RATONS CHIMIQUES. — E. BECQUEREL
lai avait été sn^érée par une expérience remarquable de M. Arago, dont le résultat était de nuMitrer qae les rayons chimiques qui influencent le chlorure d'ai^ent interfèrent comme les rayons lumineux.
» Je crois que l'hypothèse de Fresnel est exacte et même qu'elle peut être plus étendue, surtout si Ton considère que les rayons chimiques et phosphorogéniques ont les mêmes propriétés physiques que les rayons lumineux : ainsi ils sont soumis aux lois physiques de la réflexion, de la réfraction . de la double réfraction, de la polarisation et des interférences, de même que ces rayons ; et de plus, comme nous Tafons vu dans ce mémoire, les spectres de ces différents rayonnements ont les mêmes raies.
» Ainsi il serait plus simple de supposer :
9 1* Qu'un faisceau de rayons solaires est la réunion d'une infinité de rayons de diverse réfrangibilité, chaque rayon provenant d*ondu^ lations de l'éther n'ayant pa9 la même vitesse.
» 2* Qu'en réfractant un faisceau de rayons solaires à travers un prisme, on a le spectre solaire qui jouit de diverses propriétés, par suite de son action différente sur les corps extérieurs.
» 3^ Que suivant telle ou telle substance dont les molécules sont réunies en vertu de faibles affinités, telles que des sels d'argent, d'or, de mercure, etc. , les rayons solaires agissent d'après les vitesses d'ondulation qui peuvent se transmettre aux molécules de matière, et» par conséquent, entre telle ou telle limite [de réfrangibilité. J'ai appelé spectre chimitiue l'ensemble des rayons qui affectent une substance donnée.
» kr Que les phosphorescents devenant lumineux par suite du mouvement moléculaire imprimé à leurs molécules, mouvement qui donne lieu à une sépan^on des deux électricités nécessaires an maintien de' l'équilibre moléculaire et dont la neutralisation forme les lueurs que nous observons, on pourrait considérer l'action des rayons solaires sur ces corps comme analogue à celle de ces rayons sur les corps chimiquement impressionnables, avec cette différence seulement que cette action mécanique des molécules de l'éther se transmet à ces corps sans décomposition chimique. Alors, suivant lenf nature, ces substances phosphorescentes sont impressionnable^ ^l^trp telle op t^lte limjte de réfrangibilité djins Iç spectre solaire.
7Q4 NATUl.E LNTIMK DU 8PECTRE SOLAIRE.
• 5o Si, en outre, on considère la réline comme un organe qoi perçoit les vibrations de Téthcr , elle n*est impressionnable qne par des rayons compris entre cerlalnes limites de réfrangibilifé, et les rayons actifs forment on spectre qui, dans ce cas, se troD?e être le spectre lumineux.
• Ainsi, d'après cette hypothèse, on ramènerait tous les efibcs prodoits sous l*influence de la Tumière à Taclion d'un même rayonne* ment sur les différents corps, et il y aurait autant de spectres qo'îl y a de substances impressionnables. Cette manière de voir se rérifie sur fous les corps phosphorescents et sur ceux dont Tétat mo/écnla/re change sousVaction des rayons solaires. Quant aux rayons lamlneax» ou qui agissent sur ta rétine, nous ne pouvons Juger que d'après notre propre sensation ; mais il est probable que les rétines des différents êtres qui sont à la surface du globe ne sont pas toutes sensibles entre les mêmes limites de réfrangibilité. Nous en avons des exemples, entre autres, dans les poissons qui vivent au fond des mers et nui voient à se conduire là où il ne pénètre pins aucun des rayons qui seraient perceptibles à nos organes. »
' Nous avons déj^ rendu compte de la discussion I laqUefTé ce mémoire donna lieu, et des conséquences que M. Arago crotderoir en tirer. A part Texlslcnce bien prouvée des raies dans le spectre chimique, il ne contient aacun fait nouveau. M. Herschel avaft déjà reconnu qne le maximum d'action ne se tronve pas 3i h même {riace dans le spectre chimique engendré sur diverses substances; que b longueur de ce spectre varie d'une sufistance à Vautre ; qn*H 5*éleiiil plus ou moins vers l'extrémité rouge, au point même de h dépasser, comme dans le cas de Tioclure de potassium. Seebeck avait constaté (^e les rayons rouges peuvent éteindre h phosphorescence; c'est donc à lui qu'appartient la gloh*e de ht découverte des rayons dtitagûnfstes, ou doués de propriétés contraires.
CmQClËîïE MÉMOTRE. — • Des effets proénts sur tes corps par fer rayons solaires. — 23 octobre i8/!i3.^ Après avoirrappelé soccincte* ment tout ce qne l'on sait à l'égard de l'action du spectre solaire sur les substances chimiquement sensibles, M. E. Becquerel donne nlie nouvelle description de l'actinoinètre électro-chimique , qui permet d^étudler l'action des rayons solaires sur les sels d'argent Insolubles, I i'alde des effets électriques produits dans la décomposition diimi'*
nAY0N3 CHIMIQUES. — E. DECQUEUEL, . 79,J|.
que de ces substances, même lorsque cette décomposition ne peut Are observée par aurcun des moyens connus. Il expose ensuite axec de grauds développements les faits qu'il a observés, relativement à Taction des écrans blancs transparents sur les rayons de diverse réfrangibllité, agissant chimiquement sur les substances impresslounablcs. Il est arrivé h ce fait remarquable que ces écrans , lorsqu'ils agissent par absorption, u*excrccnt leur action absorbante que sur les rayons situés au delà du violet visible, et que les rayons les |rius réfrangibles sont les éléments les plus absorbables. Pour mettre ce fait hors de doute , il a opéré sur un grand nombre de substance!^ solides et liquides, sous forme d*écrans : parmi celles qui jouissent au plus haut degré da pouvoir absorbant sur les rayons dont la réfj^angibijité est plus grande que celle de la raie H de Fraunhofer, il cite, parmi les liquides, l'essence d'amandes amères, la créosote, et une solution de sulfate acide de quinine ; parmi les solides, la dichroice. U a fait usage de prismes de diffSrente nature, et il a pu ainsi recon^ naître qu'en même temps qu'ils agissent comme prismes pour disperser les rayons solaires, ils se comportent encore comme écrans. En pouvait -il être autrement? En étudiant Taction des écrans colorés 0ar les rayons de diverse réfranglbilité , il a trouvé constamment poor ces écrans, comme pour les écrans incolores, qne^lorâqn'nne partie quelconque da spectre lumineux est absorbée ou détruite par nue substance quelconque, fa partie des rayons cbln^qnes de tnêmt réfranglbilité Test également.
Les lois obserrées dans l'action chimique de la Inmière sont ks mêmes pour h phosphorescence , de s<jrte qu'il existe une dépen<» dance mutuelle entre le rayonnement phosphorogénique et les rayons lumineux et chimiques, dépendance telle qu'il semble qu'on peut Goocinre des faits nombreux observés, que ces rayonnemetics sont un seni et même agent, dont l'action se ntodîGe suivant la natin^ de h matière sensltrfe exposée k son influence et le genre de modifleatioii dont cette substance est susceptible. D'après cette hypothèse, le» dirers eléts que l'on observe dans cette foule de phénomènes remar^ qaaUes auxquels donne naissance l'action des rayons solaires, pro* tiendraient de la différence qui existe entre les matièfes sensibles» et non de modifications dans l'agent producteur.
Nous rapprocherons de ces recherches une note plus importante
publiée par M. Malagati, en septembre 1839, et relatÎYe à l'a des écrans sur les rayons chimiques.
Le savant chimiste a constaté de la manière la plus évidente l'in* fluence des écrans liquides sur les effets chimiques de h lumière diffuse. Pour juger de la phase de coloration à laquelle la sofastaoce impressionnable arrive, il s'est fait des papiers étalons inaltérables à la lumière, et au milieu desquels il place le papier chimique ; pois il compte le temps employé par ce dernier pour atteindre la noance do papier étalon, au sein duquel il disparaît Le papier étalon est coloré par un mélange de carbonate de plomb, d*encre de Chine et de laque de garance délayée dans de l'eau mucilagineuse. On prèpve te papier chimique en le plongeant d'abord dans de l'akool anhydre légèrement acidulé par deTacide chlorhydrique; puis, lorsqu'il est sec, dans une dissolution faible de nitrate d'argent neutre ; on le fait ensuite sécher de nouveau dans Tobscurité.
M. Malaguti plaçait son papier sensible au foyer d'une chambre noire , et il avait toujours soin d*opérer à la fois sur deux rectangles de papier, Tun sous l'écran, l'autre derrière l'écran dont il voulait étudier Tinfluence. Les nombres suivants expriment le temps après lequel la coloration normale se produisait, suivant la nature de l'écran : air, 1 ; eau distillée, 0,75 ; acide chlorhydrique, i,23; acide azotique, 1,68 ; essence de térébenthine, 2,05 ; essence de citron, 2,85 ; essence de lavande» 3,U ; créosote, 3,95. L'eau, comme on le voit, avait un pouvoir accélérateur. L'alcool absolu, Tesprit de bois, le naphte, l'éther sulfurique, J'acide sulfurique, Tacide acétique cris-* tallisable et quelques autres substances , n*ont donné aucun indice d'action retardatrice.
Travaux de M. Moser. — Les mémoires de M. Moser doivent être placés au premier rang parmi les productions originales des temps modernes ; il a fait faire à la science un pas de géant. En soulevant le premier coin du voile, et dotant sa patrie de la plus merveillensa industrie, du plus étonnant des arts, M. Daguerre a cmiqais une gloire immortelle ; M. Moser, en éclairant d'une lumière inattendue ce vaste champ de découvertes, en nous forçant à ne voir qu'na simple cas particulier, qu'un petit corollaire, dans ce qui avait été pour nous l'objet d'une si vive admiration, acquiert à son tour des droits sacrés nux homfnages et ji la recopnaissançc du monde savant,
Honneur à h France et an génie inventif ! Honneur à rAHraaagne et aux recherches profondes I
Le premier mémoire du professeur de Kœnigsberg appartient, malgré ses défauts, à cette classe de dissertations que M. Arago désigne sous le nom de master-fnèce, morceau de maître ; c*est on monument, nous le reproduirons, par conséquent, dans toute son étendue : nous serons moins généreux pour les autres, qui renfer-' ment, sinon des erreurs, au moins des déductions forcées, des hypothèses inadmissibles.
Premier mêmoibe.— .Sur le procédé de la vision et les effets de la lumière sur tous les corps. — 18^2. — t Maintenant qu'on étudie avec ardeur les effets de la lumière sur une classe nombreuse de substances désignées sous le nom de chimiques, la question suivante se présente d*elle-ffléme à l'esprit. La rétine ne serait-elle pas une de ces substances, ne serait-elle pas impressionnée d'une manière analogue par Faction de la lumière? Le nerf optique conduit-il à l'organe central les vibrations de la lumière ou bien la sensation de ses effets oiatériels? Il me semble que beaucoup de phénomènes physiques de la vision qui ne s'accordent pas avec l'idée de vibrations excitées, deviennent facilement expUcables dans l'hypothèse de modifications physiques senties.
9 Pour ne citer préalablement qu'un fait, j'indiquerai l'influence da temps sur le phénomène de la vision : influence telle qu'on n'aperçoit pas instantanément les objets extérieurs et que leur couleur dépend de la durée de l'observation ; telle, enfin, que les images ne disparaissent pas avec les objets, mais continuent d'exister encore pendant un temps plus ou moins long sur la rétine. A la suite de cet article, j'essaierai de pousser aussi loin que possible l'analogie entre l'effet delà lumière sur la rétine, et son effet sur d'autres substances qu'à présent on commence à étudier, sans que je m'avance cependant plus que mes recherches multipliées ne le permettent ; car je ne me dissimule pas que le sujet que je vais traiter est tel, que peu d'esprits sont disposés à m'écouter sans préventions ; des préjugés enracinés repousseront longtemps cette assertion : « que la lumière 9 produit des changements matériels sur la rétine, changements m réels quoique peu saisissables, comme je crois pouvoir le prouver. » J*al donc des précautions à prendre, des ménagements à garder ; et ,
•fOB Natube intime du spectre solaiak.
pour (donner quelque poids h une opinion qui est pour mol l'èTpresfion des faits, je me vois dans la nécessité de renaontcr plus haut, 9e répéter des expériences déjà faites, et qu*on n*a pas assez approfondies. La théorie que je ycux établir repose sur ces trois propositions fondamentales :
» 4* Les rayons violets cl bleus de la lumière n'exercent pas seuls et 31 l'exclusion des autres une influetice chimique, ou, si l'on prétend distitiguer encore dans le spectre des rayons lumineux et des rayons chimiques, il faudra dire que les rayons chimiques ne se trouvent pas excltisivenicnl dans les rayons du spectre qui se réfractent le plus.
• tl* Il n*est pas nécessaire, et il n'arrive même pas du tout daiis les phénomènes les mieux observés, que la lumière produise une séparation matérielle de substances chimiquement unies. Les effets de la lumière sont plutôt tels, ainsi que je le prouverai, qu'on peut ks reproduire par des causes purement physiques, de telle sorte que ridée d^une décomposition chimique n'est plus soutenable,
» 3® L'effet le plus prolongé de la lumière paraît attaquer seulement la première surface des substances, et il ne semble pas roéaie pénétrer la couche diodure, ordinairement si mince, qui se forme è la surface des plaques d'argent.
« Ces trois assertions une fois prouvées, il est clair que les plas fortes objections contre ma théorie seront écartées. On ne s^étoa* nera plus devoir que tontes les couleurs exercent leur influence sdr Vœ\\, tandis que les autres matières sensibles à l'effet de la lumière ne subissent d'action que de ta part de certaines couleurs, particulièrement du bleu et du violet : cela paraîtra fort simple quand j*aarai prouvé surtout que chacune dos couleurs exerce sur t'iodore d'ar- Çent une action particulière, et qu'on peut constituer cette substance dans un tel état qu'elle soit également affectée par tous les fayoosL
» Les propositions 2* et 3* expliqueront comment les modifications purement physiques de la rétine, tout en restant co ellesmêmes presque insignifiantes, peuvent persister longtemps, de telle sorte que la rétine ne puisse revenir à son état normal qu*après des minutes, des heures, des jours même et des mois.
• Avant de passel- aux expériences, je dirai un mot stir là manière la plus cotîvenable de les exécuter.
• it t^afahrait plus comntoéle de se sei-vir ie papiers sensibleâ tt di^one <S)iàmbre obscure ; roaîs cette méthode n*tsi paâ la [)lus avantageuse, elle n^exclut jamais TinCcrtitudc, du moins quaiict lés phé"noîD^nês sont dil&ciles it saisir. Le seul procédé rafionhd ^ont 6h puisse se sertir est celui de M. Daguerrc, perfectionné comme noad allons ie dire.
» On prend une tassette d'une substance qtielconqdc, d*entiroh 5 centimètres de profondeur, et dont la grandeur soit proportionnée i celle des plaques d'argent dont on veut se servir; on flxe an foftfl dé ëette cassette uii carreau de verre recouvert d'une étoffe de laine que Ton saupoudre dMode, et qu'ensuite on recouvre d*an deuxième carreau dé verre absolument semblable au premier : Tiode pénètre bientôt l'étofie et lui donne une teinte noire. H suffit alors de tneiire la t>liqué d'argent sur le second carreau de Verre, pour oblenfr une éoucbe d'ibdurc d'argent couleur d'or, et ce qui est essentiel, dafis tih laps de temps qiii ne varie que peu, si la température ne varie pas elle-même brusquement. Avec mon appareil, ce résultai s'olrtîchten 60 ou 70 secondes.
9 Dans beaucoup d^expériences, il est 2i souhaiter que l'iodafe d*ârge.nt soit très-sensible; et, pour arriver à cette sensibilité exaltée, il fout recourir au chiorare d'iode, préparé comme il suit :
» On prend un flacon d'nne embouchure ausai {;rande que possible, et qui se terme exactement par uq bôucboq usé à Témeri ; 6n y met une petite quantité d'iode, et Ton place ensuite ce petit flacon hi^sé Quyert dans un autre plus grand, oO se trouve du chlorure de calcium, On verse quelque^ gouttes d'acide sulfurîque sur le chlorure, après quoi on ferme le grand flacon, et oq le laisse de un à trois jours sans le mouvoir ; on obtient ainsi dans le petit flacon nn des deux composés de chlore et d'iode^ le solide ou le liquide, et soQTenttons lesdeui à la fois. Si, après avoir exposé la plaque d'argent à l'infloence de l'iode, on la fait promener pondant 20 ii 30 secondes sur U chlorure d'iode, elle donnera dos images dont le temps de formation sera de quelques secondes seulement, et resi^ tera sensiblement fe même tant que la lumière conservera la même intensité.
« Lorsque, dans la chambre obscure, on etpose une plaque flt^argcnt iodée pendant un temps suffisant à l'action de la lumière, on
fiOO Nature iMTtiifi du fiPBCTtis souirb^
obtient, comme on sait, ane image qui se dessine de manière qm les parties claires paraissent sombres, tandis que les parties réellement sombres paraissent brillantes, parce que, sur tous les poiiitsoA 1» lumière n'a point agi, Tiode conserve sa couleur primitive, qui eft le jaune clair. Ces sortes d'images, qui, sous le rapport de Tart, n'offrent aucun intérêt, sont ce que j'appellerai, avec M. Herschel» des images négatives, La découverte de M. Daguerre consiste en ce qu'avant la formation de cette image négative, c'est-à-dire ^ une époque où l'on ne distingue encore jur la plaque d'argent iodée aucune trace d'effet, il n'en existe pas moins un commencement d'action, de sorte que tous les points attaqués par la lumière onl déjà acquis la faculté de précipiter le mercure. Il est ici un fait capital qu'il faut faire ressortir, et que les belles expériences de M. Becquerel fiU ont rendu plus évident, c'est que la lumière peut pn>duire sur l'argent iodé des modifications que certains rayons particuliers rendront seuls appréciables et visibles. Si la lumière n'agit pas assez longtemps sur les plaques d'argent, les vapeurs de mercure ne peuvent se précipiter, et on pourrait croire que l'objet qu'on voulait reproduire n'a encore exercé aucune influence. Ce serait une erreur, car eu exposant cette plaque d'abord sous un verre rouge aux rayons du soleil, puis à l'action de la vapeur du mercure, BL Edmond Becquerel a obtenu des images positives ou négatives, suivant que le temps de l'exposition au soleil a été plus ou moins grand. Li plaque iodée avait donc réellement subi une première modification que les rayons rouges continuent.
» En partant de cette idée, que les effets chimiques de la lumière sont dus à l'action des rayons violets et bleus, M. Becquerel se trouvait conduit à admettre deux sortes de rayons, les rayons exciia-tewrs^ liés aux couleurs violette et bleue do spectre, et les rayons continuateurs, concentrés dans les parties rouges et jaunes.
• En répétant les expériences de M. Becquerel, je les ai trouvées en général très-exactes. J'ai trouvé, de plus, que l'effet des verres jaunes est bien différent de celui des verres rouges. J'en possède qui» lorsqu'on regarde à travers, donnent un jaune pur, et d'autres qui donnent un jaune rougeâtre. L'effet de ces derniers est semblable \ celui des verres rouges : seulement, ils laissent passer beaucoup de lumière blanche qui noircit Tiodure d'argent. Si l'on expose an
BATOm CHIMIQUES.— IMAGES DE MOSER. 80i
sokQ, soin tto verre d'an jaane pnr, mie plaque d'argent iodée, qn*on a binée dans h chambre obscore presque asses longtemps pour obtenir, à l'aide dn mercure, une image positiTO, et qu'ensuite on l'expose au soleil, on arrive à un résultat fort remarquable : bien qu'au conmiencement de l'opération il ne se montre sur la plaque aucune trace d'image, il se forme dès lors et rapidement une image négatwe qui disparaît pour fure place, dix à quinze minutes après, à une image posiiwe^ c'est<-à-dire dans laquelle les parties daires de l'objet paraissent chires, et les parties sombres paraissent sombres. Ces images positives se recouvrent toujours, sous les verres jaunes, d'une couche noirâtre ; à cela près, elles sont d'une finesse et d'une précision admirables. Il m'a été impossible, même en prolongeant indéfiniment l'action du soldi, d'obtenir avec des verres rouges l'image positive, que les verres verts me donnaient, quoique plus lentement que les verres jaunes.
» D'un grand ensemble de faits, il résulte : 1* que i'Iodure d'argent ordinaire n'est modifié que par les rayons violets et bleus; ces mo* difications sont d'abord imperceptibles : les vapeurs de mercure les mettent eln é? idence ; 2<» qu'on peut distinguer deux degrés dans l'impression reçue par Tiodure d'argent: cet iodure est d'abordJoMH difié de telle manière que les rayons ronges et orangés exercent leur influence sur lui, aussi bien que les rayons bleus et violets; les rayons jaunes ne montrent point encore d'influence, et si l'on retire la plaque trop t6t de la chambre obscure, les rayons jaunes seront loat-è-iait inaclifs. Plus tard, au contraire, les rayons jaunes et verts agissent comme les autres; cette action apparaît à peu près au moment où riodure d'argent modifié acquiert la faculté de précipiter les vapeurs de mercure. A cet instant donc, toutes les couleurs infliient sur l'iodure d'argent. Il n'est dès lors plus permis d'attribuer à certains rayons du specure une influence chimique exclusive. Dans la suite de cet article, je tâcherai de démontrer d'une manière encore plus concluante combien l'hypothèse admise des rayons chimiques est peu fondée.
» L'efiet commun de tous les rayons violets, bleus, etc., est de noircir l'iodure d'argent jaune. Cet eOet une fois produit, ils n'exercent plus aucune action. On est loin de s'accorder sur la nature de la matière noire fixée sur la plaque iodée : quelques*uns la prennent
pour de Targeot pur; d'avlre» f«uk»t 411e oi sok «ne < djffikcfite àê VûTgfifd ma de l'khde . «11 auire îoliiie d'arg^at It ifigjtfde eoiMoe plus probibie ropinion qgi «fiiDie qoe l'î d*erg6oi u'éftwive 9 par Tefièi de la ktautee, qt^mn wornénq/xe, Oo ferra encore pins chtremciu dans h mite qne cena «atjère ne penl être de l'argent pur : j'en donaani id nae nrala yrcttTe : lea rayoaa jaunes changent l'ionit^ négatme en iangn p(H litive, et font repMndre à l'kNlnre noir aa cnuleor prîmîtifn, ca qn'ï est impeasiMe d'obtenir a?ee de l'argent par. Il aérait è dérirar qn'on connii nmoL la oatnre précîae de cette tnatière noire.
• Pour analfaer l'effet propre dea rayons jannea m, wta, il n'ett pas néceMaire dereoonrir ans ferres colarés, car lenr eSH comaHMa quand les. antres rayons n'agissent pins : on pe«t opérer ares ta lomjère blanche qni n'est pas décomposée, c'eat-à-dire aten ta lumière du soleil à son état naturel. Voici à ce asrjet quekpiea exp^ aiences frappantes,
» Une pleqne iodée Int exposée an soleil jusqu'à ce qu'cUe fat éef enne noire, oe qni eut lieu en peu d'instants, pois on en déraha «ne moitié k rinfloenoe dn soleil : quelques minutes plos lni< ta moitié déoonferte était déjà defcoue bcaocoop pins ctatre qqe h IMfftfe couverte. Cette dèooloratioa continna pendant qnelqQe teaspa, nt à la in h plaqne, aoparafaat noire, reprit aon aspect jaoae-ferditre. €et effet «st oaruiaement pradnit par tas rayons jnoMs «l îertsdnadeii.
» On laissa noircir au Ceu i»e pfaqae d'argent iodée jusqnl eeqae ta a»ircissaaient n'angneptât pins, après quoi on ta mk dans naa chambre obacure dirigée fera dea maisans. Lorsqu'on ta retira Tiagl» quatre heures après, elle présentait , comme on défait s'y attendre, me image p§mwe et très-^cise, af ec les détails ordlnairea. Lta parties ctairesdes objets af aient une oonlenr gris d'acier, et tas panka aorabrea étaient noires.
• L'expérience snif ante est toat-4i-faît surprenante, qaoiqne fadfe à expliquer par l'elTel déjà meiuionné des rayons jaunes et Tcrta. Qu'on iodore nne plaque d'argent, qu'on la mette dam une cbmahre obscurs, alors que le soleil brille, et qu'on Ty tabse pendant we demièeare, une heure, et même plos longtemps, de manière à oblo> air une fanage négative iortement caractérisée ; qn'on expose (
RATONS GH»i«in»««-^tiiusEs Ds iiosm. fiOS
ettteiriaipie an sokil, tt^ ta bout de q«elcpieB mhiatM , riaiigè aigitîf e dispordira p»iir Bedinger en une mage poMlive, de foroè ésvk^ dont les parties dairei sont d'nn vert bleotlre, et les parties eemliriiB d'un ronge braik
• il n*e6i pas possible de décider encore si les lois Ironrées pour llnflaenoe de la lâmière snr i'iodore d'argene sont des bàê générsiest AliK différences près qui résultent de la dirersité des conleon, h soluiion alcoolique de galac m'a donné des résohUs très anatognce ^ <etti que j'avais obtenus avec Tiodure d'argent Qaaad on étend «elle soutien sur des papiers, ils ont an conuBenoemcnt une eonieor CBUgeftlre, qui se change, per la Inmière do soleil« en tert-^thé. Les rayons qni exercent les premiers leur inlttence sont les Tioieis* les Uens et les vertsi Le papier rougeltre acquiert alors une eoolenr verte tirant snr le Ueu, et par l'effiet des rayons t ioiets il deviez nteie bleu*
» Le papier qW e acquis par la Inoiière dn sokM la coidenr vertthé, exposé an soleil, sous des verres ronges et jaunes, échange cette eottleur contre «ne oouleinr rose clair , tirant un peu snr le farnn. Aânsi le RMige cl k jaune opèrent snr le gidaci qui est d^à nedâfté fMT les rayons violets, bleds et verts, ooanne le vert et ie jaune snr l'iodnre d'argent noirci. J'en avais conclu que le soleil, qui a déjà changé le papier rougefltre en papier vert^ lui rendrait avec te temps nn eooienr primitive ; mes conjedores se sont vérifiées.
» Ma première proposition est donc démontrée c il n'y a posée rayons chimiqiÊts à l'exeénsion des nôtres, J^arrive mainfenaot à ma ■neoade assertion : je vais prouver que l'effet de la lumière ne conniste pas nécessairement dans la séparation de deux substanocs ehlsMqaement noies.
» Mous avons vu que Taetion de la Inmière snr la Mrrfcee des plaques se manifeste surtoot par la eouienr noire qu'elle communique à riodiire d'argent et aux autres composés de ce même métal. Cette ssMMUftcation est ceruinement remarquable, mais elle tie suffit pas à établir la réalité d'une décomposition chimique. Gel iodure noirci a'wt pas de l'argent por, réduit è l'état de poudre impalpable.
» Étudions avec plus de soin sa nature intime^ Quand on méT| dais un jour d'été, une plaque d'argent iodée dans la chambre obscure, pDior l'y laisser pendant vingt*q«itre beores» on obtient après ce
Googf
temps, comme je Pai déjà indiqaé, une image pdntWe, laquelle eit la dernière des denz qni se sont formées smr la plaque» car la première était négatire. Cependant l'image positive n'a que des nuances grises, et je n'ai jamais aperça de couleurs quand elle était prodoite de la sorte. Maintenant on demandera si cette deuxième image doit être la dernière, ou bien s'il peut encore se former une troisième image native, puis une quatrième positive, etc., dans le cas où l'on a donné à l'action de la lumière le temps yooIu.
» Pour résoudre cette question, on a iodé deux plaques d'ai^geoc » exposé de plus l'une aux vapeurs du chlorure d'iode, et mis chacniie d'elles séparément dans une chambre obscm^ Le temps était trèsdéfavorable : c'était pendant l'hiver, et le soleil restait presque toujours caché ; chacune de ces chambres obscures était phcée dans on appartement sombre , pour éviter tonte lumière latérale, et dirigée vers des maisons éloignées. Treize jours après, je sortis les plaques : chacune offirait une image positive , et une de ces plaques , celle qui fut précédemment exposée au chlorure d'iode, présenta le plus beau phénomène que j'aie encore vu dans ce genre : les parties claires étaient du bleu de ciel le plus vif, les parties sombres avaient pris une ooolemr de feu non moins animée. Je ne doute nullement que ce ne fût toujours la deuxième image ; car, avec une lumière si CûÛe, une quatrième image n'était pas attendue, même en admettant qu'il puisse s'en former en général. Cette expérience nous bit faire on pas de plus : elle démontre que l'iodure d'argent mrirci éuit redevenu de l'iodure d'argent coloré, et ceb seidement par l'effet continué de la lumière. Voici une seconde preuve que cet iodure d'argent ooioffé était redevenu semblable au premier. D'après b découverte de M. Herschel, l'iodure d'argent primitif non attaqué par la lumière peut bellement se dissoudre dans Thyposolfite de soude, œ qui n'a pas lieu pour l'iodure d'argent noirci Ayant donc mis la plaque d'argent déjà mentionnée dans une dissolution de ce sel, la oooche colorée disparut promptement, et ii ne resta que la première imsge négative ; ce qui prouve que l'iodure d'argent noir est ramené à son premier état par l'influence continuée de la lumière, et que celte matière noircie est vraisembhblement très-peu diOérenie de Tiodore d'argent coloré ordinaire.
« Il me fut impossiUede continuer de la sorte c^ expérienoes, qni
occapent trop longtemps les appareils* J*y renonçai avec d*aatant moins de peine que je n'étais pas sûr de réussir, après une expérience d*nn mois, à déterminer quelle espèce d'image s'était formée sur la plaque. Pour atteindre ce but plus commodément, j'exposai au jour et le plus possible à l'action du soleil une plaque d'argent iodée : cette plaque devint d'abord noire, puis, comme on l'a déjà indiqué, elle redevint claire avec une teinte verdâtre. Environ quinze jours après, elle reparut encore sombre ; puis^ après un temps plus considérable, elle redevint plus claire. Ces changements alternatifs se reproduisirent au moins cinq ou six fois. Pour les bien distinguer, j'avais de temps à autre placé sur la plaque des bandes de papier de couleurs foncées, afin d'éviter que les parties que je couvrais fussent atteintes par la lumière. De même aussi , j'avais soin d'observer toujours ces plaques dans la même position par rapport à la lumière réfléchie ; car sans cette précaution les parties claires et les parties sombres se seraient trouvées interverties, ce qu'il est facile de remarquer même sur de bonnes images de M. Dagnerre. Le résultat de ces épreuves est tout-à-fait concluant à lui seul ; d'autres faits lui donnent plus de certitude encore.
9 L'opinion que la lumière ne met pas d'iode en liberté sur li plaque d'argent iodée est confirmée d'une manière décisive par une expérience de M. Draper. H. Draper a trempé du papier dans une dissolution d'amidon et l'a appliquée sur la plaque d'argent iodée : quand la lumière du soleil pénétrait ce papier, l'iodure d'argent devenait vert foncé , sans que sur le papier on trouvât aucune trace de coloration bleuâtre. D'après ce qui précède, je tiens pour prouvé, ou du moins pour très-probable, qu*aucune décomposition de IHodure d'argent n'a lieu par l'influence de la lumière, et je renvoie pour de plus amples détails aux diverses classes de phénomènes dont j'aurai à parler dans la suite.
« Maintenant j'aborde la troisième assertion, d'après laquelle l'action la plus prolongée de la lumière attaque seulement la surface extérieure de l'iodure d'argent, quoique la couche entière soit ordinairement d'une excessive ténuité. Une plaque d'argent iodée, de couleur jaune, fut exposée pendant deux mois au jour et le plus possible aux rayons directs du soleil. On la frotta epsuito avec di| f^m m^ W l'^ifpow d? BOffTeBfl «u so|eil, p\ j'en ^ pro|(îf| )'çi»|)|îg
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806 KÀTCnE INTIME DU SPECTRE SOLàlEB.
(Vun corps rapproché. Pey de temps après, loal le reste de lapbqve était dcTena entièrement sombre, Tombre seule était claire. La plaque fut frottée et exposée derechef au soleil, qui toujours prodonk le même effet* De cette manière et à de longs intcrfailes, je reaosvelai ce procédé Imt fais; môme à présent que bien des mois se sont écoulés, l'expérience n'est pas encore terminée : après chaqm frottement on voit qu'il reste toujours également répandu sur h plaque de Tiodure d'argent sensible à la lumière.
» Ce résultat paraîtra remarquable, si l'on se souTient combiaD en mince la couche primitive d'iodure. Rf. Dumas fixe répaissenr de celle cQudie i^ moins d'un millionième de milUmàlre ; et, dans toee les cas , cette épaisseur doit être extrêmement petite , car, mai^ les nombreuses manipulations qu'exige la production d'ane kaafle daguerrienne. j'en ai fait naître jusqu'à trente, l'une après l'aairv, sur du cuiîre plaqué ordinaire. Sans doute qu'après cela on distiaguait quelques traces de cuiTre, mais ce n'étaient que des points forges isolés, tandis que le reste de la plaque éuit encore intact
p II me reste à résoudre des objections d'un autre genre que Tes pourrait opposer à la manière dont j'envisage l'action que sohit k rétineé
» On pourra d'abord essayer de comparer les perceptions de Toi à celles de l'oreille, on voudra que des oscillations en soient de part et d'antre la condition extérieure. Mais, outre que dans un cas il est question du mouvement vibratoire de molécules pondérables, anliM que dans l'autre il s'agit de molécules impondérables, il est de fait qu'il existe peu d'analogie entre les perceptions de l'œil et celles de Toreille. On ne peut assimiler les différentes couleurs aux sons plos ou moins graves et aigus. ; les couleurs produisent poar ainsi dire ne impression complète qui ne permet pas de les confondre les vnes avec les autres, tandis que les différents sons ne produisent rien de semblable; l'acuité et la gravité d'un son rappellent tout ao i^os les diverses intensités d'une même couleur ; la diversité des conleors aérait nne sorte de timbre.
» On peut concevoir à la rigueur que IVeille apprécie des diS6rences assez petites entre des nombres de vibrations qui s'élèvent k quelques milliers seulement; mais comment supposer que l'cail |
l^rçeToir de lé|ère8 diiTér^nee» filtre 4os imArei Mnposfc 4e \
Uinti iê hitliM»? Le»|MrceplMNi»d« ces den orgiM», qnoklQt na 1^ ««ttblibtet d»iifi leurs coodUiaos extirieures, aoat eo réalUé 4e mUMre toute différeotf.
» Ne pourrait-fin p«ft kNiniiief covme il mit nae oh|eeli0ii plut gratft ? Fje» rayoDB w ioleta, bleus, ortngéa» rongea, paraissent esemr Mt l'iodiire jandc d'argeot une sede ei ntêdie Infltteace ; ib le me^ tant an tet de condenaer les Tapeors de mercare. Tontes les laaf iè» rea sensiblea k la lamière coanaes joaia^li préseat épronveat des aMNiificaiioas identiques par radian dies rayons difersement edorés s comneat la rétine senle aérait -elle disaeaibUUeaMiit inq^resaiooaée* SKI couuaeat, si Vm adaaet aaa seule et uisae impression, peayeast aoaa distiagoer les oacdeara les unes dea antres 2 Je répoadrai qœ I^IM argne ii tart de la conaaiaaaaca« beaneoap trop iaquirfBite^ qae aoas avons den effets de la lomidre sur Tiodore d'aisent: bieaiôt peot^tre des moyens nouveaux indiqueront une difiérenoe dans Tatfet produit, selon qu'il Taura 4lé par telle ou teUe couleur. Le gaia« est coloré en bleu par les rayons violeUi en bien tert par les rayons blena. Secbeck a vu le cblorure d'ar|snt ooloré difleremment dans les différentes couleurs do spectre ; et, ea général» (ont observa* leur qui a longtemps étudié Factiou de fai lumière sur une matière quelconque, a dO être étonné du grand nominre de nnaacea qui se aooi présentées à lui selon les circonstances. Ces nuances indiquent autant de modifications que peut subir la matière sous Viofluenoe de la lumière ; la supposition que les conleorii agissent égslement n*est plus sûutenable. 11 sera toujours difficile de Cnra Ik-dessos des expé* rleoces, parce qu'on ne sait pas bien opérer aïe^des rayons simples i meis» dans tous les cas, on doit être d'accord que les copieurs diSélentes produisent des résultats diSéroats. U est cependant un cas dans lequel toutes les couleurs, y compris le jaune et le vert, ^pssent de )a même manière sur Fiodure d'argent : c'est lorsque leur action s'est longtemps prolongée ; alors elles amènent Tiodure k condenser les fopenrs de mercure, et le noircissent, si leur influence continue. Or, a*il existe une preuve concluante de la justesse de mon opinion sar le procéda de la vision , elle consiste assurément en ce que la môme trii09e a lieu dans Tmil, pour lequel toute diversité de couleur dii|Mi« latl par une action combiuée, de telle sorie qu'il ne reste plus qa'aat inepressioo féaériie d» bi W^re, comipe en peut s*eo «seorer ep Qimt
808 NATUBE INTIME DU SPEGTBE SOUIRB.
moB iiHerroptMHi an objet threment coloré. Une expérience k M. Brewsier est plus atome encore. Si Ton regarde Giememct longtemps , Si travers on prisme , le spectre résnltant de la flaime d'one boogie, on Tdt disparaître premièrement le ronge, le fert et une partie du bien; si l*on continue à regarder.'sans remuer YaSi^m voit disparaître ensuite le jaune, qui se change en bleu, de manière qu'au lieu d'avoir toutes les couleurs prismatiques, on n'aperçoit plus qu*one image de la flamme, allongée et uniforménieBt Umche. Pour faire réussir cette curieuse expérience, il suffit de soolefer avec la main la paupière supérieure pour l'empêcher de s'abuser. At-on, après une demi- minute de temps, obtenu l'image bhadie, ^ laisse-t-on retomber la paupière , en recouvrant l'oeil tout de toiie, on voit paraître un moment le spectre avec sa couleur, mais iloède rapidement la place Si l'image blanche» etc. Voici donc on aeid et même effet de toutes les couleurs du spectre ; c'est exactement ce qui se présente sur la plaque d'argent iodée.
• L'expérience de M. Brewster confirme si bien notre opioioa, qu'il faut se demander comment on expliquera ce iait> d'après h wnière de voir reçue jusqu'ici sur l'acte de la vision. Sans doute « parlera de couleurs complémentaires : on dira qu'avec rimpremoe primitive se développe aussi, après quelque temps, celle delà oonleor complémentaire, et que ces deux couleurs superposées prodoiseot du blanc Mais ceci mérite à peine le nom d'explication, parce qu'en considérant la nature de la couleur comme consistant en an cartaii nombre de vibrations de l'éther dans on temps déterminé, il est impossible d'atucber Si cette assertion gratuite aucun sens précis D'après nous, la manière dont on a envisagé les effets complémentaires dans l'œil n'est quelquefob qu'un subterfuge par lequel on essaie de rendre raison des couleurs subjectives ; tandis que ces phénomènes s'expliquent facilement, dans notre opinion, sans qu'on soitobUgéde recourir à aucune activité vitale particulière.
» L'opinion la plus accréditée, principalement en France, est qal existe des rayons chimiques particuliers, et différents par cooséqiieot des rayons lumineux. Mes idées sur la nature de la vision ne s'accordent pas, bien entendu, avec cette assertion, pour la josti6catioD de laquelle je ne connais aucun autre fait que l'existence des rayoosolh yçfp, noqni^ rayons çbin»i<f uei, j» peppp bfeii ^no penowie »'«n
Fidée défaire taldr ici les expériences sur le passage des rayons chinriqnes à travers certaines substances. Il me semblait pins naturel d'analyser l'influence de la lumière polarisée sur des matières sensibles, pour toir si on ne découvrirait pas quelque phénomène entraînant la distinetion entre les rayons chimiques et les rayons lumineux* Quant k moi, dans tontes mes expériences, variées à l'infini, je n'ai observé aucun phénomène de cette nature ; et si l'on tient à l'existence des rayons chimiques spéciaux, il faut du moins ajouter qu'ils sont tout-è-fait soumis aux mêmes lois que les rayons lumineux, en ce qui regarde les interférences et la polarisation.
» J'ai réussi Si obtenir, à travers le spath calcaire^ des images trèscomplètes, et tout-k-fait semblables à celles de M. Dagnerre. Mon procédé pour y parvenir était celui-ci : je fixais immédiatement devant la lentille i court foyer delà chambre obscure un prisme achromatique de spath calcaire, placé de manière Si faire paraître Si la fois deux images de l'objet, d'une statue, par exemple, qui est l'objet le plus convenable.
» Des deux images ainsi obtenues, une seule est sans couleur, et c'est l'image ordinaire ; l'autre présente un contour coloré, qui cependant ne nuit pas à sa netteté. Je suis parvenu aussi à fixer sur la plaque daguerrienne l'image du système des anneaux colorés que la lumière polarisée détermine en traversant le spath calcaire. Cette image était très-délicate et très-pure. Pour l'obtenir, je fixai un cristal de spath calcaire aux deux faces planes, parallèles entre elles, et perpendicuhires à l'axe, entre deux prismes de Nicol, immédiatement devant la lentille de la chambre obscure, et je dirigeai le tout yers un ciel pur. Je reproduisis aussi sur la plaque d'argent les figures formées sur des verres trempés, en ayant soin de placer quelquefois entre le verre et la lentille un prisme de spaih calcaire , pour obtenir à la fois les deux figures complémentaires. Ces expériences et d'autres semblables réussissaient complètement, ce qui démontre bien positivement que si les images daguerriennes sont dues Si des rayons chimiques , ces rayons se polarisent comme les rayons lumineux. Ainsi, la croix noire sur l'image d'un cube trempé prouve que les rayons chimiques sont, dans les mêmes circonstances, aussi peu réOédiisqoe les rayons lumineux p^r les ii^iroifs crofsé) de l'appareil
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810 NATOAfi INTIMK DU ftPfiCTRB fiOUfilB*
» Ceux qui voudraieRt répéter ces expériences aeroot pent-êln bien aises de trouver iodiqaé ici le temps qu'elles oat deBundéL Li distance locale de la lentille de la chambre obscure éuîl de M m^ limètres et son ouverture de 15 millimètres. Par 1« iBoyen d'an prisme de spath calcaire, on a obtenu la double ioMge ea OMiis d'une minute» en se serrant du chlorure d*iodtt ^^ prenant pour objet un buste blanc exposé au soteiL Le système des amcaux coIcMnés as dessina « sur une plaque simplement iodée, sans cblerure, el par une journée sombre, en deux heures et dénie» Les images des verres trempés exigèrent à peu près le même tempsL On voit donc qM le peu d'intensité de h lumière fait que cette expérience exige quelquefois des heures entières^ quand on n'emphne pas le chlorure d'iode. Il est d'ailleurs absolument nécessaire d*opérer dans u ap* partement sombre, où aucun rayon de lumière latérale m puisse pénétrer.
a Si, de tout ce qui vient d'être dit, U résulte que les rayons chi* miqaes ne diffèrent pas des rayons lumineux^ sous le r^fjpon de la réflexion, de la réfraction, de Tinterférenoe et de la polarisaiiott. alors l'opinion qui admet l'existence des rayons chimiques spéciaux ne saurait guère être justifiée.
• On peut cependant enrisager la question sous un antre point de vae, qui établirait entre les rayons chimiques et lumineux une différence, non plus essentielle, mais accidentelle. On a déjà énoncé pur d'autres motifs l'idée que les corps lumineux doivent être regardés comme émettant des rayons bien différents quant aux vitesses de translation et d'oscillation. Le fait que la lumière des étoiles Tere liiquelles la terre s'avance donne le même indice de réfraction ^pw celle des étoiles dont la terre s'éloigne, a depuis longtemps coedeit lU. Arago à émettre cette manière de voir. U faudrait donc dire que* parmi les rayons émis par un corps lumineux, un certain systèiM seulement agit sur telle matière sensible , et lu autre système tm telle aulre ; et , au nombre de ces nutières sensibles , il faudrait compter la rétine. U existerait un système de rayons qui seuls i^ raient sur elle et y produiraient l'impression de la couleur. Ce eyetème, cependant, n'a pas plus d'étendue que ceux qui agissent aer d'autres matières; car il existe, ainsi que nous l'avoiis déjk dit» M iQclurç d'ar|;ent (|ui est ftffecté par toQt^s lep cou|çMr|, ipasi Um ^
PAYONS CHmiftUBft,— IMAGBe DE NOSBR. 811
it riiioe» S'il en est ainsi, on ne pent nier la possibiliié des rayonacbi* miqiies : ce seraient alors des rayons qni n'agissenl pas sur la rôtioe^ omis bien sur d'antres matières 8eDÛbles« A cela on ne peut rien objecter à priori. M. Rititr a trouvé, comme en sait, des rayons obscurs en obsenrant dans Faction de la lumière sur le cbiorure d'argent un noircissement qui s'étendait même au-delà du violet du spectre; cette découverte a été confirmée par MM. WoUaston, Seebeck nt d'autres. Moi-môme j'ai examiné cette espèce de rayons dans la chambre obscure, sans être parvenu cependant l acquérir là- dessus aucune certitude. Il n'est pas facile de déterminer les limites du violet ; ces limites varient certainement avec les circonstances, non-scutoment pour des yeux différentSj mais encore pour un môme ceiL Ajouter i cela qu'on eet obligé de remuer le papier» si l'on opère sans Taide de Vlieliostau ce qui contribue à rendre les résultats beaucoup moins dignes de confiance. Suirant Herscbel, il est trcsppossible que plusieurs animaux, par exemple des insectes, n'aient la sensation d'aucune des couleurs que nous percevona, et que leurs impressions résultent d'une sorte de vibration, dont nous ne pouvons nous faire «ne juste idée. U. TVolIaston étend œtte opinion môme à l'ouïe des animaux.
• J'aborde maintenant l'intéressante question de l'impressionnabilité de la rétine, comparée li celle des autres matières sensibles connues jusqu'ici. Nous aurons h examiner tour à tour : 1<» le degré de cette sensibilité ; 2"* sa mutabilité : je dis sa mutabilité » car on ne peut nier que l'mil possède la faculté d'adapter sa sensibilité à l'inteusité de la lumière, et de la rétablir après qu'elle a été exaltée ou diminuée. Je montxerai, d'ailleurs, que sous aucun de ces deux rapports la rétine ne se comporte, en quoi que ce soit , d'une manière bien différente des autres substances soumises à l'action de la lumière.
■ Et d'abord, l'impressionnaUlité de la rétine est sans doute trèsgrande s mais qn^on ne la considère pas comme démesurément plus grande que cplle des composés d'argent La sensibilité de l'iodure d'argent s*accrQtt d'une manière extraordinaire quand il est soumis aux vapeurs de chlorure d'iode ; niesi expériences semblent réduire le tenQM k wi dixième de celui qni esl ordinairement nécessaire, If. ÇaïKiiil » d^plré i|H0 les vapeurs dii br(Knure 4*iod0 agisn^M
d*aiie manière encore plus fayorable, il dit avoir oblena des images dans an temps qa*il évalue à un dixième de seconde. L*aclion des verres rouges prouve que longtemps avant que Ton sorte les phques de la chambre obscure, l'image s'y troave déjà avec tons m détails et nuances, et on trouvera sans doute encore d'autres moyeas de démontrer l'existence de ces images à des époques bien aalérîeures.
» Le temps pendant lequel les plaques d'argent doivent rester dans la chambre obscure correspond à celui dont la réiine a besoin poor arriver à cet état normal où les couleurs ne se distinguent pios; or, ces deux durées sont commensurables l'une et l'autre. Les couleurs du spectre disparaissent ordinairement dans un intervalle detrenteli soixante secondes : or, l'on a reproduit complètement en deux miiio« tes de temps l'image d'une flamme de chandelle ; M. Draper a obteno celle de la flamme d'un bec à gaz d'Argant en quinze secondes seulement, et cela sans l'emploi du chlorure d'iode. Sans doute que ces temps seront plus considérables quand l'intensité de la lumière scn faible ; mais alors aucune comparaison n'est possible ayec la rétine, parce qu'on ne peut l'amener à l'état anormal en question en lui présentant des couleurs peu intenses.
» Pour ce qui a rapport à la vision ordinaire et normale, on admet généralement que cette vision ne s'opère pas non plus instantanément, mais après un certain laps de temps. M. Fechner affirme qne l'impression produite sur la rétine n'atteint son maximum qu'après un temps fini. Il est arrivé à cette conclusion en observant qu'un point noir sur un disque blanc ou un point blanc sur un disque noir produisent, donnent, quand les disques tournent rapidement, le premier la sensation d'un cercle noir, le second la sensation d'un cercle Uanc Il semble, du reste, que la rétine ressemble encore, sous un autre rapport, aux papiers sensibles, qui sont d'abord prompteroeot affectés, plus promptement même que l'iodure d'argent, mais qui exigent un laps de temps assez long avant de se montrer sensibles aux effets ultérieurs dont j'ai déjà parlé.
» Quant à ce qui concerne les variations dans l'impressionnabiliié de l'œil, le vif éclat d'une forte lumière l'éblouit d'abord : ce n'est qu'après un temps plus ou moins long qu'il peut voir par ime lomière fiosst ^atapte, l| n'arriva de mCme c|u*apr^ iin çertaîii ifiierTiVo
aa mixiiniim de senaibifilé qui loi permet de voir avec une lumière très-peu intense. J'ai déjà dit que la continuation delà vision transforme la sensation des couleurs du spectre en la sensation d'une lumière blanche nniforme ; j'ai ajouté qn*un simple abaissement de la paupière hâtait cette transformation. La pression exercée sur l'œil modifie aussi considérablement sa sensibilité. La simple pression da doigt produit la sensation de la lumière; la sensation d'un cercle de fen quand elle est très- forte, la sensation des diverses couleurs quand elle est plus ou moins faible. Cette influence de la pression est restée jusqu'ici sans explication satisfaisante ; on en est encore à se demander pourquoi l'on n'observe rien de semblable pour les sens du goût et de l'odorat. Il est vrai qu'il se passe quelque chose d'anal(%ue pour le sens de l'oufe* quoique les nerfs acoustiques soient beaucoup plus difficiles à atteindre ; mais la sensibilité de la membrane du tympan est d'une nature tout-à-fait différente de celle de la rétine, et peut s'ex^ pliquer autrement.
» Quand l'œil s'adapte à une certaine intensité de lumière, la papille concourt sans aucun doote Jk l'effet produit , mais die n'y con* court que dans un très-laible degré ; les variations de son ouverture sont beaucoup trop petites pour pouvoir régler les variations souvent énormes de la lumière extérieure. D'ailleurs la pupille se dilate ou se contracte alors même que l'intensité de la lumière ne varie pas. En mesurant le diamètre de la pupille, Olbers trouva qu'il variait dans le rapport de 1 à 1 »86 dans des circonstances oùla lumière émise par l'objet avait conservé la même intensité.
' » Il fout donc expliquer autrement que par les contractions et dilatations successives de la pupille les variations de sensibilité de la rétine. Pour arriver à cette explication» j'ai examiné avec le plus grand soin les effets de la lumière sur les substances sensibles à son action. Cet examen m'a conduit à des découvertes du plus grand intérêt» et que je vais exposer, en racontant les faits dans leur ordre chronologique.
» On savait avant moi : l*" que si l'on écrit sur une plaque de verre avec certaines substances, puis qu'on efface les caractères formés, il suSBra, pour les faire reparaître^ de couvrir la plaque de son haleine ; 2^ que si après avoir mis une pièce de monnaie sur une plaque de verre, on souffle dessus, puis qu'on retire la plaque, on ne voit ika»
814 iiiTvnB iimiw w ntam solaibe.
M ptos rien, nuit qo*BM noaviite to^rtfcHoB Ait reptnftfe b WÊiumràMlM pièce.
» CttfooaoteMDt bcanoMip trop Koiillt ; tai nbslMoeavec hqflh OD écrit «r It fwrt peut étrt ^Micoaqne; i it pliqve im verre» « ptiit sttbstitaer qm Mrfkca poKe de arfnl, de rérine, de Iseii, de eartoD.decairi h0«rfaeeiiqiMedBaMrewe»do?errei
» On ne penl gtière dénier qne, dtne cee eipirtences» U \ ne Mibisse des modifictiiofti réelles, et j'états disposé à crairs fne ces modiâcatloos avaient penr censé des fariaiiene de teapémtnm t ]*ei été d'ai>ord confirmé dans cette opinion per lee expMencee sninntes. Je fis chauffer une plaqne de métal gravé ; je la pinçai pen* dant nne deœi*minote k peo près sur nne glace trèe-necte on snr nne plaqne d'argent, et la retirai : l*intuflatiott mit en évidence nne Image l>len pins parfaite s on distingnait non<^nlement le conmnr, mais chaque lettre, chaque trait. Un corps froid imprina de la même manière son image sur une plaque dont j'avais élevé la ion» pératore. Les phénomènes produiu restaient d'aillenrs les mêmes, quel qne fût le corps déposé snr la phqoe. Je songeai alors à remplacer rbaieine, chargée de vapeurs hnmides, par d'antres vapems de mercure, d*iode, de chlore, de chlorore d*iode, etc. Xn ( sation de ces divenMs vapeurs donna naissance, mime dans IV rite, loin du contact de la Inmière, à des IsNtges compièies des eljett ehaulés on reftoidis.
3 La découverte de M. Daguerre, qui consiste principdement dans ce fait, que, par Taciion de la lumière, Tiodore d'nugeai est mis dans un état tel qn^il condense les vapeurs de mercnre, n'est donc plus un fait isolé; ce n'est qn*un cas particulier d'une M gêné* raie de la nature. Quand nne snriace poHe en nette est mise ea con- 4act avec un corps d'une température diiârente, ceruines pnrtks de cette surface acquièrent aussi la facsM de condeaser tontes sortes de vapeurs et de les fiter par adhéaios. Cette lacidté de nondensation subsiste alors même qu'une vapeur s'est combinée nvee la plaque comme l'iode avec l'argent on le cuivre. Ainsi la pbqnn d'argent qui a été mise en contact avec le corps chaud ou frtrid, puis enposée aux vapeurs de l'iode, do GUonu*e, on du bromure d'iode, reproduit l'image de ce corps sous l'aclion de la lumière on des vapeurs de niercure.
lUVMt OftlJIWW.--*IIUfilS M MÛSU. Èl%
• l'avais cru éfaterd foa k fNTHuaiott des ioiages dans ka cir** constances que je viens dMndiquer était d«e à ime êiÊènMè di fci^mo»; œtta «pW»B n'étaH pas Imdée. PMr la rasv^ner, il await sufi d» jcoMidérar mie sesia éet MMgosfAïames, 4e renaîtfitr qoe tes traits ias j^wéMiéssarapPDdaiaaiaftt, i^qttlh taraent aaanHiicBwnt à h mioM Itopéralwe et q«e la piâiqne sur laquelle kmc image se iiaënilt Mt m très*bon coBd«KAeur du calpriqae. fmr reodn k doute anéiae impotaibie, je cberdiai si je ne penrrdÉ pasobtenr des images sans lIstarfeMion de la chaleor. Je laissai langMwps dam mm chasntee fermée les corps «t les plaqaes tut hs« ^els Vtm voolait agir ; après èes anroir mis en eontact, j'exposai les plaques à racUon des diférentes Tapeors; j'obtins ainsi des inuiges très neHes et très délicates. La proposition lénoneée est donc encore ivop restreinte, et il ftot dire qne fom^ ^rfàee amchée par vn tùrpê ^mkowfm écqm/trt la faeuké de reproduire f image de te cerps par ia tomâensmvm^ ^mufwapeur ^uetemufue^ aett adliiskm ou eom^ MMîton chimique, le me borne m an mot général eûndensaiîm, qni poomtt n'être fm asseï exact, me pr^^esant d'expUqoer (rfus tard la manière merveilleuse dont les vapeurs se comportent dans la re^ présentation de l'objet.
* 8k déjà les esMîs qui précèdent prouvent qn'en pent imiter les effets de la kmîière par k osntact, les expérfences snivantes le dè^ montreront bien pins clairement encore. Sur une plaque d'argent recouverte diode, au sein des ténèbres de la nuit, je plaçai une petite plaque d*agate taiUée en creux, une plaque de métal gravée, une bagiue d'écaillé; quand ensuite j'exposai la plaque aux vapeurs du «Rfeure, je vis apparaître une bonne et distincte Image des figureis de Tagate, des caractères de la plaque, de ia bague, etc. Vno se* tende ptaque iodée et mise en contact dans les ténèbres avec les mêmes objets, fot exposée aux rapns directs du soleil, ou à la lu** niière dUTose : les images apparurent encore ; d'autres plaques, enfin, préparées de la même manière, forent présentées à Taclion de la lumière k travers des verres colorés, jaunes, rouges, violets : sous fes verres jaunes et rouges, on obtint à peine des traits obscurs, tandis que sons le verre violet les images étaient très-distinctes.
» le vais prouver maintenant qne la phqoe iodée n*est nullement nécessaire; que ces mêmes phénomènes se r^roduisent avec des
816 NATURE INTIME BU SPBGTRfi 80U1RB.
plaques de méul pur, et méoie avec des sabstaoces dUBcilemeni dtérables, le Terre, par exemple.
» Une plaque d*argent, qui n'aTait pas encore servi» fut nettoyée et polie avec le plus grand soin : au-dessus de celte plaque, 9i une très-petite distance, on suspendit une petite surface noire présentant divers caractères découpés, et tout Tappareil fut exposé aax rayons solaires, dont on lui taisait suivre la marcbe. La plaque refroidie ne montrait rien encore ; mais dès qu'elle eut été exposée aux vapeurs du mercure chauffé à 75 degrés c^tigr., il se forma^ à ma grande satisfaction, une image distincte de récran. Sur tons les points oà la lumière du soleil avaitjexercé son influence, il s'était précipité beaucoup de mercure. Je répétai souvent cette expérience, et ellerénsBl toujours. Quelquefois les plaques^ après avoir été soustraites Si l'action du mercure, étaient exposées aux vapeurs de Tiode et ensnite aux rayons do soleil ; les images étaient alors plus belles. J'employai plus tard une plaque de cuivre, par un temps très-défavorable; Vir mage produite par la vapeur du mercure, faible d'abord et peo dis* tjucte, devint très-intense quand la plaque eut été exposée aux vapeurs d'iode.
» J'expérimentai enfin par le même procédé sur une plaque de verre de glace très-pur ; chaque insufflation mettait en évidence une image aussi nette que sur la plaque d'argent, et cette image reparut à volonté pendant un temps très-long.
» On se trouve amené par là k cette conclusion très-vaste : La Un mière agit sur toutes tes substances^ et l'on peut mettre som aetim en évidence à l'aide d'une vapeur quelconque qui adhère à ta jh^ stance ou exerce sur elle une action chimique. La découverte de Daguerre est un cas très-particulier de cette proposition géntade:
» Il me paraissait important d'essayer, au moins dans lu cas particulier, quelle était sur les substances simples l'action des rayons diversement colorés. J*ai trouvé que les rayons violets exercent seob une influence sur les plaques d'argent pur. Les rayons rouges, quoique plus lumineux et plus chauds, donnaient à peine les premiers linéaments d'une image.
» 11 me reste à décrire maintenant de quelle manière les diverses vapeurs se condensent sur les plaques. Dans mes premiers essais, par simple insufflation, j'avais cherché 4 reconnaître si les parties de
l'image qai n'avaient pas été en contact avec l'objet, celles, par exemple, qui correspondent aux creux d'une pierre gravée, paraissaient plus brillantes ou plus sombres. Si elles avaient paru constamment plus sombres, j'en aurais conclu que la vapeur se déposait sur les parties touchées; c'eût été le contraire dans le cas où elles auraient paru brillantes, la vapeur se serait condensée sur les parties non parvenues au contact. Mais les phénomènes furent pYus compli* qués, plus irréguliers que je ne le pensais. Par l'haleine, j'obtins dans les mêmes circonstances des images, tantôt sombres, tantôt claires, en partie sombres et claires à la fois. Par une insufflation prolongée, une image, d'abord blanche, devint sombre peu après, pour redevenir encore brillante. Avec l'emploi du mercure, les apparences ne forent pas moins complexes. Les vapeurs mercurielles se déposaient de préférence quelquefois sur les endroits non touchés, quelquefois sur les endroits touchés; assez souvent on les faisait disparaître en essuyant , d'autres fois elles résistaient au frottement. Je me trouvai dans le même embarras avec l'iode : les portions de la plaque d'argent mises en contact avec l'objet étaient tantôt plus claires, tantôt plus sombres que les portions non touchées : l'exposition à la lumière faisait noircir tantôt les unes, tantôt les autres.
» Les caractères d'un cachet, d'abord noirs, avaient un entourage plus éclairé ; au bout de quelques instants, les caractères brillèrent et l'entourage s'assombrit, puis l'entourage reprit son éclat. Ces successions de clair et de sombre auraient trouvé leur explication naturelle dans ce que j'ai déjà dit plus haut de l'action alternative de la lumière sur Tiodure d'argent, si le creux d'une pierre gravée, qui se tronvait sur la plaque en même temps que le cachet, avait donné les mêmes résultats que ces caractères ; mais l'identité n'eut pas lieu. L'image des creux de la pierre fut d'abord plus brillante que le contour ; elle devint ensuite plus sombre, et ne changea plus. Je fus d'abord effrayé de cette complication; mais de plus longues recherches, en me révélant des faits plus extraordinaires encore, me mirent enfin en état de tout expliquer.
» Je m'arrêtai aux vapeurs de mercure comme au meilleur moyen d'investigation ; les images qu'elles produisent sont très-nettes, trèsdélicates, très-fixes; on peut d'ailleurs faire agir la vapeur de mercure à des tensions très-différentes. Il m'a semblé qu'il suffisait d'o-
GoogfP*^
^18 9ÎATUBB INTIME DU SPECTRE SOLAIBE.
pérer sqr les images daguerrieones ordinaires, qiii offrent les mêqu» nqaoices 4e clair et de sombre que les images obtenqes ao contact. J*ai trouyé aussi qu*il était inutile d'avoir égard à Tinclinalson de Ja pbqi^e daas la i^oîte à mercure, et qu'on pouvait, à l*aide du mercure frpjcji et des vapeurs à une très-basse pression, obtenir les mêmes elfets qu'avec le mercure cl^auffé et de^ vapeurs à gne plus forte tei^- SLQO. l>e temps s^u) nécessaire k la formation de l'image variait dans IfjB diverses circonstance^, J'^i m0me vu naître, après mie expositiofi de quelques beqres au mercure froid, des im^^es que }es vapeurs de qi^cpre pb^uGTé n'avaient pai» pu mettre en évidence.
p Ce)fi posé, qu'on place d^ns l'appareil à mercure up^ pbcpii^ ij^dée qui soit restée le temps convenable dans l^ cli^fpbre noire : vers 85<> on obtiendra Tiipage .ordinaire, laquelle, coinmc l'on sait^ disparaît Pisir le moindre frottement. Si l'on continue j^ chauffer, pu trouver^ vers 125'* que cette image fugace est fiiée, qu'elle résiste à un frottemeiit exercé à s^c. J'ai obtenu de ces images fixes trèsr belles et d'une délicatiesse incomparable dans les détails, en i),e cbanff^nt le ^^^.ercure que ju8|[|[u'à 75"*, et exposant ensuite la plaque audessus du mercure froid. Ces imag^s conviennent éminemment |KHir les ess9i3 de gravure. II n'est pas nécessaire de faire disparaîtra l'iode à l'aide de l'byposulfite de soude, il suijit d'essuyer la plaque.
On pourrait croire que, d^ns Les iffiages ainsi fixées. Le mercnre n*est pas seulement adhérent, mais qu'il est cpmbmé ; jl p'en ait rien« Si Ton élève encore la . tenipérature, la plaque deviept jai)njltr^, ef vers 150'', Ym^&t de positive qu'elle iltait, devient native, en ce seps que les p^t^es clajjres d^yienpept ohscares, et réciproqii^ent. ^n chauffant encore dayantage» cette in^age n^Uy; se fi^e, et, ei^ la frottant, on se coi^v^incra qu.e le mercure a dispam de tous lies points sur lesquels il était copdensé auparav|pt, tandis qu'il adhère maintenant à tous les points sur lesquels il ne s'était |)is précipité. Ces ima{;es négatives, une fois fixées, sont très-diffid|jes è effacer ; on y parvient à peine avec des liquides actifs ou des poudras mordantes.
» Ce que nous venons de dire sur )es images obtenues k Taide des vapeurs de niercure, ces alternatives remarqnabljss, jettent ui^ graB4 jour sur la question plus étendue de la condeiisatipn des vapeiin q^elo^piiaes; oe sont, e^ eflÇet, partout les mêmes pbénpa)èaes.
RATONS GHIIIIOUES. — IMÀP^S DE MOSER. 849
Qs'oQ mette sur use plaque polie an écran où Ton a découpé diven caractères, qu'on promène dessus son haleine, et qu'on retire en? aulte l'écran ; si, après avoir laissé disparaître les premières vapeurs, on souffle de nouveau, on verra que tous les points atteints d'abord par rhaleine, c'est-à-dire les caractères, paraîtront noirs ; une insufflation plus longue, plus forte, les fera briller de nouveau ; au-delà de ce terme, l'image se trouble, op ne voit plus que quelques traits, L'baleine, ou plus géaé^a|e^|^nt ta condenuuian des vapeurs^ dam cette exp^riewe comme dan$ toutes les expériences semblables^ agit absçlument comme la UfffiUr^. Gettje coiipIfisiQU r^sspr^ira encore des epBsidératipns suivantes.
» On 9 souvent prétendu qoe ds|ns }es images daguerriennes, les proportions de lumière e^ d'ombre étaient ce qu'elles çqi^t dans |j| nature, p'est une errfeur ; il n'est pas nécessaire, pour s'en cQUvaiqcre, d*av(Hr vu beaucoup d'épreuves. Voici le véritable état des choses : si pu laissa une plaque 4'arg^t iocjé^ trop peu de tenips dans lai chambre o))sciir9, les vapeurs 4" mercure ne produisent aucuoQ image, la plaque se copvre seulement 4'QDe très-légère cpuchp de mercure, conime cela a lieu d'ailleurs pour la plaque d'argent pqr et pour riodure d'ayant noirci. Si on laisse la plaque plus longtemps âm^ la cbitmbre poire, on obtient une in^age, mais où se rer produisent seulement les partiies les pins claires; et, ce qui, dans ce cas, est très-essentiel, ces portions paraissent blaoches, c'est-à-dir0 qu'il s'y est condensé beaucoup de vapeurs de mercure. £n laissant plus loqgemps encore la plaque en présence de TQbjet^ on obtient une image avec beaucoup plus de détails; mais les portions claires ont perdu en blancheur, elles paraissent grises, c'est-à-dire qu'ellei ne pndensent plus autant de vapeurs de mercure. Enfin, la plaqnif hissée plus de temps eocore dans la chambre obscure ne laisse voir, quand on la retire, aucune image, ei si on l'expose aux vapeurs de mercure, il se fm'me une image négative, c'est-^-dire que les porr tioBS les plus claires ne condensent plus du tout les vapeurs de mer-; cure; Après tous ces détails,. que pourraient encore signifier ces mots : proportions exactes de lumière et d'ombre ? On a seulement le droit de conclure que lorsque la lumière agit sur l'iodure d'argent, elle lui communique progressivemept la propriété de condenser I4 vapeur de mercure, de telle sorte que si, l'action se continue au deik
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820 NATUBE INTIME DU SPECTHE SOLAIRE.
d'une certaine limite de temps, elle enlève à l'iodurc cette propriété, ayant même d'avoir altéré sa couleur jaune. La lumière agit donc absolument comme le faisait la vapeur de mercure dans Texpérience précitée. Cette identité d'action est si remarquable, que je crois devoir l'appuyer de nouvelles preuves.
» Qu'on laisse dans la chambre obscure une plaque d'argent iodée à peu près le temps nécessaire à la formation de l'image daguerriouie, pois, qu'on l'eipose sous un verre jaune aux rayons solaires , on obobtiendra , ainsi que nous l'avons déjà dit^ une première image négative, qui disparaît pour faire place à une image positive. Or si^ aa moment où l'image négative a disparu, on expose la plaque à l'action des vapeurs de mercure, on aura la même image positive 'qui eût été produite par l'action prolongée de la lumière : impossible de trouva quelque différence entre ces deux images. Il y a donc encore iden« tité d'action. Mais voici une comparaison pins concluante encore : jamais , que je sache , on n'a produit l'iodure d'argent noirci autrement qu'à l'aide de la lumière ; on ne l'obtient même pas à l'aide de la chaleur, car si on chauffe une plaque d'argent iodée, elle prend, par le refroidissement , une couleur blanc de lait qui , à la lomière, se change en gris clair. Or si , après que les vapeurs de mercare se sont fixées aux parties claires d'une image, au ciel d'un paysage^ par exemple, on continue leur action, elles quittent le ciel, et l'iodure jaune d'argent reparaît; mais si cette action*se prolonge encore, l'iodure d'argent se noircit, le ciel paraît sombre, bien qa'on aiteida tout accès à la lumière : ainsi se forment les images négatives.
» Ce résultat singulier du noircissement de l'iodure d'argent par les vapeurs de mercure avait fixé depuis longtemps mon attention, parce qu'il venait à chaque instant troubler la marche de mes expériences. J'esi)érais, par exemple, pouvoir abréger le temps nécessaire à la formation de l'image dans la chambre obscure en exposant momentanément la plaque d'argent iodée aux rayons solaires ; mais autant de fois que j'essayai ce moyen , et quelle que fût ma promptitude, la plaque qui avait conservé sa couleur jaunie prenait toujours» sous l'action du mercure, une teinte noirâtre. D'ailleurs, l'iodure d'argent, noirci par les vapeurs du mercure^ ne s'attache pas plus à la plaque d'argent et ne se dissout pas mieux dans l'hyposulûte de soude que s'il avait été produit par la lumière.
» J'ose affirmer que celte idendité d'action de la ?apear de mercure avec la lumière s'étend Si toutes les tapeurs, et qu'on la retrouvera partout où les vapeurs agiront pendant un temps suffisant sur des plaques convenablement polies, ou sur des substances convenablement préparées. Voici encore une expérience de ce genre qui m'a toujours réussi. J'ai pris une plaque bien polie, d'argent, de platine, de cuivre, d'acier, de verre noir, etc., je l'ai couverte d'un écran découpé, puis je l'ai exposée aux vapeurs du mercure. £n enlevant l'écran, je trouvais toujours du mercure déposé sur les portions correspondantes aux découpures ; ces portions se trouvaient dans une condition tout-à-fait analogue à celles de la plaque d'argent iodée qui sont parvenues au point où le noircissement commence ; elles ne condensent plus le mercure. En se servant de plaques de platine, d'acier ou de verre, on démontre mieux encore la vérité de cette assertion : si, après les avoir chauffées a 90"* et les avoir exposées à l'action du mercure, on essuie les vapeurs condensées à l'aide d'un frottement léger, puis, qu'on élève encore de quelques degrés leur température, pour les exposer de nouveau à l'action de la vapeur, sans écran, les images des découpures reparaîtront, mais plus sombres que le reste de la plaque, parce que le mercure qui les couvrait a réellement disparu. C'est exactement l'effet produit par la vapeur d'eau, laquelle, dans une seconde insufflation, semble éviter les portions qu'elle avait d'abord envahies. Je répétai l'essai précédent en exposant , pendant un ^temps très-court, une plaque polie, recouverte d'un écran découpé, aux vapeurs du mercure chauffé à 75"* : en retirant la plaque, je n'y vis aucune image ; mais, quand je l'eus exposée une seconde fois, libre et sans écran, à l'action du mercure, les découpures apparurent moins brillantes que les autres parties de la plaque qui avaient condensé plus de vapeurs.
• Comme la lumière, toutes les vapeurs de mercure, d'eau, etc^, continuent l'effet commencé et peuvent même opérer une inversion complète. De plus, les actions des vapeurs et de la lumière se remplaçant et se complétant mutuellement , on aura des images identiques , soit qu'on expose la plaque à l'influence de la lumière après ravoir recouverte d'iode, soit qu'on l'expose aux vapeurs d'iode après lui avoir fait subir Tactiou de la lumière. Il y a plus encore : la vapeur d'iode agit comme la lumière même sur l'iodure d'argent déjù
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822 NATÛRB INTIME DC SPECTRE 80LÂ1RÈ«
forttlé, en le faisant passer tonr k tour da jaune an totgé^ da rouge au rose, du rbsè au bleu ; et ces couleurs sont bien l'effet de raction S'UGcessive de là vapeur d*iode ; car, à part Quelques diflërences légères de ton , elles ressemblent entièrement i celles que prodoîrdt l'influence continuée de la lumière sur elles: à mesure qu'eDesse montrent, on voit diminuer, pour Tiodurë, sa solubilité dans l'hyposulfite de soude, pour la plaque, sa faculté de condenser la tsipeat- de mercure ; ce qui n'aurait pas lieu si ces couleurs ataient leiîr cause Sans l'inégale épaisseur de la couche d'iode. Du resté, il ne ùmt pas s'attendre à retrouver toujours le même ordre dans la succession des teinte^ dont nous venons de parler , cài* la surface de Fargent n'est pas toujours homogène , la température de tous ses points n'est pas la mêitie, elle n'est pas toujours également attaquée [)àr l'iode. J*ai observé trois cycles ou séries de couleurs, commençant la première par le jaune, la seconde par un jaune plus pur, la troisième par un jaune verdâtre ; chaque série demande, pour se former, plus de temps que celle qui l'a précédée.
» Qu'on itie permette de dire en passant que J'attribue, dans les procédés de M. Daguerre, la grande sensibilité des plaquer iodées i ce fait que l'ioduré s'est formé par l'action de l'iode en vapeurs sur l'argent. Produit d'une autre manière, l'ioduré serait beaucoup moins impressionnable ; et si, en exaltant la sensibilité de la plaque, le broniure et le chlorure d'iode ditninuent considérablement le temps iiécessaire & la formation des images, c'est parce qu'ils agissent aussi à l'état de vapeur. Le contact de ces vapeurs fait passer presque immédiatement du jaune au rouge, du rouge au rose, ètCi une plaque qui, dans la vapeur d'iode, n'avait pris presque aucune teinte; et, chose singulière, la plaque dont la sensibilité a été exaltée par l'action des chlorures ne perd rien de cette sensibilité quand où l'expose de nouveau aux vapeurs d'iode.
» Dé tout ce qui précède, ne puis<je pas conclure avec assurance que ces trois causes, le contact, l'action des vapeurs et la tumière, produisent y quoique à différents degrés ^ suivant les circonstances, les fnêmeÉ effets sur toutes les substances, en modifiant leur affinité pour les vapeurs, ou en leur donnant la faculté de les condenser ? Je ne crois pas errer en donnant à ma proposition la plus grande généralité possible; ces mots, toutes les substances, ne sont pas une exagération.
• Une remarqaë bien simple , mais qui s'est jsrésentée tro{i tard il nion esprit, m'a rois sur la voie d'dne nouvelle cause plus unirersèllé et qui est sans cesse en action dans la nature. En voyant les liai-iies creuses des pierres gravées se représenter^ tnême d^insTobs* feotité^ sur Itô plaque^ polies, j'aurais dû affirmer immédiatement (|tie le contact, Taetion des va[5eurs du de là lumière , n'étalent pas âbsolniâent nécessaire^ à la production des Images. Cette conséquence èi èimple m'échappa. Longtemps après seulement, en r^flèchls^nt É l*enseit)bie de mes ejtpéHenceâ , je vis clairement (|ue dans une inuUitude de circonstances le contact n'avait pas eu lieu ; reiistènce d'crnë action S dislance et sans iMuteriifëdiàire dé la lumière ou dés VapeitM, dlë parut alors évidehié, et je résolus de l'éludief.
» Sbr tiné plaque d'agate dans laquelle on avait incisé dé hombreùsès figures, je déposai tout autour de petites laînes de cuivré, et Èùr le febord, formé par ces lames, je plaçai une plaqué d'argent dont là distadce à la surface de l'agate était d'edviron un demi-mitlimètre, Quarfd, aprëâ quelques secondes, je retirai la plaque d'argent pour i^exposer à l'action des vapeurs du mercure, il s'y foriiia une image très-disiiticte. J'ai souvent répété depuis le même essai à dés disiances plus grandes ei toujburs avec tin égal succès : il me sera permis des iorâ d'énôhcër cette merveilleuse proposition : Deux corps tfttetcan' ques rhis en présence et suffisamment rapprochés imprimant Vtm st& l^autre leur image,
1» Il importe de faire observer que mes expériences ont été faites il l'abri de tonte lumière pendant la nuit Je plaçais te borps que Je faisais réagir dans une bhambre noire et dàiis une casâette formée. De plus, alors même que la lumière extérieure eût trouvé quelqtiès àccëâ^ bii n^atirait pas pu lui attribner aucun des effets produite, car ma manière d'etpéiimënter consistait & placer l'uu au-dessus de l'abtre à urie très-petite distancé, du au contact, l'objet et la pta({ue sur laquelle il devait se dessiner.
• Je suis loin de penser qiie ces faits nouveaux forcent à admettre dans les corps une force ou une énergie nouvelle ; bien loin dé !%« je Suilï plutôt porté & en conclure que tous les corps sont des cor[)s lumineux par eux-mêmes (1). Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on
(1) L*opinioii que M. Moser exprime dans ce passage, et qu'il développera
ne peut pas assigner pour cause à ces curieux phénomènes une lainière d'emprunt analogue à la lumière phosphorescente. Je ii*ai aperçu dans les images aucune différence, soit qu'avant d'opérer j'eusse laissé l'objet longtemps dans l'obscurité, soit que je l'ensse exposé aux rayons solaires. Je coutris k moitié d'une agate gra?ée qui avait été longtemps soustraite à l'action de la lumière, je l'exposu aux rayons du soleil, et la plaçai découverte au-dessas d'one plaque d'argent : l'image de la seconde moitié frappée par la Inmîère ne différait eu rien de la première, elle n'éuit ni plus ni moins distincte. J'explique facilement tous les faits relatifs à ces étonnantes prodactions d'images, en admettant, 1° que les corps ont une lumière propre; 2*^ que les rayons de cette lumière, lancés obliquement, ont une énergie plus faible que ceux qui sont émis dans une direction normale. On comprend aussi sans peine que l'élévation de température de l'objet aide considérablement la formation de son ima^e ; car cette élévation de température, qui, portée à de certaines limites, rendrait l'objet lumineux , doit nécessairement rendre plus active la faculté qu'il a d'émettre une lumière propre. Tous les corps ne jouissent pas au même degré de cette faculté, laquelle, toutes choses égales d'ailleurs, est plus grande quand le corps est polL
A J'ai obtenu sur l'argent des images nettes des substances suivantes : l'argent pur, Tiodure d'argent, le laiton, le fer, l'acier, le verre violet ou rouge, la corne noire polie , le papier blanc ou couvert de caractères, le gypse, le mica, l'agate, le liège, eta Je n*ai trouvé aucune substance qui m'ait donné un résultat négatif; de sorte que je suis en droit de conclure que tous les corps rayonnent une lumière propre ; que là où pour la rétine il n'y a qu'obscurité, il peut y avoir un rayonnement exerçant une action sensible sur d'antres substances. Ce rayonnement est assez intense pour qu'on puisse obtenir de belles images en moins de dix minutes, pourvu que l'on s'aide de l'action continuatrice des vapeurs de mercure à basse tension. Cette action des vapeurs n'est n^'cessaire que lorsqu'on veut précipiter la formation de l'image ; quand on laisse l'objet assez longtemps en présence d'une plaque iodée, il y imprime son image en noircissant
plus tard, est vraiment singulière; nous la discuterons. H y aurait, raîvanl lui, une lumière latente, comme il y a un calorique latent.
l'iodure, alors même qu*oQ a extrait tout ce qui, pour la rétine, serait de la lumière.
B Une expérience, déjà ancienne, de M. Riess {Annales de Poggendorff^ V. XLiu, p. 85), expérience qui renfermait une admirable découverte, et qu'on a trop peu remarquée, nous met sur lès traces d'une autre source d'images. Cet ingénieux physicien observa que, lorsque la surface polie d'uue substance conductrice s'était trouvée sur le passage d'une décharge électrique, on avait été seulement touchée par une gerbe ou houppe de fluide électrique , elle offrait certaines parties qui ne jouissaient plus de la faculté de condenser les vapeurs, et qui, par conséquent, étaient modifiées comme elles auraient été par le contact, la vapeur, la lumière ou le rayonnement.
» Si maintenant je reviens à l'objet principal de ce mémoire, c'està-dire à l'action de la lumière sur la rétine , me sera-t-il permis de penser que j'ai fait faire un pas à la question ; que l'hypothèse émise en commençant ne .paraîtra plus trop hardie? Si la lumière émise par un objet quelconque exerce une action physique sur toutes les substances, et imprime sur elles une image, comment n'en serait-il pas ainsi de la rétine ? La formation de l'image dans l'œil est donc un fait très-naturel. On explique aussi facilement comment la sensibilité de la rétiue peut varier, s'exalter, diminuer, revenir à son état normal, etc. N'avons-nous pas indiqué plusieurs moyens de modifier la sensibilité des plaques iodées? Ne voit-on pas cette sensibilité exaltée s'éteindre d'elle-même? M. Draper a vu des plaques sortant de la chambre obscure, et qui, pour laisser paraître l'image imprimée sur elles, n'avaient plus besoin que du contact des vapeurs, devenir insensibles k l'action du mercure, quand on les avait laissées plusieurs joars dans l'obscurité ; leur sensibilité exaltée s'était éteinte comme celle de la rétine : seulement^ comme le rayonnement nécessaire à la formation d*une image sur une plaque est beaucoup plus énergique que celui qui est nécessaire à la vision, on conçoit qu'il faille plus de temps pour neutraliser son effet, et qu'une fraction de seconde suffise pour ramener la rétine à son état normal, undis qu'une plaque exige de longues heures de repos. Et d'ailleurs la rétine elle- même conserve longtemps l'image de l'objet quand il était fortement éclairé et qu'elle l'a fixée longtemps ; l'éblonissement peut durer plusieurs jours: la rétine est quelquefois même altérée» blessée d'une manière permanente.
8â6 NAi'ÛRÉ INTIME DU SFkcTRB SOLMRE.
» Ajoutons qae l'impressioanabiliK des plaques est modifiée par des circonstances en apparence tont-^-fait insignifiantes. Ainsi, j'ai remarque que si , loirsqu'ttne plaqné Tient d'être poHe» oh attend quelques minutes avant de l'expose^ aux vapeurs d'iode, rioduration exigera on temps beaucoup plus long , et Id luttiière agira bien plos lentement sur cette plaque, lors même qu'elle aurait été recouTerte d'Iode au tliême degré que toutes les autres.
• En voyant des causes si minimes exercer une action si perturbatrice sut* la sensibilité de surfaces solides , ofi se demandera, peutêtre avec étoniiement , comment, par exemple, les images secondaires qui préexistent tbiijours dans Toeil, cet organe si délicat, ne troui)lent pas la Vision, ta pression fleâ muscles extérieurs , dont fettei s'étend jusqu'à la rétine, et le tnouvëment continuel de i'oâl, qui fait varier à cbaqùe instant la position relative des fibres do système nerveux, contribuent favorableitient à empêcher que l'effet des causés perturbatrices soit assez permanent pour se faire sentir.
• ttemarquons aussi que la rétine est en épanouissement des filets nerveux, et qu'il est de la iiaturé de ta substance des nerfi; de revenir facilement à son état not-màl.
• Aux trois grandes caUses de fofmatidb d'image^ que noiis avioiis d'abord énumérées : le contaèt, l'action des vapeurs, l'influence de la lumière ; il faut donc joindre ûné quatrième plus univer^nemcni agissante, le rayonnement propre de totls les corps de la iiatdre.
» Il serait important cnfifa d'étudier la nature Intime des modifications que subissent les substances sous l'itifluence de ces divers» causes, et les phénomènes physiques ou chimiques qui accompagnent ces modifications. L'action dé rhy|)osfalfite de toude nou^ révèle quelque (hose à cet égard i 11 dissout fàcilèmctit i'iodurë dVgetit aux différentes périodes dé sa transformation, fandis ^a^il est sans action sur l'iodure noirci. Sans être probaUefliefat déoomphèéè, ainsi que je l'ai déjà dit, la couche d'iode a été modifiée datis ses prot)rléiés physiques. Quatre ans après qu'elles avaient été soninlèes k ia décharge électrique, les surfaces polies, observées par M. Riess, réagissaient Éur les Vapebrl II f a donc là évidëttmjebt dés altérations profondes, ànalogiies peut-être à la phosphorescence, mais dont la na* tdfé cbttserfe enèore lé sëcrêh 9
Il fani, dân^ te hiéiàoire, distinguer nettement deux choses : les
Vues tfaëoriques, et les faits décooverts. M. l^loser est préoccupé de deux idées systématique^, il vent : l"" que la rétine soit impressioiliiée par la lumière de la même manière que les substances chimiques; et que la vision donne la sensation non pas de vibrations, mais d'une modification matérielle ; 2** que tous les corps soient lumineux par èat-mêtnes, mais que leur lumière propre soit souvent latente, et ne se fasse pas pins sentir à l'œil que Ja chaleur latente au thermomètre. U seconde de ceâ idées peut être considérée comme vraie, en ce sens, ^oc certains mouvements vibratoires de Téther échappent à rôeil, et te iiiahifesteni par d'autres effets que l'éclairemerit : elle à été victo* Heuseitieiit réfutée par un jeune et savant physicien Ri. 'Waidele, en ce sens, que pour expliquer les effets photographiques, découvefts ()af H. Moser, il ii'est nullement nécessaire de recoUrii* à l'hypothèse d*une lumière invisible et de rayons latents ^ mais laissons eiicdrè M. Moser exprimer mieux sa pensée.
SEbOND MÉMOIRE. — i'iir l'éiat latent de la lumière, -^ {Annatèi de Pôg^endorf, 57« vol. p. 1 et suiv.).
» ik me propose, dans ce qui va suivre, de démontrer qu'il y à une lumière latente, comme il y a une chaleur latente ; que cette Id> niière et cette chaleur se développent dans tes mêmes circonstances, passent ensemble à l'état libre, et que si le mode d'agrégation des t>articules d'fad corps vient à changer, on ne doit pas regarder ce changement comme l'effet de la seule chaleur, parce que la lumière ^ à pHs une grande part. Je ferai volontiers au sujet de la lumière latente les concessions que l'on a faites longtemps à l'occasion de Ja chaleut* latente \ j'avouerai qu'il ne m'est pas encore donné de com«prendre ce que peut être cet état dissimulé de la lumière. Après qùè beluc et Élack eurent découvert la chaleur latente au milieu dii iiècle dernier, on ne sut comment expliquer cette singulière manière d'être d'une force ordinairement toujours en action ; mais cette dîfculté ne fit pas rejeter un fait appuyé sur des preuves invincibles. J'espère que de même l'incompréhensibilité, dans l'état actuel de la science, de cet état latent ou combiné de la lumière, ne sera pas regardée comme tine objection insoluble contre soti existence, car leis preuves et les objections sont les mêmes de part et d'autre. D'ailleurs, s'il est vrai qu'on ne peut pas déterminer l'intensité de la lumière laiente, on ne p^ut pas plus, par des mesures quantitatives, apprécier
rigoureusement rintensité de la lamière ordinaire. J'ai la cerlitode aussi que, sous d'autres points de vue, je donnerai à la science, si imparfaite cependant, de la lumière latente des déyeloppements qoe n*a pas reçus et que ne recevra môme pas immédiatement des vastes dé« couvertes de M. Melloni, la science de la chaleur latente.
» J*ai montré dans mon mémoire sur le procédé de la visimi, que la précipitation des vapeurs produisait sur les corps qoi les coodeDsent les mêmes effets que la lumière. Mais il est nécessaire de dooner une déGnition nouvelle de ce genre d'action» parce qne dès l'instant où j'ai mis en évidence dans ces phénomènes la présence de la lumière latente, il ne faut pas demander à la rétine ou à l'oeil l'appréciation des effets et des causes. La définition la plus large qn'on puisse admettre, au point où en est la science, est celle-ci : La surface des corps est modifiée de telle sorte par l'action de la lamière, qu'elle condense les vapeurs autrement qu'elle ne le faisait auparavant Une plaque d'argent iodée qui. après avoir subi dans la chambre obscare l'action des rayons lumineux, est soumise aux vapeurs de mercure, qu'elle condense, nous offre un exemple simple de l'action que nous venons de définir
» Si la précipitation des vapeurs produit les effets de la lumière, n'est-on pas en droit de conclure à l'existence d'une lamière latente inséparable de l'état de vapeur, comme on a conclu l'existence da calorique à l'état latent de ce fait constaté par le thermomètre que, dans le changement d'état des corps, il y avait de la chaleur mise en liberté ou absorbée? Pourquoi le noircissement, si je puism'exprimer ainsi, du chlorure ou de l'iodure d'argent, n'aarait-il pas U même valeur que la dilatation ou la contraction du mercore et de l'alcool? La comparaison ne sera-t-elle pas tout-à-fait concluante si je prouve que, réciproquement, la vaporisation ou le passage à l'état de vapeur reproduit encore les effets de la lumière? Or, c'est ce quia certainement lieu pour la vaporisation de l'eau, de l'alcool et de l'éther. J'ai expérimenté avec des plaques d'argent, d'or, de enivre, de verre, que je mouillais de divers liquides sous la condition qu'ils ne modifiaient pas par eux-mêmes, d'une manière stable, les surfaces de ces corps, et que, par conséquent, on pourrait mettre en évidence l'action propre de la vaporisation. Ces expériences sont assez délicates, parce que l'eau distillée elle-même, surtout si on l'emploie en
grande abondance, laisse des traces sur les corps très-polis. Je suis cependant parvenu à des résultats incontestables en opérant comme il suit. Je plongeais la boule d'un très-petit thermomètre dans de l'eau distillée ayec le plus grand soin, et j'écrivais sur la plaque avec la goutte adhérente, sans que la boule arrivât au contact, ou bien, j'étendais sur un drap humide des bandes de papier à filtrer et je l^s mouillais légèrement avec de l'eau distillée ; puis, avec ces bandes humides, je touchais pendant un moment les plaques polies. Si, après Pévaporation, il restait quelques traces, comme cela arrive fréquemment quand le liquide employé est l'alcool ou l'éther, je les faisais disparaître à l'aide d'une des poudres dont on se sert pour polir. Quand une plaque d'argent, par exemple, avait subi l'action de la vaporisation de l'eau, de l'alcool ou de Téther, je l'exposais aux vapeurs de l'eau, du mercure, de l'iode, de l'acide chlorhydrique. du chlore, du bromure d'iode, et, dans tous les cas, j'obtenais une image parfaitement visible. Elle était ordinairement plus intense, quand la vapeur employée était la vapeur d'eau ; en prolongeant l'action de la vapeur de mercure , on lui donnait la même intensité dé ton ; elle é(ait toujours plus faible avec la vapeur d'iode. Mais il suffisait de présenter à la lumière la plaque frappée par la vapeur d'iode pour obtenir une image vigoureuse. En substituant d'autres métaux à l'argent on obtenait les mêmes effets ; la vaporisation avait, dans tous les cas, produit Teffel de la lumière. J'ajouterai encore que si l'on fait vaporiser de Teau chaude sur une image de Daguerre, au moment où elle sort de la chambre obscure, l'image est entièrement détruite. Cet effet dépend d'une évolution de lumière , comme nous le prouverons pour ce qui nous reste à dire.
B II est au moins certain que la vaporisation produit les mêmes effets de lumière que la condensation des vapeurs ; et je laisse aux physiciens à juger si ce résultat ne doit pas s'étendre au passage d'un corps solide à l'état liquide et réciproquement; car ces passages doivent être attribués à un dégagement ou à une absorption de lumière aussi bien que de chaleur. Qu'il me soit permis, en considération de la nouveauté et de l'importance de cette assertion, de faire observer (en demeurant dans la région des preuves empiriques) que si l'on a d'une part une vapeur d'une élasticité et d'une température données, de l'autre une plaque quelconque d'une température aussi
830 ll^TURB INTIME DU 8PBGTBB 80UIRB.
conpue, la condensation de la vapeur n'est pas par là mtoie ^oowKteme^t dé^nulnée, elle dépend, an contraire, des évolatkiiis da lumière auxquelles la plaque a été SQpmise. Quoiqu'une pbqae d'argent ait tons ses points à l^ même ^mpérature^ ceirtaifies parties déterminées de sa surface condenseront peu ou beaiicoap de vapeu^ d*eau, suivant qu'elles auront subi à tel ou tel d^é l'actioa de ii lumière, hc même phénomène se reproduit pour les vapeurs àe me^ Qure, d*jode, de cl))pre... A part d^ différences secopdaires, touies les vapeprs se iressemblent <en ce point , que leur condeii9atioB eit ^al^ipent \p résultat de l'action de la lifn^iére et de la cbaleor....
» Je passe mjûntenant ^ nne question très-intéressame, reUiiye l b Iqn^j^rp laepfe, à la déterminatioQ de la couleur qu'il faut lui attiibuer. Cette dé^iermination est aussi importante qu'elle est difficile... I^'actjffp bien copniie de U lumière siir l'induré d'arg^qt suffit daas toqt cas à répondre à tout Voici l'énoncé du problènae : Tiodoie d'argent a subi Faction de la lumière ; cette lupière a été eftérîeareniant appréciable ou non ; il s'agit de déterniiner par quelle cobleiir Tjiction a été produite.
» Je n'^ pas épuisé la qpestion, je crpis cependant avoir copsiilérfibl^ment avancé sa solption; je suis arrivé dans tous les cas à des résultats bien dignes de pxer l'attentioq. Ds|ns mon mémoire sor k propédé 4e la vision, j'avais établi, comme il suit, l'inflq^nce sur l'Io^ifre des rayons de diverses réfrangibilités. Les rayons biens et violets commençaient l'action et ppuvaient la continuer jusqu*! i(oif cir riodure d'argent : c'est le fait reconnu, il y a |oqgten9pe, f^ J3c|)pele, par rapppfrt au chlorure d'argent AI. Edmon4 pecqnerel, faisant un pas de plus, crut découvrir que les rayons rouges of commençaient pas Taction, mais qu'ils 1^ continuaient avec force jq^qil'^ noircir l'iodure. J'ai observé enfin que les rayoos wertset jaui^s ramenaient (iodore noirci à l'état d'iodnre ayant sa cpuleiir ordinaire. Les trois groupes bleu, rouge, j^une, je les 4ésignerai ainsi pour abréger, seraient dope présenté upe différence qualitatifs dans leur inode d'acliop sur la lumière, et cette différence d'apliiii auri^it pela de singulier qu'elle ne senib|o pas liép à la réfrapgibiiilé du rayon, ou , pour parler plus exactement, avec la durée de sa ospillatipns. Ainsi, l'action serait commencée par les rayons de plm ^rapdef^frangibilité, continuée par les rayons 4e plHS petite réfriD-
RATONS CHI1IIQCE8, — IMAGE? DB lfOW(. 8^|
îbilUé, -poussée plas loin encore , et comipc épofeéje par les rayons £ réfrangibilité moyisnne* Ce résoltat, qoaa4 je Te^ipioai plog ttentivement, me parut réellemeoi iacrQya^le, et je yais prppver [ue je m'étaia trompé.
» La yérité est que les rayons de toute réfrangibilité lippressiponeiit [e la m£(ne manière Tiidd^r^ d'argeqt ; qu'il n'esf aqciy^ eflpt qp'ofi le puisse obtenir p^^r l'action de toute sorte de rayons; que la seu]^ lifférence réelle co93iste eii ce qu'un même effet exige» pour sf pro^ uctjoiiy plus pu moins de te^pps, suivant (ju'il est produit par 4je8 ayops de telle ou t^Ue coql(»i)r, de telle sorte, qqç si l'effet mesari§ .'une manière qqelconque est riîgardé comme une fonctiop fin epps, cette fonction, pqpr lesc^Yerse? couleurs^ aorji d^ former rès-diOéreptes,
« Poqr prouver cett^ proposition, je rappellerai 4'4bQrd qo^ iodure d'argent peut être npircf i tra?ers des verres 4e fpiiteç le; ^qleqri^. Oq pe peqt pus iqjSme élever l'ombre 4*QQ djonte p^r r|pr iQrt aux verres viol^ets, bleus, y^rts, jaqnps, oraqgés; j'ai ^u l'ocoi-r Ion d'expérimenter avec un trjès-grand nopbre 4e ces yerres, ef^ [uand j'opérais au soleil, l'.elfet ne s'^s^ japiais fait Ipngtemps att^n^ re. Il ne pourrait y avoir d'incertitude .(^ue par rapport aqx vi^fM oqg«$ : j'en possède que)(j|ues-uns pour lesqqeb je croyjiis avoir »bseryé qu'ils laiss^jeiU à Tiodure d'argent i^ cpqleqr première, fi\ [ii'ils ne pouvaiept par conséquent, en aucqnc manière, commence^ a.ction. C'était une illqsioq et elle avait sa spurpe daqs 1^ manier^ \f)fi\ j'avais opéré : qui consis^it à repouvrir Ifi plaqua io4ée t^ql litière d'un ^lerre 4'"^^ coqieur rouge qqiforp)^. Q^ns ce^ cjrcon^r Hpces, il est ^rès-4iilicile d'apprécier l'action lent^ produite. Bialf ip plaçant un 4p^!^ qqclconque #pps un 4fç ce9 v^es, d^»^) P9 j| endo qpelqqi^^ portions opaques, oq s'assura facilem/ent que la co% fîpr rpuge peut, aq^ b^en que les autres couleurs, dqnper paissaqpf \ l'action, quo^ue plus lentemenL Hou apii Dulk pat conduit ayant fM)i, et p^ de s^mb)abl|BS e^is, i c^tie méipe conclusion : il avai( TU que sous qpe cloche rouge foncé, Tiodure d'argeqt ne nqircii^if lasy vqèjpap après des joqrnée^ d'expositfon if |a lpn|ière ; maff; [uand il eut place sous la cloche une plaque abritée en partie f^ \n écraq^ il aperçu ^ aprè? quelques heure; , Tiqiage eptière ^ |)ordfl le l'écraq.
Goo.
» Ainsi, tontes les couleurs partagent avec le bien la propriété de commencer Taction et de la continuer jusqu'au noircissement ; elles exigent seulement, pour produire cet effet, un temps plus on moias considérable. Je me permettrai à celte occasion une petite digreasion propre à prévenir une illusion dans laqueUe il est facile de -tomber. On dit communément que les verres bleus et violets laissent passer peu de rayons et agissent fortement sur Fiodure d'argent, tandis que les verres jaunes et rouges transmettent beaucoup de rayons et a^ sent très-peu. Il me semble, au point où en sont les choses, qo*oo ne doit plus s'exprimer ainsi; c'est accorder aux impressions de l'œil plus d'importance qu'elles n'en méritent. On sait bien , à la Térîté, que notre rétine est plus vivement Impressionnée par le jaune et l'orangé, et que lorsqu'un spectre solaire est soumis à son appréciation, elle désigne ces couleurs comme étant les plus éclatantes ; mais si la rétine était d'une autre nature , si elle était, par exemple, de riodure d'argent, ou si elle était soumise libre, nue, à l'action de la lumière^ son jugement sîgniGeràit tout autre chose. Pour elle alors, dans les mêmes circonstances, les rayons les plus brillants seraient la rayons violets, ou même les rayons obscurs découverts par Ritter. Il en est de toutes les substances sensibles à l'action de la lumière, comme de la rétine et des diverses combinaisons de l'argent; parmi tous les rayons, il en est un, d'un nombre déterminé d'oscillations, qui produit le maximum d'action. Gela prouve, il me semble, aa fond, que la rétine et les diverses substances sont peu propres à servir, par les impressions qu'elles reçoivent , de base à une comparaison entre les intensités des diverses couleurs. Le jugement par lequel la rétine semble affirmer que le verre violet laisse passer fort peu de rayons], est au fond et en lui-même très-peu concluant. Ce qui est vrai, c'est que les rayons de réfrangibilités inégales, sous le point de vue de leur influence sur l'iodure d'argent, diffèrent, non intrinsèquement , mais seulement par le temps plus ou moins long dont ib ont besoin pour agir. Et Ton voit qu'en réalité l'effet dépend uniquement de la durée des oscillations du rayon ; plus cette durée est grande, plus le rayon exige de temps pour commencer l'action et arriver à noircir Tiodure.
» J'arrive maintenante la propriété particulière que posséderaient les rayons rouges de continuer une action commencée. Déjà, dans le
mémoire sur le procédé de la yisionj'ai élevé des doutes sur raciion propre de ce genre de rayons ; j'ai déjà même indiqué le fait principal par lequel on peut combattre invinciblement cette manière de voir; mais je n'ai pas fait ressortir assez l'importance de ce fait. Sans doute que si on opère avec les rayons ordinaires du soleil, ou avec la lumière diffuse, pour obtenir, par exemple, une image daguerrienne, les rayons rouges se montreront plus énergiques que les autres, quand il s'agira de continuer l'action, parce qu'elle a été commencée par les rayons bleus ou violets, ou par les rayons obscurs de Ritter. Mais j'ai découvert et j'ai décrit une autre sorte de rayons de lamière émis, comme je le crois , sans exception, par tous les corps qu'on doit considérer comme lumineux par eux-mêmes; ces rayons sont rendus manifestes par ce fait, que deux corps placés à une dislance assez petite impriment leur image l'un sur l'autre , quoiqu'on élimine avec le plus grand soin tout ce que la rétine appelle lumière. J'ai appelé ces rayons, rayons invisibles , pour les distinguer des rayons obscurs que Ritter a trouvés dans l'extrémité violette du spectre ; j'aurais pu aussi les appeler les rayons les plus réfrangibles^ car on verra que leur réfrangibililé est plus grande que celle des rayons ordinaires. Ils manquent d'ailleurs, comme je le prouverai dans la lumière du soleil et la lumière diffuse, ce qui empêche qu'on ne puisse les assimiler aux rayons obscurs. Or, si cette lumière invisible a commencé à agir sur Tiodure d'argent , les rayons violets ou bleus la continueront plus énergiquement que les rayons rouges, qui, cette fois, seront moins bons continuateurs. On place sur une plaque d'argent iodée des corps quelconques, au contact ou à une petite distance, dans la sphère d'activité des rayons invisibles, de telle sorte qu'il puisse en résulter des images. On laisse ces corps en place pendant un temps assez court pour que l'iodure ne subisse aucune altération sensible, pour que l'on ne puisse apercevoir aucune image; puis Ton expose la plaque iodée aux rayons du soleil ou à la lumière diffuse, sous nn verre bleu ou violet ; presque aussitôt l'image se montrera avec tous ses détails : les rayons jaunes ou rouges auraient à peine, dans les mêmes circonstances , fait apparaître quelques linéaments. C'est ce que j'avais indiqué dans mon premier mémoire : il en résulte que les rayons violets sont, par rapport à la lumière invisible, comme continuateurs » ce que les rayons rouges étaient par rapport à la
lumière ordinaire. Parmi toutes les expériences que j*ai faites i oe sujet, et qui toutes conduisent au même résultat , j*ea rapporterai une seule qui aura Favaniage de me ramener à la couleur latente de vapeurs. J'espère rendre par là si claires les conclusions auxquefles je suis parvenu , qu'on me dispensera de Ténumération fatigante d'essais prouvant tous la même chose. J'iodurai une plaque d'argeot et plaçai dessus une plaque en laiton gravée « une plaque d*ai^t aussi gravée, et un camée, pendant le très-court espace de deux minutes, et dans l'obscurité la plus profonde. Ce temps écooJ^, on ne voyait naturellement tien sur la plaque ; mais après une exposition de quelques minutes & un soleil faible, sous un verre bleu, les Images ])arurent; celles des plaques gravées métalliques se montrèrent tneibe riches de détails. Il avait donc suffi de deux minutes à h Itimière invisible pour tracer les images : avec des verres jaunes on tougeâ, en n'aurait probablement rien obtenu, car ces couleurs ne rendent scniribles qu^aprës une action prolongée les images causées par la lumière invisible....
» Si Ton adopte la proposition que nous avons essayé de démoa- XHt; si l'on admet que le temps pendant lequel une ceruinc sorte de lumière agit sur une substance peut compenser sa trop faible ré- Trangibilité , de telle sorte, par exemple , que l'action prolongée da rayon jaune puisse produire le même elTet que l'action moins prolongée, mais plus intense, des rayons violets, on rendra compte sans peine de toutes les particularités du phénomène que l'on a désigné ëous le nom de continuation. Lorsqu'une plaque d'argent iodée a été exposée un temps très-court à la lumière commune dans nne chambre obscure , les rayons rouges peuvent seuls amener une image nsible, tandis que les rayons jaunes et verts sont tout-à-fait inei&caces; au contraire^ lorsque l'action des rayons ordinaires s'est exercée pins longtemps, on peut la considérer comme ayant été produite par des rayons d'une réfrangibilité plus grande, par les rayons violets, oo même par les rayons obscurs de Ritter ; dès-lors, les rayons jaunes et verts pourront continuer TelTet et mettre l'image en évidence. J'ai donné , dans mon premier mémoire , les preuves expérimentales de ces assertions; je n'y reviendrai pas. Si, enfin , les rayons invisibles ont commencé l'action cl n'ont exercé leur influence que pendant on temps très-court , les seuls rayons bleus et verts rempliront le rôk
de contiauatears ; les rayons violets ne deTi'cndront efficaces qu^autant qae Tinflaence des rayons invisibles [se sera prolongée pendant un temps plus long.....
B Je passe maintenant Si Faction propre des rayons jaunes et verts» action qui ramène Tiodure noirci à Tétat d'iodare coloré, et que j'ai constatée de bien des manières dans mon mémoire sur le progrès de la vision.
» La meillenre manière de procéder à ce genre d'expériences consiste à faire apparaître sur la plaque, dans la chambre obscure, une Image négative , ou dans laquelle les parties brillantes des objets paraissent sombres, pour l'exposer ensuite, sous un verre jaune ou vert, aox rayons du soleil ou à la lumière diffuse. On obtient alors une image positive provenant de ce que l'iode déjà noirci reprend sa couleur primitive, undis que l'iode qui avait conservé sa teinte passe au noir. Tel est le fait remarquable signalé pour la première fois par M. Gandin {Comptes-rendus de C Académie , juin 18^1). Il me sera facile de prouver que cette propriété curieuse n'appartient pas exclusivement aux rayons jaunes ou verts, qu'elle est commune aux autres rayons , et qu'ici encore il n'y a qu'une différence de temps ou de durée. On fait arriver une plaque d'argent iodée à l'état où, sous Taction des vapeurs de mercure, elle donnerait une image positive, puis on l'expose sous un verre rouge au soleil ou à la lumière diffuse : l'image obtenue sera négative. Si on place cette image négative sous un verre jaune, elle deviendra positive. Les rayons bleus et verts ne la rendront pas positive ; mais, si l'image positive a été poussée plus loin, c'eBt^-dire si les rayons ronges ont agi plus loagiemps, les rayons verts, et même les rayons bleus et violets, pourront la rendre positive. Ce résultat est si intéressant ^ que je crois devoir citer encore deux expériences qui le confirment. Une plaque d'argent iodée, laissée trois minutes dans la chambre obscure , fut placée ensuite sous un verre rouge jaune : on vit apparaître d'abord une image négative qui devint plus tard positive. Au moment où cetie dernière commençait \ apparaître, on plaça la plaque sous un vert violet : l'image positive se développa avec plus d'intensité. Une autre plaque iodée resta onze minutes dans la chambre obscure , exposée à un jour assez clair, qui donna naissance à une belle image négative, dans laquelle les parties claires apparaissent vcrdâtres et les parties som-
bres rougeâtres. L'exposilion sous an verre bleu foncé fit ndtre, après une demi-beure, une forte image positive qui , an bout de |diisîenrs jours, n*avait subi aucun cbaugement ultérieur.
» On voit maintenant de quelle manière les différents rayons impressionnent riodure d*argent ; ils le noircissent tous et le font revenir dans des circonstances favorables à sa conleur première ; mais ce double effet est produit dans un temps plus ou moins long, loajours en rapport avec la réfrangibilité dn rayon. Voici comment, par une construction, on peut se rendre compte de l'effet propre des divers rayons. Si Ton représente, par les ordonnées d'une courbe dont les abscisses seront le temps, le degré de coloration de l'iodure d'argent, voici ce que sera cette courbe : pour les rayons bleus, violetsoo obscurs de Ritter, la courbe s'élèvera avec une rapidité, comparatifement très-grande, jusqu'à ce qu'elle atteigne une hauteur maximiUB correspondante à ce qu'on nomme le noircissement de Tiodnre; an delà de ce terme, elle se rapprochera insensiblement de l'axe des abscisses. Pour les rayons jaunes et rouges, la courbe aura une course toute différente ; elle marchera d'abord lentement et insensiblement vers le maximum ; dès qu'elle l'aura atteint, elle se précipitera de nouveau et très-rapidement vers l'axe des abscisses. Quant à ce qui regarde les rayons invisibles, la courbe monte d'abord rapidement, mais elle atteint sa hauteur maximum bien plus tard qae quand il s'agissait des rayons violets ; car, quoique ces rayons opèrent le noircissement de l'iodure, comme je l'ai prouvé dans mon premier mémoire, et bien souvent depuis, c'est seulement après un temps biei plus long. Il n'existe, il est vrai, aucun moyen de mesurer l'intensité de ces rayons invisibles et de la comparer avec celle des rayons violets, mais il est constant qu'ils peuvent, dans deux minutes, commencer l'action. Mes expériences ne me permettent pas encore d'indiquer ce que devient, au delà du maximum, la courbe qui représente leur action.
» Je crois qu'il est de mon devoir de prévenir ici une erreur dont mon premier mémoire pourrait devenir la cause. Lorsque j'ai parlé de l'action de rayons jaunes et verts, j'ai insinué qu'on pourrait obtenir le même effet à l'aide des rayons solaires ou de la lumière diffuse. Cela est vrai ; mais, dans Tétat actuel de la science et avec fa connaissance plus parfaite que nous avons de la manière d'agir des
trois groupes de coalears, on ne pourrait pins admettre que Teffet produit par la lumière ordinaire est dû exclusivement, comme je Tavaisdit, à la présence des rayons jaunes ou Terls. J'ai prouvé depuis qoe les rayons violets ou bleus pouvaient aussi ramener l'iodure noirci à sa première nuance, et je dois ajouter que qqand la lumière naturelle produit cet effet, on doit l'attribuer, pour la plus grande partie, à l'influence de ces deux couleurs. En effet, lorsque les rayons bleus sont insuffisants à transformer une image négative en image positive, les rayons solaires et la lumière diffuse présentent la même incapacité. Ici comme partout généralement, la lumière non décom* posée agit absolument comme les rayons violets ou bleus ; parmi les innombrables expériences que j'ai répétées sous toutes les formes, il n'en est aucune qui puisse différencier convenablement l'action de la lumière commune sur l'iodure d'argent d'avec l'action de ces deux couleurs. Ce fait bien constaté m'a seul forcé d'affirmer qu'on ne pouvait pas s'arrêter à l'iodure d'argent, et qu'il fallait étudier l'action des diverses couleurs sur d'autres substances. On verra combien triste est cette nécessité quand il s'agira de déterminer la couleur latente de la vapeur d'eau.
> Le fait, désormais établi, de l'unité d'action de toutes les couleurs sur l'iodure d'argent, semble rendre impossible la solution du problème que nous nous étions proposé : étant donné l'effet produit sur l'iodure, déterminer la réfrangibilité des rayons auxquels cet effet doit être attribué. Comment, en effet, parce que la condensation des ▼apenrs de mercure a produit un certain effet de lumière, déterminer la couleur de la lumière latente de cette vapeur, puisque toutes les couleurs peuvent produire ce même effet, et ne diffèrent entre elles que par des intensités que l'on ne peut pas mesurer ? J'avoue que le problème serait réellement resté insoluble, et que la détermination de la couleur latente des vapeurs serait restée inabordable, si je n'avais pas été assez heureux pour trouver dans l'action mutuelle et successive de deux rayons de réfrangibilités diverses une propriété caractéristique qui rend possible la détermination au moins approxinoative de la couleur latente des vapeurs, et qui fait faire un pas à la solution du problème plus général qui nous a occupé jusqu'ici. J'appellerai cette propriété la faculté de niveler; les fait sur lesquels elle repose conduisent à un moyen encore empirique, il est vrai»
Goc^gfe
mais , qu'on me permette cette expression , d'un prix quand il s'agit de différencier les diverses couleurs sous le rapport de Tactiou qu'elles exercent sur Tiodure d'argent Les considéritions théoriques sur lesquelles s'appuie cette même propriété appartiennent à un autre ordre de phénomènes que j'espère àéràofifn un jour.
» Voici les circonstances dans lesquelles a lieu ce que j'appeUe k nivellemenu On porte une plaque iodée dans la chambre obecore, et on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à cette période qu'on peut appeler dagucrrienne. On ne voit alors aucune trace de l'image, qvdqu'elle soit réellement produite, ainsi que le prouve l'action te vapeurs de mercure. Si maintenant on expose cette plaque à h lomière diffuse ou solaire, on n'y verra apparaître aucune image* dk se noircit de plus en plus. Je dirai, dans ce cas, que la lumière non décomposée a nivelé l'image, en ce sens 'qu'elle ne laisse ancme différence entre les portions impressionnées et celles qui ne l'avaient pas été. Le phénomène eût été plus frappant si on avait laissé h plaque dans la chambre obscure assez longtemps pour obtenir une image négative. Cette image négative aurait été elle-même nivelée dans les u)émes circonstances, à moins toutefois qu'on ne l'eût comme exaltée en la rendant plus intense ; car, dans ce cas, sons l'iafluencc de la lumière ordinaire» ou même d'une couleur qnelooaque, elle se serait transformée en une image positive, ainsi que nooi l'avons déjà dit. Ce nivellement de l'image n'est pas essentiellenieDl lié à Taciion simultanée des divers rayons dont se compose la Inmiôre blanche, car on l'obtient avec la seule lumière vi(^tte oa bleue, en partie même avec le vert. Les deux premières couleurs nivellent tout aussi bien que la lumière blanche une image dagoerrienne, et même une image négative qui n'a pas été très«développée.
* £n considérant le fait que nous venons d'énoncer dans les rap« ports qu'il peut avoir avec le problème qu'il s'agit de résoudre, relativement à l'action d'une couleur unique, nous arriverons à l'expression suivante des phénomènes du nivellement. Lorsque les rayons ordinaires ont agi dans la chambre obscure, pendant un temps très-court sur l'iodure d'argent, les rayons de toute réfrangibilité nivelleront l'image qu'il faut toujours supposer produite, quoiqu'on ne puisse pas arriver à la voir. Si la lumière a agi plos
longtemps, toas les rayons, à Texception dn rouge, nivelleront encore Timage ; Timpuissance des rayons rouges vient de ce que leur réfrangibilité diffère assez de celle des rayons qui ont commencé Taction. Si la plaque demeure plus longtemps encore dans la cham* bre obscure, on peut «supposer, par analogie, que l'image produite est due à des rayons d'une réfrangibilité plus grande que celle des rayons bleus, violets, obscurs, et dès-lors les rayons jaunes ne pourront plus la niveler. EnGn, si la plaque a séjourné plusieurs lieures ou un jour dans la chambre obscure, les rayons violets et bleus eux-mêmes ne pourront plus la niveler, comme nous Tavons îléjà montré.
1 Si Ton yeut étendre celte observation aux rayons invisibles qqi le sont manifestés dans divers phénomènes comme doués d'uqe plus grande réfrangibilité relative, le nivellement conservera son caracère différentiel, et deviendra un moyen de déterminer la réfrangibilité relative dans des cas où la méthode employée pour les rayons ordinaires ne serait en aucune manière applicable. Cela posé, puif|- [ue les rayons les plus réfrangibles dn spectre nivellent les images emprises dans la période daguerrienne, il fallait que les rayons nvisibles montrassent la même efficacité. Pour prouver qu'il en tait ainsi, j'ai laissé un certain nombre de plaques dans la chambre bscure, le temps nécessaire pour que, sous l'influence des vapeurs le mercure, elles pussent donner des images fort exactes d'un cerain point de vue ; puis, j'ai placé ces plaques sur de l'argent pur, le l'or, du cuivre, du métal, des miroirs, de l'argent iodé, de la porcelaine..., au contact toujours partiel, ou à une petite distance téterminée par l'épaisseur de lames de mica. Lorsqu'elles avaient insi séjourné quelque temps dans l'obscurité, leur image était le »lns*souvent complètement nivelée ; quelquefois, la vapeur de merure faisait encore apparaître quelques linéaments, mais ils étaient soles. Les rayons invisibles avaient donc nivelé les images produite^ »ar les rayons visibles; ils pourraient même niveler des images à la 3rmation desquelles ils auraient concouru, pourvu qu'on ne les npposât pas arrivées à un état ^trop avancé. On a déposé pendant inc ou plusieurs heures sur une plaque d'argent iodée diverses ubstances, de l'argent, de l'or, du fer, de la corne, qui y ont im- •rimé leur image; et l'on a va que le contact suffisamment prolongé
d*uDe plaque d*argeDt ou de fer nivelait toutes les images : qn^oa ne pouvaii, par aucun moyen, les rendre ultérieurement visibles. Si rimage produite par les rayons invisibles a été trop développée» ils ne peuvent plus les niveler eux-mêmes, comme je m'en suis souvent assuré;
» Les rayons visibles, au contraire, ne peuvent jamais niveler une image excitée par les rayons invisibles, et ce fait suffit seul à prouver que la réfrangibilité de ces derniers rayons est plus grande que celle des rayons du prisme. Il serait superflu d*étayer cette assertion de preuves nouvelles ; car je suis redevable de mes découvertes à cette circonstance, que les images produites par les rayons invisibles ne peuvent être détruites par aucune lumière visible ; sans cette particularité, je n'aurais pas constaté Taction identique de la lumière sur tous les corps, et Textension à toute sorte de vapeurs de l'action exercée dans les expériences de Daguerre par la lumière commune.
» Gomme on le voit, le phénomène du nivellement sons rinfluence des rayons de différentes réfrangibilités nous fournit le moyen tant désiré de séparer des rayons ordinaires le groupe des rayons invisibles; et, pour prévenir toutes les objections que Ton pourrait encore faire, il n'est guère plus nécessaire de recourir à des expériences faites avec les rayons invisibles au sein de ce qn*on nonune obscurité ou nuit. Ces deux sortes de rayons se différencient avec tant de facilité que j'ose maintenant répondre à cette question : Y a-t-il ou non dans la lumière diffuse ou solaire des rayons dont la réfrangibilité soit celle des rayons invisibles? Leur présence n*estelle pas constatée dans la chambre obscure par cela seul que les images placées en dedans ou en dehors de la période dagnerrienoe sont nivelées par la lumière bleue ou violette ? Si, au contraire, ils n'existaient pas dans la chambre obscure, ne pourrait-on pas dire que c'est parce qu'ils ont été absorbés dans le passage à travers la lentille? Il était donc nécessaire d'opérer à l'air libre. J'exposai, en conséquence, aux rayons immédiats du soleil, pendant une oo deux secondes, une plaque d'argent iodée recouverte d'un écran placé à une petite distance ; puis, après avoir enlevé l'écran, je le plaçai au soleil sous un verre bleu ; aucune image ne se montra. Pour appuyer ce résultat uégatif d'un fait positif, je laissai une
intre plaqae trots secondes derrière Técran, pais pendant l'éclipsé lu 8 jaillefi, je l'exposai 14 secondes à l'action directe du soleil : j'aperçus bientôt une image fort distincte des découpures. Quand iprès cela on présentait la plaque au soleil sous un verre bleu, 'image, au bout d'un temps très- court, était nivelée et complè- ;ement effacée. Sons les verres rouges, jaunes, verts, on voyait le développer des images de même nature beaucoup pins distinctes. \ est donc prouvé que les rayons invisibles ne sont pas compris nrmi les rayons solaires, puisque l'image que les rayons solaires iroduisent est nivelée par les rayons violets ou ^bleus, exaltée par es autres rayons visibles; ils n'existent pas davantage dans la lu« nière diffuse, comme je m'en suis convaincu par de nombreuses ixpériences.
9 Si les rayons émis par tons les corps devenus lumineux par tux-mémes manquent dans la lumière solaire, est-ce parce qu'ils »nt été absorbés par l'atmosphère, ou bien cette absence ne doit- Ile pas trouver son explication dans les phénomènes du mouvement propre des corps élastiques ? Je n'examinerai ici aucune de ces lypothèses, sur lesquelles mes expériences n'ont encore jeté aucune umière.
» Ces développements une fois donnés, il est facile de déterminer 1 couleur latente de quelques vapeurs ; considérons d'abord la va* tenr de mercure. Sa lumière latente n'est ni bleue ni violette, puisque ces couleurs nivellent les images dagucrriennes que les apeurs de mercure exaltent et rendent visibles. On peut dire que 'absence de toute lumière bleue dans la vapeur de mercure est un bonheur pour la daguerréotypie ; sans cela elle ne serait pas possible yec les rayons visibles. On comprend assez, parce qui vient d'être lity que la vapeur de mercure ne contient non plus aucune lumière blanche. £lle ne peut pas non plus renfermer à Tétat latent de la amière rouge ; car, après qu'on a laissé la plaque d'argent iodée ans la chambre obscure pendant un temps trop court, on n'obtient •as d*image par l'action des vapeurs de mercure, tandis qu'elle pparait très-bien sous l'influence d'un verre rouge. Je rapporterai M une des expériences que j'ai faites h ce sujet. Dans un jour tel ne les images daguerriennes se formaient avec une très-grande ettcté en dix minutes, je laissai une minute dans la chambre
Gf58§Ie
843 NATUR8 INTIMB DU 8FBGTMS 80LAIRB.
obscure tnie plaque iodée, laquelle, placée ensuite sons on rem rouge, donna une image complète, mais négative. Je bissai cette même plaque une minute, deux, trois minutes dans ht cbamiire obscnre etTexposai aux vapeurs de mercure : ii ne se montra aucune image, alors même que je la laissais trois jours entiers sur du mercure chauffé plusieurs fois jusqu'il plus de 60*; tout ce qse j'obtenais, c'éult une couche uniforme de mercure condeosé, mais aucune trace d'image. A différentes époques, et lorsque j'étudiais le rêle des tapeurs en général, ce résultat m'avait vivement inlr^é. Éclairé maintenant par la considération nouvelle de la ooolettr latente de la vapeur, je comprends qu'il ne pouvait en être autrement que je ne devais (rfitenir aucune image. Dans l'intérêt de la daguerréotypie, on doit regretter que la couleur latente des vapeurs de mercure ne soit pas rouge ; car, si elle était rouge, on obtiendrait les images après une exposition] bien moins prolongée à h lumière, et ces images n'auraient probablement pas ce tmi gris monotone qui btigue.
> La couleur de la lumière latente des vapeurs de mercure eai Jaune; tous les phénomènes connus Brunissent pour ne laisser aucun doute à ce sujet Quand Timage reçue par une plaque d'argent iodée est arrivée au point où elle ne peut plus être nivelée par les rayons jaunes, les vapeurs de mercure h font ressortir. A une période moins avancée, les vapeurs de mercure, aussi bien que les rayras jaunes, engendrent l'image. Le noircissement que la lumière jaune produit si facilement, s'obtient avec non moins de facilité ï l'aide des vapeurs de mercure ; il semble même que le ton gris ordinaire oo le ton brun des images daguerriennes, surfont quand elles sont riches de détails, vienne en partie du noircissement de Fiodure par les vapeurs de mercure. De même que la lumière jaune transforme facilement en images positives les images négatives qu'on obtient dans la chambre obscure; de même les vapeurs de mercure, par leur action prolongée ou par une tension plus élevée, retournent l'image ordinaire, comme je l'ai déjà montré. La lumière jaune produit le renversement en noircissant l'iodure qui n'avait pas été impressionné, et en rendant sa couleur à l'iodure noirci ; les vapeurs de mercure agissent de la même manière sur les portions qui n'avaient pas été modifiées, et produisent ainsi les ombres des imi^^es
RATONS CHIMIQUES, -^IMÀOEf DE II08EII. 843
pofkirea. C'est lui qai, en ces oidroits, a cfNDineiicé l'action ; s'il ia continue, il se condensera sur les mêmes parties sombres el renversera l'image. C'est ainsi que les choses se passent en réalité, et il faut, sous ce rapport, modifier l'opinion que j'ai émise dans mon premier mémoire; je me suis trompé en disant que le mercurs semble fuir plus tard les portions de la plaque qu'il avait d'abor4 impressionnées.
» Quant la lumière jaune opère le renversement d'une imag^ négative, à un certain instant, on ne peut distinguer aucune image ; plus tard Tlmage positive apparaît. Si Ton retire l'image au moment où l'on ne voit plus rien pour la soumettre aux vapeurs du mercure, le renversement continuera de s'effectuer ; l'image positive sera bientôt visible, et l'on ne pourra pas la distinguer de celle qu'on eût cd)ta]ue sous un verre jaune. La quantité de vapeurs d^ mercure qui s*e8t condensée sur la plaque est trop inaigniûante pour différeqcif^r les deux images.
» La manière dopt la vapeur de mercure se comporte relative* ment aux effets de lumière produits par les rayons invisibles , est aussi caractéristique que concluante ponr la natore de sa couleur latente. Elle ne détruit jamais l'image produite par ces rayons ; an contraire, elle la rend sonvent visible par son action continuée. C'est seulement quand les rayons invisibles ont longtemps agi que l'image produite s'évanouit rapidement dans la vapeur de mercure. Je ne pns deviner d'abord la raison de cette disparition ; elle n'est plus nn mystère pour moi depuis que j'ai vu que les rayons jaunes proluisent le même effet. Ils ne nivellent aucune des images dues à l'ac^ tion des rayons invisibles sur l'iodure d'argent; mais il faut attendre longtemps, alors même que l'image, sous un verre jaune, est exposée iQx rayons du soleil, ponr la voir apparaître lorsqu'elle se trouvait lans les premières périodes de sa formation. Encore alors ne voit-on >rdinairement que quelques linéaments épars, parce que probablement les verres jaunes, comme les verres rouges, transmettent leaucoup de rayons calorifiques qui modifient J'iodure en détruisant 'image.
» Pour ce qui regarde la vapeur d'iode, la couleur de sa lumière mente est le bleu ou le violet, car cette vapeur nivdie infailliblement oate image placée dans la période dagoerrienne ; elle nivelle même
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une image négatiTe passablement développée, ce qui suppose nécessairement que cette Tapenr ne renferme ni rayons rouges ni rayou jaones oo verts, et se comporte tout-à-fait comme des rayons bleus ou violets. Si l'image négative est très-exaltée , comme elle Tétait dans une circonstance où j'avais laissé la plaque dix heures dans h chambre obscure, la vapeur d'iode, malgré son action prolongée, ne la nivelle plus, elle est toujours reconnaissable quoique diversement colorée.
» Pendant que la vapeur d'iode nivelle si facilement et si complètement les images produites par les rayons ordinaires, elle faits! bien apparaître les images excitées par les rayons invisibles , qu'elle remplace avec avantage les verres bleus ou violets. J'avais placé sur une plaque d'argent iodée , une lame de laiton gravée « un morceau de fer, une petite plaque d'argent et un anneau en corne noire; la plaque ne montra d'abord rien ; mais quand je l'eus portée dans la vapeur d'iode, i'iodure jaune prit une couleur bleue, les images des divers objets devinrent très-visibles et se développèrent avec tous les détails sous un verre bleu.
» Si l'on examine de plus près la nature de la vapeur d'iode, on arrivera à cette conclusion , que i'impressionnabilité de la plaque d'argent n'est pas toujours exaltée par son induration. Si l'on vent obtenir quelques effets dans la chambre obscure avec les rayons ordinaires, il est très-nécessaire d'iodorer l'argent, ce qui est ea réalité le soumettre à l'action de la lumière bleue on violette mise en liberté par la condensatioà de la vapeur d'iode. Mais cette iodoration ne sert à rieu quand on doit opérer avec les rayons invisibles; il est alors aussi indifférent d'ioder la plaque, qu'il le serait, dans les expériences ordinaires, d'exposer cette même plaque à l'action des rayons jaunes ou rouges avant de la placer dans la chambre obscure. On devait penser qu'il importait peu, pour obtenir une image visible, d'exposer d'abord la plaque d'argent pur à l'action de la lumière, puis de faire agir la vapeur d'iode; l'expérience a pleinement confirmé celte prévision qui avait sa source dans la nature connue des rayons invisibles et de la vapeur d'iode. Sur une plaque d'argent pur on plaça do laiton, de la corne ^ du verre, pendant deux minutes seulement. Lorsque ensuite on exposa la plaque à la vapeur d'iode l'Image de ces divers objets devint visible quoique faible; sous on
verre bloa eUe devint plus forte, plas riche en détails. J'ai en souvent Toccasion de répéter la même expérience , et j'ai tonjonrs \n que rioduration ne rendait pas l'argent pur plus sensible à l'action des rayons invisibles. Une seale circonstance doit engager à iodarer d'abord la plaque, c'est qu'elle ne se revêt d'une couche bien égale d'iode qu'immédiatement après qu'on vient de la polir. ..
Les vapeurs de chlore, de brome , de chlorure ou de bromure d'iode, ressemblent beaucoup aux vapeurs d'iode , ou n'en diffèrent que très-peu. Elles montrent, en général, les mêmes propriétés, et si la réfrangibilité de leur vapeur diffère de celle de la vapeur d'iode, il m'a été impossible jusqu'ici de déterminer expérimentalement la différence.
Les vapeurs d'eau , dans tous les phénomènes qui se sont manifestés devant moi, se comportent absolument comme la vapeur d'iode; les unes et les autres nivellent ou produisent les mêmes images. Toute image comprise dans la période daguerrienne est nivelée par la vapeur d'eau ; il suffit même de couvrir deux ou trois fois de son haleine la plaque qui sort de la chambre obscure, ou de l'exposer aux vapeurs de l'eau chaude pour que l'image soit entièrement détruite et ne puisse plus être mise en évidence par les vapeurs de mercure. Au contraire, quand les rayons invisibles ont produit une image sur quelque substance que ce soit, la vapeur d'eau ne la nivelle jamais, elle l'exalte au contraire ; si d'abord elle était faible , une insufflation humide répétée la rend bientôt plus visible.
» On prend une plaque d'argent iodée, sur laquelle s'est produite une image que l'on ne peut pas apercevoir. Si cette image a été obtenue dans la chambre obscure, ou plus généralement si elle est due à l'action des rayons visibles « non- seulement les vapeurs d'iode et d'eau ou l'exposition sous un verre bleu ne la rendront pas visible, elle sera nivelée on détruite. Si, au contraire, elle avait pour cause l'action des rayons invisibles, les vapeurs d'iode et d'eau ou l'exposition sous un verre bleu la feraient ressortir
1 Je terminerai ce mémoire en montrant, par un exemple, comment des phénomènes quelque peu compliqués s'expliquent facilement par la connaissance de la couleur latente des diverses sortes de vapeurs : cet exemple a d'ailleurs une importance assez grande relativement à l'extension pratique des expériences de ce genre. Si on
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846 HATURB IimNB DU SPECTRI SOLAIRE.
laisse h kimière ioTisible agir pendant an temps relatiTeoMAt c^ort
sur le caîTre pur» on ferra l'inuge apparattret après quelques heures, sous llflflnence des Tapeors de mercure à la tension ordinaire. Si l'on retire la plaqne plas tôt, on ne Toit souvent aucune trace de l'ioiage ; maïs» si on Teipose actoeUement à la Tapeur d'iode, on Terra, après quelques secondes» rimage apparaître complète dans tov ses détails. J'avais déjà trouvé depuis longtemps» et j'avais recommandé, dans mon premier mémoire» cette manière d*opérer, sam avoir pu m^eipliqœr à moi-même pourquoi l'emploi préalable des vapeurs de mercure est si avantageui, quoique ces vapeurs, por me action intense , ne puissent faire ressortir aucune image. L*ei|ttcation devient très-facile dès qu*on admet que la couleur latente de la vapeur de mercure est jaune. Il est évident que la lumière jaune est, par rapport è la lumière invisible, surtout quand celle-ci a agi ni certain temps, ce que la lumière rouge est à la lumière violette « obscure ; et la plaque de cuivre qui » après avoir reçu l'impressioB des rayons invisiUes, est soumise d'abord ^ la vapeur de mercwe, puis à la vapeur d'iode, est à peu près dans le même état de modification qu'une plaque d'argent iodée qui, après avoir séjourné un certain temps dans la chambre obscure, est exposée successivement k l'action des rayons rouges et des rayons jaunes on verts. Dès que j'eas trouvé le principe sur lequel repose cette expérience, je vis à prim que cette manière d'opérer serait partout excellente ]: j'avais tronfé le moyen de réaliser une série d'expériences et d'étudier Tellet dis rayons invisibles sur l'or, l'argent pur» le laiton , le fer, l'acier, le DUC, le fer-blanc verni ordinaire. Faire agir sur l'argent, d'abord k lumière, ensuite le mercure, et enfin la vapeur d'iode, c'est précisément Topération inverse de Celle qui a été découverte par M. Daq^uerrc, et elle a sa raison dans ce fait : que quand il s'agit des rayons invisibles , la réiirangibllité , et par conséquent la vitesse des oscillations, est plus grande.
3*"* MÉMOIRE. — Quelqueê remartpœs sur la lumière mvisMe, Annales de Poggendorff, voL LVIII, p. 560 et suivantes, 46!i3, n*8.
• Comme la lumière invisible semble intéresser vivement le monde savant, je crois devoir publier encore quelques-unes des expériences que j'ai folles sur ce sujet
t h Bn outre des substances que j'ai sif^lées dans monméonire
sar le procédé de la vision , j'ai obtenu l'image des corps smTants: l'or , le enivre, le bismuth , l'anlimoine » l'étain « le plomb > le métal des miroirs , le métal des caractères » le zinc , le verre blanc transparent , le bois , les perles» le carton noir , le cuir noir , le velours noir , le noir de fumée. J'ai recouvert un objet en fer d'une forme convenable , d'an enduit épais de noir de fumée « et je l'ai placé à une petite distance d'une plaque d'argent pur. Lorsque ensuite cette plaque fut exposée aux vapeurs d'iode , elle donna une image trèsdistincte.
« Ce serait donc une immense découverte que de trouver, ce qui me semble impossible, une substance qui n'émettrait aucune lumière propre» ou qui l'émettrait à un trop faible degré pour qu'on ne pût pas la mettre en évidence. Nier, en attendant, le pouvoir lumineux propre des corps, ce serait ne tenir aucun compte d'une foule d'expé« ricnces incontestables ; je ne m'arrêterai pas davantage sur ce point.
« Afin d'écarter jusqu'à la pensée que les résultats que j'ai obtenus étaient dus à une lumière étrangère, et non à la lumière propre des corps, j'ai eu soin de iaire presque toutes mes expériences dans ce qu'on appelle l'obscurité. Mais, comme je l'ai déjà dit, cette précaution était réellement inutile; car k lumière invisible est douée de propriétés si caractéristiques, si tranchées , qu'il est impossible de les confondre avec la lumière ordinaire.
« Considérées, toutefois, sous le point de vue physique, ces deux lumières ne diffèrent entre elles que comme le violet diifère du rouge, et la méthode qui apprend à disceraer l'une de l'autre ces deux couleurs, s'étend d'elle-même aux rayonsvisiUes et invisibles, abstractÛNi faite d'une différence de réfrangîbilité. On est forcé d'admettre qu'il n'est aucun tffet produit par une de ces lumières qui ne puisse aussi bien être produit par l'autre.
« II. Jusqu'à présent j'ai fait agir les rayoas invisibles sur l'or, l'argent , le cuivre, le laiton , le fer, l'acier, le zinc, l'argent iodé, riodure noirci par la lumière, le cuivre rendu artificiellement pourpre, leverre* la porcelaine, le mica, le fer- blanc verni ordinaire, et le mercure. Pour expérimenter avec cette dernière snbsunce, je recouvrais d'un amalgame abondant une lame de plaqué , de telle sorte que le mercure fluide se trouvait à la surface. Les corps qiae j'ai fait agir sur cette couche liquide étaient de fer, de corne , un
coin d'acier. L*iinage produite sur le mercure était d'abord hifisible ; mais les Tapeurs d'iode la faisaient bientôt apparaître entière, et si parfaite^ qu'on pouvait lire facilement les mots gravés sur le coin d'acier.
« Les substances indiquées ne diffèrent dans leur action qae sniyant le degré du poli qu'on peut leur donner ou qu'elles ont par ellesmêmes. Le mica donne de très-belles images ; il en est de même du cuivre quand il est bien poli. Je possède une plaque dont lasurâce se compose de quatre métaux , de laiton , de cuivre , de zinc et de fer ; quand , après avoir fait agir sur elle une plaque d'agate gravée, je l'exposai à l'action d'une vapeur, diaque métal reproduisit l'image de la portion qui l'avait influencé ; celle du fer était seule peo apparente, parce qu'il était mal poli. Une plaque d'acier, au contraire, douée d'un beau poli, m'a donné de très-bonnes images.^
« Dans tous les cas où jeTai pu , j'ai fait agir d'abord la vapeur de mercure à la tension ordinaire, puis la vapeur d'iode ; ce procédé, qui m'a toujours réussi depuis , m'avait surtout paru avantageoi quand j'opérais avec le fer-blanc vernissé.
« Après tant d'expériences et d'observations , il n'est pas permis de douter que la lumière agit également sur toutes les substances , et que deux corps mis en présence imprimeront toujours l'un sur l'autre leur image ; la seule chose diflSlcile dans les diverses circonstances où l'on opérera sera de mettre les images en évidence.
« III. Au premier rang de ces circonstances ingrates, il faut placer la divergence des rayons, divergence aussi inséparable de la lumière invisible que de la lumière visible , et qui oblige à ne pas trop éloigner les corps dont on observe l'influence mutuelle. S'ils ne sont pas suffisamment rapprochés, les images seront peu visibles. Je plaçais d'abord la plaque d'argent h un dixième de millimètre; plus tard je la plaçai à un millimètre : en choisissant convenablement les objets, j'obtenais encore des images distinctes , au moins sur presque tous les points.
« Si l'on examine attentivement les conditions nécessaires à la formation de l'image des corps par l'influence de leur lumière propre, on reconnaîtra que les surfaces gravées sont surtout efficaces ; que des ciselures en relief produisent très-peu d'effet: une plaque gravée, d'agate» debois, des coins de médaille en fer ou en acier, des matri-
ces de cancières bien formées, m'oiu toQJCMii-s réussi daits mes expériences. Pour ces matrices, une ceriaiae distance produit un excelleiH effet; lenrslignes, quelque peu dores , sont alors avantageusement remplacées par des ombres mieux fondues. L'écriture noire, tracée sur papier blanc, se reproduit assez pour qu'on puisse la re-* trouver, mais pas assez pour qu'on puisse la lire. Il en est ainsi des mosaïques : leurs, petits compartiments se peignent avec une netteté surprenante, tandis qu'il m'a toujours été impossible d'obtenir des images distinctes d'une figure doni les diverses parties ne différaient que par la couleur. J'appellerai surtout l'attention sur ce fait important, que les parties d'un corps quelconque qui , à la lumière em* pruntée du jour , sont pour nos yeux séparées et tranchées, n'apparaissent pas nécessairement distinctes dans l'image produite par leur lumière propre.
« IV. En terminant, j'indiquerai encore une méthode par laquelle on mettra facilement en évidence l'action de la lumière visible sur beaucoup de substances, méthode qui réussirait peut-être pour toutes, si on n'était pas contraint de donner à la lumière un degré d'in- .ensité qui rend inévitable l'action perturbatrice de la chaleur ; je plaçai un morceau de miroir de verre au foyer d'une petite cham- )re obscure, munie d'une lentille de 15 millimètres d'ouverture, et a dirigeai vers le soleil , dont je voulais obtenir l'image. Quand le oleil eut passé devant la plaque, je la retirai et la couvris de mon haeine : j'aperçus aussitôt l'image visible et nette de la course de ;et astre.
« J'ai répété avec succès cette expérience en employant tour à tour 'argent^ l'or, le enivre, le fer, l'acier, le laiton , le zinc, la plaque ormée de plusieurs métaux dont j'ai déjà parlé, etc. A la vapeur l'eaa on peut substituer la vapeur de mercure.
« Pour éviter l'objection qu'on aurait pu faire, que l'effet obtenu lans cette expérience devait être attribué à la chaleur, j'ai fait agir e soleil snr une plaque d'argent pur à travers des verres jaune, onge Yif etiriolet assez clair. Quand, plus Urd, j'exposai la plaque l'influence de la vapeur, l'image du soleil se montra visibie, quoi- [oe peo intense, à l'endroit où la lumière jaune avait agi. Elle aparut aussi très-bien là où les rayons violets avaient frappé ; mais il ut impossible d'apercevoir même une trace de l'efficacité du verre
860 NATORB INTIMB DU 8PECTBE SOLAIRE.
rooge ; et cepeodant j'avais pris la précaution d« donner an verre ronge la meilleure place, je Tavais fixé sur l'axe même de la lentille.
« Une autre fois, je fis agir le soleil à travers deux verres ronge et Meu, dont chacun occupait la moitié do champ de la lentille ; il en résulta sons le verre Meu une image distincte de la course dn soleil, sons le verre rouge absolument rien. Comme on le voit, ces résultats s'accordent parfaitement avec ce qu'on savait de Tefficacité des rayons lumineux de diverses couleurs, mais nullement avec les données de la science, relatives à la transmission de la cbalenr. Je m-'assnrai, par des expériences faites snr une de ces aiguilles d'aifent on de fer proposées par M. Poggendorff comme très-sensîUes à Vaclion de la chaleur, que, parmi tons les verres que j'ayais employés, le verre rooge était celui qui transmettait en plus grande abondance les rayons calorifiques, et cependant le verre rouge ne m'avait janiMs donné l'image du soleil. »
h* MêmOIRB. *— Sur la différence entre les rayons Lumineux et UfS rayons caloripques^ Annales de Poggendorff, vol. LVIIf, iMI(, numéro 1.
« Si l'existence d'une lumière invisible qne tous les corps émettent, comme ils rayonnent de la chaleur ; si la part que prend la lumière, ainsi que le calorique, an changement d'état des corps, rapprochent beaucoup ces deux agents, il me semble, toutefois, qne l'ensemble des observations repousse leur identité, et démontre qa'ii existe entre eux des différences essentielles.
« 1* C'est une propriété bien connue de la chaleur de se répandre dans toutes les directions, au-dehors comme è l'intérieur de la substance dans laquelle elle a été excitée. Rien de semblable ne se manifeste pour la lumière ; le contraire est même prouvé par les contours si nets, si tranchés des images daguerriennes, et pivs évidemment par la série suivante d'expériences qne j'ai entreprises i ce sujet. On sait que les plaques d'argent ordinairement employées soie recouvertes ii leur surface d'une couche d'iodure dont l-'épaîsseur. suivant M, Dumas, n'atteint pas un millionième de mriliniètre; or, une de ces plaques fut constamment exposée à la lumière , et autant que possible aux rayons directs du soleil à partir du 20 février: le SO juin, après qu'elle eût été légèrement frottée, elle se montra en* core sensible à l'action de la lumière, et j'ai constaté qoe )*a
continue da soleil pendant Tété qui Yient de s'éconler n^avait pas même pn pénétrer la couche infinimeut mince d*iodure. D*aolre9 plaqaes ont été frottées sept ou boit fois après une longue exposition i la lamière sans qu'elles aient cessé d'être recouvertes d'iodure (eosible.
« 2^" Si Ton considère la répartition de la lumière et de la cbalf3i|r !ans le spectre solaire, il ne faudra pas moins renoncer ) r|dée d*ientité, car les rayons lumineux partis de ce^e portion du spectre où I chaleur est )a plus grande, c'esi-à-dire dq voisinage du rouge, sont récisémentceux qui agissent le moins sur i'iodure d'argent, etvraiîmblablement sur le plus grand nombre des cprps. J'ai, il est yrai, D prouver que les rayons rouges agissent comme les autres, qu'ils it, par exemple, asçez ^'efficacité pour noircir I'iodure d'argent ; ais pour opérer un même effet, ils ont besoin d'un temps compativemoDt très-grand. L'expérience suivante est , sous ce rapport, ut-5-fait conclpante : une plaque d'argent fyt iodée et exposée dç DS aux vapeurs du chlorure d'iodp ; par là, sa surface était devenue ^-sensiblç à la lumière: je la plaçai dans la chambre obscure der- ^re un verre d'un rouge très- vif , et la dirigeai vers de^ maisons lairéespar le soleil. Après trois jours, la plaque montrait uuj^ âge négative ; mais elle était si peu développée^ si faible, que saqp verre rouge , et sous l'influence de? rayons violets ou bleus , oif irait obtenue dans trois minutes. J'ai déjà prouvé que les rayons iges exerçaient une action tout aussi faible sur l'argent pur. R y Une petite chambre obscure, munie d'une lentille de 1 5 milli-: très seulement d'ouverture , fut dirigée vers la lune, et l'on plaça aii er une plaque iodée, rendue plus impressionnable par le chlorure »de. Après le passage de l'astre , la plaque fut exposée comme -dinaire à l'action des vapeurs de mercure , qui firent apparaître bonne image de la course de la lune. L'expérience a été répétée [jvers temps, lorsque la lune était pleine, cr9issante ou décroisc ; le succès a toujours été le même. Et cependant on ne peut pas ^ ie songer cette fois à la chaleur comme cause de l'effet produit. /i« L'action de la lumière sur tous les^corps offre une particulaqui n^a point d'analogue dans L'action de la chaleur. Celle-ci ^git )urs de la même manière; si soi) action se continue, elle ne fera rendre plus inlepse l'eflfet qu'elle avait d'abord produit ; elle a
commencé par dilater, elle ira dilatant toujours. La lumière , au contraire, n'agit pas d'une manière uniforme; son action parcourt certaines phases qu'il est surtout facile d'étudier sur l'iodore d'argent. Dans la chambre obscure , Tiodure reçoit d'abord une image négative , comme on le sait depuis longtemps ; sous l'influence continaée de la lumière , cette image , comme je crois l'aToir observé le premier, fait place à une image positive. Mais là ne s'arrête pas encore l'action de la lumière; j'avais dit qu'il était très-Traisemblable qu'à ces deux images en succédaient d'autres, et, en effet, j'ai quelquefois vu dans ces derniers temps la troisième image qui était n^ative , j'espère voir la quatrième qui doit être positive.
* Le fait remarquable observé par M. Rauch est une conséquence nécessaire de cette action non interrompue delà lumière : une gravure qui, pendant quatorze ans, avait été recouverte par nne glace, mais sans être remuée , avait produit sur la glace une image de teinte blanchâtre. On a vu de semblables images fort distinctes se former souvent sur la surface intérieure des boîtes de montre*, sans le concours de la vapeur ou de tout autre secours étranger. L'action des ayons invisibles fait apparaître, après quelques jours, ces mêmes images sur beaucoup de métaux, l'argent, le cuivre, le laiton, le zinc ou l'or, sur le verre et la porcelaine. Les rayons de lumière ordinaire produisent le même effet , mais seulement quant ils sont trèsintenses.
» La présence de ces images sur des corps si peu susceptibles d'éprouver des modifications chimiques prouve assez par elle-même que l'action de la lumière est d'une nature toute particulière , et qu'on ne peut l'assimiler à l'action de la chaleur. Ajoutons encore que les images dont nous venons de parler s'effacent très-facilement.
» 5° Une nouvelle série de faits tout-à-fait imprévus et que j^aî récemment observés , combat encore efficacement celte prétendue identité de la lumière et de la chaleur. Je remarquai, par hasard, qu*nne plaque d'argent pouvait être iodée, alors même qu'elle était imbibée d'huile. Cette observation me conduisit à rechercher si raction des vapeurs de mercure serait sensible à travers cette même couche d'huile. Une image qui était restée le temps nécessaire dans la chambre obscure fut mouillée d'huile et exposée aux vapeurs de mercure. Le résultat de cette opération fut une très-bonne image de la nature
de celles qu'on obtient communément. Il y a là sans doute quelque chose de surprenant ; mais, ce qui excitera davantage Tattention, c'est que l'image obtenue était plus riche de détails que celles qu'on obtient par le procédé ordinaire. Je répétai cette expérience , mais en ayant soin de ne recouvrir d'huile que la moitié de la plaque. Lorsque je l'eus exposée aux vapeurs de mercure , la partie qui n'était pas huilée donna une bonne image positive, la partie huilée montrait nne image négative : sur cette portion de la plaque, l'image avait donc plus progressé. Je puis ajouter que l'emploi de l'huile réduit à la moitié, ou du moins aux trois quarts , le temps pendant lequel la plaque doit rester dans la chambre obscure.
» Je ne sais à quoi comparer cette action de l'huile ; ce n'est pas, comme on pourrait \e croire , à l'action des verres jaunes ou rouges ; car , si l'on applique l'huile immédiatement après l'ioduration , te temps du séjour dans la chambre obscure peut être réduit d'un cinquième ou d'un quart : or , cette réduction ne peut être obtenue par l'influence d'aucune couleur. J'ai fait les mêmes expériences avec de l'huile de navette » de baleine , de térébenthine , de pieds de bœufs ou de moutons , de naphte , et j'ai toujours obtenu les mêmes résultats. Je me suis assuré aussi qu'on hâtait par l'emploi de ces fluides le double effet de la lumière , le noircissement de l'iodure , et son retour subséquent à la couleur ordinaire.
• Après que j'eus ainsi découvert l'heureuse influence des huiles , je répétai avec leur secours l'expérience que j'avais déjà faite sur la lune. L'image que j'obtins était négative; ce qui provenait , sans aucun doute, de ce que, dans cette circonstance nouvelle, les rayons de la lune avaient agi trop efficacement. Si l'on se rappelle actuellement que , d'après les expériences de M. Melloni , les huiles transmettent faiblement l'action de la chaleur , il faudra nécessairement conclure des faits cités que l'effet produit par la lumière sur la plaque iodée ne doit pas être attribué à l'action de la chaleur ordinairement unie à la lumière.
» 6"" Je pourrais enfin faire observer qu'il n'est aucun effet produit par la chaleur sur Fiodurc d'argent, que l'on puisse identifier on même comparer avec les effets produits par la lumière. La lumière noircit l'iodure jaune , et le ramène ensuite à sa couleur première; la chaleur, qu'il ^oii noirci ou coloré, lui donne toujours un aspect lai-
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teux. Dans cet état, il est très-peo impressionnable par la lomière, faction da soleil se borne à faire prendre lentement une teinte grisâtre.* A force de faire retentir à nos oreilles avec an sang-fircMd imperturbable ce mot séduisant , quoique bizarre , de lumière latente , M. Moser finirait par nous faire adopter son opinion , quelque étran^ qu'elle soit. Il est temps de faire apparaître la Térité pour Bûen nous défendre des mille idées confuses qui se présentent à FespriL Nous le ferons en reproduisant ici un beau mémoire qui a suffi à placer son auteur au premier rang des physiciens : la lecture du nfail de M. Waidele, que nous avons traduit avec le plus grand som, frappe vivement ; on sent que là est le vrai. La décanverte de h condensation des vapeurs à la surface des corps et des effets produits par cette condensation , est pleine d'avenir ; c'est un nouveau champ ouvert à des études éminemment intéressantes. Si nous avions à prononcer entre la valeur relative des mémoires de Moser et de son jeune antagoniste, nous serions fort embarrassés; il y a plus d'éclat et de bonheur dans les recherches de M. Moser, plus de vrai mérite et de perspicacité dans celles de M. Waidele. Le nom du professeur de Kœnigsberg sera plus populaire ^ plus immortel , si l'on peut s'exprimer ainsi ; à tout prendre , cependant , nous aimerions mieux peut-être avoir écrit la critique que la dissertation primitive.