ANALYSE DES TRAVAUX DE 1847. 1848 ET
DISPERSION ET BÊFRAGTION DE LA LUMIÈRE. Suite.
Nous donnerons avant tout la description de la loupe dichroscopique, Tinstrument par excellence de l'optique minéralogique.
La loupe dichroscopique ou le dichroscope de M. Haidinger se compose d*un rhombe de spath d'Islande allongé, à base inclinée (fig. 3), obtenu par simple clivage : on colle aux extrémités deux prismes de verre PP, de 18 degrés, pour corriger Tincilnaison des bases. On regarde à travers h longueur un petit carré ou un petit rond taillé dans un écran opaque et qui apparaît doublé. On ajoute au rhombe une lentille, ou mieux une loupe aplanatique (fig. 2), et on renferme dans un tube en métal dont les deux bases sont percées, l'une de la petite ouverture carrée ou ronde, l'autre d'une ouverture placée en avant de la lentille ou de la loupe.
Fig. 1.
1^ kl
Fig. 2.
' Fig. 3.
i298 DISPERSION ET REFRACTION OE LA LUMIERE.
On obtient de cette manière un appareil de polarisation petit et portatif, applicable surtout à Tétude des phénomènes que présentent les cristaul[ dans la lumière polarisée. Gomme les deux images de l'ouverture sont parfaitement blanches en elles-mêmes, elles sont trèssensibles et se colorent par les plus faibles teintes. Ces deux images sont, en général, polarisées dans des directions opposées ou perpendiculaires l'une à l'autre ; le rayon ordinaire dans la direction des deux images, le rayon extraordinaire perpendiculairement à cette direction. On distingue très-facilement ces deux rayons par le contraste des houppes de la lumière polarisée que l'on voit se dessiner sur les images.
M. Haidinger, qui est la justice même, fait remarquer avec raison que son dichroscope a beaucoup d'analogie avec l'analyseur (fig. 1) employé par M. Baden Powell dans son appareil pour la polarisation rotatoire des liquides. Si lo'saiîchàrimètre n'avait pas été inventé, nous aurions figuré et décrit l'appareil* de M. Powell, qui sous plusieurs points de vue est préférable à l'instrument de IVK Biot. On trouvera cette description dans le Philosophical Magazine, vol. xxu, p. 2M.
Sur le chatoiement des surfaces cristallines, par GciL. HAIDIMG£R«
On sait que la lumière réfléchie sur des'surfaces unies est polarisée : le prisme de Nicol, le polariscope de M. Arago, les prismes achromatiques de spath calcaire, et les autres analyseurs, la loupe dichros-^ copique, surtout, sont très-propres à déterminer la quantité de lumière qui est polarisée par réflexion dans le plan d'incidence, et la quantité de lumière qui a échappé à la polarisation. Ces deux sortes de lumière, polarisées en sens contraire^ se séparent très-nettement» et se partagent entre les deux images de la loupe dichroscopique. Pour observer les phénomènes, il faut que l'image ordinatre.sok l'image supérieure, que l'image extraoï-dinaire soit l'image inférieure ; c^est^^ à-dire que la première de ces images doit être en haut, et la seconde en bas.
Les houppes jaunes de la lumière polarisée sont très-facilement perçues par l'œil dans les deux images, et si cette houppe est verticale dans l'image supérieure, l'instrument est dans une position convenable pour l'observation.