtr VMmte iatgtm. — Bien avant M. £. Becquerel, sir .Wîiliam Heraebell avait' repiqué i H» Moser l'emploi d^ verres q>lorés> ces fenw^4iMitei

tiffè rtkifiKà iirfttË du spizctre solaîhë.

B, penteùt êàtmet Heu i tant de méprises et d'erreurs, qn*fl fiiit absofument se résoudre h n'expérimenter qu'avec le spectre loiméine. M. Moser s'est d'antant pins ému de ces reproches» que Tem* ploi des verres colorés a été la base fondamentale de ses recherches sur la lumière; et il s'efforce de les repousser avec une ardeur toute nouvelle , en démontrant les trois propositions suivantes : 1* Les terres colorés ne m'ont indait en aucune erreur^ et je les ai employés dans des conditions teHes, que Terreur, en effet, n'était pas possible; 3* Les couleurs prismatiques du spectre ne donnent aucun résultat qui combatte ceux obtenus par les verres colorés : Z^ La manière d'employer le spectre de M. Herschell ne peut en aucune manière être utilisée dans mes expériences.

L Le théorème fondamental, démontré à l'aide des verres colorés, est celui-ci : tous les rayons colorés exercent substantiellement la même action sur Fiodure d'argent; Us diffèrent seulement par le temps plus ou moins long nécessaire à la production d'un même dfet M. Hèrscbell n'a pas sans doute Tintention de contester h térité de ce théorème; il attaque seulement le mode de démonstratfon : le verre rouge, employé par Af. Moser, ne transmettait pas une lumière rougo, simple et homogène, il n'excluait pas absolumeiit les rayons plus réfrangîbles et plus âctlfir : on ne pouvait donc pas prétendre arriver li une conclusion certaine. Oui, dBt M. Moser, if dans mes expériences je ne m'étais pas arrangé de telle sorte, que IMki obserré par moi ne pouvsnt pas être prodnft par les rayons pl«8 réf nmgibles , je devah l'attribuer uniquement, aux rayons rouges, absolument comme s'its avaient été parfaitement homogènes. lUppelotts, en effet , l'expérience capitale par laquelle 3 est resté prouvé que l'action des divens rayons dURrait essentiellement par la senk durée : on laissait la plaque iodurée dans la diambre obscure le dnquamièfDe de temps t nécessaire h la production d'une image iÉguerrienne ordinidre; puis, on Pexposait sous un terrermiget Paetioa de ta lum^e solaire pendant quelques minutes ; aussitM H se ftmait une image négative. On poirvah évidemment regarder id ks rayons rouges eomme homogènes, puisque, loin de produire le mtee dlbt, loin de Mre ressortir «ne image, tous les autres rayuos du aieeire aaratent nivelé la plaque ou détruit l'impressioii reçue tes l»*Hifeit etami m U wmfi ie PetpMifioB tes eette

chambre obscure dcTenait un Tinglième ou un dixième de r, les rayons jaunes et verts à leur tour ne nivellaient |^us, ils agissaient comme les rayons rouges, ils produisaient une image négative; tandis que les rayons bleus et violets continuaient encore à niveler « même lorsque la plaque était restée dans la chambre obscure dix fois, vingt fois le temps i, même quand la simple exposition trop prolongée avait donnée elle-même une image négative. N'est^il pas évident» qu'employés de celle manière, les verres colorés ne peuvent pas induire en erreur.

M. Moser avait affirmé qu'une image négative, formée dans la chambre obscure, se changeait en image positive sous l'influence des verres jaunes et verts ; que, sous celte même action, Tiodure noirci redevenait jaune, tandis que l'iode jaune se noircissait. £n parlant de ce résulut, M. Uerschel avait dit qu'il était parfaitement inintelligible pour tout homme qui aurait étudie dans le prisme la propriété des rayons colorés. Or, M. Moser répond que Tincompréhensible atteint non les expériences qui sont parfaitement e^ctes, mais la nature elle-mêiue qui a bien réellement produit les effets ci-dessus énoncés. Cette transformation d'images négatives en images positives, que M. Moser ne vit d'abord s'effectuer que sous les couleurs jaune et verte , esc produite, comme il Ta prouvé plus tard, par tous les autres rayons; elle est donc un phénomène commun ; le temps seul varie d'un rayon à l'autre et dans l'ordre des réfrangibllités. Il est impossible qu'avec sa patience et sa bonne volonté bien connues, M. Herschel n'arrive pas à reproduire les mêmes phénomènes avec les couleurs empruntées directement au spectre solaire. M. Moser, pour rassurer pleinement M. Herschel au sujet des images positives qui lui ont valu de si durs reproches, ajoute qu'en opérant d'une manière convenable on fait succéder par le procédé indiqué aux premières images négatives des images positives, si parfaites, si semblables aux plus belles épreuves daguerrieniies, que !<i elles s'étaient présentées d'abord aux inventeurs de la daguerréotypie, ils se seraient arrêtés eu chemin ; de telle sorte que la roagniûque découverte des merveilleuses propriétés de la vapeur de mercure leur aurait probablement échappé.

IL Après cette première réponse, M. Moser opère à son tour avec le specti*e solaire, par tous les moyens en son pouvoir, mais il reste

890 NATURB INTIMB DU 8PBCTRB fiOLÀlRB,

bientôt ccsTainca de l'impowibiiité d'arrifer k qodqne iioiiTeM résultat* parce que la lamière ainsi obtenue, loin d'être aussi bomo* gène que celle donnée par les verres colorés parfaitem^t cboimi contient un excès de lumière blanche, ou de lumière tiolette. U a été sentement assez heureux pour conûrmer ainsi pleinement les r^altnts auxquels Tayait condwt remploi des verres colorés « et résoudre TobjecUon k laquelle l'autorité imposante de sir flerschel donnait une force nouvelle.

III. M. Moser enfin s'efforce de démontrer que, loin de pouvoir éclairdr aucune difficulté, la méthode proposée par M. Herscbel, et qui consiste à faire agir d'abord le spectre sur la plaque iodurée, puis h soumettre cette plaque à l'action des vapeurs de mercure, n'est en aucune manière utile quand il s'agit d'étudier les actions relatives des divers rayons. Car, 1* des rayons peuvent avoir agi trèsinégalement» sans que la couleur primitive de l'iodure d'argent soit sensiblement altéi*ée, sans qu'on puisse apercevoir de différence sensible dans la quantité de vapeurs de mercure précipitées et rendues adhérentes; î** les vapeurs de mercure possèdent elles-mêmes h propriété de changer la couleur de l'iode, et peuvent ainsi masqaer les effets différents produits par les diverses couleurs; S<> l'iodnre d'argent est d'abord très-sduble dans les dissolutions d'hyposulite ou de chlorure de soude ; l'action de la lumière le rend ensnite insoluble^ comme on le remarque déjà dans l'iodure noirci , mais , en continuant son action, la lumière rend à l'iodure sa solubilité; et d'ailleurs les différens degrés de solubilité ont une influence trèsgrande sur l'aspect que l'action des vapeurs de mercure commmiiqiie è la plaque r il est donc impossible que ces particularités importantes ne coatribuent pas puissamment à masquera leur tour les différences d'actions dvs rayons diversement colorés; h"* enfin, l'action des vapeurs de mercure est très**in^ale, et dépend de plusieurs casses extérieures qu'il est souvent difficile d'apprécier. U est donc vrai, et sous ce rapport nous sommes de Tavis de M. Moser, que le mode d'expérimentation de M. Herschel, très*compiexe en lui-même, trèsdifficile à analyser , ne mérite pas la confiance absolue qu'il lui donne. Mais aussi, quoi qu'en dise M. Moser, nous sommes complètement de l'avis du physicien anglais, lorsqu'il condamne ei repousse U pensée et la dénomination de ùmùère (aieme ou obscure^ eiiten«

daes comme Pavait fait M. Moser; on peut certainement conceToir qu*il existe, en effet, des radiations lumineuses qui ne sont pas sensibles à Tceil, et qui se manifestent seulement, soit par une élévation de température, soit par des effets chimiques, soit par Texcitation de la phosphorescence; si M. Moser n*a pas voulu dire autre chose, s*fl admet simplement que ces rayons obscurs analogues à ceux découverts par Ritter diffèrent seulement des autres par une plus grande réfrangibilité, on aurait tort d'essayer de le combattre. Mais ce n*est pas là certainement ce qu'il a voulu dans ses premiers mémoires; et la lumière qu'il disait mise en liberté dans l'acte de condensation des vapeurs, par exemple, ne pouvait en aucune manière être identifiée avec les radiations dont nous venons de parler. Yoilh pourquoi on Ta combattu, et il n'est pas douteux aujourd'hui qu'il s'était totalement trompé dans sa manière d'expliquer la formation des curieuses images qui immortaliseront son nom.

M. Moser a publié une dernière note sous ce titre : sur les préten" dues images de chaleur , mais nous ne pourrons l'analyser que quand nous aurons parlé des recherches de MM. Rnorr et Hunt

Eu i^lih aussi, il a inséré, dans l'annuaire de Schumacher, sous ce titre, Veber das licht , une très-longue analyse de ses recherches , mais dans laquelle nous n'avons trouvé ni aucune expérience, ni aucune vue théorique nouvelles.

Il ne nous reste , pour rendre complète Tétude que nous avions à faire des images de Moser, qu'àreproduiredeux notes dignes d'intérêt. La première extraite du Giomale Toscano di science, a pour but de montrer que les phénomènes découverts par M. Moser peuvent trèsbien s'expliquer par les principes connus, et vient ainsi en aide à la théorie de M. Waidele : la seconde constate quelques faits curieux, et qu'il importe de sauver de l'oubli.

Note sur les expériences de Moser, — Les expérienoies de Moser sont de nature ï exciter la curiosité et l'intérêt des savante par leur singularité et par l'espèce de mystère dans lequel est encore enveloppée leur explication.

Nous pensons, toutefois, qu'avant de recourir à des forces nouvelles et occultes, ou à des propriétés nouvelles de forces généralement admises, il convient de tenter de s'en rendre compte en les expliquant au moyen des forces dont nous connaissons déjà les lois et

la nature. Les expériences de Moser nous paraissent en quelque façon liées à celles que Prévost, Carradori et Lehot ont faites il y a déjk plusieurs années sur Tadhésion entre les gouttes liquides et les surfaces polies des solides, sujet qui a été dernièrement Tobjet des recherches de Dutrochet. L'ignorance où nous sommes encore des lois qui régissent ces phénomènes, peut seule faire comprendre com> ment un observateur aussi habile que M. Dutrochet a pu s*êtrc laissé conduire à imaginer une nouvelle force qu'il appelle éptpoUque^ oo force de superficie.

Voici une des conclusions principales auxquelles Moser a été conduit par ses expériences :

a La condensation des vapeurs sur les plaques produit une modification sur leur superGcie, qui est indiquée par une différence dans la condensation successive des vapeurs qui y adhèrent, ou qui les altèrent chimiquement. »

On peut faire la plus simple des expériences qui conduisent à ce résultat, en soufflant sur une lame de Daguerre ou sur une plaque d'acier ou de verre, ou sur la surface d'une couche de mercure après avoir recouvert cette surface avec un diaphragme découpé. De cette façon, la vapeur se condense sur quelques points et non sur d'antres; ces derniers sont évidemment les portions de la surface recouvertes par le diaphragme. Lorsqu'on enlève celui-ci, tout disparaît au bout ^ de quelques secondes ; mais il suffit de souffler de nouveau pour Toîr reparaître une figure qui représente le diaphragme avec ses découpures. Si on remarque la manière dont la vapeur condensée disparait des divers points de la surface, on verra que les points non couverts du diaphragme, et où la vapeur s'était condensée d'abord, sont ceux d'où elle disparaît le plus tôt.

On verra aussi, en examinant la plaque sur laquelle on a soufllé une seconde fois, que les portions qui avaient été couvertes par le diaphragme condensent une couche de vapeur plus opaque ou en apparence plus épaisse que celle qui recouvre les autres portions sur lesquelles la vapeur s'était condensée dans la première expérience. Il ne semble pas difficile d'expliquer ce fait par les principes généraux de l'adhésion. Une goutte d'eau posée sur une surface de Terre oo d'une autre substance, quelque polie qu'on la suppose, conserve toujours une forme plus ou moins globuleuse, suivant la masse de la

HATONS CHIMIQUES. — IMAGES DE MOSEH. 893

goutte et la propreté de la surface elle-oiême. Dutrochet a prouvé récemment que pour qu'une goutte d'eau s'étende en couche unie sur une plaque de verre, il faut donner à cette plaque une surface fraîche qui n'ait pas encore subi le contact de l'air atmosphérique. Sur toute autre surface polie, la goutte reste globuleuse ; et si on examine à la loupe la couche de vapeur condensée, qu'on obtient en soufflant sur une surface polie, on voit que cette couche se compose d'une quantité de globules infiniment petits, qui ne diffèrent que par leur dimension des globules d'eau qu'on obtient, en laissant tomber ce liquide sur une surface recouverte de poussière on d'huile. Il est naturel d'admettre que lorsque quelques portions d'une surface ont été recouvertes de ces globules qui forment, par leur réunion, lavapeur condensée, elles ont conservé et continuent à conserver pendant longtemps une mince couche d'humidité, une couche de globules plus petits que ceux qui avaient été formés au commencement de la condensation. 11 n'y a pas de physicien qui ignore la ténacité avec laquelle ces couches d'eau, ou plutôt ces voiles d'humidité, adhèrent à la surface des corps solides, et combien il est difficile de les enlever entièrement, même à Taide de la chaleur.

Si on présente à cette surface, lorsqu'elle est dans l'état que nous venons de décrire une nouvelle vapeur à condenser, les points qui ont conservé un voile humide plus prononcé exercent sur les globules de la nouvelle vapeur qui se condense, une force d'adhésion qui se manifestera par des effets différents de ceux qui auront lien sur les autres points. Là où la couche humide sera plus prononcée, l'adhésion aura Heu entre deux couches aqueuses, ou tout au moins entre une couche aqueuse et des points plus recouverts d'eaur que ne le sont les autres ; l'état globuleux y sera donc moins développé, et le liquide aura une tendance à former une couche unie plntôt que des globules : il en résultera une transparence plus grande sur ces parties; et par analogie avec la propriété que possède l'eau, quand, sous forme globuleuse, elle est en contact avec des métaux chauds, une évaporation plus prompte sur les points où les globules sont moins bien formés.

Rappelons une autre expérience faite par M. Moser, et très-facile à reproduire. On prend une médaille, une plaque gravée ou une empreinte de cachet, et on la ternit avec l'haleine ; puis, tandis que

cette surface est ainsi couverte d'une couche de vapeur condensëe. on la pose sur une plaque de Daguerre, et on Ty laisse pendant quelques instants ; on l'enlève ensuite et on trouve dessinée sur la plaque, par la vapeur qui s*y est condensée inégalement, Tempreinte de la médaille, de la gravure et du cachet.

Si on avait couvert Tobjet soumis à Texpérience d'une couche de vapeurs de mercure ou d*iode, au lieu de le ternir avec l'haleine, on aurait obtenu le même résultat. Dans tous les cas dans lesquels le dessin est produit, la vapeur ne se dépose pas sur les portions en creux, mais cette différence disparait si on laisse les deux surfaces longtemps en contact. Il semble naturel d'admettre que les points les plus rapprochés sont ceux sur lesquels la condensation de la vapeur s'opère d'abord ; lorsqu'on suspend une feuille^ d'or dans un vase au fond duquel se trouve du mercure, la feuille commence à blanchir dans sa partie inférieure, qui est plus rapprochée de la surface du mercure : et, une fois qu'une image s'est formée sur une surlace par la condensation inégale de la vapeur, on comprend, d'aprèsles principes déjà exposés, comment elle est rendue visible par la condensation d'une vapeur nouvelle.

Si on met les médailles» etc., en contact avec la plaque, après l'avoir chauffée au lieu de la couvrir de vapeur, le même phénomène a lieu, c'est-à-dire que les images reparaissent. On peut encore dans ce cas admettre qu'en chauffant les médailles, etc., on a forcé le voile de vapeur qui la recouvrait à disparaître : c'est le même phénomène qui doit avoir lieu lorsqu'une plaque de métal ou de verre est exposée à Taction directe du rayon solaire, étant couverte d'un diaj^agme découpé, qui a émis de la vapeur dont la condensation s'est opérée ensuite sur les points de ce diaphragme en contact avec la plaque. Gela admis, les résuiuts qu'on a obtenus rentrent néc€scessaircment dans les cas cités. Cette explication peut être rendue plus complète au moyen d'une expérience facile à exécuter, et qui a été faite dans notre cabinet de physique. Lorsqu'on opère dans le vide, et après y avoir laissé se refroidir les médailles et autres olyets employés dans l'expérience, les images par contact, qui devraient se manifester avec la condensation successive des vapeurs, ne sont pas produites.

Si on admet encore (ce qui me semble s'accorder avec nos coo-

RâYOMa CHIHIOCBS.-^IMAQB Dl MOftXR. t9S

UManeea sur ce poiai) que toolea les aurbodi des eorpe eiiioaêi ï rakiUMMpbère sont couïeriea d'uo ?oile d*haaùdilé, que ce toile doit coQtiaaeileiDeiil aiigaieater ou dimiaoer en pattani d*niiQ snrfne à une autre» qu'on peai suppoeer que même les corps les plas solides émetteat des Tapeurs qui, aprài us long espace de tenife peu?ent produire oe que produisent rapidement leurs aorfiees quand elles sont recouvertes de substances facilemeni éf aporaUee, on ne sera pas contraint de recourir ^ des forces nouvelles, ni même aux rayons d'une lumière latente et invisible pour eipHquei^ies ingénieuses expériences de Uoser. Nous sommes loin d*avoir prétendu en donner une explication complète; nous nous sommes seulement proposé de mfMtrer qu'on pourrait les expliquer, tout en respectant le principe fondamental des sciencee expér'mieatales : Causas rerum naturalium non plures admittx debere^ quam quœ et verœ tm et earutti phœnonunis sxplicQndis suffUtcmu

Note sub quelques propriétés des plaques galvaniques de cuivre obtenues au moyen des images daguerriennes, par m. p. strehlke,

On sait qu'on peut obtenir une empreinte gahranopiastique en faisant déposer pir le courant une oeucbe de enivre sur la plaque d'argent d'une image de Daguerre. Les places blanches de l'image daguerrienoe déterminent sur la plaque de cuivre une couleur de chair claire et n'ont qu*vn poli incomplet » tandis que les parties obscures sont bien poliesi On peut , en employant les procédés de polissage très-parfaits, faire disparaître sur la plaqne de cuivre toute trace visiUe de l'image , et donner k cette plaque un poli extrêmement beau* L'image est cependant empreinte jusqu'à une certaine profondeur dans la plaque de cuivre qu'on a obtenue par la galvanoplastie» et on peut la faire reparature» 1* en plongeant la plaq«e de cuivre dans les vapeurs de mercure ; i» en la chauffant promplomenl jusqu'à ce que sa surface se ternisse; 3* en la recouvrant d'une légère couche d*acide nitrique; U'* en se servant de la môme plaque de cuivre comme électrode négatiL

En plaçant la plaque de cuivre bien polie dans la botte à mercure de Daguerre» et en chauffiint le mercure jusqu'à W R.» on veit l'image de la plaque de cuivre qui avait disparu sous Taction du

896 NATORE INTIMB DU SPECTRE SOLAIRE.

polissage, reparaître dans tontes ses parties avec le plus grand déUui et la plus grande netteté , comme dans l'image même de Dagueire. On peut, au moyen du polissage , enleTer plusieurs fois Timage produite par les Tapeurs de mercure sur la plaque galvanique de cuîrre; mais chaque fois qu'elle reparaît sous Taction des vapeurs de mereore, elle se montre de plus en plus faible jusqu'à ce qu'elle ne paraisse plus. Une empreinte galvanoplastique d'un bouton irisé ne présente point les mêmes propriétés, car elle se recouvre naiformément de mercure , et il ne paraît pas que les différences d'épaissear dans les différentes parties de la même plaque de enivre eiercent aucune influence sur la manière dont les vapeurs se condensent ; cette condensation s'opère également d'une manière uniforme sur des pièces de monnaie de enivre dont on a usé l'empreinte par le frottement

L'auteur raconte que dans le mois de septembre, après avoir formé par la galvanoplastie une plaque de cuivre, il l'avait oubliée parmi d'autres : ïi ne l'avait retirée qu'au mois de mai suivant, il l'avait polie avec le plus grand soin, l'avait exposée aux vapeurs d'iode, et l'avait mise dans la chambre obscure, afin d'y déterminer directement une image daguerrienne. L'action des vapeurs de mercure ne fit paraître que faiblement cette dernière image ; mais l'autre image qoi avait été enlevée l'année précédente par le polissage , reparut avec la plus grande netteté dans toutes ses parties.

Pour faire reparaître par la chaleur l'image devenue invisiUe de fa plaque de cuivre galvanique , on place celle - ci sur une autre plaque également de cuivre : on chauffe cette dernière, ce qui élève également la température de la première, jusqu'à ce que la surface de cuivre galvanique commence à s'altérer, alors l'image se montre dans la couche d'oxide. Elle peut disparaître comme les autres par l'action du polissage et reparaître de nouveau par l'action de la chaleur : on peut même* souvent rendre sensibles par la chaleur les images qui no peuvent plus reparaître sous l'action des vapeurs de mercure.

Pour faire reparaître par l'aclion de l'acide nitrique l'image deve^ nue invisible sur une plaque de cuivre galvanique bien polie et nettoyée, il faut étendre avec du coton filé une couche d'acide nitrique mêlé avec de l'eau. L'image est d'abord négative , c'est-à-dire

BATôm cmuxQvn. — immes db mosbr. t07

que 1e9 parties qui 'u>rre!4)ondent aux endroits clairs de l'iinagd dagoerrieDDe sont d*QD ro jge fuocé, et les autres de couleur i ose clair. Mais dès que, par Teffet de Taction prolongée de Tacide sur le luétal, la plaque se recouvre d'une a>ucbe verdâtre, couche qu'il but faire disparaître en frottant à plusieurs repris^ avec du coton bien sec , rimage devient positive; le brun clair ccNrrespond aux clairs » et le brun foncé aux ombres de Tobjet réel Les images qui sont ainsi reproduites par l'action de Tacide nitrique sont solides» ainsi que celles que la chaleur fait reparaître. Elles peuvent de même disparaître par l'effet d*un fort polissage» et reparaître de noaveau par l'acUon de l'acide.

L'électricité galvanique pent faire reparaître limage formée sur le cuivre galvanique; il suffit, pour cela, de se servir de ce enivre comme pOte négatif dans la solution d'un sel métallique dont le métal se dépose sur le cuivre. Les diverses nuances de dahr et d'obscur, dans le métal flout se recouvre la surface de enivre galvanique, rendent l'image visible. L'auteur n'a encore obtenu ce résultat qv'avec des sels d'or et de cuivre; mais il ne doute pas qu*on ne poisse Tobtenir avec d'antres métaux. Si l'on ne met que pendant quelques minutes h plaque de cuivre sur laquelle se trouve l'image invisible dans un appareil gahrano-plastique» en ayant soin de le faire communiquer avec la plaque de cuivre de l'appareil» l'image éteinte reparaît sur le cuivre par parties claires et obscures, et ressemble toat-k-fait à l'image q9'Qn obtient en opérant pendant quelques minutes un dépôt de cuivre sur une image daguerrienne. Dans l'un et Tantre cas, il ne se forme pas précisément une image en relief; nuis ce qui rend l'image sensible, c'est une différence dans l'arrangement des molécules du cuivre galvanique » différence que l'action de la lumière a commencé à produire dans le mercure de l'image daguerrienne. Si Ton continue à opérer le dépôt de cuivre sur la plaque galvanique du même métal , l'image finit par disparaître. Si l'on se borne & polir cette plaque, et qu'on la place dans la botte k mercure, l'image ne reparaît pas. Mais si l'on chauffe la plaque de cuivre • l'image s'y montre même à travers la couche devenue plus épaisse du enivre qui a été déposé sous l'influence du courant galvanique.

L^auteur termine en faisant remarquer que le cuivre qu'on obtient par la galvanoplastie est plus propre même que l'argent pour obtenir

les Images de Moser et ceflés qàe St. ftnoit déterihhie |M- tliétfàn âê la chaleur. Les miroirs concaves de enivre galvanique kfï^h pr6dilit eu faisant déposer le cuivre sur des mihiirs côiiveies, ottt tiâe étisUdtè très-grande , qui explique h t)ropr1été qti*ilé otat de t>rodoirtt dd eflfets remarquables lots méiiie qn*ib otit Âft trè^petites didiieltstoii& Une fois l'élan donné par M. Moser, les tavànts de tons les pafB ffd 0Dnt occupés activement, pendant plusieurs âinbée^, dfes itaiàges qirf naissent à la surface des càtpn , quand ilà sont sotitni^ Si Inaction des divers agents natdrels, lâ luVnifere, h tbalëbr, l'électHbitë, le Magnétisme, etc., etc. €es if^echerthes, très-nombretitek, t^è^tômptequées, ont cependant donné naissance à des découvertes intètte^ntes, que nous ne pouvons pals nous dispenser 4*ânîilysiér^ ftons le lUtils adM rapidement qne possibte ; puisse-a-^ti neds pArdoàiier tel îttperléctions de cette th)p conrte ani^sè, eh tenàât compté dé l^mint produit h la lecture de tant de mémoires Scrits dans faut de hngnes diverses , souvent mal dirigés et obsèurs. Lé tourage nbus ï manqué quel<)iieftrfs, tuais la pensée qne nétos bAsiiàs une tMvrc utile, et que nous accom^lMidtol tm kcte ile fûH&àb, Mol k ûàMè dba ibtibte nouveOea

FIN DE tA SECONDE PAk'Tlti

te.

TABLE DEâ MATIÈRES.

)MAie»«;*.s-.;'«v.-.v.

SEGTfOU tStfIfQViCtirÈ. -^ ^OltÏTlÔH Ï>B QUILQÛXS DIFPICDLTib. —

BirttèàMM^ Ml clkYAbiS VÂiî^ ^TniRiBux AOi

PrmMrtitkflieidlè. -^ PAûifqàdi fe\ comàieDl la tiUssc àt la terre ne

' mddîfl«-t «lltf eh liêti le» j^AAiomèbès de rélléction et d^ioterféreDce. 40i

Lamtém kodlavalé.'. : 404

BtoHesfilmtespéHudl^tiêé..' 407

AiMre )k>lMït, boVëalè ôû australe \ 4ii

Segment obscur/. •..'.;.; ..'.'..'.•'.;'.....: 416

AM'lamiiiefn.; ..-••. .•'...'.;.'.'.;.. 417

Coaroonewiiwi..; .; •*.••.•..'.•*•'. • ••• 4i8

Btendfie et hauteur des aurores boréales. •;.:.••.!.. 418

m^Bcètê et t)»Kbâic!té dès aurores polaires 419

Noiaredelthiflaièredesttirores.-. • 4S0

GMie-deifeUf^ës^hiHl8...v ..; hU

ê)emtimeéiffietkftt, "- IMes ttu iptfetrê. — Absorption 4^9

IMMdaspeetnidlttl^ 439

Raies -des tpceirêf de dTtëHës lumières..... 481

IMesjpMidiitteitwfelàl^k'tAbfs^têtà 438

' CoB|eet«r«» dlTeneaaarla nature des raiéi • • 484

' Bk^HeattoD niadniéê dés hiil!s daus îês deux systèmes 4Sft

'* Recbtvcliet tiiéuil<|ttea ûb M. ErttkAu. •• •.•• 440

' Giili^e «9 TM lêumuiss. •'••• «... •.••.• ■••. ... ••. •• •. •.•••* 488

éffbTltnf 'SlXllEflÉ. — fiii comjo V BU m.ii-rwtww it sâin us €oa9i. 458

Constitution éa soleiL .^^^ * 458

Gbnsàtatiôn du spectre solaire , •* « 459

Hypotbise de tt« Érêwster « i • <« .480

RtfoUtlbn de cette' Ijpotibèw ./. i &• 484

Dil'dôalèan èn'elles-ménies. •«# .^ 489

Béi'coaîeiin rimpIès.T. •••..•• •••• ••..%..» 4« 470

Des coolears composées. • •••••••« 4.4 477

Dès'éoîilèiirs èonsidé'rées dans les corps. •••••*•••« •• -479

Th'éoHé de fVewton. • •• .•• •• . m* ••«» «•• •*••«««.«« 410

DéTdèppements donnés à cette théorie» par II. Biot.«« 4. 480

Th8èH« de l^édat, par M. Ôeisted. 405

OpiflidBël expériences dé fténé^PiéfOst ,..«,. ,000

momVBiQ^... « 800

900 TABLB M» MATliMBI.

Thèméè&iêU.éèWnéè. St7

Coadonont..^ ••••••*. 547

Théorie de M. Ango • «0

BspérteMe tfe M. Botuftberu 551

Etedcs des lifnet d'înleifémice «t des difértMCs de BMicke dei

njOBt i raide dei nies do spectre, pu- llll. Fiieea et fùmcuât^» 8SÎ

ExpérieBeedeM.deWiede, réitlisde ptr M. SoleO UB

SECTION SEPTIÈME. — Dnooouiras Accmnau» ev wgUÊOtm^

— Di LA nmunàMCE nés nues. — Du cmiTueii» — PBL'isemituii

— De BALToiran •• • $Êù

Réaction de l'ciil. S60

Penistaoeedesimafes itl

Mesure de la darée des impressions • • 8tt

Dvrée dn tenps néeessaire à la prodnclSoii de Pii^presriea lendeh

persistance des images. •••••• • MB

KaléidoplHme de M. Wheetstone - • M

Fboloméire de M. WlMaUtone ••••» 565

Cb'ronoscopcs divers • •.••0 • ••••••••» 565

Antres procédés poar mettre en éridenoe la eontianité on la disceall

naité de divers phénomènes 567

Thranmatrope. — Anorthoscope. — Eipériepcee de Fandaj« 569

Fantascope. — Phénakistîcope ••••••• 576

CouLBuâs suBjicTiTm. — Première dasse, ntneMmiéêê • ••• 571

Propriétés de cette première classe de conleorSi •••••••• •• 57Î

Dênxiéme dasse ; conlenrs sobjectivea gimuUânéeê, »•,.,• «««^ SU

Ett'ets'de contraste • ••••••••••• Vn

' Lois générales des conlenn sabjectifes simoltanéei.* • ••• 579

Nature pins intime de ces conteurs ••• ••*•• 562

Conclostôo et résumé ••t.* •••••••• 58S

Nouvelle classe de phénomènes.. •.... ••• .» •• »•• ••• 584

'^ Hyp'othèses Averses Imaginées ponr Texplication de ces singiiUen

phénomènes. ^Govlenrs de It première classe ; théorie de Scherfer* 585

Goalevrs de seconde dasse ; théorie du contraste 586

Théoriede M. Ptatian... '.....:.:.•: 567

Ombres colorées ; :..:; ••• 591

Mémoire de Fechner...'. ...;...;.;.; •• SOS

Recherches de M. Ghevrenfl, iûr les fols dh contraste simnluné 594

' Échellrchromathiaede'Nnblli ::..' 566

ElTeU sfaignllers d'optl<|tte;. ; « • 597

IiBABtATioiii -^ Définitioir; eiiMètfCe dëTtrrtdlttiôn 596

De la cause de iMrradSatWb ètntiâre -, théorie de M. Platean • 666

BnsemMedes hite. ..'... .V ....'.;.. t.». 666

ImdlatioB obienrle à tiràvers les instmmenu astronomiyiM» • • "^^^ * ^^

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